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Vers la disparition de la Sécurité Sociale ?

Dès 1944, le Conseil national de la Résistance décide de lancer le chantier conduisant à la création d’une Sécurité sociale visant à « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail […] ».

C’est le 4 octobre 1945 qu’une ordonnance institue la Sécurité Sociale

Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 (extraits)

« La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. « 

 

Alors que les branches de la sécurité sociale et l’Etat s’apprêtent à « fêter » les 70 ans de la Sécurité Sociale, le Sénat examinera un texte majeur sur la santé.

sécurité-sociale

 

Ce texte dans la lignée de la loi HSPT( Hôpital, Patients, Santé, Territoire), dite loi Bachelot prévoit de réduire les dépenses et de s’en prendre, au nom de l’austérité à un principe constitutif à la création de la Sécurité Sociale, celui qui garantit l’égal accès à des soins de qualité pour tous.

Quelle ironie sombre de notre histoire !

La réduction drastique des moyens alloués à l’hôpital public, au système de santé va conduire à revenir au temps de l’assurance privée, à celui où seuls les riches pouvaient se soigner correctement.

Au lieu de continuer à supprimer des lits d’hôpitaux, à fermer des établissements de santé de proximité, il faudrait au contraire faciliter l’accès aux soins et enfin supprimer les forfaits et franchises qui vont à l’encontre des principes de solidarité.

S’il faut faire des économies, ce n’est pas sur le dos des patients et sur celui des plus modestes.

Des économies immédiates pourraient être faites en mettant fin aux dépassements d’honoraires, qui dépassent à ce jour la somme de 7 milliard d’euros.

Ces dépassements d’honoraires profitent à une caste qui en veut toujours plus et remettent en cause l’accès aux soins pour tous.

Lorsqu’une personne ne peut pas se faire soigner à l’hôpital public parce que la « spécialité » n’existe pas et qu’elle n’a comme seule solution que d’accepter le dépassement d’honoraires à la clinique privée, il y a là une violation légale des principes de la sécurité sociale.

Jean-François Chalot

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