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Une page se tourne pour la Gr?ce !

Image Flickr par maria kalyv

Cette journ?e ? Ath?nes restera longtemps grav?e dans ma m?moire.

Au-del? des diff?rents rendez-vous (?conomistes, responsables syndicaux et politiques de tous horizons) j’ai ?t? impressionn? par la foule de la place Syntagma. Une foule ? l’image du peuple, de tous les ?ges, de toutes les classes sociales. Si loin de la caricature que certains cherchent toujours ? plaquer sur ces manifestations, les r?duisant soit aux casseurs, soit aux extr?mes de gauche ou de droite.

Il fallait voir la col?re, la tristesse, la rage de ces Ath?niens mass?s devant le Parlement qui d?sormais ne peut d?lib?rer que sous protection polici?re.

Je suis venu les saluer.

Quand j’ai pass? mon ?charpe tricolore je fut happ? par la foule et applaudi comme rarement. Je me suis retrouv? sur la tribune avec le micro du m?gaphone ? la main. Et j’ai r?alis? une fois de plus ce que nos trois couleurs repr?sentaient encore dans l’imaginaire collectif universel.

Un Grec m’a dit en fran?ais?: « vous sauvez l’honneur »?! Une femme a ajout??: « ce qui nous arrive aujourd’hui vous arrivera bient?t ? vous fran?ais ». Car oui, au-del? de la question ?conomique, c’est bien la question politique, la question d?mocratique qui est le levier de cette r?volte populaire.

Les Grecs ont compris que leurs dirigeants n’?taient plus que les pantins d’un ordre mondial et europ?en, autoritaire et inique.

La d?mocratie d?j? ? moiti? virtuelle entre les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1974 est d?sormais devenue totalement fictive.

La goutte d’eau qui fait d?border le vase est bien s?r la d?cision impos?e par l’Union Europ?enne de privatiser ? bas prix les entreprises publiques grecques. En un mot, de se payer sur la b?te qu’ils ?puisent par le plan d’aust?rit?.

C’est un pas sans pr?c?dent qui est franchi. Il s’agit de la premi?re spoliation organis?e par l’Union Europ?enne sur l’un de ses Etats membres.

L’?conomiste que nous avons rencontr? ce matin – et qui n’?tait pas suspect de nationalisme puisqu’il avait particip? aux n?gociations de l’adh?sion de la Gr?ce ? l’UE – d?non?ait le d?ni de r?alit? des dirigeants europ?ens et s’inqui?taient de le voir aboutir ? un rejet total, profond de l’id?e europ?enne. « A force de lier l’euro et l’Europe, ils vont faire exploser l’un et l’autre ».

Comment croire en effet qu’un gouvernement puisse longtemps imposer ? son propre peuple une politique qui le ruine?? Il n’y pas besoin d’?tre un grand historien pour le comprendre.

A force de nier l’histoire, de nier le sentiment national, de nier l’?conomie r?elle, les dirigeants ont perdu tout sens des r?alit?s. Leur monde est virtuel. Malheureusement, celui des ch?meurs ne l’est pas. La baisse du pouvoir d’achat ne l’est pas non plus. On comprend d?s lors la col?re des Grecs ? qui l’UE et le FMI demandent une d?flation int?rieure de 40% (puisqu’ils ne peuvent pas d?valuer leur monnaie). Seuls des pays en temps de guerre ont support? un tel recul?!

Il va de soi que la Gr?ce ne pourra s’en sortir qu’en reprenant en mains son destin. C’est ? cette seule condition que le peuple fournira l’effort n?cessaire, et l? encore, seule la sortie de l’euro lui donnera l’oxyg?ne pour retrouver une marge de man?uvre ?conomique et sociale, et donc la dignit?.

Le G?n?ral disait « La R?publique c’est?: la souverainet? du peuple, l’appel de la libert?, l’esp?rance de la justice ».

Voil? le seul chemin possible pour la Gr?ce.

 

Nicolas Dupont-Aignan

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    « A force de nier l’histoire, de nier le sentiment national, de nier l’économie réelle, les dirigeants ont perdu tout sens des réalités. Leur monde est virtuel. Malheureusement, celui des chômeurs ne l’est pas. La baisse du pouvoir d’achat ne l’est pas non plus. »

    Curieux comme cette phrase me semble adéquate dans ma vision du Québec actuel. :-S

    D’ailleurs j’ai lu que si le Québec était un pays, il serait le pays suivant de la Grèce sur la liste des « économie non viables ».

    « Il va de soi que la Grèce ne pourra s’en sortir qu’en reprenant en mains son destin. C’est à cette seule condition que le peuple fournira l’effort nécessaire,… »

    Si la situation est aussi similaire qu’au Québec, cette solution est impossible à moins de changer complètement la politique du pays et d’évacuer tous ses politiciens actuels.

    Il n’est pas question, chez nous, de « reprendre en main notre destin » en le laissant entre les mains des inaptes actuellement à l’Assemblée Nationale.

    Justement parce qu’ils vivent dans un monde virtuel ou, à leurs yeux, la démocratie est l’IMPOSITION de « leurs propres vues ».

    Sans « démocratie directe », les gens ne s’intéresseront jamais à cette caricature de la démocratie.

    Sauf que…les gens commencent à avoir FAIM et c’est un très mauvais signe que les politiciens refusent de voir.

    Amicalement

    Elie l’Artiste