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Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (7)

Nous voici arrivés à la fin de cette mini-série, c’est le jour de la prise de pouvoir officiel de Joe Biden. On craint énormément les heurts ce jour-là, les partisans de Trump ne pouvant disparaître du jour au lendemain et leur goût des armes ainsi que pour la violence non plus. Je vous ai trouvé pourtant des français pour y souscrire, hélas. Aujourd’hui nous allons apprendre que ça aurait pu être pire encore, que des élus républicains sont étroitement liés aux émeutiers et que ces élus rassemblés au Capitole, dont Mike Pence et Nancy Pelosi, ont échappé de peu au lynchage… exfiltrés par une méthode dont personne n’a parlé jusqu’ici il semble bien. C’est le dernier scoop de la série !!

Les soutiens français à l’insurrection 

Que cela se passe aux USA, OK, on se dit avec un tel fou aux commandes cela devait arriver. Ce qui est tout aussi grave je pense c’est un soutien affirmé à ce type d’action en France même. On avait aperçu des trumpistes pointer chez les gilets jaunes (et Trump le récupérer !), mais il y en a d’autres, hélas. Dans ce chaos télévisuel en direct, en France un homme va émerger… sur BFMTV. Il s’appelle Erik Svane. C’est un scénariste de BD, du genre seconde zone (1) qui habite en France depuis un bout de temps alors qu’il est danois d’origine (il a réalisé une BD sur la reine Margrethe II, « Daisy » – c’est vous dire son « talent » de scénariste – il n’est donc pas américain d’origine (la preuve ici où il se plaignait déjà ils a 13 ans que les USA n’étaient pas selon lui appréciés ici)). Ici ce sont ses talents de traducteur pour une autre BD… absolument lamentable. Il va tenir en direct ce jour-là, un propos ahurissant, que la présentatrice de BFM tentera vainement de relever ; selon lui en effet, l’envahissement du Capitole lui fait dire que  » je crois qu’on devrait tous être fiers que les Américains ne se laissent plus faire », en somme qu’il soutient d’emblée l’action violente et anti-démocratique, expliquant sans sourire une théorie du complot de l’élection, face à la représentante en France des démocrates US, restée éberluée par le propos. C’était l’évocation d’un « arrêt des comptes » de votants dans le Wisconsin, une théorie du complot pourtant largement débunkée depuis… mais reprise par Trump le soir même de l’élection dans son intervention surréaliste…

Remarquez, Svane avait déjà fait ça dès les résultats chez nos amis suisses, en se présentant comme le « chargé des relations de Republican Overseas France », où il avait déjà évoqué une « fraude » au soir même de l’élection, accusant les démocrates de faire « depuis des années » ce qu’ont fait en réalité les républicains en tripatouillant les lieux de vote, comme j’ai pu l’expliquer ici. Son opinion en la matière est confondante et son manque de savoir de l’histoire des combats politiques aux USA flagrant. Ce gars-là ignore tout des USA !!! Aujourd’hui son titre officiel est d’être pourtant le « représentant » de « Republicans in France ». Et c’est pourquoi il hante les plateaux de BFMTV, mais aussi de… RT Russia !!! Ici, en juin dernier (ici à droite), il se posait la question de savoir s’il ne fallait pas remercier Trump (?) d’avoir « sauvé un million 900 000 de vies américaines, puisque c’étaient les prévisions de décès du Covid19″ : la honte complète, car c’est la reprise d’une projection de décès à maxima prévue par les experts si aucune protection (masque, distanciation) n’était mise en place et, là encore, un argument utilisé tel quel par Trump  !!! Sans que ça ne le dérange, comme ça ne le dérange pas non plus d’avoir posé complaisamment jadis avec… Bill Clinton, car à l’époque son admiration éperdue pour les USA en faisait à ses yeux un candidat tout aussi valable qu’aujourd’hui Donald Trump (il l’a oubliée, c’est sûr, celle-là !!!). Il est aussi l’auteur de la « La Bannière Étalée« . Un ouvrage plus que léger, au contenu pro-invasion de l’Irak, qui a été préfacé par l’extrême droitiste français Guy Millière, partisan de cette même invasion !!! Dans un long écrit pour défendre son essai, il revenait sur sa défense pro-Bush, en concluant « Il est vrai que le combat français contre les impérialistes yankees dure depuis de nombreuses décennies… »   Et lui… son aveuglément pro-américain depuis toujours !!! Lui, il est vrai, il semble tellement « américain » que « quand Canal + a besoin d’un soldat ou d’un marine américain, ils font souvent appel à moi » a-t-il expliqué, révélant une autre facette de son talent… de comédien (ici son CV)  et surtout pas d’historien !

Et ce n’est rien encore comparé bien sûr au Comité Trump France de Georges Clément, relayé par des gens comme Pierre Jovanovic, celui qui croit à l’existence des anges, ou l’inévitable Jack Posobiec, cité en renfort. L’homme est repris en boucle par « NTD Français«  sans se rendre compte de ce que c’est, on suppose ou on l’espère pour lui : NTD, c’est une chaîne chinoise créée en 2001 par des pratiquants de la secte du Falun Gong ayant émigré, ceux qui se cachent derrière le journal The Epoch Times, aux collaborateurs tous d’extrême droite (anti-vaccins bien sûr) comme j’ai pu le décrire ici déjà. Les rois des fake news !!! Le Comité Trump se montrant lui ouvertement QAnoniste, en affichant en pleine émeute une image de « Kraken » empruntée aux réseaux d’extrême droite US. Ce qui n’est pas vraiment pour nous étonner, car ce qui nous étonne étant le ton, celui d’un gamin de 15 ans à la découverte des événements récents, à voir son langage qui semble fort éloigné du Clément plutôt cacochyme… C’est chez eux, le même gag que chez Asselineau, ardent partisan du complot américain partout, lui qui laisse faire ses ouailles sur le net vu que ce n’est plus de son âge non plus.

La rhétorique étrange, conduite par ce fameux « Comité Trump », absolvant un peu plus loin les saccageurs du Capitole au nom d’un « lieu corrompu« , en opposant ça, comme le fait d’ailleurs aussi Svane, aux dégâts causés par les « antifascistes » chers à Trump et à la définition à géométrie variable…

Libération nous avait prévenus pourtant à la veille de l’élection : « les tweets publiés par le Comité Trump France tournent eux aussi autour des thèmes chers aux partisans de Marine Le Pen, parlant de «nettoyage des cités par l’armée», d’«exterminer les islamistes», ou encore de la «réémigration massive» – quand ils ne partagent pas les articles des médias d’extrême droite Fdesouche et Valeurs actuelles, ou de l’identitaire Damien Rieu ». Des propos qui n’étonnent donc pas « quand on sait qui se cache derrière ce compte aux 14 000 abonnés. A l’origine de la création de l’association pro-Trump, comme le rapportait Le Point en 2016, on trouve notamment Vivien Hoch, figure de la Manif pour tous (il a posté ce tweet ici à gauche pendant les événements !) , ou encore Gérard Pince (ici à droite, auteur de plusieurs ouvrages comme « Le Choc des ethnies, vers le génocide des Français ? » préfacé par Renaud Camus, essayiste connu pour sa théorie du grand remplacement. Et à sa tête encore aujourd’hui, Georges Clément, présenté il y a quatre ans dans Libé comme «proche des milieux identitaires» et habitué des plateaux de la web télé TV Libertés, fondée par d’anciens cadres du Front national. » Hoch, le 31 janvier 2013, était revenu tout joyeux d’un colloque à Cotonou où il avait participé et qui avait pour thème « la logique interne de l’amour dépasse-t-elle la justice« ; ce qui semble difficilement s’appliquer à Washington il semble : serait-il à côté de la plaque, lui-aussi ?

Il  y a eu aussi André Bercoff sur Sud-Radio (2) pour parler de la chose, un Bercoff qui avait aussi invité récemment Charles Gave, un financier d’extrême droite, parti de France à l’élection de Mitterrand en 1981. Gave préside celui-là le think tank libéral « Institut des libertés », qu’il a fondé en 2012 avec Jean-Jacques Netter et Jean-Claude Gruffat. Sa fille, Emmanuelle Gave, est membre de Debout la France et lui s’en disait « proche », jusqu’au moment où cette dernière partisane de la « remigration » a été virée pour ses propos odieux relevés ici par Quotidien. Bercoff l’avait invité avant l’élection où il avait débité la thèse de l’ordinateur de Hunter Biden en rajoutant des faits encore plus douteux que ce racontait Giuliani… une prouesse inégalable ! Comme hoax man, Gave est… grave !

Philippe Karsenty est l’officiel représentant et le porte-parole français des « Republicans in France« , l’ex-Les Républicains de Neuilly-sur-Seine, que l’on avait entendu avec l’incident de Notre-Dame, où, invité sur Fox News, il avait aussitôt embrayé sur la thèse islamisme bien entendu.  Shepard Smith lui avait alors coupé le micro en direct ! Avec Antoinette Lorrain et Paul Reen c’est le trio des fans trumpiens ici en France.

On les retrouve sans surprise régulièrement sur RT… Depuis l’attaque, Karsenty rase les murs comme les autres et s’est déjà trouvé comme aux USA d’ailleurs un nouvel os à ronger ;  le patron de Twitter, pour lui un « antifa »… bien sûr !!! Le ridicule l’a déjà tué une fois chez FoxNews, il s’enferre…  En réalité, avec l’éviction de Trump il perd aujourd’hui sa seule tribune régulière pour exposer ses thèses d’extrême droite !

Chez lui, ça tourne en effet au déni le plus total comme on peut le voir ici à droite… c’est sorti par Trump France Info, « Tous les tweets sur Donald #Trump, le plus grand président que les Etats-Unis aient jamais connu. » Autre belle entité dont je ne vous donne pas tous les contenus particulièrement ineptes… comme celui ci, qui présente Baked Alaska (Tim Gionet,) comme étant un « gauchiste ». C’est en fait le pote de Nicholas Fuentes, extrémiste négationniste, qui a envahi le Capitole avecc lui, je vous le rappelle !!! Le site entretien la foi en Donald d’une bien étrange manière :

Marine Le Pen … fait le gros dos et exonère Donald

La cheftaine de l’extrême droite en France n’a pas été en reste… pour ménager Trump. A croire que de proférer des menaces de mort envers des élus et de préparer un gibet pour les pendre n’est pas grave, pour elle (il est vrai qu’elle ne réclame plus la guillotine pourtant). Chez elle, il aura quand même fallu cette attaque pour qu’elle se décide à reconnaître la victoire de Joe Biden, ce qu’elle s’était refusée de faire auparavant. Le 11 novembre en effet, elle avait déclaré « je fais partie de ceux qui ne félicitent pas le futur président des États-Unis, parce que je ne considère pas que le match est joué tant qu’on n’a pas terminé les prolongations », note ici Ouest-France,  « a déclaré la députée du Pas-de-Calais, en marge de la cérémonie du 11 novembre à Hénin-Beaumont. Interrogée sur les accusations de fraude lors du scrutin, lancées par Donald Trump, Marine Le Pen a dit « attendre de savoir ce que la justice américaine dira ». C’était avant l’émeute. On en a gardé la vidéo… comme preuve de son acceptation pure et simple de la théorie du complot qui a mené au chaos que l’on a pu voir…

Mo Brooks, le retour

Des « antifas », raconte-t-on déjà à peine l’émeute démarrée ? L’Assistant Director du FBI Steven D’Antuono (ici à gauche) a déjà répondu à Matt Gaetz (cf nôtre épisode précédent) en annonçant clairement le 8 janvier « qu’aucun antifa n’avait participé à l’intrusion ». La rumeur avait été immédiatement reprise par les supporters de Trump comme le pasteur lourdingue Mark Burns et le procureur du Texas Ken Paxton, l’allié véreux de Trump, déjà croisé ici, Fox News et Fox Business Network, les amplifiant via l’inévitable cloche politique Sarah Palin et l’inepte républicain Mo Brooks, de l’Alabama (présent à Save America comme on l’a vu, lui, ce pas futé pour deux sous !). Le lendemain des émeutes, invité sur une radio, ce fameux Mo Brooks avait eu également cette comparaison sidérante :  il souhaitait « que les auditeurs considèrent les parallèles historiques entre les États-Unis et l’Allemagne nazie, au cours desquels les citoyens «ont perdu confiance dans les urnes». Dans sa comparaison, Brooks a qualifié l’Allemagne d’Adolf Hitler de «socialiste». «Vous pouviez immigrer de ce pays, ce que beaucoup de gens ont fait dans les années 1920 et 1930 dans l’Allemagne socialiste avec Adolf Hitler. Vous pouviez vous soumettre, et c’est aussi ce que beaucoup de gens ont fait en Allemagne. Ou, vous pouviez résister, souvent par la violence », a déclaré Brooks, qui a ajouté qu ‘« aucune de ces options n’est la bonne ». Matt Murphy, l’animateur de radio, a réagi avec surprise. «L’éducation n’est-elle pas une option ? Vous ne l’avez pas répertorié », a demandé Murphy. « Eh bien, il semble que vous ayez abandonné la possibilité d’aider la Pennsylvanie à réparer certains de ses problèmes ou la Georgie à réparer certains de ses problèmes… » Ici également on l’entend défendre avc véhémence son idée.  Il n’a aucun exemple précis à monter, mais parle de « combattre » la « fraude », des « aliens » (étrangers) ayant pu voter selon lui. Il prétend par exemple que Joe Biden a promis une « amnistie » à ces électeurs « illégaux « s’ils votaient pour lui », ce qu’il n’a jamais fait bien sûr. Il affirme aussi que « les démocrates ont payé un spécialiste » pour « voler les élections » : là encore c’est un hoax complet, mais ça ne le gêne pas de l’affirmer devant la caméra. Pour lui, les juges ont agi selon la « propagande » en rejetant les dossiers instruits : il remet donc en cause au passage les juges, mais aussi… la Cour Suprême : or c’est un élu !!! Trump est certes fou mais Mo Brooks n’est guère plus sain d’esprit : c’est un de ceux qui a précipité les envahisseurs à l’intérieur du Capitole !!!

Plus inquiétant encore : le provocateur Ali Alexander l’a dénoncé on l’a vu comme ayant été mis au courant que « quelque chose de spécial » se préparait le 6 janvier. Il savaient en effet. Or il était donc à l’intérieur du Capitole quand les premiers assaillants ont brisé les portes et les fenêtres pour y entrer. Et qu’a-t-il aussitôt balancé sur Twitter à ses proches ? Que selon « une rumeur » ce seraient des « antifas déguisés » en partisans de Trump « en casquette MAGA » qui étaient en train de faire le coup. Il avait ajouté « le temps nous dira où est la vérité », qui laissait plutôt entrevoir qu’il SAVAIT en effet et qu’il était sûr de son coup sur la nature des assaillants !!! Alors qu’il n’avait aucun moyen de le vérifier… Il s’est vendu, tout simplement, en tweetant ça !

D’où les suspicions légitimes à son égard, de la part de ses collègues élus. Défiant, ce dernier confiait le 12 janvier qu’il ne démissionnerait jamais… malgré la demande du NACAP (National Association for the Advancement of Colored People) et de plusieurs collègues : comme son idole ! Un organisme de scrutateurs (Campaign for Accountability) a parfaitement cerné le 11 janvier son cas : «il ne peut y avoir d’action qui discrédite davantage la Chambre des représentants qu’un membre du Congrès – qui a prêté serment de faire respecter la Constitution – à inciter une foule en colère à protester violemment contre les résultats légitimes d’une élection démocratique a écrit le watchdog group, note ici The Hill, qui est plutôt à droite. Tel que ça en est, Mo Brooks devra rendre justice, un jour où l’autre, pour ses propos anti-démocratiques, ses mensonges et ses omissions. 

Les armes et les explosifs trouvés qui changent tout, le carnage évité de peu

On a eu de cesse de critiquer la police, dont certains membres on montré des signe évidents de sympathie avec les émeutiers, mais au regard des terribles bagarres aperçues, on se demande comment un seul d’entre eux, isolé et menacé dans un couloir aurait pu dégainer son arme. Ça aurait pu se terminer en carnage, car des armes ont circulé à l’évidence, malgré les interdictions placardées partout par la mairie de Washington (ici à droite). J’ai toujours des doutes sur les énormes sacs à dos portés ce jour-là par beaucoup des sympathisants des Oath Keepers, en particuliers (ici une autre personne à gauche en tenue « tactique » une jeune fille appelée « Dolly » semble-t-il). Le principal suspect arrêté porteur d’armes le sera à l’extérieur lors d’un banal contrôle routier. Il s’appelle Lonnie Coffman. Il n’est plus tout jeune (70 ans) et son gros pick-puck rouge surmonté d’un gros caisson arrière blanc circulant après le couvre-feu a intrigué la police et davantage encore quand cette dernière à vu une crosse dépassant d’entre ses deux fauteuils avant. Des papiers saisis dans le véhicule et annotés de sa main surtout intriguent et font peur : l’un est paraphé « juge David Hamilton – Bad Guy » : il a été nommé par Obama. Un autre vise André Carson, de l’Indiana, le premier musulman nommé au « House Committee On Intelligence ». Visiblement l’homme est aussi un raciste : il vient en tout cas de l’Alabama !

Son véhicule avait été garé tout prêt du Capitole. Dedans, il y a un AR-15 neuf, muni de son chargeur et d’une courte lunette de visée, au moins un Glock (deux, selon certaines sources), mais aussi une arbalète, arme silencieuse qui peut être mortelle… et 11 canettes dans une glacière remplies d’un mélange pour cocktail molotov ressemblant à du napalm !!!  On l’avait échappé belle !!! On a retrouvé des vues de son arrivée via des caméras de surveillance (ci-dessous), noyé discrètement dans la foule, cigarette aux lèvres et donc sans masque comme une grande partie de ses voisins.

Il s’est rendu au meeting de l’Ellipse sans son arsenal, heureusement. Mais celui-ci était resté à 10 minutes à peine de marche de lui ! Si les armes de point et le fusil d’assaut sont un équipement courant aux USA, les cocktails molotov au polystyrène prêts à être lancés changent la donne : ce sont des armes par destination, juridiquement. En prévision de leur usage ! « Les composants du cocktail Molotov ont été créés de manière à être particulièrement mortels, avec une substance de napalm à l’intérieur qui collerait à la cible et continuerait de brûler », ont écrit les procureurs dans une motion de mise en détention. « L’accusé avait des centaines de cartouches de munitions, chacune pouvant coûter une vie humaine. La camionnette était garée à proximité du Capitole américain. Et les messages manuscrits dans la camionnette du défendeur soulèvent de graves inquiétudes quant à ses intentions, et suggèrent que ces armes étaient destinées à être utilisées dans un effort pour attaquer violemment nos élus.  » Bref, un beau cas d’espèce dont on se demande ce qu’il aurait pu faire avec son arsenal… si les choses s’étaient envenimées davantage !!!

Le laveur de voitures dangereux au fusil très spécial

Les policiers sont aussi allés aussi chercher après les événements quelqu’un descendu à l’hôtel à Washington et venu de Georgie celui-là. Visiblement le gars avait raté le coche, ce dégourdi, mercredi dernier. Ils étaient descendus le voir pour la raison qu’il était armé et qu’il avait bombardé entre-temps le net d’invectives contre Nancy Pelosi, menaçant même de la tuer. Le journal Atlanta JournalConstitution (400 000 exemplaires) l’avait interviewé chez lui à Acworth, en Georgie,  où il avait installé un panneau d’affichage en 2018 avec «# QANON» inscrit à côté du nom de sa société, « Car Nutz Car Wash« .  » En 2018, M. Meredith a déclaré au journal Constitution que c’était parce qu’il était « un patriote parmi les millions qui aiment ce pays ». Arrivé en fait trop tard à Washington pour le rassemblement de mercredi, selon le F.B.I., en raison de problèmes de voiture, « il a rédigé de nombreux messages texte à des amis:  » j’essaye mais actuellement suis coincé à Cambridge, Ohio, avec le remplacement des lumières de la remorque ». Il a dit aussi qu’il avait » beaucoup de munitions anti-blindage 5.56 (des balles perforantes) « dans un autre message texte, suivi d’un emoji de diable violet. Dans d’autres messages texte, il a fait référence à Mme Pelosi avec des insultes misogynes et menacé de la tuer, a déclaré le F.B.I. « Je prédis que beaucoup dans notre pays mourront dans les 12 jours », a écrit M. Meredith, selon le F.B.I. Chez lui, ça ne rate pas: on commente l’arrestation comme étant…un false flag !! Les « 12 jours » promis étant là aussi un des promesses de QAnon pour « nettoyer le marais »...  Avec lui les policiers ont trouvé un Glock, peint par lui aux couleurs du drapeau US, un fusil d’assaut avec lunette télescopique, des chargeurs de grande capacité et environ 2 500 cartouches de munitions, dont au moins 320 cartouches à balles «perforantes», selon les archives judiciaires…  Son fusil est particulier, c’est un Tavor X95 de type Bullpup de chez Israel Weapon Industries (IWI). Sa fabrication avec chargeur et éjecteur reporté à l’arrière (ici avec un sac), en fait une des armes les plus compactes (26 pouces, 66 cm) et donc une des plus faciles à dissimuler dans un sac, ou un sac à dos (pas besoin de le démonter comme ici à droite), au contraire de l’AR-15 qui oscille entre 81 et 90 cm, voire 1 mètre de long. Des sacs à dos de taille conséquente ont été aperçus au Capitole, tel celui ici à gauche porté par un encagoulé complet… On notera la bosse sur le dessus.  Coïncidence, l’engin a été sélectionné aux USA par la police chargée de la protection du Capitole de Pennsylvanie (ici gauche). Le siège social américain d’IWI est en effet situé à Harrisburg !!!

Le pire évité 

Le pire était à venir en fait et l’annonce rapide de la découverte de deux « pipes-bombs » a très certainement sonné le glas de ce qui était initialement prévu et fait revoir à la baisse les ambitions des assaillants au moment même où se produisait l’attaque. Ces deux bombes, bien réelles, ont dû être désamorcées par des artificiers.

Elles avaient été déposées aux sièges respectifs des deux partis, démocrates et républicains, situés non loin de là. Elles étaient toutes les deux munies d’un déclencheur, un minuteur mécanique semble-t-il. Ce genre de bombe, facile à fabriquer (c’est un simple tube fermé aux deux bouts et rempli d’explosifs, le tube devenant des schrapnels mortels lors de l’explosion n’est pas à prendre à la légère) et il nous ramène à des épisodes antérieurs ici, lors de notre étude des milices d’extrême droite du Michigan, où l’on avait arrêté un homme fabriquant des engin similaires (en quatre exemplaires). L’auteur arrêté par le FBI s’appelait Bradley Bunn, c’était un Américain de 53 ans, vétéran de l’armée  membre d’un groupe suprémaciste blanc. Comme j’avais pu vous le dire déjà à l’époque, il se rendait à une manifestation armée au Capitole de l’État contre les restrictions COVID-19. Bunn a déclaré aux enquêteurs qu’il serait disposé à « enlever (tuer) quelques officiers » pour « réveiller tout le monde », a déclaré le procureur lors d’une audience ». Le FBI a depuis émis le signalement d’un suspect, pris en flagrant délit de déposer l’une d’entre elles dissimulée dans un sac à dos, un homme qui avait pris grand soin de dissimuler son apparence avec gants, capuche et masque (ici à gauche). Seules ses chaussures semblant pouvoir le trahir.  Un homme plutôt jeune d’après l’apparence et le style de vêtements choisis.  Les deux bombes étaient totalement similaires l’une à l’autre.

C’est Karlin Younger, originaire de Madison’s Bay Creek (dans le Wisconsin) , une jeune fille partie porter sa lessive ce matin-là à la laverie automatique près du siège du RNC qui est tombée dessus et l’a échappée belle elle même.  Hasard des choses, elle est étudiante : «Une partie de mon mémoire portait sur la lutte contre le terrorisme», dit-elle… «Analyser différentes tendances et tactiques.» Et son récit précis : «C’était juste à côté de la poubelle», dit-elle, raconte ici le magazine de Madison. «J’ai vu un enchevêtrement de fils. J’ai regardé de plus près et j’ai vu un tuyau de six pouces coiffé aux deux extrémités. Puis j’ai vu une minuterie qui était bloquée sur le numéro 20. C’était un cadran radial. Plus jeune regarda de plus près. Était-ce 20 secondes écoulées ? «Heureusement, 20 minutes étaient affichées sur le cadran», dit-elle. C’est très caché», dit Younger. «C’est peut-être pourquoi cet endroit a été choisi. C’est juste par hasard que j’ai fait la lessive. Je ne pense pas que quelqu’un d’autre serait passé à moins de sortir les ordures.  » Le garde du RNC, dit Younger, a radio à l’intérieur. « Il y a une femme ici qui dit avoir vu quelque chose qui pourrait être une bombe artisanale. » Trois autres gardes de sécurité sont sortis du RNC. Plus jeune les a dirigés, puis est resté à leur instruction. Elle a pu entendre, cependant, quand l’un des gardes a dit: «Putain de merde! C’est une bombe! » «Ils ont alerté la police», dit Younger. La réponse de la police au RNC a été presque instantanée. «Ils ont évacué le bloc», dit Younger. Des canons à eau ont été utilisés pour briser l’appareil et un autre similaire qui a été placé près du siège du Comité national démocrate au 430 S. Capitol St. Southeast ».


Cette découverte sonnait comme un étrange rappel : le 25 octobre 2018, quand plusieurs bombes artisanales du même genre avaient été envoyées par la poste aux domiciles de ténors démocrates (dont Joe Biden !), Donald Trump avait rejeté la faute… sur les médias !!! « Tout acte ou menace de violence politique est une attaque contre notre démocratie elle-même », a-t-il déclaré à la foule.  «Nous voulons que toutes les parties s’unissent dans la paix et l’harmonie. Nous pouvons le faire… Ceux qui sont engagés dans l’arène politique doivent cesser de traiter les opposants politiques comme moralement défectueux. Mais il est rapidement revenu à un bouc émissaire familier. Les médias, a-t-il dit, ont «la responsabilité de donner un ton civil et d’arrêter l’hostilité sans fin et les attaques et histoires négatives constantes et souvent fausses». Il a doublé ses critiques jeudi matin en tweetant: «Une très grande partie de la colère que nous voyons aujourd’hui dans notre société est causée par des reportages volontairement faux et inexacts… Les médias grand public doivent nettoyer leur acte, RAPIDEMENT!» Les autorités ont déclaré mercredi que des bombes artisanales avaient été envoyées à d’éminents critiques de Trump, semant la terreur aux États-Unis moins de deux semaines avant les élections de mi-mandat ». Sachant que c’est lui qui a répandu les semaines précédentes les fakes-news sur les élections, on peut donc en conclure que Donald Trump est donc bien contre… la démocratie !

Ça aurait pu tourner beaucoup plus mal en effet et ça ne semble hélas pas fini. La détention préventive d’Enrique Tarrio semble avoir été une bonne chose, vu que les Proud Boys sont très hiérarchisés et reposent beaucoup sur ces décisions. Et malgré ce qui est un échec (ils voulaient faire des arrestations, voire des jugements sommaires, comme le gang de marbrés du Michigan), le FBI craint des répliques… armées. Le 13 janvier, ses engins blindés cernent un quartier du Queens à New-York et déboulent chez un homme appelé Eduard Florea, un ingénieur en logiciel, âgé de 40 ans. Ses voisins sont surpris : l’homme est un père tranquille de deux enfants. Mais il est aussi supporter des Proud Boys et le FBI l’avaient repéré sur les réseaux sociaux parlant de vouloir faire quelque chose le 20 janvier et parler aussi en même temps armes. L’homme est un passionné qui envoie des photos de son stand de tir. Leur pioche est bonne : « Le FBI a trouvé plus de 1 000 cartouches de fusil, deux douzaines de cartouches de fusil de chasse, environ 75 couteaux de combat de style militaire, des haches et des épées, mais pas de fusils. Florea a été condamnée en 2014 pour armes illégales, a rapporté Alice Gainer de CBS2.-« . Pas de fusils sur place, mais les enquêteurs ont en mémoire la photo de ce qu’il détenait en 2014 (ici à gauche) : un sacré arsenal !!! 

On en a déjà trouvé un autre et ça risque hélas de se multiplier. Le dernier en date s’appelle Wesley Allen Beeler, 31 ans, de Front Royal en Virginie. Ce poseur (ici à gauche) a été intercepté bêtement à un check-point de police, porteur d’une fausse invitation à l’inauguration de Joe Biden !! A bord de sa voiture, un Glock 17 Gen4 chargé, 509 cartouches, un riot-gun de 21-12 et un chargeur de Glock 17. Tout ça sans aucune licence, bien entendu.

Celui-là, c’est son infâme approvisionneur, alias Sasquatch Tactical, repéré par sa marque de T-Shirts qui est plus que grave (sur Facebook il parle de « la boutique de son frère »  : macho, raciste, la complète, sa page facebook de pub est pleine d’obscénités graves et dégradantes (ici à gauche), il ne semble avoir de grâce à ses yeux que celle de son perroquet (ici à droite). Evidemment c’est un grand supporter de Donald Trump !

Le FBI devrait s’intéresser sérieusement à ce vendeur et à ses incitations plus que douteuses…  Rarement vu aussi vulgaire et aussi imbécile. La boutique est inscrite en Virginie en LLC au nom de Michael Lee Holmberg et le site répond au nom de « Mike » .

L’autre arme fort répandue c’est celle, plutôt persuasive, du mégaphone. La vidéocinéaste déjà citée ici l’a remarqué aussi : à chaque emplacement vital, croisement de flux d’assaillants, endroits haut perchés, il y a un possesseur de porte-voix. Pour donner des ordres, des directions à prendre. Il n’y a que notre fêlé encorné qui s’en sert pour beugler n’importe quoi, beaucoup donnent des ordres précis avec. Un membre d’une milice en bas de la façade Ouest, dirige ainsi par exemple les gens (ici à droite). On peut le confondre avec un militaire tant sa tenue est impeccable.  Il est venu repassé, celui-là.
Quand on saccage les bureaux des élus et que l’on vole ici et là (des tablettes graphiques, vite cachées sous la veste, des souvenirs, il y en a un de porteur de mégaphone pour donner la cadence et ne pas trop s’attarder. Le temps de saccage a été réglé !!!).

En haut des échafaudages, c’est pour appeler les autres à passer par les étages, une fois ceux-ci ouverts, les vitres des fenêtres cassées. Bref, les donneurs d’ordre sont faciles à identifier : ce sont ceux qui se promènent avec cet objet phare du saccage !!!  Son omniprésence révèle là aussi une intense préparation et une étude préalable de plans des lieux…

La deuxième étant le simple bâton, omniprésent (avec la batte de baseball).

Que les policiers n’aient pas pu considérer ça comme arme reste problématique, car tous s’étaient passés le mot, visiblement. Les assaillants arrivant tranquillement avec ou se baladant après tout aussi tranquillement avec sous le dôme même du Capitole. Et s’en servant bel et bien pour casser…

 

 

Le rôle trouble de certains élus, les trois nouveaux fêlés

Il y avait donc les manifestants au dehors, boostés par un tweet vengeur de Donald venant d’accuser Mike Pence de traîtrise, venus donc pour le lyncher avec Nancy Pelosi (une pancarte de la manifestation portait comme slogan « Pelosi=Satan, ici à droite).  Et dedans les congressistes et les sénateurs, coincés au piège. Et parmi ceux-là de drôles de zigs, déjà décrits ici, et surtout trois petits nouveaux tous complotistes et fans des thèses de QAnon, dont la venue avait déjà effrayé leurs  nouveaux collègues avant même qu’ils ne prennent place dans leur hémicycle : ce sont Lauren Boebert, Marjorie Taylor Greene et Madison Cawthorn, ce jeunot handicapé que l’on avait vu lui aussi haranguer la foule avant l’arrivée de Trump et sa logorrhée dévastatrice.  Commençons par son cas et son discours du 6 janvier : «cette foule a de l’énergie pour combattre», avait-il dit «Les démocrates, avec toute la fraude qu’ils ont commise lors de cette élection, les républicains se cachant et ne se battant pas, (sympa pour ses collègues, le gars) ils essaient de faire taire votre voix. Ne vous y trompez pas, ils ne veulent pas que vous soyez entendus »… dans un tonnerre d’applaudissements. Auparavant il avait mis en scène son arrivée, point droit levé (ici à gauche). Pourtant, Mark Meadows, qui avait occupé son siège de 2013 à 2020, l’avait conseillé et prévenu quelques années auparavant:  il avait été son stagiaire et lui avait conseillé: «gardez donc la tête basse pendant la première année» ». N’essayez pas de devenir une célébrité. Cela fonctionne rarement. ». Il semble ne rien avoir écouté !

Peu de temps après, il était dans le Capitole pour faire entendre avec d’autres élus son opposition à la nomination de Biden…  Ce fils de pasteur évangélique ex-linebaker blessé dans un accident de voiture est en réalité bien plus à droite qu’on ne le pense : il a certes déclaré que «je ne veux pas élever une famille dans un pays dirigé par des socialistes de gauche», mais on a surtout retrouvé dans son CV un voyage particulier dans son état : celui d’avoir rendu visite sur place au Nid d’Aigle d’Hitler (ici à droite), qui semblait représenter un vieux rêve chez lui… Pourquoi donc?  On en a une petite idée maintenant… On rappelle au passage son goût pour les armes et le port du logo du Punisher, vu partout sur les uniformes de miliciens ayant participé à l’attaque du Capitole (cf ici à gauche)…  Au lendemain de l’attaque il avouait sans honte à la presse « heureusement, j’étais armé, donc nous aurions pu nous protéger », chose confirmée par plusieurs témoins. Ce fêlé d’armes à feu avait amené la sienne dans son bureau !!! On ignore s’il s’est rendu avec dans l’hémicycle. Car ce faisant il aurait été hors-la-loi, enfin, ça demeure flou en fait : un règlement de 1967 exempte certes les membres du Congrès d’une loi fédérale interdisant les armes à feu dans le Capitole, mais les armes sont toujours interdites à l’intérieur de la Chambre…

Bref, la folie des armes est désormais entrée dans le temple de la démocratie US…  On se demande encore comment, car peu de temps après une autre députée avait râlé que l’on ait pu installer des détecteurs de métaux à l’entrée du Capitole, dans la crainte de visiteurs armés, après l’attaque.  Elle en avait fait tout un cinéma (ici à droite). Elle, c’est Marjorie Taylor Greene (lire ici), la plus grande fan de QAnon de l’hémicycle. Et pas qu’une fêlée des armes : lors des réunions de discussion entre députés, elle a refusé à plusieurs reprises déjà de porter un masque !!! Elle était présente au Freedom Plaza le 6 janvier.  Elle connaît bien l’endroit car elle y était déjà venue le 14 novembre pour la même cause, alors qu’elle n’était pas encore élue ! Le 18 janvier son compte Twitter a été suspendu pour avoir trop souvent fait la part belle à la remise en cause de l’élection, aujourd’hui pourtant acquise et qu’elle est une élue censée la respecter, ce qui n’est donc pas le cas chez elle, restée indécrottable  !

Les incroyables liens de la miss Boebert

Reste le troisième phénomène et non des moindres. Lauren Boebert, une serveuse de grill qui vient de Rifle, dans le Colorado.  Elle est minuscule, mais elle a déjà fait beaucoup de dégâts avec sa promotion incessante du port d’armes, cette ancienne serveuse de bar qui a déjà abandonné le jean pour la robe, le holster devenant un sac à main plus présentable mais avec toujours dedans un pistolet. Elle aussi dénonce l’installation des portiques anti-armes depuis le 7 janvier. Elle a dépensé de l’argent avant d’arriver à Washington pour réaliser un incroyable clip vidéo ridicule, avec force ralentis façon années 80 pour dire qu’elle amènerait bien son arme favorite dans l’enceinte du Congrès. Bien sûr elle était revenue aussi après l’émeute pour dénoncer l’impeachment avec un discours plein du mot « fight »… terminant par « period » avec des remous dans les rangs. C’est vraiment une excitée ! Une excitée très proche des milices armées : le 20 juin, pas encore élue, elle avait tweeté « je suis la milice »…  on l’avait croisé posant fièrement avec l’une d’entre elles, souvenez-vous ! C’était celle du « Colorado APIII Percenters » !!! Elle a été vue elle-même portant le Gadsden flag, lui aussi beaucoup vu au sein des émeutiers ! Mieux encore : nôtre fameux Proud Boy, celui qui hésite entre le mouvement et la tenue militaire, s’appelle en fait Robert Gieswein et le FBI l’a repéré depuis lui aussi. Quand il ne s’affiche pas Proud Boy, il devient … un III Percenters !!!  Signe flagrant de la porosité des deux mouvements !!  Sous le dôme du Capitole il était en tout cas inratable :

Lui-même dirige un groupe qu’il a appelé les « Woodland Wild Dogs. »Il a été filmé en train d’acheter son arme dans un magasin du Colorado, une arme portant comme estampillage une tête de mort et deux cimeterres, vendue par Spike de Floride, à Apocapa, dirigée par Kit Cope, et Cole Leleux. Or cette même firme que j’ai déjà citée ici comme étant celle de l’AR-15 du fiston Don Junior, aux inscriptions de Croisés, avait été interdite de promotion sur You Tube en mars 2018.. pour incitation à la violence ; une de ses publicités étant celle-ci à gauche… le slogan étant « Not Today Antifa » !!!  Incroyable !!!

Or ces mêmes III Percenters du Colorado connaissaient bien la nouvelle députée : ils ont posé fièrement à trois devant son restaurant comme on peut le voir ici à droite… faisant le signe suprémaciste, en plus avec, agenouillé, notre fameux Gieswein, reconnaissable ici… avec encore une autre arme en mains ! Depuis, Gieswein, cerné, s’est rendu aux autorités et a immédiatement été incarcéré à la prison de Teller County… dans le Colorado. Selon des observateurs, trois des personnes photographiées avec elle sur les marches du Capitole le 8 décembre 2019 auraient été vues à Washington participer au saccage. Dans le Colorado un autre homme est désormais aussi visé : c’est Ray Langston, le responsable du Montrose County Republican Party qui a toujours soutenu Boebert.

Une excitée dont le rôle exact durant l’émeute pose de sérieuses questions : celle de l’usage de son téléphone, notamment, où ses collègues l’ont entendu dire où se situait Nancy Pelosi, recherchée par les émeutiers !! En somme, qu’elle était en train de les renseigner. «J’aimerais savoir à qui elle tweetait», a déclaré George Autobee, coprésident de Rural Colorado United, dans une interview. «Si elle tweetait à des membres de la coalition qui a envahi le Capitole – pour moi, elle aidait et encourageait.» «Pourquoi (Boebert) a-t-elle tweeté en direct l’emplacement de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, au milieu de la tentative meurtrière de coup d’État au Capitole ?» a demandé à l’antenne le commentateur de CNN Keith Boykin.  Aujourd’hui, deuxième grief:  elle aurait fait visiter tout le Capitole les jours précédents à un groupe d’invités parmi lesquels figureraient aussi des gens susceptibles d’avoir fait partie de l’assaut : bref, elle a entretenu des liens directs avec les assaillants ! En plein chaos, elle a tweeté ; « nous voici en 1776 », signe évident de soutien aux émeutiers dont certains portaient le T-shirt ou le drapeau avec la même date !!! Elle est aujourd’hui en ligne de mire de son propre camp pour avoir fait bloquer le compte Twitter de sa collègue républicaine Brianna Buentello, battue récemment, qui avait justement critiqués le tweet « 1776 » !!! Le 5 janvier elle avait tweeté qu’il « faudra se souvenir des prochaines 48 heures » !!! A son tour, son compte Twitter a été interrompu !!!

Le plan machiavélique des Proud Boys

Il y a bien eu des préparatifs de faits . La palme du faux-cul revient haut la main au sénateur Lindsay Graham qui, le lendemain, se répandait en cris d’orfraie : »sur Twitter, le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, grand soutien de Donald Trump, a réclamé des poursuites judiciaires contre les émeutiers. «Ceux qui ont mené cette attaque contre notre gouvernement doivent être identifiés et poursuivis dans le plein respect de la loi. Leurs actions sont répugnantes dans une démocratie», a-t-il martelé. » Seulement voilà : soit il est bête, soit il est fourbe, et on peut raisonnablement pencher à son propos pour la seconde solution. Car il est bien plus proche de l’extrême venue en masse pour réclamer la tête de Nancy Pelosi qu’il veut nous le laisser croire. Une photo, terrible en effet, le condamne, lui et son mentor Donald Trump : celle du 17 novembre 2019 où il est tout sourire en compagnie de Joe Biggs, l’un des leaders des ProudBoys .  Ce jour-là Biggs déjeûnait avec Lindsay, mais aussi avec Donald au Trump International Hotel, à Washington même, là où je vous ai dit que se fomentaient tous les coups tordus signés du locataire de la Maison Blanche !! A croire que cet établissement n’a servi qu’à ça !!!  Ou à faire se croiser les gens du petit monde de Donald, puisqu’en 2016 on avait pu y rencontrer Biggs en compagnie de Jack Posobiec !!! (image ici à droite). Les deux effectuant le geste préféré du second : le symbole des suprémacistes, signe de ralliement des Proud Boys comme on l’a vu !!!  Biggs, alors reporter chez… Alex Jones (jusque fin 2016) !!!

Biggs sera assez bête pour s’en vanter, de cette réunion avec Graham, sur Twitter (ici à droite) !! N’était-ce pas un peu gênant, pour rester poli, cette rencontre entre un président en exercice, son intermédiaire et un de ses meilleurs amis et le leader d’un des groupes les plus violents de l’extrême droite US, à une quinzaine de mois de l’élection à venir ???

Biggs, dont je vous ai retrouvé deux des t-shirts préférés, vantés par lui-même sur les réseaux sociaux (ici à gauche et plus bas à droite, tout un programme marqué dessus, sur les deux !). Le 3 janvier, trois jours avant l’assaut, Biggs et Tarrio avaient annoncé leur plan machiavélique : « le président des Proud Boys, Enrique Tarrio, a révélé sur Parler que « les Proud Boys se produiront en nombre record le 6 janvier mais, cette fois, avec une différence. La différence, a déclaré Tarrio, est qu’ils opteront pour leur uniforme traditionnel pour quelque chose d’invisible. Il a écrit: « Nous ne porterons pas notre traditionnel noir et jaune. » L’uniforme standard du groupe est composé de polos noirs et jaunes Fred Perry, d’une armure militaire et de chapeaux MAGA. Au lieu de cela, le président a expliqué: « Nous pourrions nous habiller en noir pour l’occasion. » Les adeptes de l’antifa, un mouvement antifasciste, portent généralement des vêtements entièrement noirs. Les Proud Boys ont l’intention de prendre d’autres mesures pour se fondre dans d’autres manifestants. Tarrio a écrit: « Nous serons incognito et nous nous disperserons dans le centre-ville de DC en petites équipes. » Joe Biggs, un organisateur du groupe, a confirmé les plans présumés sur son compte Parler. Dans une vidéo, il a déclaré: « Nous n’assisterons pas à DC avec nos couleurs. Nous nous fondrons dans l’un de vous. Vous ne nous verrez pas. Vous penserez même que nous sommes vous.«  Le lendemain même de l’assaut, des sénateurs du GOP, bernés ou totalement imbéciles, accusaient les antifas.. comme prévu !!! N’est ce pas dérangeant non plus, ces affirmations, avant l’assaut du Capitole ??? Celui d’un déguisement véritable dans le but de blâmer un adversaire ??? L’indignation d’hier de Graham sent très fort le frelaté, là… Personnellement ce que je trouve de répugnant pour la démocratie, c’est un gars qui déjeune tranquillement avec un leader suprémaciste dont le groupe a annoncé clairement 3 jours avant qu’il viendrait déguisé pour mettre le souk et qui le lendemain réclame la tête de ceux que ce dernier dirigeait ce jour là !

Quand Roger jouait aux « influenceuses »…

Pendant longtemps il avait joué au faussaire, avant qu’une superbe enquête menée par Graphik ne découvre ses manigances. Ce gars n’a jamais cessé de tricher. Trump l’avait recruté pour évincer Ted Cruz qui est devenu après le meilleur allié de Trump, après que les deux se soient injuriés mutuellement aux primaires de 2016. Il a toujours essayé de modifier la politique par des voies tortueuses, on le sait. Il avait fini par être condamné en février 2020 à 3 ans et quatre mois de prison, alors que le juge du dossier en réclamait jusque 9 !!! Le 10 juillet, Trump commuait pourtant sa peine, en un premier temps, à cet « habitué des coups fourrés » qui avait été en contact avec Assange dans le but de nuire à Hillary Clinton, on s’en souvient. Le 24 décembre dernier, c’était une grâce totale que lui offrait son ami Donald.  Et pourtant, on en avait encore appris un belle entre-temps. Le 8 juillet, Facebook avait en effet supprimé d’un coup 54 comptes, 50 pages et 4 inscriptions Instagram.  Un beau nettoyage, déjà oublié hélas ! Surprise, ils appartenaient en fait tous à Roger Stone ! Une bonne partie était au nom de jeunes femmes : c’est une pratique courante chez les fascistes : j’avais ici relevé dans le Nord de la France le cas d’un néo-nazi arrêté par la police pour avoir imposé entre autres le salut hitlérien à ses propres filles, et dont le serveur était aux Philippines (il contenait 9 gigas de textes faisant la promotion de l’hitlérisme !).  Il avait rédigé un manuel comportemental pour lycéen leur conseillant de s’inscrire sur les réseaux sociaux sous des noms de filles pour recevoir un meilleur accueil… de la gent masculine plus facile ainsi à convaincre !! Les photos illustrant chaque compte étant glanées chez Stone un peu partout sur le net :

Le plus regardé avait 60 000 followers.  Il avait aussi créé, rien que pour la Floride, avec son équipe, “South Florida Review” (18 682 followers), “Florida Political News” (13 600 followers), “Central Florida Post” (7 700 followers), “Florida Patriots” (1 797 followers) et “Florida Voter Guide” (1 900 followers). Le site “Trump Supporter Voter Guide” (8 600 followers) et “Trump News” (588 followers), plus bien sûr au sommet « Roger Stone – Stone Cold Truth”et ses 140,000 followers. Les comptes succédanés étant le reflet de son bannissement une première fois en octobre 2017​ de Twitter, puis février 2019​, sur Instagram, élargi en juillet.

Tout cela sans trop se soucier de droit d’image bien entendu pour les photos volées (à ce stade, il s’en tapait en effet) : le compte “Laura Gladstone” Facebook avait son image pillée sur YouTube, celle d’une influenceuse de produits de beauté appelée Melissa55.  Le compte avait fait plusieurs articles sur Wikileaks et Julian Assange (pour attirer la clientèle antifa !!!). En même temps, il se faisait photographier, déjà avec des Proud Boys (ci-dessus). La dénommée « Sarah Jameson” sur Facebook avait emprunté son visage au compte @S-jameson82 sur  Twitter. Il prenait aussi parfois des noms masculins comme « Derrick Zeidman », illustré avec une photo volée au compte ​du dénommé Derrick J. Wyatt. Un compte appelé « Natalie Olivia » avait lui été créé pour promouvoir le site Committee to Restore America’s Greatness et celui de “Roberta Paulson” idem, tout aussi faux pour faire la seule promotion de.. Roger Stone !! Idem encore pour « Sarah Jameson », ou « Adrienne Leeann » , voire « April Goad », ou « Maria Giglio » tous des faux noms et, un peu plus sérieux, pour venir défendre Donald la création d’un faux jugement appelé « James Robart » ou d’un dénommé « Rob Kanter” en Floride, où l’équipe des Proud Boys en avait fait sa mascotte (ici à gauche).  Un Rob, qui, avec « Elizabeth Scherler » avaient été créés dans le seul but de soutenir le gouverneur Ron de Santis !!! Idem encore pour les comptes « Elizabeth Scherler” et “Tony Garcia” qui se copiaient mutuellement les propos !

Et tout s’imbriquait : « à plusieurs reprises, les comptes du (même) réseau ont soit partagé les articles de presse du Central Florida Post » sur d’autres pages Facebook, soit republiés directement depuis Facebook, soit partagé des histoires à ce sujet, servant de réseau de rappel. Par exemple, le 3 avril 2017, à moins d’une heure d’intervalle, deux comptes différents du réseau – «Laura Gladstone» et «Adrienne Leeann» – ont publié le même article du Central Florida Post sur plusieurs pages consacrées à la Floride. , y compris «Florida Pursuit» et «Conservative Florida». L’article qu’ils ont partagé provenait de la page Facebook du site Web floridapoliticalnews.com, mais a été attribué au Central Florida Post. » Stone continuant de boire des coups avec les Proud Boys comme ici à Portland, alors qu’en Floride on trouvait un groupe d’Oath Keepers qui se rendra le 6 janvier à Washington (ici à gauche).

En Floride toujours, Stone, très ami sur place avec Enrique Tarrio et ses potes, s’en est pris à un projet appelé SB10, consistant à créer un réservoir d’eau propre et de gestion de l’eau au sud du lac Okeechobee, au profit des Everglades, et pour  la qualité de l’eau autour des deux côtes.  Un projet parrainé par le sénateur Rob Bradley de Fleming Island, un républicain pourtant.  Un projet apprécié et voulu par les défenseurs de l’eau propre, les sportifs et une grande partie des Floridiens et qui sera au final bel et bien voté.  Des posts visant ​Thad Altman du Florida House of Representatives ou le sénateur de Floride Kelli Stargel​ demandant de ne pas voter le projet seront envoyés par Roger Stone sous le couvert de noms d’emprunt (« Bob Fortin » et « Roger Kanter »).

Dans le même secteur, le compte The Central Florida Post s’en prenait lui au mouvement Black Lives Matter en le présentant comme un  “mob”, un gang, pas moins. Parfois, Stone se copiait lui-même, la page « My recently remembered contact with a Russian FBI informant” reprenant intégralement un texte du Central Florida Post  !!! Ce même Central Florida Post faisant la promotion d’un groupe de jeunes gens très bien appelés … les Proud Boys, le présentant comme n’étant pas raciste du tout !! Or ces fameux Proud Boys ont les a revus le 6 janvier, et pas que pour venir casser des vitres…

 

 

Ça a commencé la veille. La photo est en date du 5 janvier 2021 et a été prise au Freedom Plaza à Washington lors du meeting anti-élections déjà, dans les coulisses sous une tente pour les invités. On peut la voir ici derrière la scène. Derrière lui des gardes munis de passes. Dehors, la sécurité a une drôle d’allure comme ici à droite. Comme la casquette de l’homme de main ici à gauche derrière Stone. Ce sont des hommes de la milice des Oath Keepers qui la font la sécurité. Ils avaient déjà joué les gardes du même type lors de meetings électoraux de Donald Trump : difficile aujourd’hui pour lui de dire qu’il ne savait pas qui était présent au Capitole !!  C’était par exemple à Minneapolis, en octobre 2019 (ici à gauche) … et ils l’avaient déjà fait aussi le 11 février 2019 lors du meeting de Trump à El Paso (ici à droite) …. En somme, pour résumer le Capitole a donc été attaqué par le propre service de sécurité de Trump !!!  Sidérant !!!

On ne savait pas non plus Roger Stone fan de grec, remarquez. Pas non plus son deuxième garde du corps. Faisons un rapide détour dans le temps et rendons-nous à Sparte où le roi Léonidas à (mal) choisi un passage étroit à Thermopyles pour se défendre avec sa petite force afin d’empêcher les Perses de Xerxès de passer et de fondre sur la ville. Ce dernier exige que Léonidas et ses forces déposent les armes. Ce à quoi Leonidas aurait répondu «Molon Labe» ou «Viens donc les prendre !».  C’est devenu fort connu depuis le canard hollywoodien « 300 » aux images 3D horribles (en colorimétrie, une vraie catastrophe en plus de l’horreur historique que ça véhicule). Et c’est bien ce slogan qui figure sur le t-shirt du gars chargé de protéger Roger Stone (son modèle en vente à droite) ! Evidemment c’est devenu un cri de ralliement pour les partisans du deuxième amendement en Amérique et ceux de la possession d’armes à feu… bref, aussi, un logo pour milices donc. Celui du gars est avec épées, il en existe avec des AR-15 comme variantes.  Très bien, pourquoi pas, si Stone se sent en sécurité avec ça, tout va bien… dans le pire des mondes !

On commence un peu mieux  à comprendre pourquoi le leader des Proud Boys aimait tant se promener avec un t-shirt estampillé  » Roger Strone did nothing wrong »… (ici à gauche) !!!

Où ça va moins bien c’est le lendemain même au Capitole..  Au milieu de la bagarre, on tombe sur un autre gars en uniforme complet, qui soit vient de se prendre une giclée de lacrymogène, soit se repose avant de repartir, accoudé à une rampe menant à une entrée (on remarque à gauche sur le grand cliché un drapeau monté sur une crosse de hockey !). C’est l’endroit où le policier va se faire tabasser peu de temps après et où est morte l’infortunée Rosanne Boyland, écrasée par la foule. C’est bien un de assaillants, démuni de casque mais portant cagoule noire. Et sur son épaule gauche le même slogan en patch : « Molon Labe« . Ce qui protégeait la veille Roger Stone s’est mué en ravageur de Capitole !! Saisissant, non ? Sont pas beaux, ces deux-là, ci-dessous, par exemple ?

Mike Pence et sa famille l’ont échappé belle

Quand Mike Pence, évacué, revient pour recommencer le dépouillement des délégués, qu’il ne peut qu’accepter selon la Constitution, il est blême, choqué. Il fait une déclaration liminaire dans laquelle il dit que c’est la démocratie qui a gagné, pas les émeutiers. On le perçoit fulminer et bouillir intérieurement, lui habituellement impassible. Ce jour-là, c’est sûr, c’est lui qui a endossé la stature présidentielle qui a fait défaut quatre années. Car il a eu peur, très peur, et pour sa famille surtout, raconte CNN  : « Les sénateurs ont été alertés que des manifestants avaient pénétré dans le bâtiment du Capitole une minute plus tôt, selon la chronologie des événements de CNN depuis l’émeute de mercredi dernier. Pence ne sera pas évacué du Sénat avant 14h30. Le rapport du Post sur la proximité des émeutiers avec Pence souligne le niveau de danger auquel lui et d’autres dirigeants du gouvernement ont été confrontés lors de l’insurrection du 6 janvier. Certains des émeutiers pro-Trump qui ont saccagé le Capitole américain ont été entendus crier « où est Mike Pence » et vus sur la vidéo crier « pendons Mike Pence ! » – contrarié que Pence fasse son devoir constitutionnel de certifier les résultats des élections de novembre. Pence, selon le Post, est resté dans la chambre du Sénat pendant environ 14 minutes après que la police du Capitole a signalé la tentative initiale de violation du bâtiment. Le vice-président, ainsi que la deuxième dame Karen Pence et leur fille Charlotte Pence Bond, ont ensuite été conduits dans une pièce près du plancher du Sénat » (nota : ils sont donc descendus, on prend note). « Environ une minute après le déplacement de Pence, a déclaré le Post, une poignée d’émeutiers ont gravi les escaliers pour atteindre le palier du deuxième étage à l’extérieur de l’entrée du Sénat. L’officier de police du Capitole, Eugene Goodman (seul face aux émeutiers), a héroïquement conduit le groupe d’émeutiers dans la direction opposée, loin de l’entrée du Sénat. Pence et sa famille se trouvaient dans une cachette «à moins de 30 mètres des envahisseurs», a rapporté le Post, citant trois personnes familières avec où il se trouvait. Si les émeutiers étaient arrivés quelques secondes plus tôt, ils auraient été à la vue du vice-président alors qu’il était transporté à travers une salle de réception dans le bureau, a suggéré le Post, ajoutant que Pence avait ensuite été transféré dans un endroit plus sûr » (on va voir lequel juste après). « CNN a contacté le bureau du vice-président pour obtenir des commentaires. Les services secrets américains ont déclaré vendredi à CNN dans un communiqué que Pence était « en sécurité à tout moment ». « Bien que les services secrets ne parlent pas spécifiquement des moyens et des méthodes de nos opérations de protection, le vice-président Pence était en sécurité à tout moment le 6 janvier », a déclaré un porte-parole de l’USSS. »

Les manifestants avaient en fait oublié une chose…

Certes, mais pourquoi donc ça a foiré, cette invasion de bâtiment, malgré le nombre d’individus lancés à son assaut ? Car le but du jeu, on l’a vu, ce n’était pas uniquement de retarder la nomination de Joe Biden. Comme pour le Michigan, il était bien prévu chez certains de faire des prises d’otages (avec menottes apportées sur place comme on l’a vu, et des manifestants l’on depuis avoué aux juges chargés de leurs cas) des démocrates, en priorité, bien sûr, mais aussi de s’en prendre aux « mauvais » républicains qui n’avaient pas soutenu suffisamment Trump, selon eux, le dernier en date étant Mike Spence, dont les oreilles ont dû siffler en entendant son nom scandé par les envahisseurs : sa femme et sa fille étaient présents avec lui). Il n’avait pas estimé le danger, malgré quatre années à se taire devant un fou, ni estimé à quel point ce fou pouvait être égoïste et se ficher pas mal du pays et de la nation. Et il a eu franchement peur d’être lynché, ce que confirment tous les témoins sur place. Il était livide.

Seulement voilà : quand ils sont entrés, après une résistance policière bien faible ou fortement affaiblie à dessein… il n’y avait plus personne à arrêter !!
Ils avaient tous disparu… et pas du tout par magie ou une noria d’hélicoptères tombés des cieux.
Les émeutiers avaient oublié l’existence d’un truc fort particulier sous le Capitole : l’existence d’une ligne de métro, et même de deux, dont les élus ont utilisé à pieds les couloirs pour filer à l’air libre !!! Ici à gauche, ils descendent d’abord au rez-de chaussée avant de rejoindre le sous-sol.

On a parlé d’exfiltration en direct sur les chaînes de TV… et heureusement, car on n’a pas ainsi cité le nom de « métro », ce qui a permis d’évacuer fort rapidement tout le monde, avec en priorité Mike Pence et Nancy Pelosi !!! On en a eu quelques images fugaces de cette évacuation restée secrète, téléchargées sur un serveur :  elle s’est effectuée à pieds, sur la rambarde de service joutant la ligne, les petits métros n’ayant pas été mis en marche pour ne pas alerter les assaillants (et leur capacité étant trop restreinte de toute façon) !!! Un troisième cliché nous révèle qui a fait défier dans l’ordre tout le monde : c’est bien le FBI en fait, qui possède aussi une unité dotée d’uniformes « tactiques ».  Ce sont en fait les gens  des Special Weapons and Tactics (SWAT) et plus exactement la Hostage Rescue Team, ou HRT. Ce qui signifie clairement qu’ils avaient été appelés en raison de craintes de prises d’otages !!! Pour que ça se fasse aussi bien, c’est que quelque chose a été mis au point bien avant : il y a quand même 500 personnes à évacuer, et les photos montrent que ça s’est passé dans le calme !! Il semble que la technique d’exfiltration soit restée secrète pour l’instant, car peu de sites en ont donné les détails. A droite leur arrivée vue sur le site de ProPublica (voir plus bas). Ci-dessous la première petite unité déployée en train de se regrouper avant d’aller « sauver » les élus et de les guider dans les tunnels : ProPublica annonce leur arrivée à 2h52 de l’après midi et Trump a envoyé son Tweet sur le « manque de courage » de Pence à 2h24. C’est 1/4 d’heure après la mort d’Ashli Babbitt. Le secrétaire de la Défense par intérim Christopher C. Miller, à 3h, active la Garde Nationale, à la demande de la maire de Washington sans en référer à Trump semble-t-il ! Une demi-heure plus tard Kayleigh McEnany annonce que c’est sur ordre de Trump, ce qui est faux…

Une fois tous en sécurité, Trump à 4h17 de l’après-midi fait sa vidéo où il demande du calme et dit « qu’il aime » les casseurs « spéciaux », au final : son coup vient d’échouer, personne n’a été pris en otage par les insurgés et aucun lynché (dont Mike Pence). Mais ça s’est joué à un cheveu comme on l’a écrit plus haut…Quant à savoir où il sont allés après être ressortis, il faut reprendre les plans et les explications (merci Virginie Bitterlin pour son site parfait !) : du Capitole partent en fait trois lignes différentes desservant six stations seulement : deux lignes du côté du Sénat (nord) et une pour la Chambre des Représentants, le Congrès, au sud.

Les bureaux des sénateurs et des congressistes sont situés à ces stations : à celle dite du Hart Senate Building (la plus à l’est), il y a ainsi 51 bureaux de sénateurs, plus 13 un peu moins loin à Dirksen. Le Russel Senate Office Building en accueille 35.  Au sud, la station de Rayburn débouche sur 169 bureaux réservés eux au députés. La session se tenant au Sénat (au Nord) on peut penser qu’on les a fait marcher jusque Russel qui est la station la plus proche (ici à droite). Ici à gauche la National Guard se rendant au Capitole via la station Dirksen, à l’Est. Les fameux vantards des Proud Boys qui ont affirmé avoir tout soupesé, plans à l’appui… ont oublié les tunnels du métro sous le Capitole !!!

La tâche d’huile à craindre

Reste la suite. On craint des répliques, mais armées cette fois, pour le jour de l’inauguration. Trump, enfermé dans sa folie, souhaitait un salut des militaires pour son départ ; ça lui a été refusé.  Son attitude de snober son successeur montre son petit esprit rancunier, indigne de la charge qu’il aura au final entièrement foirée durant quatre très longues années.  Ses inconditionnels ont déjà tenté des choses : le 6 à Olympia, dans l’Etat de Washington (c’est à l‘opposé du pays, au Nord-Ouest), armés de fusils et de battes de base-ball (un mot d’ordre d’usage général ?) ont envahi la villa du Gouverneur mais sans faire de casse. Avec un slogan : Trump a gagné. On est loin d’en avoir terminé avec cette idée complotiste, hélas.

 

Nettoyage à la main

Heureusement tout le monde n’est pas comme Gaettz ou Hawley. Et certains assument plus, tel ce discret élu démocrate venu nettoyer à la main l’endroit, pour lui comme un devoir qui venait tout seul selon lui  : « (Andy) Kim est le fils d’immigrants coréens et s’est dit honoré de représenter le 3e district du New Jersey, que le président Trump a remporté en 2016 et 2020. Il est également émerveillé de travailler dans le Capitole, qu’il a appelé «le temple de notre démocratie». « Si quelqu’un sent la capacité de profaner notre Capitole, d’amener un drapeau confédéré dans ce bâtiment et de l’agiter fièrement, c’est quelqu’un, ce sont des gens, qui ne respectent pas le gouvernement », a déclaré Kim. «Ils n’ont pas la même humilité que nous devons avoir. Ce sont des gens qui ne sont pas inspirés par ce bâtiment et qui ne comprennent pas ce qui a été nécessaire pour le construire, ce qui a été nécessaire pour le préserver. » On ne saurait mieux conclure.

Trump qui rêvait tant de grandeur aura laissé son empreinte dans le pays, et ce sera celle-ci :

 

Nota : Remarquez, on peut aussi en rire, de tout ça. Ça a souvent été grotesque chez Trump en effet. On ne sait qui a programmé la musique pour le meeting du 6 janvier, mais on peut penser qu’un petit malin plutôt drôle a réussi à se glisser dans le process, et à se moquer ouvertement de Donald ce n’est pas possible autrement, à avoir entendu ce qui sortait de la sono…

Ont été en effet diffusés avant son arrivée le thème du film Titanic, pas vraiment une musique de réussite future en vue, celle de Linkin’ Park  “The End« , pas vraiment mieux question avenir, ou encore du Pink Floyd, avec “Brain Damage” (spéciale dédicace pour Donald ?) ou même deux musiques « d’enterrement » signées Elton John comme “Candle in the Wind” et  “Funeral for a Friend » !!!  S’en est-il rendu compte qu’on l’a carrément enterré ce jour-là ???  Chapeau, le sonorisateur, moi je dis !!!

 

A noter aussi (les choses avancent vite) que trois membres des Oath Keepers ont été depuis arrêtés : DONOVAN RAY CROW,  JESSICA MARIE WATKINS et leur chef ,THOMAS EDWARD CALDWEL (ici à droite). Ils risquent plus de 42 ans de prison pour conspiration.  « Le FBI a fait une descente dimanche dans un immeuble à Woodstock lié à Watkins. Le mandat de perquisition a révélé plusieurs éléments qui sont répertoriés dans un affidavit, y compris ce qui « semble être des instructions pour fabriquer des explosifs » rédigées par « The Jolly Roger« , selon un agent du FBI. L’agent a écrit: «Je sais que Watkins exploite un bar connu sous le nom de Jolly Roger, et est censé exploiter un compte Facebook sous ce même nom d’utilisateur.» Au cours des mandats de perquisition dans les résidences liées à Watkins et Crowl, les agents ont également écrit qu’ils avaient trouvé des équipements de protection similaires à ceux portés pendant les émeutes. Un policier d’Urbana a déclaré que Watkins et Crowl se sont rendus au département de police. Les archives judiciaires ont indiqué qu’ils avaient dit à la police qu’ils s’étaient rendus en Virginie et qu’ils étaient rentrés en Ohio lorsqu’ils ont découvert que le FBI les recherchait. »

(1) avec une façon toute personnelle de revisiter l’histoire (ça se bouscule dans sa tête, à l’évidence, comme ici dans son opuscule « General Leonardo » qui ne veut pas tripette et son dessin plutôt calamiteux) : « à 32 ans, Léonardo est un des artistes les plus réputés d’Italie, menant une vie foisonnante, s’adonnant allégrement aussi bien à la peinture qu’à des inventions en tous genres. Jusqu’au jour où le Vatican découvre avec enthousiasme les machines de guerre novatrices imaginées par le jeune Florentin. En effet, il se trouve qu’au Saint-Siège se prépare dans le plus grand secret une nouvelle Croisade — la première en 250 ans — dont on confie le commandement au charismatique Général Scharano. Le Vatican décide aussitôt de se servir des fameux engins inventés par Léonardo afin de mettre à bien son expédition… Ce qui n’enchante pas vraiment l’inventeur au caractère irrévérencieux… » (…) et pour le second volume :« après avoir « embrigadé » un Leonardo réticent et réquisitionné ses inventions militaires pour une nouvelle Croisade, les forces du Vatican, commandées par le général Scharano, mettent les voiles vers Rhodes, bastion chrétien du Proche Orient assiégé par la redoutable armée ottomane. Mais les soldats du Saint-Siège ne sont pas aussi invincibles qu’ils croient l’être devenus, et… il y a de la trahison dans l’air… »  Marrant comment un pro-américain qui juge les français sectaires encense un artiste italien qui a fini ses jours en France et a été enterré à Amboise…

(2) une radio très orientée, selon Jean-Sébastien Mora, d’Acrimed : « depuis 2016, André Bercoff distille à longueur d’ondes les thèses favorites de l’extrême droite. Collaborateur des sites fachosphériques Boulevard Voltaire, Riposte laïque, Figarovox et de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, il est imprenable en matière d’inversion de la relation dominants/dominés, notamment lorsqu’il enchaîne les insinuations sur la menace du « grand remplacement » et dénonce le racisme « anti-blanc ». Pas une semaine non plus sans qu’il ne relaye l’ « Obamagate » et les autres théories du complot de Donald Trump. Ce polémiste constitue le noyau dur d’une radio qui brandit le « parlons vrai » pour justifier des polémiques sur des « thèmes de société » propres à occulter tout le reste, notamment les enjeux de justice sociale … En 2013, en faillite, Sud-Radio est rachetée par Fiducial SA, un poids lourd de l’expertise comptable. Première conséquence : si cette radio est principalement diffusée dans le sud de l’Hexagone – du Pays basque jusqu’à Marseille –, les émissions ne sont plus préparées à Toulouse. Depuis 2017, véritable caricature du centralisme français, c’est à Courbevoie, en région parisienne, que son antenne est entièrement réalisée. À Sud Radio, plus rien n’incarne le Sud, ni le contenu des talk-shows entrecoupés de publicités criardes, ni l’accent pointu de ses animateurs. Deuxième effet, et non des moindres : une dérive très à droite de la ligne éditoriale. Le nouveau propriétaire, Christian Latouche, 58e fortune française selon l’hebdomadaire Challenges (nota : c’est le propriétaire de l’île de Boëdic, dans le golfe du Morbihan, il est ici à gauche), côtoyait dans les années 2000 le Mouvement national républicain de Bruno Mégret. À Sud Radio, sous couvert de « non politiquement correct », on dénonce surtout les « idiots utiles », les « bobos » et autres « islamo-gauchistes ». Mal camouflée derrière une obsession « souverainiste », l’accointance de la radio avec l’extrême droite est évidente : le directeur de Valeurs actuelles,Geoffroy Lejeune, y a longtemps réalisé des chroniques ; Élisabeth Lévy du magazine Causeur, intervient dans la matinale. Quant à l’émission quotidienne « Les Incorrectibles », elle est réalisée en partenariat avec L’Incorrect, magazine dans le sillage « conservateur » et « identitaire » de Marion Maréchal Le Pen…

 

L’indispensable document est ici  :

https://projects.propublica.org/parler-capitol-videos/

ou la carte interactive ici

https://thepatr10t.github.io/yall-Qaeda/

Figurent dedans les 500 vidéos récupérées sur Parler en excellent qualité : on va y découvrir bien des choses encore je parie, mais là je vous avoue je n’ai pas encore eu le temps d’y plonger. On y voit en premier l’entrée dans le Capitole du second leader des Proud Boys, avec sa grande veste à carreaux, celui vu dans notre épisode précédent (ou un Alex Jones qui boite en marchant !) ...  C’est énorme comme documents rangés par lieu et par heure exacte !!! Un monument !!!

 

Articles précédents:

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (1)

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (2)

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (3)

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (4)

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (5)

Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (6)

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

 

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One comment

  1. avatar

    Oui mais tu as aboyé comme chien enragé sans pour autant proposer une alternative solution à Tout pcq il semble que tu es le seul à savoir la verité et en detenir le monopole. Alors, que proses tu du concret ?

    Cordialement

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