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Une soci?t? aux moeurs pitoyables!!!

 

La commission Charbonneau nous sert, assez directement, une le?on de moralit? qui devra s?imposer dans notre soci?t??: ?viter et surtout, combattre la corruption.

Suite ? mon suivi des travaux de cette commission, je commence ? me rendre compte que, personnellement, j?ai corrompu ?norm?ment de personnes au cours de ma vie. J?en suis abasourdi?! Moi qui croyait avoir rendu des services ? mon prochain, d?avoir r?pandu un peu de bonheur, d?avoir apport? mon aide ? certains, je d?couvre que tout ce que j?ai fait n?a ?t? que de les ?corrompre.

Un exemple?: J?avais un voisin qui ?tait devenu, peu ? peu, un? ami. Il ?tait m?canicien. Un certain week-end, je me suis achet? une nouvelle tondeuse. J?ai d?cid? de donner mon ancienne tondeuse ? mon voisin/ami. Quelques mois plus tard, celui-ci me voit travailler sous le capot de ma voiture. Il vient me voir et r?gle le probl?me m?canique qui m?emb?tait compl?tement. Aujourd?hui, je me rends compte que je l?avais corrompu, avec ma tondeuse, pour des ??avantages?? personnels.

Un autre exemple?: Un autre de mes amis ?tait peintre. Il me propose de peindre l?ext?rieur de ma maison si je lui fournis la peinture et que je lui dessine les plans de la maison qu?il projette de construire. Dans un manque complet d??thique personnelle, j?accepte. Je venais de me faire corrompre par un suppos? ami qui voulait ??suppos?ment?? ?changer des services.

Un dernier exemple?: Mon p?re avait une cie de construction o? j??tais ??estimateur??. ? chaque ann?e, la semaine avant No?l, j?avais la charge de distribuer des bouteilles de vin ou autres cadeaux, au groupe d?entrepreneurs g?n?raux qui nous consid?raient favorablement dans leur liste de sous-traitants (sous-contractants) ? qui ils demandaient de soumissionner sur leurs projets. Para?t-il qu?ils appr?ciaient la qualit? et l?efficacit? des travaux que nous fournissions. Alors-l?, selon l??thique soutenue par la commission, non seulement je me rendais coupable de corruption, mais j??tais membre d?un groupe exclusif de sous-contracteurs, choisis par l?entrepreneur g?n?ral, qui faisaient de la collusion.

Il y a ?galement le fait que sur? certains chantiers de gros ?difices, on se rendait compte parfois que les plans d?architecture et ceux de plomberie ne concordaient pas et comportaient des erreurs. De sorte que, par exemple, au cours des travaux, on d?couvrait que l?ouverture d?une porte se trouvait bloqu?e par une toilette. Il fallait donc d?molir le mur en question et le reconstruire en relocalisant la porte. Il n??tait ?videmment pas question de refaire la plomberie sur plusieurs ?tages. Le co?t de d?molition et de reconstruction devenait donc un ??extra?? pour nous. Il est certain, depuis les explications de la commission, que le directeur de projet, l?architecte et l?ing?nieur de la plomberie ?taient de connivence pour ??cr?er?? des extras. Sans parler du contracteur g?n?ral qui lui facturait le co?t de cet extra en ajoutant 30% de profit brut. Il semble qu?? mon ?poque, la collusion et la corruption existait partout ? partir de l?individu jusqu?aux entreprises.

? une certaine ?poque je devins surintendant de chantier. On avait remarqu? que lorsque je planifiais des travaux, le projet se r?alisait sans anicroches, sans d?passement de co?t parce que je d?couvrais les possibilit?s ??d?extras?? sur les plans avant la construction et que le travail se faisait dans un laps de temps beaucoup plus court que l??ch?ancier pr?vu. Les entrepreneurs g?n?raux, les architectes et les ing?nieurs disaient que je fournissais une sorte de ??service cinq ?toiles??. J?avais une certaine renomm?e dans le domaine. Souvent, mon employeur me donnait un ??bonus?? ? la fin des travaux. Je dois dire ?galement, que certains entrepreneurs g?n?raux (ou leur repr?sentant) ainsi que certains architectes ou ing?nieurs sur le chantier m?amenaient parfois d?ner pour discuter de probl?mes de chantier ou pour me remercier de l?efficacit? de ma ??g?rance?? des travaux. Aujourd?hui, j?en pleure de m??tre laiss? manipuler de cette fa?on grossi?re ?par ces ??corrupteurs??.

Par contre, je ne me rappelle pas que les montants des contrats fussent d?pass?s sur chacun des projets et que les dur?es des travaux aient n?cessit? des prolongations. Cela ?tait presqu?impossible ? organiser ? notre niveau de production, car aucun employeur ne voulait payer des salaires horaires plus que n?cessaire. D?ailleurs, souvent, si nous ne parvenions pas ? effectuer nos travaux dans le temps requis, nous avions ? payer une ??amende?? importante pour chacun des jours de retard. Ce qui n?arrivait pratiquement jamais.

La commission Charbonneau a pour mandat de trouver des moyens de contrer la corruption et la collusion dans notre soci?t?. Je commence ? croire que la seule solution possible sera d??tablir des lois drastiques. Ces lois obligeront chacun des individus ? se comporter de fa?on individualiste en ?vitant de d?velopper des ??liaisons?amicales?? avec quiconque, et de s?assurer de supplanter tous les autres individus dans sa course personnelle ? sa propre survie, sans s?entendre d?aucune fa?on avec qui que ce soit. Tous devront se soumettre ? s?entred?chirer dans une ?thique de ??l?galit? absolue.

Je vous jure, qu?? partir d?aujourd?hui, je ne regarderai m?me plus mes voisins, je ne parlerai plus ? personne et si quelqu?un m?adresse la parole, je lui r?pondrai seulement s?il me parle de m?t?o, mais avec la plus grande circonspection possible. Plus question que je sois un citoyen qui patauge dans un manque d??thique social qui est tout ? fait ill?gal.

Je fouille actuellement dans mes anciens calepins d?adresses pour rejoindre les femmes que, durant ma vie amoureuse, j?aurais corrompu avec des? bracelets, colliers, pendentifs ou autres cadeaux pour leur demander de me pardonner et de me renvoyer ce que je leur ai donn? de fa?on abjectement int?ress?e. J?esp?re seulement qu?elles ne me poursuivront pas en justice.

Je regrette infiniment et sinc?rement de m??tre comport? de cette fa?on scandaleuse.

 

Andr? Lefebvre

 

 

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5 Commentaire

  1. avatar

    (Y) Belle démonstration par l’absurde.

    Qui a dit :  » Qui me donne me prend » ? Monterland?

    Etre incorruptible coûte très cher dans ce monde de délinquants où prévaut l’adage : « Qui n’est pas pour moi est contre moi. »

    Exemple : Alors que j’occupais un poste donnant accès à toutes les données personnelles de tous les citoyens du Canada, le mari d’une cousine de mon ex, lequel oeuvrait pour une grande banque canadienne, me téléphone au travail afin que je l’aide à retracer un supposé débiteur et suite à mon refus inattendu cessa de m’adresser la parole ainsi que la dite cousine et tout ce clan. Il était italien…

    Pire, j’ai appris que j’avais obtenu ce poste grâce à un « parrain » avec des accointances haut placées dans la hiérarchie. En effet, par téléphone, un « service » semblable m’avait été demandé et suite à mon refus une campagne de harcèlement fut mise en place jusqu’à ma démission.

    On ne m’a pas fait de « cadeau » 😉

    Je n’ai rien à confesser. ;-(

  2. avatar

    @André : Vous posez bien le problème de la frontière qu’il y a entre ce qui n’est que «bons échanges» entre collègues, amis, voisins et ce qui devient un système par lequel les services extra de quelqu’un sont achetés non pas pour faire du travail, mais pour transférer des sommes d’argent qui ne sont pas les siennes. Je pense que les mots système et argent qui ne sont pas siens sont importants. Lorsque j’utilise l’argent des autres pour m’enrichir et pour enrichir un tiers ou des tiers, j’entre dans un système de corruption.

    Vous avez raison de relever le fait que certaines situations privilégiées permettent d’obtenir des services en échange de d’autres. Vous en donné plusieurs exemples, bien que dans certains de ceux-ci le retour d’ascenseur n’était pas toujours recherché. Un autre exemple : il y a un spectacle auquel je veux absolument assister, on me dit qu’il n’y a plus de place. Je sors un billet brun et, comme par miracle, une place vient de se libérer. Un autre exemple : je me fais arrêter pour excès de vitesse sur une route secondaire. Le policier se présente et je prends le risque de lui glisser un 50 $ avec mon permis d’auto. Il accepte le don et oublie de me remettre la contravention. Dans ce dernier cas, la corruption est plus réelle, puisqu’il choisit d’empocher l’argent et de m’exempter de payer les 150 $ prévus au code la route. Lui et moi faisons une bonne affaire, mais la société y perd un dû.

    Je pense que l’échange de bons services qui repose sur la bonne foi et l’esprit d’entraide ne peut entrer dans la catégorie de corruption, d’autant moins qu’il ne prive personne de son dû. Autrement, il faudrait dire « adieu » aux relations humaines.

    Une autre fois, André, vous avez mis le doigt sur un point sensible qui mérite réflexion.

  3. avatar

    @ : lenoogernaire & Oscar

    Pendant des décennies, ma principale occupation a été l’obtention de contrats dans les pays du tiers-monde. Je définissais ma fonction comme une vente et un achat de services. La relation triangulaire entre un fournisseur de pays riche, un bénéficiaire de pays pauvre et un payeur d’une institution de financement international (IFI) prête à bien des jeux évidents.

    Ajoutez au deuxième degré les jeux pour la désignation des décideurs aux sein des trois intervenants formels, saupoudrez un universel népotisme partout et vous comprendrez que la petite « bouchée » (mordida) le bakshich, etc sont une composante omniprésente.

    La vraie question, c’est de savoir si on réussit quant même à produire quelque chose d’utile. Souvent la réponse est simplement:non. Mais bon, on fait avec, n’est-ce pas ?

    Tout ca existe depuis toujours, mais trouve sa forme achevée avec les gros pontes modernes comme l’industrie des armements, payée pour tuer, et l’industrie pharmaceutique et ses alliés les médecins qui transforment la population en un cheptel exploité. La prévention – qui n’est pas souvent une prévention, mais un simple dépistage – prend la moitié des fonds de la santé !

    Et derrière tout ça, bien sûr, mon cher Oscar :  » un système par lequel les services extra de quelqu’un sont achetés non pas pour faire du travail, mais pour transférer des sommes d’argent qui ne sont pas les siennes  » OPn ne peut mieux parler du système bancaire.

    Pierre JC Allard

  4. avatar

    Je ne peux m’empêcher de souligner le conditionement par slogan publicitaire accompagné d’une belle petite musique aguichante :  » Tout le monde le fait, fais le dont (8) (8) (8) « .:-P

    Que dire des tricheurs et autres copieurs/plagieurs universitaires qui ont appris l’inutilité des travaux et examens et donc consacrent leurs énergies au réseau social ? Certains deviennent premier ministre.;-)

    La maladie, pas la santé, est toute une mafia à qui la société fourni l’usine clef en main. :-O
    C’est l’arbitrage entre subir la révolte des doués ou le pacte Faustien de la richesse.

    On m’a parlé du temps où des prélâts vendaient des indulgences pléniaires à de grands pécheurs 😉 L’exemple vient de haut.

    Nous sommes par ailleurs privilégiés de bénéficier de l’équivalent de la dîme (protection) Kasher ou Hallal…dans l’alimentation.

    @ PJCA j’essaie de voir le côté positif des hauts et des bas, sérieux là !

  5. avatar

    Hier j’avais écrit un texte sur la corruption que j’avais envoyé à Vigile. Tôt, ce matin, devant la complexité du sujet et les nombreuses questions qui me passaient à l’esprit, j’ai demandé que sa publication soit détenue, question de le retravailler. Il faut croire que mon message n’a pas été lu, puisque le texte est maintenant en ligne. Je le porte tout de même à votre attention… J’avais pensé le publier sur ma page les7duquebec, mais j’hésite encore.
    http://www.vigile.net/La-corruption-veritable-peche

    Je pense que les interrogations que soulève André doivent être prises au sérieux. Il ne faudrait pas en arriver à tuer la spontanéité et la générosité gratuite dans les relations humaines.

    Il n’est pas question de chercher des excuses, mais de saisir ce qui contamine véritablement les relations humaines et la conscience qui en est le support.