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Sa Minust? est vraiment trop bonne?: elle ne vient de nous voler que deux ann?es de vie suppl?mentaires?! Et voil?, la messe est dite?: faudra se crever le cul deux ans de plus pour garnir les poches des exploiteurs... enfin, ?a, c'est la t...

Vuvuzela sociale

Sa Minust? est vraiment trop bonne?: elle ne vient de nous voler que

deux ann?es de vie
suppl?mentaires?!

Oubli?eEt voil?, la messe est dite?: faudra se crever le cul deux ans
de plus pour garnir les poches des exploiteurs… enfin, ?a, c’est la th?orie.
Parce qu’en pratique, faudra surtout gratter deux ans de plus ? la
porte de Paul Emploi
, demander l’aum?ne de quelques miettes de sale boulot
pour une poign?e de cacahou?tes de plus tout en se faisant fliquer, rabrouer,
montrer du doigt. Deux ans de plus ? ramer, deux ans de plus ? trimer, ? subir,
? s’user, surtout. Et tout ?a pour quoi?? Pour une retraite tellement
mis?rable qu’il faudra probablement la cumuler avec un boulot d’?tudiant rien
que pour pouvoir payer le loyer ou prier pour qu’une
grosse vilaine incapacit? physique
vous sorte d?finitivement du circuit de
l’angoisse et de l’exploitation.

C’est ?a que vous voulez??
Non, mais, franchement, c’est ?a que vous voulez??
C’est pour ?a que vous vous levez tous les matins??
C’est pour ?a que vous ?levez des gosses??
C’est ?a la soci?t? dans laquelle vous voulez vivre??
Et c’est ?a que vous comptez l?guer ? vos enfants??
Une vie de labeur, de pauvret?, de peur, avec le tombeau ou le grabat comme
seule ?chappatoire??
C’est pour ?a que vous avez v?cu??

Vous n’avez pas l’impression que vous avez assez aval? de couleuvres comme cela
sur la foi de vagues promesses de lendemains plus rieurs?? Ils sont o?,
les fruits de nos sacrifices?? Ils sont o?, les fruits de notre travail ?
tous, de tout ce temps, de toute cette ?nergie que nous d?ployons jour apr?s
jour depuis tant d’ann?es?? Sommes-nous des humains ou des hamsters
stupides
qui tournent fr?n?tiquement dans leur cage parce qu’ils ne savent
plus rien faire d’autre??

Parce que vous les croyez, quand ils disent que ce coup-ci, c’est bon, les
retraites sont sauv?es?? Vous les croyez encore?? Comme vous les avez
crus pour toutes les autres r?formes qui ont pr?c?d?, porteuses de la m?me
promesse, de la m?me esp?rance, forc?ment d?mentie, forc?ment remise en cause,
d?mont?e, jusqu’au nouveau coup de canif dans le contrat social, comme ? chaque
fois, comme maintenant et comme demain.
Vous pensez vraiment que si vous fermez la gueule et faites le dos rond, ils
vont s’arr?ter l??? Est-ce que vous imaginez vraiment qu’ils ont une seule
bonne raison de s’arr?ter l?, pendant que vous faites collectivement les moules
devant vos bo?tes ? cons, ? applaudir les milliardaires en short qui courent
plus apr?s les putes et les voitures de luxe que derri?re un
ballon??
Non, mais franchement, vous y croyez ou c’est juste que vous avez attrap? une
mentalit? d’esclaves comme d’autres choppent un mauvais rhume en exposant leur
cerveau disponible ? des vents mauvais??

Parce que je ne vais pas faire le proph?te en vous annon?ant qu’ils vont
continuer ? nous plumer comme ils le font depuis 30 ans en nous racontant
strictement n’importe quoi?! De r?formes en d?localisations,
d’assouplissements en globalisation, c’est de notre chair, c’est de notre sang,
c’est de nos r?ves, c’est de nos vies qu’ils se repaissent avidement. ?tape
apr?s ?tape, ils nous reprennent tout ce qu’on avait r?ussi ? leur arracher de
droits ? une vie d?cente. Et il n’y a absolument rien pour les arr?ter tant
qu’ils n’auront pas suc? jusqu’? la derni?re particule de moelle de nos os. Et
quand bien m?me, ils trouveraient encore le moyen de faire de nos cendres et de
celles de nos enfants des savonnettes ou de l’engrais, pour ne pas perdre une
miette de leur pr?cieux profit.

Maintenant qu’ils ont enfonc? un coin de plus dans notre droit ?l?mentaire de
ne pas crever dans la mis?re, vers quel autre acquis social vont-ils tourner
leur petits regards de gorets avides?? Le SMIC, toujours trop cher, m?me
s’il n’augmente presque plus, ?cras? depuis des ann?es sur une sorte de
plancher de survie?? Les cong?s pay?s, tellement trop nombreux??
Regardez un peu les voisins, comme ils savent se contenter de moins?! La
S?cu, les allocs, le droit du travail, l’?ducation… Les niches sociales, on a
manqu? les oublier?? Le moteur gripp? de la redistribution des
richesses… parce que c’est de cela qu’il s’agit?: r?cup?rer, capter,
d?tourner la richesse que nous produisons, l’accumuler, la capitaliser, la
financiariser, jusqu’? ce que nous n’en ayons plus rien, plus une miette, nada.
Alors, ils se battront entre eux, mais ?a, on s’en fout, on ne sera plus l?
pour contempler l’?tendue de leur m?diocrit? humaine absolue.

Rien ne les arr?tera. Aucun homme (ou femme)
providentiel
ne va se mettre en travers de leur chemin. S’il y en a eu qui
avaient cette id?e, ils ont d?j? d? les acheter. Rien ni personne ne viendra
nous sauver de leur voracit?… sauf nous?!

La loi du nombre.
Enfin de notre c?t?.
Parce que sans nous, sans notre r?signation, sans notre monstrueux sentiment
d’impuissance qu’ils cultivent depuis des d?cennies, leur plan merdique ne peut
pas marcher.
Sans nous, pas de richesses?!
Sans nous, pas de profits?!
Sans nous, ils ne sont rien.

On ne parle pas l? d’une gentille promenade de sant? organis?e par les
syndicats bien proprets pour canaliser la col?re l?gitime de ceux qui se font
entuber chaque jour un peu plus. On ne parle pas l? de la petite manif’ mensuelle, au parcours
balis?, derri?re une foutue sono qui vomit ses d?cibels pour que les
organisateurs-bergers soient bien s?rs qu’aucun des moutons bien gard?s
n’aurait l’audace de gueuler un slogan de nature ? r?veiller les ?mes
engourdies. On ne parle pas l? des parades dont les gens Du Ch?teau se gaussent
en d?clarant que ce qu’il y a de bien avec nos mouvements sociaux, c’est qu’ils
ne d?rangent plus personne… et surtout pas la bonne marche de leurs petites
affaires.

Non, ce dont on parle, c’est d’un peuple qui prend son destin en mains.
C’est d’un peuple qui refuse de faire un pas de plus vers le pr?cipice.
C’est d’un peuple qui se croise les bras et paralyse la machine ? lui ?craser la gueule
dans la merde
tout en lui pompant la substantifique moelle.
C’est d’un peuple qui se rappelle qu’il existe, qu’il vit, qu’il r?ve, qu’il
aime et qu’il peut se mettre en col?re.
C’est d’un peuple qui retrouve sa voix et qui hurle sa r?volte.
C’est d’un peuple qui se rappelle qu’il a tout ? perdre ? continuer de se
soumettre ? l’ordre injuste.
C’est d’un peuple qui retrouve sa voi(e)x et dont la rumeur, immense, r?sonne
dans les rues, dans les cit?s, envahit tout, couvre tout et fait saigner les
oreilles des bourgeois accul?s dans leurs tours d’ivoire?!

Ce dont on parle, c’est d’une grande vuvuzela sociale, de ce bruit
collectif qui assourdit en ne parlant que d’une seule voix?: celle de sa
libert? reconquise, ici et maintenant?!

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    @ Monolecte

     » Ce dont on parle… C’est d’un peuple qui (…) paralyse la machine (…) et qui hurle sa révolte.. »

    Oui… et non. Il n’est même pas nécessaire de crier. Vous l’avez expliqué mieux que quiconque dans un de vos textes précédents que CentPapiers re-publiera d’ici quelques jours.

    La révolution, aujourd’hui est une décision personnelle. Pour vous, pour moi, pour tout le monde. Seulement une décision a prendre. Irreversible. Est-ce que « il nous la faut pour cet été », comme le chantaient les Camelots pour une toute autre cause ?

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

    Pierre JC Allard