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Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (5)

Bien sûr, à peine la manifestation terminée, sinon pendant même (et avant aussi ne l’oublions pas !!) les extrémistes de droite se sont précipités pour rejeter la faute sur les « antifas », autrement dit les « gauchistes » (au USA ça doit démarrer comme équivalent ici au centre droit…).  C’était couru d’avance et relayé par les habituels soutiens tel Fox-News qui  y a mis un bémol, vu l’ampleur des dégâts.  On s’est aussi penché sur le problème de l’origine de l’argent ayant permis cette manifestation et ce saccage mémorable au bout. Toute une constellation de groupuscules d’extrême droite est à l’origine… mais aussi une association de procureurs républicains aujourd’hui sur la sellette avec son président trop voyant…  plus l’argent des républicains, utilisé à des fins toutes personnelles.

Une manipulation en direct, la récupération à la volée

A peines les portes cassées et franchies, la machine d’extrême droite s’est mise en marche. Sur les réseaux sociaux, pour tenter de disculper tous ceux montrés par les médias officiels : « Les membres des milices et des extrémistes violents ont commencé à refondre l’émeute comme un point d’éclair séminal et radicalisant dans leur mouvement, exhortant souvent les autres, via des canaux en ligne cryptés et des babillards numériques, à poursuivre la lutte contre un système politique qu’ils considèrent comme corrompu et illégal. Personne n’était à l’abri de leur colère. Les utilisateurs nationalistes blancs des Proud Boys sur Telegram ont qualifié la police du Capitole des États-Unis de « f — ing lâches [s] » tandis que d’autres se sont retransmis en direct dans les couloirs du Congrès à leurs fidèles fans en ligne. D’autres ont été filmés en appelant la police de « traîtres ». « Et des » porcs « , les menaçant de mourir. De fausses rumeurs circulaient selon lesquelles le Parti communiste chinois avait en fait été à l’origine de l’attaque, ou que l’antifa, l’étiquette neutre de tout contre-défenseur de gauche, s’était déguisé en une opération sous fausse bannière » (un grand classique chez l’extrême droite).  S’en prenant maintenant jusqu’aux alliés élus de Donald Trump, preuve du dédain de la démocratie qu’il affichent : « Ils ont même remis en question les motivations des alliés ostensibles de Trump qui voulaient toujours contester les élections de novembre dernier. « Un traître menteur dans deux tweets », a tweeté le vice-président d’American Priority Tom Shadilay », (ici un de ses invités, Roger Stone, au compte supprimé depuis par Twitter; sur Parler il a été rejoint par la fameuse Cassandra Fairbanks !). « Shadilay publiant des captures d’écran du compte du sénateur Ted Cruz: un clip de lui répétant des allégations de fraude électorale et une déclaration condamnant les violences au Capitole 12 heures plus tard. » Au sujet de Shadilay, gros utilisateur de « memes » sur le net, on l’a retrouvé ici dans ls studios d’Infowars, interviewé par la dénommée Deanna Lorraine que l’on connaît bien ici (cf là à droite)… comme autre déjantée notoire proche d’Alex Jones et grande fan de Donald. L’émission Election Center 2020, où elle présente, n’étant que l’autre nom de Banned Video, titre enregistré lui en 2019… Leur troisième site s’appelant 79days.news, déposé le 4 novembre 2020, au lendemain de l’élection !!! 79, c’est tout simplement le nombre de jours séparant le 3 novembre du 20 janvier, rappelons-le... Le 11 novembre, Banned Video avait annoncé la réélection de Donald Trump, faite par Alex Jones à partir d’un montage grossier de l’élection diffusée le 3 au soir sur CNN !!! Le même site présentant de fausses infos sur le Covid19, comme celui, aberrant, de l’instauration de la loi martiale par Joe Biden pour vacciner de force tous les américains !!! Plus honteux encore, sur 79News on montre Alex Jones prétendument en train d’essayer d’arrêter l’envahissement (ci à gauche)… alors qu’il a tout fait pour le fabriquer en parlant de « l’occuper « … et en se montrant lui-même en train de s’y rendre en fait, avec ses troupes avec comme seul slogan « USA », « USA », ce qui fait un peu mince !!! Et en oubliant la soirée « d’animation » qu’il a tenue la veille de l’assaut sur le point de départ des émeutiers, comme on a pu le décrire ici-même !!!

Le lendemain il parlait de victoire du « Deep State » bien sûr, évoquant honteusement une « occupation pacifique« … et s’en prenant au Républicain  de Californie Ted Lieu pour une raison simple : ce dernier a tweeté à deux reprises ce qu’il pensait de Trump… en résumé qu’on a assez d’éléments selon lui pour l’inculper, pour avoir incité à la violence et au meurtre (cg-f ici à droite  et à gauche) !!!

Le 12 janvier, Jones a tenu surtout des propos pour le moins surprenants, dont on ignore le bien fondé à part sa vantardise habituelle de déjanté notoire : selon lui, il aurait injecté personnellement 1/2 million de dollars pour organiser tout ça » quand je vous dis cela, ce n’est pas pour me vanter de ma connexion avec ce président assiégé « , a-t-il dit. » Personne ne réserverait l’Ellipse, personne ne réserverait les autres zones. Personne ne paierait pour cela. Nous sommes allés payer pour cela.  » M. Jones a déclaré que 80% de l’argent utilisé dans les réservations était fourni par un donateur »De la vantardise encore, mais qui aggrave sérieusement le cas de Donald Trump qui devient le commanditaire d’un émeutier notoire !! « ll affirme ensuite que la Maison Blanche lui a demandé de diriger la marche vers le Capitole. Selon ses mots, les services secrets étaient censés le sortir du premier rang du discours de Donald Trump environ une demi-heure avant la fin et le déplacer vers le point de départ de la marche. Cependant, en raison du grand nombre de personnes qui arrivaient encore alors même que M. Trump parlait, M. Jones s’est retrouvé coincé entre le groupe de personnes qui regardaient le discours du président et un deuxième groupe qui marchait déjà sur le bâtiment du Capitole ». Ce qui est faux, on le sait… puisque le site Banned Video qui est le sien a tenté de le présenter comme voulant arrêter l’émeute… ajoutant encore que tout ce qui était arrivé était la faute des Antifas alors qu’on la vu lui en compagnie des leaders des Proud Boys ! Bref, ce sont de nouveaux mensonges, mais le FBI devrait s’intéresser à la piste de l’argent qui a été nécessaire à l’organisation du meeting et chercher qui exactement à payé tout ça, effectivement. Que cherche donc Jones en accusant ainsi Trump en personne de lui avoir demandé d’organiser le meeting ? De se disculper lui-même de sa suite calamiteuse ?

Jones terminant par le cas de l’émeutier tuée, devenue automatiquement une martyre depuis. Il n’est pas le seul à l’avoir récupéré, la malheureuse : « Les émeutes ont également fait de la femme décédée pendant le déchaînement une martyre instantanée pour la cause d’extrême droite, avec ses pages Facebook inondées de partisans de QAnon louant ses actions, l’affublant de «patriote» qui avait été tuée par les flics. Les théories du complot qui accusaient la police de l’avoir exécutée de sang-froid ont rapidement gagné du terrain sur les réseaux sociaux marginaux, plusieurs chaînes Telegram reportant de fausses déclarations qui ont rapidement été diffusées par d’autres. Bientôt, la rhétorique extrémiste s’est glissée de la frange dans les centres de pouvoir de MAGA Nation. Infowars et un site Web affilié, Banned.video, ont diffusé à plusieurs reprises des images de la femme qui saignait à mort dans le bâtiment du Capitole pendant des heures. À un moment donné, selon les images de l’émission, l’animateur de podcast Joe Rogan – longtemps accusé d’être trop permissif avec les théories du complot d’extrême droite – a appelé dans l’émission, les encourageant à continuer à lire le clip ». Et se faisant manipuler une nouvelle fois tant il est bête, ce gars ! Toujours les mêmes crétins à l’affût !! On attendra que Spotify dénonce maintenant son scandaleux contrat avec cet abruti !!! Nota : c’est chez lui qu’Elon Musk avait fumé un joint en direct, dopant ses audiences du même coup !

La piste de l’argent nécessaire 

La piste de l’argent nécessaire à l’organisation du meeting est une piste intéressante à suivre en effet. « Le groupe d’étudiants pro-Trump Turning Point USA, le groupe à but non lucratif 501 (c) (4) affilié à Turning Point USA, Turning Point Action, a transporté les partisans par autobus au rassemblement. Un porte-parole de Turning Point Action avait précédemment déclaré à CNBC que les étudiants étaient remontés dans leur bus après le rassemblement, qu’ils n’avaient pas pris part à la marche et avaient condamné les violences à Capitol Hill. Avant le rassemblement, Charlie Kirk, un fondateur du groupe, a promu l’idée qu’il y avait une certaine forme de fraude et que l’élection avait été volée au président (ici Kirk raconte qu’il n’est pas responsable de la casse malgré avoir amené 80 bus sur placepour lui c’est simplement une action stupide » !!!)Le groupe qui a largement organisé le rassemblement du 6 janvier est Women for America First, une organisation à but non lucratif 501 (c) (4). Sa page Facebook montre qu’elle a appelé les supporters à faire partie de ce qu’elle a décrit comme une «caravane» à Washington pour l’événement. Un article récent dit se réunir à une adresse en Virginie le 5 janvier, la veille du rallye, pour «rejoindre la caravane à D.C.»

« America First Policies, qui est également un 501 (c) (4) qui ne divulgue pas ses donateurs, est présidé par Linda McMahon, une alliée de longue date de Trump et ancienne directrice de la Small Business Administration » (ici à gauche, c’est aussi la femme de celui que Trump a boxé pour la frime, souvenez-vous… sa période catch). « Le dépôt de 2019 montre que America First Policies a fini par lever plus de 30 millions de dollars. Ils n’étaient pas impliqués dans la planification du rallye lui-même. Women for America First est présidée par Amy Kremer, un agent politique de longue date qui était autrefois à la tête du Tea Party Express, une organisation créée pour soutenir le mouvement conservateur Tea Party. Kylie Jane Kremer, la directrice exécutive de Women for Trump, est nommée sur le permis du rallye en tant que responsable. Le permis pour l’événement indique que le nombre prévu de participants était de 5 000 personnes. Pourtant, dans la dénonciation par Women for Trump de la violence qui a eu lieu à Capitol Hill, ils disent que «des centaines de milliers d’Américains» sont venus à Washington pour assister à leur rassemblement ».

Un fort discret donateur…

L’un des pourvoyeurs plus surprenant (et le plus discret) est le responsable de l’influente Republican Attorneys General Association, selon NBC News, qui a rapporté que « le bras politique de l’Association républicaine des procureurs généraux, le Rule of Law Defence Fund, a lancé des appels automatisés pour encourager les gens à marcher sur le Capitole américain. « À 13 heures, nous marcherons vers le bâtiment du Capitole et demanderons au Congrès d’arrêter le vol », a déclaré la voix sur l’enregistrement, selon NBC ». On aura noté le mot « vol » prononcé par un… procureur, qui est censé s’y connaître dans le genre  !!!  « Les appels n’appelaient pas à la violence. Le procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, qui dirige le bras politique, a déclaré que les appels avaient été passés sans son feu vert et qu’il avait lancé un examen interne. L’Association républicaine des procureurs généraux a levé plus de 18 millions de dollars en 2020″. Marshall a démarré sa carrière démocrate pour verser ensuite républicain plus que bon teint : en juin 2020, il avait menacé par exemple de poursuivre la ville de Mobile d’une amende de 25 000 dollars pour avoir enlevé la statue commémorative confédérée du corsaire Raphael Semmes après les manifestations de George Floyd. En octobre 2020, Marshall menait de front une contestation devant la Cour suprême des États-Unis pour annuler une ordonnance du tribunal fédéral autorisant le vote par boîtes déposées en Alabama comme accommodement pour les électeurs inquiets de contracter le COVID-19 : en somme il avait alors tenté de bloquer l’élection !! Le 10 décembre encore il était très fier de se vanter de participer à l’émission de Fox News sur la plainte du Texas contre quatre états concernant les résultats de l’élection 202o… invité par Brian Kilmeade, l’autre flèche crétine de la chaîne (pour son cas c’est ici). Le 20 novembre, 17 jours après l’élection, il avait participé au show radio de Joe « Page » Pagliarulo, supporter affiché de Trump (ici à droite), qui avait invité auparavant dans son show Rudy Giuliani, pour y déclarer que « «Lorsqu’ils changent les règles à mi-chemin et que nous ne connaissons toujours pas les résultats, les Américains ont une raison de remettre en question la validité… de ce qui s’est passé lors de ces récentes élections.», ce qui est la thèse du détournement et une incompréhension grave de ce qu’a provoqué le Covid-19 dans le pays, ainsi que le rejet total des votes par correspondance auxquels les républicains n’ont jamais cru, ce qui leur a fait perdre les élections ! Une action qui avait été laminée ici par Elaine Harris Spearman de The Gadsden Times : « le titre de «procureur général» n’a pas été un bon choix pour les fonctionnaires de l’Alabama, que ce soit au niveau national ou au niveau de l’État. Le procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, a fourni une autre brique au «mur de la honte» de l’État ». Ce procès séditieux suivra ces états dans l’oubli historique. Ils seront utilisés pour illustrer l’approche absurde de l’ingérence dans les procédures de vote d’autres États et, essentiellement, dans les gouvernements d’autres États. Pourquoi Marshall entraînerait-il l’Alabama et tous ses habitants dans un tel procès ? Ma réponse est simple: il « se remue ». Il était prêt à ajouter cet État, sous son nom, à un procès qui exigeait en fait que des millions de personnes à travers le pays soient privées de leurs droits. Je pense que cela découle d’une ambition personnelle. Je crois fermement que Marshall regarde le paysage politique en Alabama et à travers le pays, et veut faire appel aux partisans de Trump. C’est un exemple classique de «l’agitation» de la technique politique. Ceux qui sont jetés sous le bus soient damnés. Je me demande si un poste de gouverneur ou de Sénat devrait être placé à la portée de Marshall. Nous n’avons pas besoin de dirigeants qui apportent leur triste histoire au bureau, et se joindre au procès au Texas fait partie de l’histoire de Marshall. Ce procès était un exemple classique de tentative de supprimer – vraiment rejeter – des millions de votes exprimés dans plusieurs États, notamment ceux où Trump a perdu ».

Marshall, en qualité de chef des procureurs généraux républicains, porte donc une responsabilité énorme dans ce désastre : il a financé visiblement une partie du spectacle ! Trump aura ruiné le GOP, mais il ne l’aura pas fait seul, et Marshall aura creusé une belle partie de sa tombe !!!

Et plus l’argent des dons au GOP, détournés

Reste à démonter l’implication directe de la Maison Blanche dans tout le processus. Sans surprise, elle est réelle et elle est financière avant tout. La manipulation est désormais éventée en effet : l’idée de base était de ne pas relier l’équipe de Trump aux organisateurs et de présenter l’évènement comme provenant de la seule initiative d’Amy Kremer et de Women for America First, donc. Comme ça, impossible de relier le public qui a assisté au discours incendiaire aux destructions qui ont suivi… Trump n’étant pas responsable du meeting, même financièrement. C’est un peu « pas vu, pas pris » . Or on a trouvé depuis la preuve du contraire. Totalement !!

Celle qui a levé le lièvre c’est en fait une des candides participantes, Kimberly Fletcher, la présidente de Moms for America (ici elle est à droite, avec Debbie Krauliddis, la vice-présidente), qui a avoué son complet étonnement aux journalistes en voyant la grande scène montée devant ses yeux.  Son dernier meeting était celui avec… Roger Stone, le 5 janvier sur Freedom Plaza, « un événement qui a attiré environ 500 personnes et a coûté entre 13 000 $ et 14 000 $ » selon elle : « Quand je suis arrivée et que j’ai vu la taille de la scène et tout, je me suis dit: » Wow, nous n’aurions pas pu nous le permettre « , a-t-elle déclaré. «C’était une grande étape. C’était une étape très professionnelle. Je ne sais pas qui était à l’arrière-plan, qui l’a monté ou quoi que ce soit. »En plus de la grande scène, le rallye sur l’Ellipse comportait un système audio sophistiqué et au moins trois écrans de style Jumbotron projetant l’image du président à la foule ». Ce n’était donc pas possible que Women for America First puisse seule y arriver. Cela recoupe aussi d’ailleurs l’intervention d’Alex Jones qui a clamé que ça avait coûté un demi-million de dollars…

Chez Women for America First il y a d’abord Justin Caporale , partenaire d’Event Strategies Inc., une société de gestion et de production. Or c’est un ancien collaborateur direct de Melania Trump, Tim Unes, le fondateur et président d’Event Strategies, étant lui le «régisseur» de la scène du 6 janvier, c’est un habitué des manifestations et meetings de Trump qui lui a réglé une ardoise de 1,3 million de dollars en 2020, pas moins. Sur son CV il indique « qu’en 2015, Tim a notamment produit la tournée d’annonce de campagne de Donald Trump et a aidé la campagne à établir sa division opérationnelle et ses normes. En 2016, il a officiellement rejoint la campagne Trump en tant que directeur adjoint d’Advance. Pendant son séjour, il a travaillé sur les événements Trump et a développé et dirigé l’opération avancée du gouverneur Mike Pence. » Plus Hannah Salem, qui était la «responsable des opérations pour la logistique et les communications» du rassemblement.  Or c’est une assistante de presse principale de la Maison Blanche, venue d’un cabinet conseil.

Ce sont d’autres personnes que Women for America First, qui n’a servi que ce paravent, qui ont monté l’opération en effet et pas n’importe lesquelles… On a découvert depuis le rôle d’un trio de femmes faisant effectivement le joint entre les deux et venant directement de la Maison Blanche : ce sont elles les maitresses d’œuvre de l’ensemble des opérations du jour. D’abord Megan Powers (ici à gauche) est l’une des deux directrices des opérations pour l’événement du 6 janvier : or c’est aussi la directrice de la campagne Trump nommée jusqu’à la fin de son mandat. La deuxième s’appelle Caroline Wren (à droite ici) c’est une vieille habituée des campagnes financières du GOP, celle-là.  Elle a été bombardée conseillère à 20 000 dollars par mois par Women for America First, qui lui a offert un bureau au sein de l’organisation, alors qu’elle dirigeait toujours en même temps Trump Victory, l’organisme de collecte de fonds du président lié au GOP (l’argent étant partagé, mais on sait que Trump s’en est réservé une plus grande part et s’est constitué avec une énorme cagnotte !). La troisième impliquée est Maggie Mulvaney (ici à gauche), une nièce de Mick Mulvaney, directrice des opérations financières pour la campagne Trump, payée 5000 dollars et nommée « VIP » pour l’organisation du meeting, avec elle aussi un bureau au sein de Women for America First,.

On s’en est aperçu car depuis les trois ont eu un fort mauvais réflexe, celui d’effacer dès le 6 au soir leurs mails ou leurs tweets les impliquant directement. En gros, elles ont cherché à effacer leurs traces fort compromettantes pour Trump. Plusieurs sont en effet gênantes, tel l’un des messages retweetés par Wren qui provenait de «Stop the Steal», un autre groupe participant au meeting avec un site Web faisant la promotion de l’événement (c’est celui fondé par le trouble Ali Alexander, celui qui a crié au meeting du Freedom Plaza « Victory or Death !. « Le message du 2 janvier a remercié les sénateurs républicains qui ont déclaré qu’ils voteraient pour annuler la victoire électorale de Biden, y compris Josh Hawley du Missouri et Ted Cruz du Texas. Elle a également retweeté le 1er janvier un message du président faisant la promotion de l’événement, ainsi que des messages promotionnels de l’un des fils du président, Eric Trump, et de Katrina Pierson, militante du Tea Party et porte-parole de la campagne présidentielle de Trump en 2016 (et speakerine à l’un des deux meetings)». Bref, une implication directe de la Maison Blanche dans l’événement, au contraire de ce qui a été dit !!!

Collect bus story

Selon le New-York Times elles sont plusieurs organisations à avoir ramassé de l’argent pour l’événement, un peu à l’image de la campagne de 2016 de Trump qui avait vu une majorité de petits dons. « Un réseau d’agitateurs d’extrême droite à travers le pays a passé des semaines à organiser et à collecter des fonds pour une action de masse visant à renverser la perte électorale du président Trump » écrit-il le 16 janvier en citant en exemple Keith Lee (ici à gauche), vétéran de l’Air Force qui a fait circuler des caravanes dans tout le pays pour ramasser cet argent. Ancien « contactant » privé en Afghanistan (où il a été « MIRA medic », pour « Medicine in Remote Areas »), c’est aussi un ferme adepte des thèses de QAnon. « selon « Patriot Caravans For 45 » plus de 4 000 membres ont coordonné des voyages d’aussi loin que la Californie et le Dakota du Sud. Quelque 2 000 personnes ont fait don d’au moins 181 700 dollars à un autre site, Wild Protest, laissant des messages exhortant les rassembleurs à interrompre la certification du vote. Oath Keepers, une milice auto-identifiée dont les membres ont violé le Capitole, avait sollicité des dons en ligne pour couvrir «l’essence, les billets d’avion, les hôtels, la nourriture et l’équipement». Beaucoup d’autres ont collecté des fonds via le site de financement participatif GoFundMe ou, plus souvent, son homologue explicitement chrétien, GiveSendGo. (Lundi, le service de transfert d’argent PayPal a cessé de travailler avec GiveSendGo – Christian Crowdfunding site made by Christians for Christians (1) – en raison de ses liens avec la violence au Capitole.) » .  Le journal citant comme gros donateur (« le plus généreux) Mike Lindell, de My Pillow, en ajoutant qu’il était aussi derrière le site Right Side Broadcasting, déjà évoqué aussi sur le même rang que OAN. Indel a préconisé de décréter la loi martiale et est venu à la Maison Blanche plaider cette cause ahurissante devant Trump lui-même. Le site Wild Protest, a été créé juste après l’élection par… Ali Alexander, l’agitateur vu auprès de Lin Wood et Sydney Powell. Depuis il a fermé.

 Chez Fox News, une amélioration, mais ce n’est pas encore tout à fait ça

On pensait FoxNews vacciné depuis l’élection, quand le site et la chaîne TV avaient annoncé à l’avance la victoire probable de Joe Biden en Arizona, en étant parmi les premiers à le faire, ce qui avait immédiatement fait fulminer Donald Trump, qui avait aussitôt taxé l’action de « traîtrise« . Si la victoire de Biden a été en effet globalement acceptée par la rédaction du média, il reste à l’intérieur des inconditionnels comme îlots de résistance, mais ceux-ci ne sont pas montés dans le wagon après l’émeute… sauf un. Les mêmes que d’habitude, déjà étudiés ici, à savoir Sean Hannity, Tucker Carlson et Laura Ingraham, plus un autre phénomène déjà décrit ici.

Sean Hannity, le 14 décembre a ainsi invité Lara Trump, la belle-fille du président qui est venue asséner « je veux que ce soit clair pour le peuple américain – ce n’est pas fini», a-t-elle déclaré le 4 décembre. «Alors, ne pensez pas une seconde que Joe Biden va prêter serment. le 20 janvier. «  Ce qui aujourd’hui peut-être perçu non pas comme une simple remarque provocatrice, mais bien que quelque chose se préparait déjà en coulisses. Pour Hannity, dans son show, c’était clair en tout cas : « nous avons le devoir d’enquêter sur toute allégation légitime de fraude et d’abus», avait-il déjà déclaré le 2 décembre précédent.  Il avait pris tôt le train de la thèse de la fraude : dès le lendemain de l’élection. Et le wagon Dominion, surtout… depuis le 22 décembre dernier il peut le regretter : la société a décidé de l’attaquer en justice, ainsi que d’autres de chez Fox !!! A lui faire regretter d’avoir servi quatre ans de passe-plats obséquieux… Et ils ont plutôt raison : en Ohio par exemple, pas un mot de l’équipe de Trump : il l’a emporté là-bas il est vrai de 8 points d’avance (53,3 % contre 45,3 %). Or l’Etat compte 11 comtés qui utilisaient un appareil Dominion: Adams, Butler, Fairfield, Greene, Hancock, Hardin, Perry, Richland, Scioto, Wayne et Woods. Le républicain Frank LaRose, secrétaire d’État de l’Ohio chargé des élections y a quand même annoncé un audit : résultat, dans neuf des 11 comtés où il y avait du Dominion, la vérification a révélé 100% d’exactitude lors de l’élection présidentielle. Les deux à la traîne étaient le comté de Hancock à 99,95% et le comté de Wayne avec 99,94%… En Ohio aussi le représentant républicain Kris Jordan a tweeté une photo du « Viking » (Jake Angeli, de son vrai nom Jacob Anthony Chansley) entré dans le Capitole en affirmant que c’était un « envoyé » (« planted »)  lui aussi… Ce dernier a déclaré depuis devant un juge qu’il était venu pour « capturer ou tuer » des élus. Sa hampe de drapeau était en fait une lance, avec un lame à son bout. Un détail que beaucoup n’avaient pas aperçu… (2)

Hannity avait même progressivement augmenté la dose de « fraude » supposée, écrit ici le Washington Post : « prenez cet extrait de la déclaration liminaire de Hannity le 11 novembre: «Alors que le très frêle, le très faible, très faible, en difficulté cognitive, Joe Biden dort probablement profondément dans son bunker au sous-sol, rêvant de choisir des rideaux pour le bureau ovale, eh bien, les enquêtes se poursuivent plusieurs États clés – où des centaines d’affidavits sous serment sont actuellement déposés, des poursuites sont en cours, alléguant une grave inconduite électorale. Comparez cela avec le 3 décembre: «Ce soir, nous suivons plusieurs histoires, des allégations graves d’irrégularités électorales dans tout le pays ce soir – beaucoup de nouvelles ce soir.» Ou le 10 novembre: « Nous avons vu des violations flagrantes de la loi électorale État après État. » Bref, la chaudière a marché chez lui à grandes pelletées de fausses nouvelles, celles des multiples recours de Giuliani qui ont tous échoué… à en finir en pétaudière comme on l’a vu. A ce sujet, il s’est retrouvé bien embarrassé, disant le 7 janvier «Est-ce que quelqu’un dans les médias, quelqu’un à gauche, veut-il comprendre comment des centaines de milliers d’Américains, ce qui les a motivés à quitter leurs maisons et leurs villes et souvent voler ou parcourir de longues distances pour assister au rassemblement massif ? »  Un peu mou, cette fois,  pour cet excité notoire si fan de Donald…  ABC news a relevé une incongruité amusante chez Hannity « Sean Hannity, a dénoncé la violence. Comme son émission l’a toujours été au cours des derniers mois, il a toutefois amplifié les allégations d’actes répréhensibles de Trump. Hannity a déclaré que la grande majorité des personnes qui ont assisté au rassemblement de Trump à Washington étaient pacifiques. Pendant qu’il parlait, l’écran affichait une photo d’un manifestant tenant un drapeau représentant un Trump ressemblant à Rambo agrippé à un lance-roquettes »… Hannity, trahi par son desk de production chez Fox News ? Quel gag !

Carlson, un peu démuni (ce n’est pas l’intelligence qui le caractérise) avait démarré soft en exprimant une drôle d’opinion le 7 novembre, déclarant que l’administration Biden ça serait dans les mois à venir comme boire du café Starbucks (il est sans goût on le sait) durant le restant de sa vie… mais il avait accepté de parler du « President elect » à partir de la veille, ce qu’un mémo de sa direction lui avait enjoint de faire : du 3 au 6; chez FoxNews, Biden n’avait pas été élu !!! Carlson, le soir de l’émeute, avait pris le micro pour dire : «nous sommes arrivés à ce triste jour chaotique pour une raison. Ce n’est pas de votre faute; c’est leur faute », a déclaré Tucker Carlson de Fox hier soir dans son monologue d’ouverture, affirmant que« des millions d’Américains croient sincèrement que les dernières élections étaient fausses ». Logique c’est lui qui a entretenu l’idée de cette prétendue fausseté les semaines qui ont précédé… mais en s’en disculpant soudainement : « c’est pas moi, c’est eux ».  Carlson reste définitivement le simplet de l’histoire des quatre années de mandature de Trump !!!  

Laura Ingraham, elle, a vite embrayé sur un sujet en or chez elle : l’arrestation de John Earle Sullivan, arrêté dans le Capitole porteur d’un masque à gaz et d’un gilet pare-balles alors que c’est un soutien affirmé du mouvement BLM (c’est le créateur « d’Insurgence USA ») : en gros qu’elle en tenait un « d’antifa » sous la main. L’extrême droite, dont le journal droitier chinois Epoch Times, l’accusant même d’avoir descendu la manifestante tuée par un tir de policier (alors que c’est lui qui avait filmé sa mort; très certainement à partir d’un mauvaise traduction du mot « shooting » avec sa caméra ) ! Chez Oan, il était devenu un « antifa posant comme étant un fan de Trump », et chez RT « an anarchist« . Son cas demeure flou : chez Anderson Cooper chez CNN il s’est présenté comme « journaliste » désireux de « garder des archives de l’assaut« ; chez RT on affirme qu’il a bousculé des barrières en criant qu’il fallait renverser le pouvoir, alors que c’est lui qui a effectivement filmé la bousculade, Jack Posobiec en ajoutant une couche en en faisant un informateur du FBI… avec un faux tweet manifeste, dénoncé aussitôt par Sullivan.  Sur une photo il est bien en train de filmer les derniers moments de Babbitt, avec son téléphone portable au bout d’une perche et ne porte aucun signe de ralliement à Trump comme dénoncé. La pire attaque provenant d’un républicain, Daniel McCarthy de l’Arizona, ayant mis en ligne une photo de quelqu’un lui ressemblant portant une casquette Trump. Une image qu’il avait chargée chez… Jack Posobiec, faiseur de fake invétéré et manipulateur dans l’âme comme on la vu moult fois ici… de façon virulente et obscène. McCarthy en août 2020 s’était pris un gadin électoral mémorable, battu aux primaires 75% contre 24,8 par Martha McSally, qui vient d’être elle-même battue (de peu) par le cosmonaute démocrate Mark Kelly  !!!

McCarty a ici été démonté par AZCentral, le comparant à Dan Aykroyd de Blues Brother… Selon lui, en effet, son confrère le gouverneur républicain Doug Ducey conduisant l’Etat « comme une république bananière » !!! « A la question « vous êtes un homme d’affaires prospère. Êtes-vous assez riche pour autofinancer votre campagne? Vous avez déjà investi 121 000 dollars. » McCarthy avait répondu : « Le Seigneur fournira les ressources nécessaires pour que je gagne cette campagne… Pour Ingraham, donc, les auteurs des débâts au Capitole « n’étaient probablement pas tous des partisans de Trump. » Embrayant donc sur la thèse émise par les extrémistes de droite et surtout celle clairement exposée par deux leaders des Proud Boys comme on l’a vu… c’est pas encore cette fois qu’elle va se refaire, cette harpie… ici à droite avec un de ses autres héros bien connu.

En tout cas l’acte d’accusation de Sullivan ne mentionne que son intrusion par une fenêtre et pas d’incitation : « la plainte allègue que pendant les événements au Capitole américain, Sullivan, portant un gilet balistique et un masque à gaz, est entré dans le Capitole américain par une fenêtre qui avait été brisée, poussant la police du Capitole américaine une fois à l’intérieur. La plainte allègue également que Sullivan admet avoir filmé et avoir été représenté dans une séquence vidéo le montrant présent, à l’extérieur du hall du président du Capitole américain, lors de la fusillade d’une femme par un officier de la police du Capitole américain. » La procédure en cours évoquant bien des « allégations ». Ingraham, à part ce cas, se montre le soir même bien moins pugnace que les mois précédents en déclarant  que « si vous étiez un partisan de Trump espérant afficher votre soutien au président, eh bien, les singeries d’aujourd’hui au Capitole ont fait exactement le contraire. » Une lueur de lucidité assez inattendue chez elle ! Rappelons au passage que Carlson restera en mémoire pour avoir dit en août 2019 à l’antenne que la peur du suprémacisme était un hoax... aussitôt moqué par ses confrères d’en face de CNN (ici à droite). Les propos de Carlson arrivant après une tuerie de masse perpétrée par un tueur suprémaciste supporter confirmé de Trump étant tout simplement inadmissibles !!!

Chez Jeanine Piro qui avait, souvenez-vous, déjà rejeté en direct les délires de Sydney Powell (sa tête étonnée, souvenez-vous !!!), la condamnation a été encore plus nette, rejetant d’emblée une quelconque influence ce jour-là des antifas, que l’extrême droite avait prévu de blâmer dès le départ, comme on l’a vu. Chez elle ça a été une condamnation pure et simple : « je veux être claire. Les actions au Capitole des États-Unis il y a trois jours étaient déplorables, répréhensibles, carrément criminelles », a déclaré Pirro, qui défend régulièrement le président, lors de son programme de samedi soir. « Ces actions effrayantes et répugnantes représentent la brèche la plus importante sur notre Capitole depuis plus de 200 ans. Et je me fiche de ce qui s’est passé dans le passé et ou si ceux qui l’ont fait pensent que l’élection a été volée. Ce n’est pas une justification. » Ajoutant même : « arrêtez de chercher d’autres personnes à blâmer, y compris ces terroristes antifa. Pour ceux d’entre vous qui ont fait cela, vous l’avez fait, de votre propre volonté, et vous serez tenus responsables. Retirez le voile de la politique« , a-t-elle dit.  «Soyez totalement objectifs, quiconque regarde cela doit le condamner», a-t-elle déclaré, décrivant les émeutiers pro-Trump comme un «groupe de monstres»…  Tout n’est pas pour autant devenu rose chez elle : le 11, pour décrire la fermeture de Parler et de ses messages de haine et de violence, elle osait faire la comparaison avec le Nuit de Cristal nazie… cinq jours après les fenêtres et les portes brisées du Capitole !!! Elle aurait dû écouter plutôt le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, qui lui a dénoncé le siège du Capitole comme étrangement similaire aux attaques de Kristallnacht… dans son pays d’origine, l’Autriche. En ajoutant plutôt  finement « par l’équivalent nazi des Proud Boys »…  « J’ai grandi en Autriche et j’étais très conscient de Kristallnacht, ou la nuit du verre brisé », a-t-il déclaré. «Ce fut une nuit de saccage contre les Juifs menée [par] l’équivalent nazi des Proud Boys [un groupe quasi-fasciste de partisans de Trump]». «Mercredi c’était le jour du verre brisé ici aux États-Unis. Le verre brisé était dans les fenêtres du Capitole des États-Unis. Mais la foule n’a pas seulement brisé les fenêtres du Capitole. Cela a brisé les idéaux que nous tenions pour acquis. Ils n’ont pas simplement enfoncé les portes du bâtiment qui abritait la démocratie américaine. Ils ont bafoué les principes mêmes sur lesquels notre pays a été fondé »Voilà qui était plutôt bien dit, il me semble.

Ce qui est loin d’être le cas pourtant d’un quatrième larron irréductible déjà vu aussi ici comme voix extrémiste de la chaîne. Selon RawStory, en effet « L’animateur de Fox News, Pete Hegseth, a défendu l’insurrection, affirmant qu’elle exposait la «gauche anti-américaine». « Ils ont l’impression que, en utilisant COVID comme justification, les bulletins de vote par correspondance, la collecte des bulletins de vote, en dépassant les prérogatives constitutionnelles des législatures des États, cette option leur a également été enlevée! » a-t-il opiné. « Et alors à quoi s’attendent les gens ? En fin de compte, comment cela pourrait-il se manifester. » « C’est le résultat d’une frustration que ressentent beaucoup de gens », a-t-il fait remarquer.

C’était pour supporter le Président des Etats-Unis et défendre la République… de la Gauche » avait-il osé le bougre dans l’émission matinale au milieu de ses confrères et de sa consœur.

« Les images ne m’ont pas choqué parce que si vous comprenez ce que les gens ressentent à propos du moment où nous nous trouvons en ce moment, nous nous sentons à la croisée des chemins. »

« Hegseth a fait valoir que Black Lives Matter et Antifa étaient plus dangereux que les insurgés pro-Trump ».  Et ça il fallait oser la dire il me semble. Rappelons que Hegseth est une ancien Marines qui aime montrer ses biscotos et ses tatouages, dont le « We The People » tant arboré par les manifestants, sur l’avant-bras, ou bien la Croix des Templiers sur le torse; ou poser en photo… avec Donald Trump. Pas vraiment le journalisme complètement neutre.  Comme on peut le constater, on en est loin !

Maria Bartiromo, elle, depuis rase les murs : le 23 décembre elle avait invité… Trump en commençant ainsi :  « Monsieur Président, vous avez dit à plusieurs reprises que cette élection avait été truquée, qu’il y avait eu beaucoup de fraude et que les faits étaient de votre côté », a déclaré Bartiromo. «Commençons par là. Veuillez passer en revue les faits. Caractérisez ce qui s’est passé. Ce qui a suivi a été un monologue presque ininterrompu propulsé par les affirmations sans fondement du président. Trump a insisté sur le fait que quelque chose de mystérieux s’était produit la nuit des élections, quand il est apparu qu’il était loin en tête dans les États clés et qu’il ne l’était soudainement pas. En fait, c’était le phénomène prévisible des votes des grandes villes qui prenaient plus de temps à compter, combiné à la flambée tardive des votes par correspondance qui, selon les sondages, seraient dominés par les démocrates. Loin de contester Trump sur ces affirmations, Bartiromo l’a soutenu: «Ensuite, ils ont fait des transferts», a-t-elle dit, dans le langage des théoriciens du complot électoral. « De grands transferts massifs, au Michigan, en Pennsylvanie et partout. » Si quoi que ce soit, elle a semblé souscrire complètement aux allégations de fraude sans preuves du président qui ont été rejetées à plusieurs reprises par des responsables fédéraux et étatiques, y compris de nombreux alliés et personnes nommées par Trump. «C’est dégoûtant», a-t-elle dit, «et nous ne pouvons pas permettre que les élections américaines soient corrompues», versant donc ainsi beaucoup d’essence à l’incendie en cours. Depuis le 6 janvier … elle se cherche une diversion sinon une reconversion : elle a déjà du grain à moudre en s’en prenant à la suppression de Parler : « comment expliquez-vous qu’il y a eu de la violence sur Parler et pas sur tous ces autres sites ? » demande-t-elle, preuve qu’elle n’a toujours pas compris pourquoi le supporters de Trump ont été bannis des autres… avant, ou qu’elle n’a jamais regardé Twitter et les appels au lynchage de Mike Pence, juste après l’accusation de Trump de « trahison »…

Le 14 janvier, Fox Nexs toujours, en la personne de Neil Cavuto, invitait un ancien Assistant Directeur du FBI, Chris Swecke, qui pointait du doigt le fameux rapport du 5 janvier qui ne semblait ne pas avoir été lu par ce même FBI. L’homme au langage plutôt fleuri le caractérisait aussitôt de «fumier tiède de vache», à savoir qu’il sentait fort mauvais mais que l’on n’avait pas voulu en respirer l’odeur de près !!! Tout y était présent et annoncé en effet comme je l’ai dit déjà ici. Le plus étonnant étant qu’il avait déjà fait venir le 8 janvier Richard Grenell, ancien responsable des services secrets et soutien inconditionnel de Trump, qui avait affirmé qu’il y avait bien eu « laxisme » selon lui, car c’était « prévisible« … Or ce même Grenell, rappelez-vous aussi, était l’un de ceux qui avaient le plus alimenté l’idée d’une fraude massive aux élections au Nevada (ici à gauche)… auprès de Rudy Giuliani, avec la petite vieille malvoyante à côté de lui !!! Celui-là, pour sûr avait sauté sur l’invitation pour se refaire une virginité !!! Ce qui s’appelle être gonflé !!

Reste Lou Dobbs… l’inamovible Lou Dobbs, le vieux débris sucrant les fraises à l’antenne. Oh, chez lui, rien de changé, bien au contraire : en direct avec son correspondant Chad Pergram, qui se demandait pourquoi la police n’avait pas fait usage de ses armes, il a tenu un drôle de propos  « vous n’avez tout simplement pas de failles de sécurité comme celle-là. » Dobbs a remarqué à un moment donné: «Tout comme le pays tente de restreindre la force meurtrière, ce serait un mauvais moment pour suggérer que la police de Capitol Hill devrait tirer sur des citoyens américains, dont la plupart sont des patriotes ». Le mot était lâché : les saccageurs désireux de pendre un vice-président étaient des « patriotes » pour lui !!! Ou ça devenait confus c’est lorsqu’au milieu de son émission il citait le Sénateur Ken Cucinelli (républicain, du Homeland Security) parlant d’antifas comme agitateurs ayant investi des immeubles à Portland (c’est lui qui avait envoyé là-bas des soldats en armes, et c’est lui qui a demandé de minimiser la menace suprémaciste dans le pays !!! !).

Ken Cucinelli, qui lors de la soirée d’inauguration avait brandi un drapeau « don’t tread on me » selon lui datant du « tea party before the tea party was tea party » »…  Avouez que c’est un signe, ça !!! Comment peut-on diriger sereinement la sécurité intérieure d’un pays en chérissant un des symboles préférés de l’extrême droite ??? Dobbs embrayant ensuite en faisant l’éloge de la déclaration du président Donald Trump, qui a dit selon lui « qu’aucun de nous ne veut la moindre violence dans le Capitole de notre nation, ou franchement ailleurs dans ce pays.». Ah bon ? C’était quoi alors ce qu’on a vu ? Une fiction en 3D ? Un tournage de film pour Hollywood ? Ça fait longtemps je vous ai dit que Dobbs décroche, mais là, franchement c’était dépasser les bornes !!

 

 

(1) on pouvait y lire ceci : « le président Donald Trump est dans le combat de sa vie et il est temps pour nous de nous mobiliser et de nous battre pour lui. Montrons au monde que le président Donald Trump n’est pas seul. Montrons au monde à quel point nous aimons le président Donald Trump et que nous, le peuple, lui soutenons. Ce n’est pas le moment de rester tranquille et de regarder notre président bien-aimé se faire attaquer. Nous devons nous exprimer et faire entendre notre voix dans le monde entier.  Notre liberté, notre pays et notre démocratie sont menacés. Nous sommes tous sur ce point ensemble et ensemble nous nous levons avec le président Donald Trump. Avec notre amour et notre soutien au président Donald Trump, rien n’est impossible. L’amour l’emporte sur la haine! » (on a pu constater de visu tout l’amour qu’ils dégageaient en effet).

(2) aujourd’hui, homme de 33 ans sans emploi, qui habite avec sa maman (Martha) âgée de 56 ans, et souhaite reprendre le nom de son beau-père (Chansley) se plaint de son incarcération, et elle aussi, car il ne peut pas y manger « bio », comme il le souhaiterait, le pauvre. Des abonnés à Twitter lui ont réglé son compte avec un certain brio … (Whole Foods étant une entreprise de distribution alimentaire de produits biologiques texane, aujourd’hui propriété d’Amazon !)

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