Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !

http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie

Centpapiers

  • Votre dossier de santé bientôt sur votre écran d’ordinateur ?

    18 avril 2008 | 5 commentaire(s) | vu 1 361 fois

    L’accès éventuel à son dossier de santé depuis la maison, le bureau, ou tout autre endroit où l’on disposera d’un ordinateur branché sur le Net est-il une bonne chose ? On peut en douter quand la Commissaire à la vie privée met en garde contre le vol des données personnelles, y compris du dossier de santé – L’ABC du vol d’identité. Les pirates électroniques doivent saliver.

    Nos ministres de la santé ont donné le feu vert à Inforoute Canada qui va « discuter des solutions de dossier de santé personnel avec les fournisseurs intéressés et [ce afin] d’examiner de quelle manière ces technologies pourraient être mises à la disposition des Canadiens de manière sécuritaire. » Si vous croyez que nous avons encore quelques années devant nous, détrompez-vous. Inforoute Canada a déjà financé plus de 249 projets en lien avec le dossier de santé électronique.

    Migration forcée des données vers les États-Unis

    Le plus troublant est le fait, révélé sur technaute.ca, que le Dr André Simard, directeur des projets au DSE-Québec, n’était même pas au courant d’une note d’Inforoute Canada selon laquelle « en vertu du USA Patriot Act, le FBI américain pourrait accéder aux renseignements personnels des Canadiens contenus dans les dossiers de santé électronique, dès que ceux-ci seront détenus par des entreprises ayant des liens avec les États-Unis ».

    Les entreprises qui implantent le dossier électronique au Québec appartiennent à peu près toutes, en tout ou en partie, à des entreprises américaines.

    En clair, cela veut dire que si vous êtes du genre frileux au point de ne pas consentir à ce que votre dossier de santé soit accessible électroniquement, oubliez le voyage annuel aux States. D’ailleurs, on peut s’interroger sur le lien entre le Partenariat Nord américain sur la sécurité et la prospérité et le virage à 180 degrés du ministre Couillard qui est passé du consentement explicite au consentement implicite.

    Le bon docteur Couillard veille sur nous

    Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne me sens pas du tout rassuré quand on nous affirme que seuls les professionnels de la santé québécois autorisés vont pouvoir accéder à notre dossier de santé électronique. Le problème, c’est qu’Inforoute Canada qui finance la moitié des coûts d’implantation des dossiers de santé électronique, avec l’argent du fédéral, est clairement en faveur de l’accès par chaque Canadien à son dossier de santé électronique.

    Lors d’une importante conférence sur la gestion des dossiers de santé électronique et les renseignements personnels qui se tenait en décembre dernier à Montréal, le sujet de la sécurité a été débattue avec des questions telle « que peut-on faire pour améliorer et réduire les risques de vol d’identité ? ». On y a aussi discuté, dans un autre atelier, du droit de chaque personne d’accéder à son dossier. On peut facilement imaginer que la pression pour pouvoir le faire par le biais d’Internet va aller en augmentant.

    Je ne dis pas que le dossier de santé électronique est le mal incarné, mais il ne faut pas non plus lancer le message que tout va aller comme sur des roulettes. Il y a tellement de données personnelles volées en ce moment, comme l’a appris technaute.ca dans son enquête, que les prix sur le marché des données obtenues frauduleusement sont à la baisse.

    Selon The Wall Streat Journal, le quart des hôpitaux américains ayant implanté de dossier de santé électronique ont connu des problèmes d’intrusions au cours des douze derniers mois. Interrogée sur ces faits, la direcrice des solutions Internet en matière de santé chez Cisco a répondu ceci : « what’s important is that the survey shows “there’s a commitment to security.” »

    Dormez bien sur vos oreilles, braves gens.

    Cet article a été publié originalement à cet endroit.
    vu 1 361 fois   Voter
  • 5 commentaires

    • Patricia Turcotte

    Monsieur Michel Monette,

    Je me préparais à fermer l’ordinateur pour aujourd’hui, quant tout à coup votre chronique m’a encore attirée, au point d’ajouter pour aujourd’hui, un court commentaire. Vous devez pas croire qu’il sera bref, et moi non plus, alors voici :

     : » Quand bien même on injectera un sirum dans notre veine ou sur notre front, contenant
    tout notre dossier médical complet depuis notre naissance ; si on a retiré de par la loi, une minime partie de ce dossier médical, et d’une partie la plus importante pour arriver à établir les bons diagnostics, etc. alors, c’est foutu ! Plus rien n’est juste en ce domaine, tant et aussi longtemps que les élites au pouvoir médical ou légal, auront ce droit de nous retirer la plus importante partie de notre dossier médical.

    Ce qui est arrivé pour moi : on a retirer les deux semaines de mon hospitalisation de janvier 1982, la partie la plus importante de mon histoire de santé, suite à un accident d’auto au travail survenu le 19 octobre 1981.

    Puisqu’avant cette date, rare les fois où j’ai eu à consulter pour des problèmes de santé. Mis à part les visites normales et humanitaires comme : avoir un enfant, etc.

    Bonne journée à tous de Patricia

    • braindot

    Bonjour Michel,
    juste quelques précisions sur le dossier médical informatisé. Je suis président d’une compagnie « Québécois », et non Américaine, qui numérise et met en ligne des dossiers médicaux.(Mediprofil) et personne, ni le FBI, n’a accès à notre base de données. D’autre part, les dossiers médicaux sont bien plus protégés sur un site sécurisé (comme votre banque) que dans une filière dans le sous-sol d’un Hopital. Les archives ressemblent rarement à des coffres-fort. Pour voler une identité il y a des moyens bien plus simple pour un pirate que de passer des mois à essayer de violer un site sécurisé.
    Il y a aussi tous les aspects positifs du DMI : par exemple redonner au patient l’accès immédiat à son dossier sans avoir à effectuer un parcours du combattant pour récupérer une radio ou une analyse et qui en plus sera facturée.
    Je trouve normal qu’un individu puisse gérer son dossier comme on gére sa santé, son corps. A la banque vous gérez votre compte bancaire, vous le tenez à jour, vous avez votre nom d’utilisateur et votre mot de passe et vous n’avez pas peur de vous faire voler votre identité ou du FBI, pourtant les données sur vos achats et vos habitudes sont plus importantes pour un pirate que de découvrir que vous avez un taux de cholestérol élevé…
    Dans le DMI de Mediprofil seul le patient a accès à son dossier avec un nom d’identifiant et un mot de passe que lui seul connait. Il est aussi le seul à bien vouloir le partager ou le montrer à un profesionnel de la santé, n’importe ou dans la province, au pays, ou ailleurs dans le monde. Je peux vous assurer que nos abonnés sont bien contents d’avoir repris en main leurs dossiers médicaux et celui de leurs enfants et qu’ainsi leur dossier va les suivre tout au long de leur vie, sans risque de perte, d’altération ou de destruction.
    Je vous invite sur notre site : http://www.mediprofil.com, malheureusement actuellement c’est un abonnement payant, et oui il faut vivre, mais on espère qu’un jour la RAMQ pourra offrir ce service au plus grand nombre…

    • Michel Monette

    « Je ne dis pas que le dossier de santé électronique est le mal incarné, mais il ne faut pas non plus lancer le message que tout va aller comme sur des roulettes. »

    Je ne doute pas non plus de votre bonne foi. Vous devriez regarder l’entrevue de Stephen Spoonamore, un grand spécialiste américain en sécurité informatique. Même les meilleurs systèmes de sécurité ne peuvent empêcher la fraude : 2,5% des transactions concernant les cartes de crédit, quoique fassent les experts en sécurité informatique, sont frauduleuses. Il n’y a donc pas ZÉRO chance que mes données médicales soient « bien plus protégées sur un site sécurisé (comme votre banque) que dans une filière dans le sous-sol d’un Hôpital. » Ce sont des craintes légitimes auxquelles ceux qui font la promotion du dossier médical informatisé doivent répondre. Je m’inquiète beaucoup plus quand vous affirmez que les pirates devront passer des mois à essayer de violer un site sécurisé que si vous disiez la vérité. Où sont les maillons faibles de votre chaine ? Quelles sont les garanties qu’aucune entreprise gérant les dossiers médicaux informatisés demeureront strictement canadiennes (surtout dans le contexte du traité de libre-échange avec les États-Unis) ? Comment garantirons-nous l’étanchéïté totale entre des entreprises telle la vôtre et les compagnies d’assurance qui ont drôlement intérêt à obtenir des renseignements médicaux nous concernant ? Quand on voit un ministre de la Santé investir dans le privé médical après avoir démissionné, comment le pas s’inquiéter ? Ce sont toutes des questions parfaitement légitimes. Je les pose d’autant plus que les médias délaissent de façon troublante et inquiétante leur rôle de chien de garde de l’intérêt public. Les relationnistes s’en donnent à cœur joie.

    • braindot

    Je suis d’accord Michel, on n’est jamais à l’abri d’une fraude. Il n’y a pas de système sûr à 100%. Mais il ne faut pas non plus diaboliser le DMI. C’est une avancée technologique avec bien sûr ses inconvénients. Le dossier papier n’est pas plus sécuritaire bien au contraire. De notre côté nous avons mis tous les verrous nécessaires mais ce ne sont que des verrous. Quant à distribuer les banques de données aux compagnies d’assurances c’est un énorme risque que je ne suis pas près de courir. C’est interdit par la loi et vous vous retrouvez en prison sans passer par la case départ !
    Mais là aussi il y aura toujours des compagnies mal intentionnées. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, il y a toujours des voyous, mais il y a aussi des gens qui font leur boulot correctement. La solution ? développer la concurrence d’abord entre le public et le privé, faire des contrôles sérieux, imposer des normes et des chartes. Nous nous avons adhéré à la charte « Hon Code » basée à Genève et nous attendons prochainement une norme ISO. Vous comprenez que si on adhère à ces organismes c’est que l’on sait qu’il y a des dérives et que l’on veut démontrer à nos abonnés que nous sommes un bon élève.
    Mais je suis encore d’accord avec vous ! Vous, les journalistes soyez des chiens de garde, c’est votre rôle de lever des lièvres, mais ne tirez pas sur l’ambulance !
    Bonne journée et très heureux de partager !

    • Michel Monette

    Merci du compliment, mais je ne suis pas journaliste. Le problème, justement, c’est que les salles de presse n’affecte pratiquement plus les journalistes, ni les salles de nouvelles et autres rédactions les recherchistes d’ailleurs, sur des dossiers qui demandent du temps.

    Laisser un commentaire

    Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress




Bad Behavior has blocked 3636 access attempts in the last 7 days.

Premium Wordpress Plugin