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USA : intimidations, menaces, désinformation, et Giuliani à la manœuvre

Pendant l’indescriptible chaos de l’élection américaine déjà, (c’était prévisible en raison du Covid19), des signes significatifs sont apparus. Des tentatives de lâchages républicains, révoltés (il serait temps) par l’incroyable déclaration prématurée de victoire de Trump (plus une effarante deuxième depuis), retranché en famille dans une Maison Blanche cadenassée de partout, mais aussi des manifestations dans les deux camps, celles des pro-Trump consistant à attaquer les centres de tri électoraux. Et les inévitables intrusions médiatiques russes qui ont laissé le micro bien ouvert à l’orchestrateur en chef du brouhaha complotiste répandant l’idée fielleuse d’un « vol » de l’élection US par les démocrates : Rudy Giuliani, bien entendu.  Sa tentative de déstabilisation de Joe Biden avortée, le revoici -déjà- réapparu devant les caméras (en compagnie d’Eric Trump) éructant les mêmes idioties et répandant les mêmes fausses nouvelles. L’ère Trump traîne vraiment à disparaître… En un dernier baroud de déshonneur, il a fait le 5 novembre à 18h30 une déclaration ahurissante, comme jamais on n’avait pu entendre. Celle d’un mauvais, fort mauvais perdant en devenir.  Celle, désemparée et désespérée, d’un loup blessé, à bien l’analyser.

La fête mafieuse gâchée ?

Commençons par l’indécence et la balourdise, les deux marques de fabrique de l’ère trumpienne. A 2h25 du matin dans le salon Est de la Maison Blanche, les portes s’ouvrent… et on voit en sortir en premier la famille Trump au complet, plus celle de Pence… et aucun dignitaire du parti républicain (j’ai cru entrevoir Mike Pompeo et c’est tout). Etrange fiesta, celle des happy few, de la famille réduite,autour d’une personnalité, j’aurais tendance à dire du parrain, et non un parterre politique comme attendu habituellement un soir d’élection. Une petite mafia réunie pour célébrer et partager les billets d’un hold-up rémunérateur, voilà à quoi on pense en premier (le Daily Mail, pourtant conservateur, affublera d’ailleurs des images de la légende « La famille Trump participant à l’annonce du patriarche de la Maison Blanche »Et en fait de hold-up, c’en est un : alors qu’il reste encore des millions de bulletins à dépouiller et que la marge globale des votes est très resserrée, Trump annonce déjà avoir gagné et, dans la foulée, demande d’arrêter les comptes encore en cours et de poursuivre en justice les démocrates qui continuent à engranger des votes par courrier. Le hold-up devient subitement un coup d’Etat !!! Plein de morgue et de rancœur non dissimulée, visiblement furieux, bombant le torse arc-bouté sur son pupitre sans prompteur, il parle en effet de ce qui l’ennuie le plus ce soir-là : que sa fête à lui soit gâchée. Le petit esprit de Donald a encore pris le dessus sur sa mission de représentation nationale, qu’il n’a jamais honorée. Pas un mot pour les électeurs de l’autre bord, seulement les siens, ou pour le pays en général.
« Des millions et des millions de personnes qui ont voté pour nous ce soir et un groupe très triste de personnes essaie de priver ces gens de leurs droits et nous ne les défendrons pas. «Nous nous préparions pour une grande fête. Nous gagnions tout, et tout d’un coup, tout a été annulé. « Nous étions prêts à sortir et à célébrer notre incroyable succès. » « Grande fête » ? Il sont à peine 15o autour de lui, alors qu’il devait y avoir 400 cartons d’invitation envoyés pour le premier projet de célébration, selon ses propres services. Qui donc a fait défection ce soir-là, ou plutôt qui Trump n’a-t-il pas voulu inviter ? Cela va à l’encontre de ce qu’il a réussi à faire durant quatre ans : assouvir le parti à sa botte. Un commentateur de CNN qui officiait ce soir-là brillamment devant les écrans (John King) était resté bouche bée récemment à la vue de ce que pensaient les gens du parti de Trump : selon eux, il était meilleur qu’Abraham Lincoln comme président !!!! Sidérant ! Remarquez, sûr de les avoir dans sa poche, cela ne présentait pour lui aucune raison de les inviter à son buffet post-électoral (et ça lui fait faire des économies) !!! En prime, comme il pense sincèrement qu’il ne doit son succès qu’à lui-même, ils ne représentent donc pour lui que… peanuts (un de ses mots favoris)!

Mais j’ai trouvé pire encore, dans cette soirée. Juste avant que Trump ne monte sur scène, les gens se sont levés. Et là surprise dans ce lieu, à cet endroit et à ce moment précis, l’un d’entre eux, non identifié, a fait des deux mains le signe de ralliement des suprémacistes !!! Un double « White-Power » (1) ! Sans que cela ne gêne ses voisins ou la suite de l’événement (ou un Président en face) ! Quel scandale !!!

En prime, aucune personne dans cette salle ne porte de masque, ce qui en fait un cluster potentiel important. On ignore ce que pense la famille Trump, mais elle se « pharaonise » en se croyant immortelle, ce n’est pas possible autrement !!!  Trump considère déjà la Maison Blanche comme sa propriété personnelle, il est vrai, remarquez il y organise des fêtes et des feux d’artifice le 4 juillet, en pleine pandémie malgré les craintes répétées de Deborah Birx, etc.. Le roi Donald n’en fait plus qu’à sa tête depuis des mois, comme on l’a vu ! Croisées ce soir-là, ici à droite, la porte-parole N°1 de la maison, à peine sortie de son épisode Covid positif, en compagnie de Jeanine Pirro, un de piliers du système Trump, décrite déjà ici avec ses belles casseroles derrière elle. A espérer que la dernière n’ait pas trop forcé cette fois sur la dive bouteille, à la soirée…

Tout cela, ce soir d’élection dans une impréparation totale, avec la lecture d’un bout de papier tout froissé sorti de sa poche, et un Trump poussant son colistier vers le micro, alors que ce dernier n’a strictement rien préparé et rien à dire. C’est totalement improvisé et ça ressemble fort à une rebuffade de l’instant que personne n’a osée retenir. On ne distingue pas de conseiller proche connu, en effet, qui aurait pu le freiner. Il a fini en roue libre ! On fait des selfies dans la salle, comme dans un mariage (ici à la fin du speech, c’est encore la seule famille du « patriarche » !!!). Encore un peu, et Melania se serait retournée en lançant un bouquet au-dessus de sa tête, dans la salle ! Moins de dix minutes après, tout le monde est déjà reparti, laissant la salle vide et tous les correspondants TV abasourdis. Jamais un président en exercice n’avait osé faire ça, sans même parler de la manière, complètement grotesque et sans aucun protocole habituel dans le lieu ! Un vrai show à la Trump ! Même un soir pareil, il est incapable de dignité !

Le matin même et dans la journée s’en est suivie une giclée de Tweets vengeurs et corrosifs d’un Don Vito Corleone Trump qui n’avait toujours pas digéré sa fête ratée, comme un enfant privé de gâteaux (et ses propres enfants aussi, dont Freddy Corleone Jr : son surnom dans les couloirs du pouvoir (2)). Trump mettait en marche aussitôt la théorie du complot sur le « vol » de l’élection américaine, parlant de bulletins apparaissant par magie, alors que ce son ceux provenant des envois par courrier, plus longs à dépouiller comme on s’en doutait. Sauf lui, visiblement.  Toujours au ras des pâquerettes, alors qu’en face Joe Biden lui montrait une leçon de civisme en déclarant attendre sereinement le verdict des urnes et se la jouer rassembleur, sans avoir à faire d’efforts.

Mais le système de chef de meute de Donald fonctionne grâce à ses loups rabatteurs et ils n’ont donc pas perdu beaucoup de temps à monter dans le train complotiste du décompte des voix, trop lent à leurs yeux, ce qui doit donc cacher quelque chose forcément (ils n’ont franchement aucune idée de la tâche à réaliser en raison du Covid19!). Ils ont pour nom Sean Hannity (resté bloqué sur d’autres mails, le pauvre !), Laura Ingraham et Tucker Carlson (dangereux, celui-là….). On a déjà étudié leur cas pathologique en détail : ceux des renvois de leurs tweets laudatifs ou carrément lèche-bottes par le chef du clan. C’est un peu la conjuration des mauvais que ces trois-là ensemble. Les trois relais-mégaphones des écrans et du net de Donald !!! On sera heureux de ne plus les voir bientôt, complètement discrédités par ces interventions disruptives et fondamentalement anti-démocratiques. Ce sont des voleurs d’opinion, pour résumer !

Les diffuseurs de la désinformation : toujours les mêmes !

Dans la foulée, la famille proche suit le loup dominant. Plusieurs Tweets d’Eric Trump, « fils de Donald, ou de Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et l’un des plus fervents soutiens du président sortant (880 000 abonnés), sont en infraction avec la politique de Twitter, mais ne font pas l’objet de mesures de limitation ou de messages d’information. Le fils de Donald Trump a ainsi pu rediffuser à ses 4,4 millions d’abonnés des messages évoquant des fraudes largement démenties, en se fondant parfois sur des documents falsifiés. De son côté, Marjorie Taylor Greene, sympathisante du mouvement complotiste QAnon et fraîchement élue à la Chambre des représentants, a pu poster pendant plusieurs heures à ses 140 000 abonnés de nombreux messages remettant en cause l’intégrité du scrutin, sans preuve, avant que Twitter ne fasse subir à ses messages le même traitement qu’à certains de ceux du président. » L’une de ses présomptions, celle de bulletins brûlés, est un fake manifeste.

Eric Trump, ici avec Rudy Giuliani à ses côtés, a en effet tweeté une fake news intégrale : « une vidéo virale prétendant montrer des bulletins de vote pour le président Trump est fausse, ont déclaré mardi des responsables de Virginia Beach.La vidéo montre une personne non identifiée mettant ce qui semble être des bulletins de vote en papier dans un sac en plastique avant de les asperger d’un liquide inflammable et de les incendier. Bien que cette personne ne précise pas l’emplacement, les autres candidats qui apparaissent sur les papiers sont de Virginia Beach, en Virginie. Les bulletins de vote, cependant, ne sont pas réels et sont en fait des exemples de bulletins de vote, a déclaré la ville de Virginia Beach, notant que les papiers de la vidéo ne portent pas de codes à barres qui apparaissent sur tous les bulletins de vote officiels. Les responsables des incendies enquêtent sur ces incendies illégaux, ont déclaré des responsables de la ville à WAVY, affilié à NBC News. Mercredi après-midi, le fils du président Trump, Eric Trump, a retweeté la vidéo, ajoutant la légende, «Brûler 80 bulletins de vote Trump». La ville de Virginia Beach a répondu au tweet en écrivant: «Ce sont des exemples de bulletins de vote. J’ai abordé ce problème hier ». Bref, la machine a décérébrer, la même qui fait fonctionner le cœur de QAnon, que l’équipe Trump manipule donc bel et bien, est en marche.  C’est un rouleau compresseur qui est lancé, directement de la Maison Blanche. Trump, qui a des renseignements que d’autres n’ont pas, via ses services secrets, sait au fond de lui-même qu’il peut perdre.  Alors il tonne, il tempête, frappe sur la table et envoie ses loups hurler tous ensemble le plus fort possible devant les micros des télévisions.

Rudy chef d’orchestre  

Eric Trump et « son avocat personnel », Rudy Giuliani, se retrouvent donc devant les cameras pour faire le show : celui de « montrer » (démontrer n’est pas le vocable à retenir avec eux) que les votes encore en dépouillement sont, selon eux, tous des fraudes.  Ce qui est mot à mot le discours de… Donald Trump ! S’il étaient là en Pennsylvanie, ce n’est pas un hasard : le nombre de votes par courrier, en raison du Covid19, y est très important et provient surtout des villes (dont Harrisburg, la capitale et ou Philadelphie, acquis à Biden en très forte proportions). Ils étaient venus  pour donner le micro à un individu venu se plaindre de n’avoir pu entrer dans les bureaux de dépouillement, ce qu’il a tenté de faire par la force et oublie de le dire, en se prétendant « observateur »  de la campagne. C’est assez peu crédible, car sur place tout le dépouillement est supervisé par des observateurs des deux camps, justement !  Bref, c’est une mise en scène totale, dont le premier qui prend le micro est là pour faire façade et offrir un bout de crédibilité à l’opération médiatique.

Giuliani connait en fait bien le coin (il y est venu 16 fois ces derniers mois !) :  le 13 octobre, il y était en campagne pour Trump avec le congressiste Lou Barletta, fervent supporter de Donald Trump ! Il en avait profité pour faire un discours anti-BLM devant une stature de Christophe Colomb mise en côte pour la protéger du vandalisme ; l’art de la mise en scène de tout, chez lui ! But affiché en fait : accrocher « l’Italian American community » à la locomotive trumpienne !!! En direct sur Fox-News avec Neil Cavuto,  Giuliani, parti dans une tirade anti-Biden, avait été interrompu carrément par le présentateur de Fox News qu’il venait juste de gagner le Michigan… pour que Rudy continue son discours sur le « vol de bulletins »… derrière lui et Eric Trump à peine sorti on avait remarqué la présence de Pam Bondi (ici à droite avec un mégaphone) et de Corey Lewandowski, dont la présence signalait obligatoirement une opération venue directement de la Maison Blanche.. ce que confirme CNN le 5 novembre, avec cet avis : « retranché à la Maison Blanche sans aucun événement public à son horaire, Trump a personnellement dépêché des conseillers sur des champs de bataille à travers le pays dans l’espoir de mener une bataille juridique dans des endroits où les marges restent serrées. Malgré son scepticisme quant à l’efficacité de sa stratégie, Trump est resté déterminé à mener un combat prolongé, le considérant comme sa seule option. C’était une attaque que le président avait anticipée à l’avance, jurant de libérer son équipe d’avocats dans les États où il perdait. » Gérer un pays comme ses entreprises, voilà le crédo de Donald : elles ont toutes terminé en faillite, n’ont jamais été rentables et ont surtout lourdement endetté son propriétaire. Il a toujours vécu sur du vent et de la tromperie et il aura joué de même avec son pays, hélas ! Chez certains centres de tri des votes par courrier, les menaces se précisent, on bloque des portes, on tente d’entrer et on perturbe en criant et en gesticulant. Dans un centre de Pennsylvanie, les trieurs et les observateurs, déconcentrés, décident de poser des cartons sur les fenêtres montrant la salle : aussitôt, ils se retrouvent accusés de vouloir dissimuler quelque chose sur le net. Pas un seul des tweets envoyés et encore moins l’équipe de Trump ne précise qu’il y a dedans des observateurs nommés par les républicains (ici à gauche), comme des observateurs démocrates, délégués pour veiller au respect des règles de dépouillement, qui va être long, très long : ce sont des millions de bulletins qu’il faut vérifier, trier et scanner pour qu’ils deviennent des votes informatisés (sur des tableurs Excel en fait). Celle qui vient relayer l’idée des cartons positionnés pour tricher (ici à droite ) s’appelle .. Kaleigh McEnany. Vous vous souvenez celle qui était à la fiesta de la Maison Blanche du 3 novembre, celle qui a attrapé le Covid19 dans cette même Maison Blanche et celle qui avait dit à son entrée en fonction « qu’elle ne mentirait jamais aux américains ». Un comble, encore une fois… elle est vraiment pitoyable, comme les autres ! Et elle mentira ouvertement, lamentablement les jours qui suivent encore (ici à droite) !

Un directeur de campagne complotiste !

Le cas de Pat Bondi venue dire en cœur avec Eric Trump que le comptage était une fraude est pendable. La même Bondi, on l’avait en effet croisée en août dernier, il y a donc à peine trois mois… venue faire la promotion en Floride… du vote par courrier, justement (ici à droite leur tri) !!! Les démocrates avaient préconisé le procédé en raison de la meilleure appréciation de la pandémie et de sa progression, pas les républicains.  Il fallait faire vite maintenant pour convaincre tout le monde de faire pareil !! Elle s’adressait alors aux femmes de Black Voices for Trump, qui ont donc fait gagner Donald par mail, en Floride !! Incroyable découverte !!!  Elle y était accompagné, tiens, coïncidence, par… Cory Lewandowski !!! Le directeur de la campagne 2020 de Trump qu’elle semble ne plus quitter depuis ! Trop  drôle !!! Un Lewandowski en plein forme, débitant un discours bien rôdé sur place : « Bon, avons-nous du travail à faire ? Vous pouvez parier que nous le faisons », a déclaré Lewandowski. «A-t-il créé la plus grande économie que le monde ait jamais vue ?  Et l’a-t-il arrêtée pour faire face au coronavirus pandémique ? La réponse est oui, et il est le seul à pouvoir ramener notre économie »…  Je pense que c’est le plus gros mensonge de la campagne : Trump n’a jamais été partisan « d’arrêter l’économie », jamais et au contraire même : ce sont les Etats qui ont dû le décider à sa place !! Et c’est le directeur de la campagne 2020 qui parlait !!! Remarquez, en décembre 2019 il s’embarquait déjà à fond les manettes sur le cas d’Hunter Biden -, une fake news signé Giuliani comme on l’a vu : pitoyable ! Le présentateur (de Fox-News, pourtant) lui rappelant alors en direct gentiment qu’il s’engageait là dans un terrain connu… (ici à droite) qui n’avait conduit à rien, déjà  !!! Il n’en démordra pas : le directeur de campagne de Trump, en tout cas, retenons-le, était venu en Floride en août 2020 pour faire la promotion de ce que son patron aujourd’hui récuse comme moyen de vote !!! On nage en plein surréalisme là !!! Il ont l’oubli facile, dites-moi, dans l’équipe de Trump !!! Il sont tous devenus alzheimériens d’un coup ? Ça ne leur réussit pas, le Covid19, dites-moi ! Les effets secondaires sur la mémoire chez eux est terrible !!!

Les loups sont lâchés partout (ou Trump est en danger !) 

Et quand Trump décide de lâcher sa meute de loups, on les retrouve partout : dans le Nevada, à Clark County par exemple, avec Adam Laxalt, l’ancien avocat du général Flynn un ancien Navy qui a été en élection pour devenir gouverneur, pris deux fois en défaut au volant par la police (il a subi un  traitement pour alcoolisme chronique) et qui nous raconte « que les poubelles sont pleines de bulletins » accusant des « croppers voters  » des ramasseurs de bulletins) ou des morts qui auraient plus voter. C’est le responsable local de la campagne de Trump à Las Vegas ! Ou bien même Richard Grenell, « le diplomate pas diplomate  » selon le NYT, l’air fort martial (lire ici ses arguments « démontés » par Jacob Soboroff  de MSNBC), plus encore une fois un « témoin » en l’occurrence une vieille dame (Jill Stokke) toute tremblante, qui vient se plaindre de s’être fait confisquer son bulletin car « elle l’avait pré-rempli » (???). Elle est en fait mal-voyante ! Si on sort les aveugles pro-Trump maintenant (elle s’est plainte qu’on lui avait reproché ses propos extrémistes dans l’enceinte de vote) !! Plus le responsable d’American Conservative Union, Matt Schlapp, une grande gueule avant tout, ancien assistant de président George W. Bush devenu lobbyiste pour Koch Industries (3) et même, et c’est plus grave, le responsable du GOP du Nevada, Michael McDonald. Un ancien policier, mouillé jusqu’au coup dans des détournements d’argent comme on peut le lire ici..  Une fine équipe encore ! Trump ayant auparavant lancé dans un Tweet déjanté : « dans un coup d’État illégal de fin de nuit, le gouverneur du club-house du Nevada a empêché les républicains de gagner l’État. Le bureau de poste ne pourrait jamais gérer le trafic des votes par correspondance sans préparation. Utiliser le Covid pour voler l’État  »…. Le 4 novembre, Laxalt en remettait une couche en Tweet (ici à droite) pour être immédiatement repris par… Trump : c’est la petite famille des tweeters qui tourne en boucle, comme on l’a vu cet été déjà ici !!!  Ils nourrissent la boucle de désinformation tous les jours. Comme l’a écrit une chaine d’infos, les russes n’on même plus à la fabriquer cette désinformation : ils le font tout seul.

Le chef de la meute : le roi de la manipulation !

Pennsylvanie, Nevada, etc… pour coordonner tout ça, il faut un chef (ou un sous chef genre kapo, puisque tout vient du bunker de Washington peint en blanc et appelé maison. Donald en a nommé un, il s’appelle Mike Roman:  c’est le directeur des opérations pour le 3 novembre de Trump (opération appelée bizarrement « Army for Trump » !), le coordinateur des actions les plus récentes contre les centres de tri et un homme qui vient de Pennsylvanie, justement, tiens quel hasard.  Tout ce qui vient de se passer est en fait une stratégie prévue par Trump depuis des mois, et il en est l’organisateur très actif. Répandre l’idée d’une élection volée, ce qui signifie que Trump a démarré avec l’idée qu’il ‘a perdrait cette élection !!! Les hommes qui rentrent sans mandat dans les centres de tri, c’est lui qui les fait filmer, et quand ils se font éjecter, il présente ça comme un procédé anti-démocratique bien sûr !!! Sans jamais dire qu’il y en a déjà, à l’intérieur du centre, des observateurs des deux bords dont le sien ! Ou oublie de dire qu’ils se font raccompagner par les policiers présents comme perturbateurs du vote !! Une vieille technique d‘agit prop en fait !!! Ça ou le coup du bulletin proposé à cinq dollars, un truc vraiment ridicule à vrai dire et facile à faire en tout cas…c’est pitoyable en fait (faut dégotter simplement une petite vieille complaisante, ici à gauche  !) !!!  Ou encore un tweet idiot de sa part : celui de montrer une tentative d’incendie de boîte à collecter les bulletins de vote : là ça devient flou comme revendication, ou alors c’est plutôt raté, car s’il y a bien des gens qui souhaitent l’élimination de ce type de vote largement investi par les démocrates, c’est bien son propre camp en fait !!! A vouloir trop en faire, il brouille tout seul le message !!!

Roman aussi tenté de séduire les plus jeunes votants, qui on voté en masse pour Biden on l’a vérifié au sortir des urnes (exit polls). Les prenants pour de parfaits idiots, il a balancé sur Tik-Tok un prétendu bourrage d’urnes à Flint dans le Michigan, où le procédé est… inconnu. Et en effet, car la vidéo a été prise… en Russie ! Sidérant de bêtise : « plus c’est gros… » le vieil adage qui installe une défiance malgré tout du système démocratique et c’est le but du jeu ! 

Mais c’est logique chez lui, tout ça…. C’est en effet un vieux routier des coups tordus, celui-là, en réalité : il dirigeait auparavant le réseau d’espions commerciaux du réseau politique dirigé par les milliardaires Charles et David Koch, deux parmi les plus grands financiers du parti républicain !!! Une sorte, chez nous. de Christophe Naudin l’espion d’Ikea surpris à faire évader les pilotes d’Air Cocaïne, souvenez-vous !!! Et son CV, à Roman, vaut son pesant de mouron, en effet : « Il a fait ses débuts politiques en dirigeant des opérations de sécurité électorale à Philadelphie pour le républicain Bruce Marks, qui a fait campagne pour le Sénat de l’État de Pennsylvanie en 1993 et a perdu de justesse face à son adversaire démocrate ».  Mais il a fait beaucoup mieux que ça avec ses techniques d’agit-prop bien assimilées, destinées à créer avant tout le doute « Lors de l’élection présidentielle de 2008, Roman a fait sensation en faisant la promotion d’une vidéo de deux membres du New Black Panther Party debout devant un bureau de vote à Philadelphie, l’un d’eux tenant une batte (de police, appelée « Billy Club »). Bien qu’aucune violence n’ait eu lieu, la vidéo a été médiatisée à l’échelle nationale par ceux de droite comme preuve d’intimidation des électeurs démocrates, tandis que ceux de gauche l’ont critiquée comme une tentative d’attiser les divisions raciales lors de l’élection du premier président noir du pays, Barack Obama ». Bref, le but recherché était atteint : ici la division des esprits ! Elle avait eu un retentissement énorme, augmenté par le tambour de résonance des républicains, de l’extrême droite et ….de  Fox-News bien sûr !!!  Cette tempête dans un verre d’au savamment orchestrée par Roman, visait aussi et surtout .. Barack Obama et elle avait aussi de forts relents racistes à l’évidence ! Elle avait quand même provoqué la démission de Christian Adams, du Department of Justice, mécontent de l’attitude d’Obama dans cette affaire.

En tout cas ça lui a ouvert des portes cette divulgation  : « la vidéo de New Black Panther a rehaussé le profil de Roman au sein du Parti républicain, et il a rapidement décroché un emploi au réseau Koch enquêtant sur les démocrates, les militants écologistes et d’autres à gauche. Une déclaration de revenus de 2014 pour la chambre de commerce Freedom Partners Inc., soutenue par Koch, répertorie le titre de Roman en tant que vice-président de la recherche et affirme qu’il a reçu plus de 285 000 dollars en salaire annuel et en avantages sociaux ».  Ses méthodes étant celles d’un espion, avec prises de vues et de son pour piéger au maximum l’adversaire (l’intimidation aussi est au programme !) : une sorte d’O’Keefe du Project Veritas mais en plus « pro » en quelque sorte. « En 2016, les Koch ont dissous l’unité de renseignement et Roman est allé travailler pour la campagne Trump en organisant des opérations d’observation des sondages. Après la victoire de Trump, Roman a décroché un poste dans le bureau de l’avocat de l’époque à la Maison Blanche, Don McGahn, en tant que directeur des projets spéciaux et de la recherche, bien que l’on ne sache pas immédiatement ce que ses fonctions impliquaient ».

McGahn a été très écouté, en tout, par Donald jusqu’à son départ en 2018. L’une des ses plus belles victoires peut nous faire beaucoup sourire aujourd’hui : au début, on le sait, de sa candidature, on a tout fait au parti républicain pour lui mettre des bâtons dans les roues car on n’en voulait pas de ce vilain canard qui n’avait jamais été républicain auparavant. A Gahn donc de lutter contre des rumeurs lancées contre son client et l’accusant notamment d’intimidation des électeurs, ce que Trump a toujours fait dans le business en fait, ou cherchant, et c’est beaucoup plus drôle aujourd’hui, à interdire à la campagne de Trump d’avoir des observateurs sur les lieux de vote républicains !!!  Quel gag, quand on y repense aujourd’hui ! McGahn voulait aussi traîner Hillary Clinton et Robert Mueller devant les tribunaux ! Il a quitté la Maison Blanche en forts mauvais termes avec Trump qui l’appelle depuis de sa façon fort poétique « a lying bastard« . C’est ce qui est promis à tous ceux qui ont aidé un jour ou l’autre l’orangé dérangé, qui est persuadé de faire tout tout seul, grâce à son super cerveau qui réalise brillamment des tests d’intelligence d’enfant de cinq ans.. ou de pré-alzheimérien !

Bref cela fait un petit bout de temps qu’il fomentait des coups tordus pour la Maison Blanche, avec McGahn, ce Roman  !!!  Exemple de son travail récent : « en Pennsylvanie le mois dernier, un avocat de la campagne Trump a soumis des photos de surveillance de trois électeurs qui semblaient déposer plus d’un bulletin de vote dans une boîte électorale. En vertu de la loi de l’État, les électeurs doivent retourner leurs propres bulletins de vote à moins qu’ils ne soient handicapés ou autrement incapables de le faire pour eux-mêmes. Cependant, les responsables électoraux ont déclaré que la campagne Trump avait produit des preuves insuffisantes pour prouver que les électeurs sur les photos enfreignaient la loi. » La plainte en Pennsylvanie semble faire partie d’une stratégie nationale plus large de Trump et de ses alliés pour soulever des accusations de fraude électorale et contester les bulletins de vote dans les zones à taux élevé de démocrates enregistré »… et quand Roman se fait pincer sur Tweeter pour désinformation que fait-il ? Il crie au meurtre, comme son mentor de la Maison Blanche bien sûr et vient même s’en vanter avec des cris d’orfraie.  Ce gars-là a vraiment un problème ! Et son patron un sacré aussi :

Le dernier coup de folie de Donald

Je vous l’ai dit à plusieurs reprises, Trump est fou à lier. On en a une brillante démonstration le 5 novembre (4) avec une conférence de presse montée à la hâte, sans questions de journaliste et qui a laissé tout le monde sur le derrière. Y compris le bien droitier Rick Santorum, (ici à droite) républicain atterré par ce qu’il venait d’entendre invité de CNN… Un long monologue dans lequel il a égrené toutes les opérations de son envoyé Mike Roman, en les décrivant comme des preuves du manque de démocratie de ces élections que ses services secrets viennent de lui annoncer comme perdue. Un texte confus, rédigé semble-t-il de sa main et bourré de fausses informations. Avec comme thème principal une théorie complotiste de « tricherie » à son égard, avec ces résultats qui s’éternisent pour une raison simple qu’il ne veut décidément pas comprendre. Trump vient de nous indiquer que, même battu dans les urnes, il n’est pas prêt à quitter la présidence.  Sa maladie mentale en effet exclut chez lui tout sentiment de défaite. Il n’en a jamais reconnu une seule, cela a toujours été ainsi chez lui. Hitler s’était suicidé… lui. Hier soir, un grand malade s’est adressé à son peuple, qui devrait l’envoyer en hôpital psychiatrique le plus rapidement possible avant que le pays ne s’embrase en suivant ses appels (5).

Hier soir c’est en effet Néron que l’on a entendu !!

 

Nota : un autre coup de folie a eu lieu depuis. Il est signé Steve Bannon, chez qui les longs séjours sur yacht n’aident pas à réfléchir. Il vient en effet de voir son compte Twitter fermé pour avoir réclamé la décapitation d’Antony Fauci et de Christopher Wray du FBI…  La poignée de fous se déchaîne  !

(1) c’est là où ça devient incompréhensible : Trump a augmenté sensiblement de 2016 à 2020 la part des noirs votant pour lui ! Le populisme c’est aussi l’art de transformer les cerfs en admirateurs du chevalier ou du roi !

(2) « Oui, Donald Trump Jr.est, comme Fredo Corleone, un enfant adulte choyé et semi-compétent qui doit le succès qu’il a trouvé dans la vie entièrement consacrée à ses relations familiales. Bien sûr, Don Jr. a réussi à aggraver sa tentative désastreuse d ‘«aider» la campagne de son père en rencontrant un avocat russe promettant la des éléments douteux sur Hillary Clinton en publiant ses propres courriels incriminants sur Twitter, de la même manière que Fredo prétendait aider son frère, Michael , en concluant un accord avec Hyman Roth, en conspirant derrière son dos et en préparant involontairement Michael à une tentative d’assassinat. Et OK, Don Jr. et Fredo semblent avoir passé leur vie à lutter et à ne pas échapper à l’énorme ombre de leurs pères prospères ». Sam Adams, Slate.

3) « Schlapp a fait des commentaires controversés concernant les manifestations de George Floyd qui ont commencé le 26 mai. Il a allégué que Black Lives Matter était « … hostile aux familles, au capitalisme, aux flics, à la vie à naître et au sexe ». Dans le cadre de son travail de lobbying, Schlapp avait été payé 200 000 dollars par an par Verizon et Abbott Labs, et 120 000 dollars par an par Comcast. En raison de ses remarques, Verizon a mis fin à son contrat en juin 2020, Abbott Labs a été critiqué pour avoir utilisé Cove Strategies et Schlapp en tant que lobbyiste malgré l’engagement déclaré d’Abbott pour la justice sociale, et a par conséquent coupé ses liens avec Schlapp. »Comcast a emboîté le pas. « 

(4) il n’y avait avec lui que Kayeigh McEnany…

(5) visiblement, Dieu aussi l’a laissé tomber…

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    On peut ajouter à la désinformation trumpienne la page Facebook heureusement tuée dans l’œuf appelée « Stop The Steal » apparue le 3 novembre créée par Jack Posobiec, déjà décrit ici plusieurs fois comme troll en chef. Avec Kylie Jane Kremer. ancienne du Tea Party et dirigeante de Women for America First.

    lire ici

    https://www.centpapiers.com/le-petit-monde-de-donald-11-le-petit-goebbels-et-lechalas-gay-du-white-power/`
    kremer
    https://www.youtube.com/watch?v=tgwrIUx3HOU

  2. avatar

    En tant qu’américain je n’ai jamais vue un tissu de conneries aussi partial et faux. Il est évident que l’auteur est payer par le deep state

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