Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !
http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
14 juillet 2009 |
2 commentaire(s) |
vu 1 549 fois 
Photo : Flickr ceebeeart
Dans mon dernier billet, je parlais de l’aspect complètement stérile d’une guerre intergénérationnelle. Les jeunes, les vieux, nous sommes tous dans le même train qui fonce on ne sait où. J’ai trouvé vos réactions intéressantes, mais j’ai particulièrement aimé la finale de Steph, qui reprend à son compte un des mythes les plus tenaces de ce début de siècle:
Et là, je ne parle même pas du pique-nique que se sont payés les baby-boomers…
N’est-ce pas là un genre de pensée assez courante, de nos jours? On se prend à jalouser les baby-boomers, à les accuser de vivre au-dessus de nos moyens, voire de purger l’État de ses nécessaires ressources pour accommoder un rythme de vie qui serait trop généreux. Même mon père, baby-boomer parmi les baby-boomers, me dit parfois à quel point il se considère choyé. Il sait très bien que je n’aurai pas sa chance.
Pourtant, s’il est indiscutable que les baby-boomers ont eu l’incroyable aubaine de pouvoir obtenir des salaires décents pour leur labeur, cela signifie-t-il pour autant qu’ils ont vécu un véritable pique-nique dont nous payons les conséquences? Cela veut-il dire que nous devrions rajuster nos espoirs et laisser tomber l’idée d’une meilleure société, où tous pourraient s’émanciper et être suffisamment rémunérés? Je ne crois pas.
Entre 1965 et 2007, la productivité du travail a plus que doublé, passant d’un indice de 48,9 à 105,4 (( Statistique Canada, Productivité multifactorielle, valeur ajoutée, facteur capital et facteur travail dans le secteur agrégé des entreprises et ses principaux sous-secteurs, selon le Systéme de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), annuel (indice, 2002=100 sauf indication contraire) )). Concrètement, si un travailleur produisait une voiture en 100 heures en 1965, cela lui prend moins de 50 heures aujourd’hui. Nous pouvons, collectivement, produire deux fois plus de richesse avec le même nombre d’ouvriers.
Or, qui a profité de ces avancées de la productivité? La minorité en haut de l’échelle sociale. Louise Champoux-Paillé, membre du conseil d’administration du Médac (Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires), a récemment souligné dans une conférence de presse le fait que le ratio entre la rémunération du plus haut dirigeant et le salaire d’un employé moyen est passé de 51, en 1965, à plus de 821 aujourd’hui, aux États-Unis. Auparavant, le patron était riche, foutrement riche, et avait sa maison dans un quartier huppé où les travailleurs pouvaient parfois passer et rêver. Aujourd’hui, sa richesse est pharaonique, il habite une villa privée et il ne met même plus les pieds à l’usine. Qui a profité de la hausse de productivité?
Parallèlement, les écarts de richesse ne cessent de se creuser. Le coefficient de Gini, qui mesure le degré d’inégalité d’une société, est passé de 0,447 en 1976 à 0,507 en 2007 (0=égalité parfaite et 1 inégalité parfaite) ((Statistique Canada,Coefficients de Gini du revenu du marché, total et après impôt, selon le type de famille économique, annuel (nombre) )). Pour la même période, le revenu moyen en dollars constants de 2007 est passé de 54 100$ à 61 000$, une maigre hausse de 12,5% en 31 ans! ((Statistique Canada, Revenu moyen du marché, selon le type de famille économique, dollars constants de 2007, annuel )). La proportion de particuliers ayant un revenu de 5 000$ à 20 000$ (dollars constants de 2007) est passée de 43,2% en 1976 à près de 51,6% en 2007. Et ceux gagnant plus de 60 000$ sont passés de 12,2% à 18,4%. (( Statistique Canada, Répartition du revenu après impôt des particuliers, dollars constants de 2007, annuel )). Les riches sont plus nombreux, et les pauvres aussi. Ils sont là, les gains de productivité. On disloque la classe moyenne et on s’envoie paître les uns les autres.
Il serait peut-être temps d’arrêter de jalouser les baby-boomers. Oui, ils ont joui de bonnes conditions de travail et de vie, profitant de tous les avantages offerts par une société sensiblement plus égalitaire. Cela dit, le fait que la nouvelle génération ne puisse profiter des mêmes avantages n’est pas le signe que les baby-boomers vivaient au-dessus de leur moyen, mais plutôt que nous n’avons pas su redistribuer adéquatement cette richesse et nous assurer que l’ensemble des citoyens profite des incroyables gains de productivité des dernières décennies.
Et si on cessait, nous, les jeunes, de vivre au-dessous de nos moyens? Si on se décidait enfin à s’assurer que tous profitent de cette formidable richesse qui se crée avec de moins en moins d’efforts? Au lieu de se plaindre de ceux qui ont réussi, si on se solidarisait et qu’on contribuait à améliorer la société, que ce soit en se syndiquant ou en militant pour moins d’inégalité?
Texte original publié ici.
Louis Préfontaine,
Article très intéressant, et vous direz au photographe Flikr ceebeeart, que sa photo est tout simplement extraordinaire.
Au revoir de,
Patricia Turcotte
22:46, le Mardi 14 juillet 2009Bon! Les baby-boomers!
Je les hais…
J’en suis un.
Vous direz à Steph que ce ne fut pas aussi facile. Mon père, né en 1914, savait à peine lire et écrire. Il a trimé dur pour nous « élever ».
Mais il y a certaines misères qui nous élèvent… Hélas! la vie n’est pas facile. J’ai deux enfants de 28 et 25 ans.
C’est l’illusion des parent de croire qu’ils vont échapper à une certaine misère… Alors, on leur donne tout.
Je ne sais pas si ce fut une bonne idée…
Le marché du travail a été et sera encore difficile. Surtout avec les méthodes actuelles de gestion… Employé et esclave vont souvent ensemble.
19:03, le Jeudi 4 mars 2010Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
15
vu 9 829 foisTous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress
Bad Behavior has blocked 3540 access attempts in the last 7 days.
Premium Wordpress Plugin