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Une vieille connaissance de la télé comme supporter de Fillon

En  France, l’arrivée du catholique revendiqué Fillon, tendance plutôt traditionaliste, comme futur président, en a surpris plus d’un, et moi le premier je vous l’avoue.  Et pourtant… à bien regarder, il y en a qui ont bien préparé le tremplin pour qu’il réussisse bientôt son saut final en mai prochain pour atterrir dans le fauteuil présidentiel.  Je vous en ai trouvé un, de vieux routier du web, et vieux journaliste aussi, qui représente un superbe cas d’espèce parmi les supporters de « François ».  Un rédacteur que l’on lit à la fois chez Sputnik, le média tant choyé par Poutine, où il fait figure d’habitué, et à la fois dans les magazines les plus ringards de la chrétienté tendance bien traditionnelle.  Mais aussi dans des sites ouvertement d’extrême droite, dont celui de feu Serge de Beketch. L’homme qui est venu applaudir sur Sputnik l’élection du coureur automobile sarthois vient de loin, il est vrai : du GUD, pour être précis.  Portrait d’un supporter bien particulier de François Fillon… que vous connaissez, j’en suis sûr, depuis 1990… grâce à une émission de télévision restée dans toutes les mémoires…

sputnik-fillonCommençons par Sputnik si vous le voulez bien. Ça commence fort, ma foi (rigolo comme expression pour l’athée que je suis), attention aux « arguments » développés, ils sont plutôt décoiffants : « François Fillon a gagné et triomphé aujourd’hui, et c’est la vérité du jour. Comme l’a dit JMLP, le candidat du système a AUSSI été culbuté, l’homme des lobbies, de nos médias débiles, des islamistes et des obèses du Bilderberg, l’homme aussi de la guerre à mort contre la Russie. Les Français sont moins nuls qu’on ne croyait. Ils votent pour un modéré révolutionnaire, excusez l’oxymore! Désarroi chez les sondeurs et dans les salles de réaction aux ordres du NOM ».  On aura déjà noté la citation de Bilderberg, qui n’augure rien de très bon.  Et ça continue pire encore : « François Fillon n’a cessé de montrer une image raisonnable, plutôt russophile et anti-islamiste depuis plusieurs années.  Il n’a cessé de nous montrer que l’on pouvait préférer le souverainisme européen à la clique totalitaire mondialiste. De ce point de vue il est des nôtres et nous le saluons comme tel.  Il nous débarrasse enfin de l’indélogeable Sarkozy et vraisemblablement du dangereux agent Juppé.  Ce n’est pas un vilain cadeau, vous en conviendrez?  De Gaulle, la Russie de Poutine et le Front National (…)  Moi de toute manière j’ai Fillon à la bonne, parce qu’il est raisonné, marié à une galloise, ancien giscardien (je l’ai été, plus que chiraquien, et je n’en m’en repens certainement pas) et surtout parce que, arrivé à Monaco il y a quelques années, il avait voulu piloter une F1 (ou une F3, je ne sais plus, vérifiez) avec son fils dans les bras ». initie Ça vole haut, chez notre journaliste de Sputnik, vous l’aurez noté.  Comme vous aurez noté le « dangereux agent Juppé ».. agent de quoi, l’auteur ne le dit pas. Agent des américains, pour sûr, à le lire, ou des francs-maçons, car il en voit aussi partout : il est aussi l’auteur d’un ouvrage ésotirique intitulé « Mitterrand le grand initié » (on ne rigole pas, c’est toujours en vente, avec en couvre une pyramide – celle du Louvre ne fait).  Et le voir écrire des choses comme « clique totalitaire mondialiste » qui en dit aussi long sur sa pensée.  Serait-il de droite plutôt « dure », notre nouvel admirateur de François Fillon ? la phrase suivante le confirme : « cela montre que notre homme a de l’habileté technique, manuelle, sportive, ce qui nous change des énarques soumis qui comme Le surfait Lemaire mènent ce pays à la nursery fasciste façon Merkel »…  (ici il l’appelle « Frau Merkel »).  En tout cas, question ésotérisme, c’est la complète chez lui : « alors que, selon la sociologue Céline Bryon-Portet, certains francs-maçons voient dans le réseau Internet une continuité avec le réseau humain et institutionnel que constitue la franc-maçonnerie,  Nicolas Bonnal, à l’inverse, « a vu dans le pouvoir démiurgique du réseau informatique créateur de mondes virtuels – qu’il compare à celui du Grand Architecte de l’Univers –, une « technoglose » ouvrant sur une nouvelle voie initiatique » fait-il paraître dans sa propre biographie !

Ouh là,  on est tombé sur un bon là !  Ce texte avait été écrit entre les deux tours, et ça se concluait par un tonitruant « on arrivera peut-être au bout de nos peines avec un trio Fillon-Le Pen-Villiers, le trio des Français russophiles et des républicains… indépendants; car bizarrement ceux qui aiment la France aiment aussi la Russie« .   Ouh là, de plus en plus barré notre gars avec son « au bout de nos peines » ! C’est bien le même que l’on retrouve en effet chez Voxnr, site d’extrême droite (venu présenter son livre sur Tolkien (1), dont les penchants droitiers sont relevés par notre homme, dans un ouvrage fait par dessus la jambe, car bourré d’erreurs relevées ici), mais aussi sur le site de Serge de Beketch, le plus que droitier fondateur de Radio Courtoisie, passé du magazine Pilote au Crapouillot pour devenir le  directeur de la rédaction de National-Hebdo, appelé à ce poste par Jean-Marie LePen en personne (il était aussi très ami avec Bernard Antony).  Pour couronner le tout, De Beketch était aussi… créationniste ! Il a continué le site après le décès de son co-fondateur, et ils a commis en 2013 un article sur… Alain Delon, dans lequel il avait écrit ceci, tout empreint d’un dédain évident :  « la France aime l’étranger, les droits de l’homme, le socialisme, le métissage, l’universalisme et l’Amérique post-WASP en guerre éternelle et inutile. C’est BHL qui a raison, BHL son saigneur et mentor officiel. La France postmoderne adore encore plus l’interventionnisme, le fun, les surgelés Picard et la fiscalité. Jules Verne même, ai-je appris récemment dans son excellent « Clovis Dardentor » explique que l’on perdra l’Algérie à cause de l’absence de vrais colons et de la sur-présence du fonctionnaire. Le dernier coup de grâce – ou de race – aura été donné en Mai 68 par le petit peuple néanderthalien, guidé par ses instits’ festifs et nihilistes, et toujours si soucieux de donner la chasse au restant des germains épargnés en 1789 ou sur les charniers républicains (pour 89 ce n’est pas de moi, c’est de Renan). Le mauvais pli pris par la droite molle ou faussement dure suit logiquement l’involution de cette terre fatiguée – et fatigante à plus d’un trait ». Fichtre !

degrelle-delon-ggod

Pour illustrer son article (sur Delon – au sujet de sa saillie contre les homosexuels-  je vous laisse le lire ici) notre homme avait retrouvé un cliché plutôt rare. Celui d’Alain Delon, en train de tourner alors en Espagne (en 1975)  le film Zorro, réalisé par Duccio Tessari, avec Moustache, le jazzman rigolo en Sergent Garcia (et oui il a fait ça aussi, Delon !).  Un Alain Delon posant aux côtés d’un voisin espagnol venu le voir tourner sur place.  Un dénommé  Léon José de Ramirez Reinn un nom d’emprunt. Car pas tout à fait espagnol, le gars.  Un belge d’origine, ancien directeur de presse catholique (et oui !), qui a fini la guerre comme  SSObersturmbannführer et Volksführer der Wallonen : Léon Degrelle, ce nazi véritable qui en 1979 niera aussi l’existence des camps d’extermination.  La photo provient à coup sûr d’un magazine d’extrême droite l’original révélant comme commentaire cette phrase saisissante : « Léon Degrelle n’a pas manqué de rendre visite à son ami Alain Delon lorsque ce dernier tourna « Zorro » en Espagne ». Quant à savoir si ce jour-là Delon aurait pu ignorer qui était Degrelle… on va laisser l’extrême droitiste fascisant Limonov venir confirmer, ou plutôt un de ses détracteurs, semble-t-il, dans le Courrier de Russie, venir dire « qu’Alain delon est un ami de Léon Degrelle, qui fut pour la wallonie ce que Doriot fut en France: le pire des collabos ! « 

unknownEsotérisme classique de l’entre-deux-guerres, diatribe anti franc-maçonne, fascination pour le nazi Degrelle, notre admirateur de Fillon rédacteur régulier chez l’organe de presse de Poutine a de quoi inquiéter.  Cela, mais aussi avec d’autres  propos tenus dans des magasines catholiques, voilà en effet qui ne va pas rassurer ce même Fillon ou ses supporters.  Le plus bel exemple étant en effet dans « Famille chrétienne » (le magazine qui tend la perche en  couverture à Marion Maréchal Le Pen aux côtés de Madeleine de Jessey, la reine de « Sens Commun », le sous-marin de la Manif pour Tous au sein des Républicains) qui affiche , avec ce texte-ci : « il y a trente ans, lorsque j’avais quinze ans, le film de ma génération était Apocalypse Now. On y voyait le colonel Kurtz dégénérer comme un vieux touriste alcoolo au fond d’une jungle conradienne ; et le baba cool déjà cité rêvait d’un ailleurs moins enquiquinant que cet ashram où il avait perdu ses meilleures heures… À la même époque, nous avions les punks de Sid Vicious et des Sex Pistols qui proclamaient tout de haut : No future !  Après, nous avons eu les drogues, la drogue financière et immobilière en particulier, qui nous a maintenus à flots avec en plus les fantastiques augmentations des dettes publiques qui feraient se tordre de rire un empereur ou un roi d’Ancien Régime. couvre Et nous savons, en ce soir d’européennes, que les punks avaient raison, qu’il n’y a plus de future, mais qu’il y a en revanche un peu partout au pouvoir des néo-punks vieillissants… Face en tout cas à la barbarie nihiliste et sénile de ces temps méprisables, je ne vois qu’une option : la famille chrétienne, ou la famille croyante, la seule qui pourra affronter les ennuis présents et à venir ». Ça a été écrit dans le même hebdomadaire qui aujourd’hui fait pression sur le gouvernement pour maintenir les sites anti-IVG, via leur nouveau chantre, MrPontier.  Au moment même ou un pape novateur vient d’exprimer une forme de compassion pour les femmes qui ont dû avorter … décidément, il n’y a pas que chez les LR que deux visions différentes de la société existent (rappelons aussi par la même occasion que Famille Chrétienne a été créée en 1978 par Rémy Montagne, le mari de  Geneviève Michelin, la fille d’Étienne Michelin, lui-même fils aîné d’Édouard Michelin, le fondateur de la marque de pneus mondialement connue.  Une famille ultra-catholique : Étienne Michelin avait fondé le couvent des clarisses capucines de Chamalières et la rédaction des guides Michelin en a laissé plus d’un sceptique sur la façon de raconter l’histoire vue par le prisme déformateur de la religion).

gud
nicolas_bonnalPro-Fillon, Pro-Poutine, admirateur de Degrelle, anti franc-maçon, auteur ésotérique (il a aussi écrit « Le Graal et la chevalerie hyperboréenne » !!) et fort catholique : décidément, notre homme est désormais dans l’air d’un temps… fort récent. Celui de l’éclosion de Fillon dans le paysage politique français !  Il écrit aussi beaucoup  et un peu partout sur le net (d’où l’importance de ne pas relativer).  On le trouve par exemple dans le site Defensa où il écrit ceci : « Il ne reste au néo-FN qu’à diaboliser Fillon en utilisant précisément les armes des adversaires. Juppé, en vieille rosière socialo, traite François Fillon de Röhm, de SS, de diable-vauvert et de tout ce qui passera par la tête de la LICRA et des islamistes ; le néo-FN nous fait le coup du désastre libéral et du plan antisocial. Et vive le cubisme et le castrisme ! » dechavannesL’homme a bien un vocabulaire extrémiste, car il vient originellement de ce milieu. Il vient en effet du… GUD,  le Groupe Union Défense,  ce groupuscule nationaliste d’extrême-droite adepte du casque de moto, de la barre de fer et qui acceptait aussi des filles dans ses rangs, telle Anne Meaux, publicitaire désormais faiseuse de présidents, puisqu’elle avait cornaqué Sarkozy en 2007 avant de reprendre en main la carrière alors déclinante de Fillon (lire ici).  Le GUD, dont il a été le chef dans les années 90 ! Ce n’est pas un racontar comme d’aucuns le laissent penser dans sa biographie, car il a laissé une trace définitive il y a bien longtemps, dans une soirée télé restée dans toutes les mémoires, en 1990 (photo ci-dessus à gauche). sidos Celle de l’émission « Ciel mon Mardi » de Christophe Dechavanne, dans laquelle il avait été invité comme représentant du GUD, justement (on pouvait aussi y voir Pierre Sidos (en photo ici à droite, c’est le fondateur de l’ Œuvre Française, voir ici les « amis » qu’il trimballe, venu ce soir-là célébrer l’anniversaire du 6 février 1934, alors qu’il est le fils d’un haut responsable de la Milice fusillé en 1946 !!!).  C’est ce soir là que notre homme s’était révélé en fait, en tenant des propos sidérants (il avait encensé l’hitlérisme en crachant ouvertement sur la démocratie, qui selon lui « détruit l’homme » et faire en même temps l’apologie du fait religieux !!) avant qu’une bagarre généralisée ne vienne mettre fin à l’émission, provoquée par son collègue Olivier Mathieu, (alias Robert Pioche et Robert Spitzhacke) le négationniste faurissonien revendiqué (il ne manquait qu’Alain Guionnet pour faire le trio parfait sur scène).  Notre homme s’appelle en effet Nicolas Bonnal, alias Nicolas Pérégrin, comme nom de plume, parfois.

benot-xviL’homme du scandale télévisé du 6 février 1990 s’est retrouvé exclu des plateaux télévisés pour longtemps.  D’où un mise à l’écart, un retrait qu’il est parti effectué en Amérique du Sud.  Le voici revenu sous Benoit XVI (le pape à la jeunesse embarrassante, ici à droite), pour nous donner une des clés de la dernière surprise électorale en France : « c’est ici que je repense à tous mes amis, pères de famille plus ou moins nombreuses, mais au moins nombreuses, et qui ont appris depuis une trentaine d’années à vivre en marge, à s’organiser en réseaux, comme on dit, ou en communautés ; pas dans la volonté de constituer des sectes, mais dans celle de créer un monde, comme dit Chesterton, où l’on crée et l’on aime ses citoyens. Ce monde, c’est la famille chrétienne, c’est tout ce que la démocratie-marché va nous laisser, jusqu’à ordre ou désordre nouveau, qu’on se le dise. Mes amis créent alors leurs écoles, leurs communautés parallèles, leurs katholik parks qui finissent vite par rassembler des centaines d’écoliers. On se surprend aussi en France à voir ces photos de famille où l’on dénombre cent ou deux cents têtes blondes autour du ou des arrière-grands-parents : et l’on se dit qu’il y a encore dans la terre de France des forces de résistance concrètes qui affrontent la culture de mort et de destruction ». Et c’est Benoît XVI, pape de l’après-chrétienté, honni puis ignoré des médias, qui vient nous consoler et nous montrer la route à suivre (L’Essence de la Foi, Une parole pour tous) ».

Et ces « réseaux » organisés donc depuis des années, selon lui, ont, il faut bien le déplorer, eu largement le temps de venir tranquillement grignoter toutes les idées novatrices issues d’un mai 68 qu’ils détestent toujours autant, ces nostalgiques de la Vendée ou des Chouans, autant que Sarkozy pouvait le faire en 2007 en meeting, sous la plume – catholique – d’Henri Gaino.  Et Nicolas Bonnal, l’auteur également du livre « Mal à droite. Lettre ouverte à la vieille race blanche et à la droite, fille de joie »... aujourd’hui devenu le supporter inconditionnel de Fillon, a largement eu le temps en 26 ans de faire oublier sa lamentable prestation télévisuelle… on la rappellera pendant encore un bon nombre de mois, je pense, à François Fillon, le candidat présidentiel aux amitiés et soutiens délétères.

 

(1) lu dans un forum à propos de Bonnal sur un autre article évoquant Tolkien : « L’article « Tolkien, héraut du cyberespace » publié dans le n° 1187 du 12 octobre 2000 de Famille Chrétienne (pp. 50-53) est loin d’être satisfaisant. Qu’il soit écrit par Nicolas Bonnal, l’auteur de Tolkien, les univers d’un magicien, est encore plus inquiétant, car ce dernier est censé avoir lu et étudié l’œuvre de Tolkien…

Comme l’indique son titre, cet article reproduit les habituelles assimilations entre le monde tolkienien et les jeux vidéo. Si un tel lien n’est pas à exclure radicalement, il est regrettable d’en faire le thème principal d’une présentation du Légendaire. 
Rassurez-vous, il ne s’agit en fait que d’une « accroche », car Nicolas Bonnal enchaîne aussitôt avec d’autres confusions. Le néophyte pourra ainsi passer en revue la collection « Le Livre dont vous êtes le héros », l’anneau wagnérien et l’inévitable Guerre des étoiles. 
La Compagnie est comparée à une « fine équipe, digne héritière des clubs anglo-saxons ou des confréries médiévales » (p. 52). Je n’ai jamais goûté ce genre de rapprochement gratuit avec une ambiance que l’on croit médiévale (alors qu’elle provient très souvent de la vision du XIXème siècle), et ce n’est pas cet article qui apporte la moindre justification.
Enfin, le SdA n’échappe pas à la traditionnelle allégorie de la première moitié du XXème – baptisée (pour les besoins de la revue ?) cette fois-ci de parabole – réduisant par exemple le Mordor à un camp de concentration.

Relevons au passage quelques bourdes qui, pour être déjà regrettables sous la plume d’un journaliste, deviennent rédhibitoires chez un commentateur tolkienien. Le SdA aurait été écrit entre 1946 et 1957 (pourtant, en 1946, la rédaction était déjà bien avancée, et faut-il rappeler que le Retour du Roi fut publié en 1955 ?). Le finnois aurait également influencé la constitution du sindarin (alors qu’il s’agit du gallois). Et l’éditeur Christian Bourgois s’embourgeoise une fois de plus…

Mais on me dira que chaque introduction possède nécessairement son lot de généralisations hâtives. Admettons ; qu’en est-il alors de la dimension interprétative ?
Nicolas Bonnal annonce clairement la couleur : le SdA relève d’une inspiration chrétienne. Mais il se contente de l’annoncer sans étayer cette thèse. Il conclut d’ailleurs son article en espérant que « tout ou partie des jeunes qui passent leurs journées à combattre des monstres virtuels sur leurs écrans interactifs comprennent que le message en question n’est pas d’abord ludique mais catholique » (p. 53). Encore aurait-il fallu qu’il prenne le temps d’apporter des explications sur l’appartenance du SdA au catholicisme qui soient un peu plus pertinentes que sa nostalgie naïve et réactionnaire, son attachement à la monarchie et à la paysannerie et la sacralisation de la féminité… Pas un mot sur la pitié, le sacrifice, ni l’espoir après la mort.
Un dernier détail : le questionnement de l’œuvre est parfois d’une puissance déroutante, ce dont je vous laisse juges : « Tolkien était technophobe ; il haïssait par exemple le moteur à explosion, pleurait la destruction des arbres coupés et abattus (comment eût-il interprété la tempête de décembre 1999 ?) » (sic, p. 53)…

L’un des rares intérêts de cet article réside dans la liste d’adresses de sites tolkieniens (dont JRRVF et Elostirion font partie). Mais, au-delà des oublis, on peut douter que les lecteurs auront envie d’aller les consulter, après ce genre de réduction facile. Je ne suis pas certain qu’une telle litanie de lieux communs apporte une quelconque aide à la découverte de Tolkien.

Sébastien »

 

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