Accueil / T Y P E S / Articles / A propos d’American Sniper

A propos d’American Sniper

Je viens de voir le film American Sniper. D’un point de vue cinématographique, du grand Eastwood. Idéologiquement : une horreur ultranationaliste, quand elle n’est pas fasciste. L’Amérique est le plus beau pays du monde et le garant de la liberté. Ce pays a tous les droits, dont celui de semer la mort, partout, où il veut et quand il veut.

 

Le film raconte l’histoire vraie die Chris Kyle, engagé volontaire dans les Seals (acronyme de sea, air and land) pour combattre en Irak. Tireur d’élite exceptionnel, il va tuer au moins 250 ennemis, hommes, femmes, enfants. Il n’aura qu’un seul regret après la guerre, celui de ne pas en avoir tué davantage car « le monde est un endroit bien meilleur sans les sauvages qui prennent des vies américaines ».

 

Son père, qui est diacre, lui achète sa première arme à feu alors qu’il n’a que sept ans. Après s’être essayé à une carrière de cow boy professionnel, Kyle, traumatisé par le 11 septembre, s’engage dans la marine.

 

Sa guerre est un combat contre les « impies ». Sur son avant-bras, il s’est fait tatouer  une fort visible croix rouge-sang ressemblant au trident des Navy Seals qu’il exhibe volontiers « afin que tout le monde sache pourquoi [il] combat ». Il se voit comme un « croisé de Dieu ». Après avoir servi, il fonde la société de mercenaires Craft International (ce type de société est prestataire de l’armée des EU en temps de guerre)  dont la devise est « Malgré ce que votre maman vous a dit, la violence résout réellement les problèmes » ( « Despite what your momma told you, violence does solve problems ». Cette société est spécialisée dans la formation des tireurs d’élite. Lorsqu’on l’interviewe à l’occasion de la publication de son autobiographie, il répond une arme à la main.

 

Autoproclamé « croisé de Dieu », Kyle a quelques difficultés à se réadapter aux limites de la vie civile. Il prétend, à tort, avoir tué une trentaine de pillards lors de l’ouragan Katrina en 2005, et également avoir abattu deux hommes qui voulaient lui voler sa voiture.

 

Et puis il essaie également de s’occuper de son prochain en aidant des anciens combattants à se réhabituer à la vie civile. Il les emmène sur des stands de tir.

 

Ce type vraiment dérangé dont le commerce fut la violence et la mort est mort par la violence et par la folie. Un malheureux atteint d’un trouble de stress post-traumatique qu’il venait aider l’a abattu en le criblant de balles.

 

Quand il fut question de tirer un film de ses mémoires, il refusa le « gauchiste » Matt Damon qui « a passé son temps à dénigrer le courage de nos soldats en Irak ». Kyle, qui avait accepté Bradley Cooper, décéda avant la sortie du film de Clint. Un film qu’il aurait sûrement aimé.

 

Ce qui m’a peut-être le plus espenté dans cette histoire, c’est sa toute fin. Le 11 février 2013, une chapelle ardente est érigée en l’honneur de Kyle au Stade des Cowboys d’Arlington au Texas. Le lendemain, il est enterré au cimetière de l’État du Texas à Austin après une procession funéraire longue de 320 kilomètres  sur la route reliant Midlothian à Austin !

 

Quel beau pays et quel grand peuple !

 

https://www.youtube.com/watch?v=vRE21DY1pjo

A propos de Bernard Gensane

avatar

Check Also

La haine, mal incurable

Effets secondaires irréversibles. De cette crise qui risque fort de s’éterniser tant tous les ingrédients ...

2 Commentaire

  1. avatar

    Dommage que votre conclusion puisse être mal interprétée si on ne s’en tient qu’à elle.

    un rappel : Les forces de la coalition américaine ont tué au moins 1 201 enfants en Irak entre 2003 et 2011. Le Navy SEAL Chris Kyle, était un de ces tueur d’enfants.

    voici ce que e dénonçais déjà il y a dix ans ailleurs comme type de méfait :
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/je-pensais-que-les-irakiens-n-86228
    le souvenir de la petite Abeer Qassim Al-Janabi est toujours présent…

  2. avatar
    Gaëtan Pelletier

    Quel beau pays et quel grand peuple !
    Merci pour l’ironie.
    On pourra changer de président, mais on ne changera pas ce « nationalisme nombriliste » de l’Amérique étasunienne.
    C’est le seul pays de la planète qui refuse de regarder un chef-d’œuvre cinématographique étranger avec des sous titres: on le refera à « sa sauce ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *