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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
4 octobre 2006 |
3 commentaire(s) |
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Si le journalisme citoyen commence à s’imposer comme un nouvel axe de communication, il semble que le nombre d’expériences reste mesuré. Il est clair que la participation bénévole et le temps passé pour donner vie et animer un tel vecteur de communication limite probablement les ambitions.
Le journalisme citoyen est basé sur l’envie de communication directe sans l’intermédiaire des média classiques comme la presse écrite ou audio visuelle. Contrairement aux entreprises de presse qui sont tenues à la rentabilité financière (ce qui donne bien souvent des orientations économiques à leur ligne éditoriale) le journalisme citoyen ne possède pas de modèle économique.
Mais qui sont vraiment les journalistes citoyens ?
En général, la plupart de ces journalistes publient depuis un certain nombre d’années sur leurs propres blogs et trouvent dans les média comme CENT PAPIERS un relais essentiel pour diffuser plus largement leurs idées ou porter le débat.
C’est dans ce contexte qu’un nouvel acteur se positionne. Il s’agit de Citizenbay. Présenté en version Béta, le service est présenté de la façon suivante :
« Citizenbay est un site web dont tout le contenu à une forte dimension Locale, et est entièrement produit et édité par ses utilisateurs. Ainsi les membres peuvent Visualiser, Poster et Partager entre autres les Actualités, Annonces ou Evénements de leur choix. Citize nbay est gratuit, et mis à jour en temps réel »
Jusque là, on pourrait se dire : « Rien de neuf sous le soleil » et que le concept serait en fait un mix entre CENT PAPIERS, WIKIO et FUZZ.
En fait, la possibilité de donner des informations régionales ou urbaines (quoi que pour l’instant limitée géographiquement) est intéressante car l’avenir du journalisme citoyen repose en grande partie sur les blogs de villes et de quartiers. Alors, quelle différence essentielle avec les média citoyens en place ? Je vous laisse lire le paragraphe suivant :
« Notre objectif vise à construire un vaste réseau de journalistes dans les villes couvertes qui proposeront tous les jours les meilleures informations à notre communauté. Nous comprenons que cela représente un travail (pas seulement un loisir !), aussi avons-nous décidé de récompenser les journalistes « citoyen » qui produisent les meilleurs actualités »
Voici donc la différence ? Celle-ci déclenche immédiatement , une question : Le journalisme citoyen doit-il être rémunéré ou continuer à s’appuyer sur le bénévolat de ses rédacteurs ?
Comme beaucoup de blogueurs, je participe à de nombreuses expériences journalistiques dans le cadre citoyen. Je dois dire que jusqu’à présent, je ne m’étais même pas posé la question.
L’irruption de Citizen Bay et son offre a-t-elle pour but de réaliser un gros coup de pub ou de récupérer les meilleurs éditeurs de blogs du moment et à venir ?
Le site en l’état ne présente aucune publicité. Sur quel modèle économique fonctionnera le site ? Pour l’instant mystère.
J’ai publié simplement et rapidement 4 informations sous forme de brèves puisqu’il n’est pas possible de placer un article complet. En regardant le nombre affiché de lecteurs par article proposé, il semble pour l’instant que le seul handicap de ce nouveau services soit un manque de … Lecteurs. Mais il s’agit d’une version béta et il est impossible de présumer de la popularité future du service.
Pour l’instant, le nombre d’informations par rédacteur est illimité et certains journalistes ont tendance à privilégier le grand nombre à la qualité (Tous les jours, les 10 actualités les plus populaires de chaque ville primaire sont récompensées par de l’argent) et c’est là que le bât blesse. En effet, rien ne prouve que la rémunération des journalistes citoyens de Citizen Bay soit synonyme de qualité de l’information.
On connaît aujourd’hui les thèmes qui « font de l’audience » Malheureusement, ces thèmes ne donnent jamais lieu à des articles de fond et la tentation sera forte de ne plus proposer des contributions à caractère intemporel (réflexions sociétales) en sachant que celles-ci n’auront aucune chance d’être bien notées par les lecteurs.
En fin de compte, retour à la case des brèves comme le pratiquent quotidiennement les média traditionnels ?
Alors, tentative de semi professionnalisation des journalistes citoyens, évolution du concept ou opération marketing ? Aux journalistes citoyens et à leurs lecteurs de se poser la question et d’ouvrir le débat
Pourquoi doit-on toujours voir le mal lorsqu’on parle d’argent ?
Il est normal qu’on rétribue la performance, non ? C’est comme ça qu’on voudrait que les entreprises fonctionnent. Lorsqu’un projet comme celui que vous mentionnez vois le jour et fait exactement ça, pourquoi faudrait-il voir là une perversion quelconque ?
Tant mieux si les journalistes « citoyens » performants font un peu d’argent.
Ce n’est certainement pas de cette manière qu’ils deviendront riche, de toute façon.
12:12, le Mercredi 4 octobre 2006Lorsque l’on regarde Citizen bay, on a par défaut tendance à ne le regarder que sous l’angle du journalisme citoyen rémunéré. Il ne faut surtout pas oublier qu’il y a aussi les petites annonces et les évènements en attendant d’autres services dont Oleg parle dans son podcast chez Loic Le Meur.
Le journaux citoyens comme Agoravox et Cent Papiers ont surtout un contenu à saveur éditorialiste qui sont à la fois locale et internationale. Citizen bay se positionne plus sur les nouvelles brèves et locales. Des tragédies telles que Dawson ou le viaduc pourraient se retrouver en photos et videos plus vite sur Citizen bay qu’à la télé.
15:42, le Mercredi 4 octobre 2006J’ai moi aussi publié une news sur CitizenBay. J’y ai, en fait, relayé le mini-scoop sur la déclaration des comnmunicateurs que j’ai également publié ici et là. Je vois deux avantages à collaborer avec ce genre de « hub » :
accroître la visibilité d’un article d’intérêt, que l’on en soit l’auteur ou pas ;
se constituer ainsi son propre recueil de liens d’actualités, tout en le partageant.
Quant au fait de savoir s’il faut ou non rémunérer les journalistes « citoyens », c’est à bien réfléchir.
Ceux qui produisent de l’information ou des chroniques ont évidemment plus de mérite que ceux qui écrivent une brève renvoyant vers une nouvelle qu’ils n’ont pas produite. Ce sont plutôt des « archivistes citoyens » et la rémunération n’est qu’un moyen de créer du trafic pour l’éditeur du site, qui cherche ainsi à attirer à lui le plus de contenu possible afin de battre la concurrence.
Aucun barême de rémunération des articles citoyens proposé jusqu’à maintenant ne permettrait à quelqu’un de vivre correctement. Les pigistes des grands médias crèvent déjà eux-mêmes la dalle. Le danger, c’est donc de banaliser la prolétarisation grandissante des producteurs d’information.
Il est peut-être plus intéressant d’avoir un gagne-pain dans un autre domaine et de faire acte de journalisme, sans nécessairement le devenir et sans rentrer dans la logique de production obligatoire car nourricière.
Bref, il faut de tout pour faire un monde virtuel ;)
02:32, le Samedi 7 octobre 2006Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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