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Voter à la primaire de la droite et du centre : une évidence !

Une évidence, en effet. Pour une raison simple : cette primaire de la droite et du centre désignera le très probable président de la République qui sera élu par les électeurs français le dimanche 7 mai 2017…

Tous les sondages le démontrent, enquête après enquête : Marine Le Pen sera bel et bien présente au 2e tour de la présidentielle. Non seulement les scores qui lui sont attribués par les instituts spécialisés ne fléchissent pas, mais les évènements politiques de 2016 constituent un formidable encouragement pour ses électeurs, entre le Brexit du mois de juin – pied de nez à l’establishment britannique – et la récente victoire du baroque Donald Trump – prétendument antisystème – lors d’une atypique élection présidentielle qui a également constitué un pied de nez à l’establishment étasunien, tous bords confondus.

À ces faits, révélateurs d’un évident rejet des élites et d’un vigoureux bras d’honneur aux médias mainstream, par trop complices des puissants et soutiens constants d’un système politique dévoyé, s’ajoute la déliquescence, sous Nicolas Sarkozy puis François Hollande, d’un pouvoir hexagonal néolibéral principalement au service de l’oligarchie industrielle et financière. Dans de telles conditions, il est aisé de comprendre pourquoi la candidate du Front National capitalise auprès des classes populaires et des perdants de la mondialisation. Et cela sans même avoir à faire campagne, fait inédit sous la Ve République à 5 mois du 1er tour.

Marine Le Pen qualifiée pour le 2e tour, il ne reste qu’une place en finale. Or, s’il est une certitude, c’est que le Parti Socialiste et ses alliés seront piteusement éliminés dès le soir du 1er tour de la présidentielle, victimes de la trahison de François Hollande à l’égard d’un électorat qui, en mai 2012, lui a donné les clés de l’Élysée en se fiant à la pugnacité de son discours du Bourget et à la désignation de son ennemi : « la finance ». Conséquence : le président sortant est carbonisé, et s’il ne le comprend pas et persiste à se représenter, il court le risque – humiliation sans précédent pour un chef d’État – d’être devancé lors de la primaire PS-PRG par un Arnaud Montebourg aux canines acérées, prêt à déchirer à belles dents le médiocre bilan du quinquennat.

Cela dit, les supporters du bellâtre en marinière ne doivent pas se faire d’illusions : vainqueur de la primaire, Arnaud Montebourg n’aurait pas plus de chances de se qualifier pour le 2e tour que le petit caudillo Manuel Valls si ce dernier participait à ce processus de sélection en l’absence d’un François Hollande mis définitivement KO par d’impitoyables sondages. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est malheureusement à craindre, dans un pays qui dérive toujours plus vers la droite, qu’il ne plafonne à un niveau insuffisant pour espérer affronter Marine Le Pen au 2e tour de la présidentielle. Devancer le candidat du PS n’en serait pas moins une grande satisfaction qui ouvrirait de surcroit la porte à une recomposition de la gauche sur des bases véritablement progressistes.

La dignité de la fonction présidentielle

Reste Emmanuel Macron qui espère tirer de son positionnement en électron libre – officiellement « ni à gauche ni à droite » – une assise électorale suffisamment large pour toucher le Graal en affrontant Marine Le Pen en finale. Avec à la clé la quasi-certitude de l’emporter grâce à un discours fédérateur de nature à séduire aussi bien les électeurs du PS en rupture de hollandisme que ceux de l’UDI, orphelins d’un candidat non soumis à la pesante tutelle de LR. Un pari audacieux qui a peu de chances de réussir, eu égard à plusieurs facteurs défavorables dont l’absence d’appareil politique, le manque de financement et le nombre réduit de personnalités ralliées à sa cause ne sont pas les moindres.

Mais le parcours de Donald Trump aux États-Unis a, dans une société en apparence corsetée par les grands appareils partisans, montré que désormais tout semble possible dans un monde occidental où les classes populaires sont de plus en plus déboussolées et sensibles aux sirènes iconoclastes. C’est manifestement sur cette vague qu’entend surfer l’ancien ministre des Finances, pourtant un pur produit du système qu’il dénonce. Or, le nombre, l’ampleur et la virulence des réactions à l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron, tant à gauche qu’à droite, accréditent le fait qu’il représente un réel danger aux yeux des têtes d’affiche, soudainement plus fébriles. À suivre…

Le prochain président de la République n’en sera pas moins issu des rangs de LR, sauf énorme surprise venue du candidat « hors sol » qu’est Emmanuel Macron. Autrement dit, le sort de la présidentielle se jouera dès la « primaire de la droite et du centre » les 20 et 27 novembre 2016, compte tenu de la disqualification attendue du candidat du PS et de la faiblesse prévisible du candidat de la gauche véritable Jean-Luc Mélenchon.

Dès lors, il appartient à chacun d’entre nous de savoir s’il doit ou non – quelles que soient ses préférences politiques – participer à cette primaire qui désignera très probablement le futur locataire de l’Élysée, l’homme qui imprimera sa volonté sur la gouvernance du pays dans les cinq années à venir. Cet homme se nommera très certainement François Fillon, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy, trois serviteurs zélés du néolibéralisme et de la casse sociale, trois candidats dont les programmes convergent très largement vers des lendemains qui déchantent malgré les postures qu’ils adoptent pour tenter de se différencier lors des débats.

Doivent-ils pour autant être considérés de la même manière ? À chacun de juger en prenant en compte le niveau des responsabilités exercées antérieurement pour des résultats le plus souvent calamiteux. À chacun de juger en prenant en compte les casseroles judiciaires accrochées à leurs basques ou en passe de l’être. À chacun de juger en prenant en compte leur proximité avec les puissants lobbies industriels et financiers.

Quiconque a le souci de la dignité de la fonction présidentielle participera d’autant plus à cette « primaire de la droite et du centre » que les valeurs républicaines requises sont partagées par les électeurs de gauche. Comme une évidence dans la vie politique de notre pays.

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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