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Une gouvernance mondiale par ordinateurs?

Si en th?orie une gouvernance mondiale pourrait apporter de la paix au monde, je ne vois pas en pratique comment d?passer les ?cueils actuels. Il ne pourrait y avoir de gouvernance sans une d?l?gation de pouvoirs. Le monde est en effet trop grand pour la d?mocratie directe.

monde,gouvernance,gouvernement mondial,nationalisme,r?gions,oligarchie,fronti?res,?lection,d?l?gation,comp?tition,appartenance,planificationLe sentiment d?appartenance

Toute gouvernance suppose une administration. Il faut collecter l?imp?t, entretenir les routes, lever les poubelles, attribuer les subventions, entre autres. Imaginons donc un gouvernement mondial, situ? par exemple en Am?rique du sud. Il prend des d?cisions d?ordre g?n?ral, planifie les besoins alimentaires et assure la police entre les anciens pays et grandes r?gions – car rien ne d?montre que les humains ne tenteraient pas de se battre entre eux. Les grandes r?gions – anciens Etats souverains ou entit?s nouvellement cr??es – disposent ? leur tour d?une administration, ne serait-ce que pour les t?ches de police locale, de cadastre et de lev?e des poubelles, etc.

Et ainsi, de palier en palier, jusqu?? des entit?s petites pouvant correspondre aux anciennes communes.

On remarque qu?une organisation mondiale unifi?e n?est pas tr?s diff?rente de la situation actuelle, avec la diff?rence qu?il n?y a plus de pays, de nations, d?Etats souverains. Mais il y a des groupes r?partis sur des territoires administratifs avec une administration. Et donc de possibles comp?titions ?conomiques r?gionales.

Jusque l? pourquoi pas? Le f?d?ralisme fait ses preuves dans des Etats souverains, il pourrait sans doute le faire au niveau mondial. Mais une gouvernance mondiale impose une mentalit? unifi?e de la part des responsables des administrations comme des citoyens. Aux premiers elle demande une parfaite neutralit? dans les planifications et la r?partition des subventions ou des infrastructures. Il ne peut plus se trouver de clans, de partis politiques, d?id?ologies diff?rentes qui induisent des pr?f?rences et du client?lisme: seule la technocratie serait admise.

Des seconds on devrait attendre l??radication de tout sentiment d?appartenance particulier, ou – si l?on autorise l?expression de certaines appartenances et valorisations r?gionales, elles devront imp?rativement ?tre associ?es ? une renonciation ? cette appartenance afin d??viter les d?rives claniques ou nationalistes.

 

 

La dilution des pouvoirsmonde,gouvernance,gouvernement mondial,nationalisme,r?gions,oligarchie,fronti?res,?lection,d?l?gation,comp?tition,appartenance,planification

Car la gouvernance mondiale a d?abord pour objectif de suppl?er aux carences ?tatiques, par exemple l?incapacit? des Etats ? signer des accords de paix et de coop?ration de tr?s longue dur?e, 2?000 ans par exemple. Elle a aussi pour but d??viter de trop grandes concentrations de pouvoirs entre les mains de trop peu de pays, comme c?est le cas actuellement.

Cependant, comme la d?l?gation?(par l??lection, le tirage au sort, la cooptation ou autre)?resterait le syst?me de base pour d?signer les responsables des administrations, seul un nombre extr?mement petit de personnes dirigeraient le monde. La concentration de pouvoirs y serait aussi importante qu?aujourd?hui, sinon plus car l?unification politico-technocratique donnerait une pr??minence totale aux membres du gouvernement mondial.

Si l?on veut ?viter les d?sagr?ments du nationalisme on devra formater tous les dirigeants de tous les paliers administratifs selon le m?me moule exactement, pour ?viter ce qui est inh?rent ? l?humain: les go?ts, les pr?f?rences, les copinages, les lobbys, les communautarismes. On en est tr?s loin puisque actuellement ces travers si humains sont la r?gle dans nombre de pays, y compris dans des d?mocraties dites avanc?es comme la France.

On devrait priver l?humain ce qu?il a de si humain: son sentiment d?appartenance – ? une r?gion, une famille, un clan, un groupe, une entreprise. Et donc d?samorcer un moteur fondamental: l?esprit de comp?tition ou de diff?renciation, si n?cessaire dans l??volution des cultures, des ?conomies et des technologies. L’appartenance a trait ? quelque chose de l’ordre de l’?me, soit d’un sentiment intime et profond de sa construction et de sa coh?rence, unifiant corps, ?motions et pens?e.

 

 


monde,gouvernance,gouvernement mondial,nationalisme,r?gions,oligarchie,fronti?res,?lection,d?l?gation,comp?tition,appartenance,planificationVers un monde de fourmis?

Comment r?aliser cela sans d?c?r?brer ?motionnellement les futurs dirigeants? En les rempla?ant par des ordinateurs. L?informatique d?ciderait du taux des imp?ts et de la r?partition des subventions, de l?entretien des routes automatique apr?s X ann?es, de nommer les policiers, etc. On ?viterait ainsi toute pr?f?rence et clan, pierre d?achoppement des humains.

Mais un tel syst?me est incapable de programmer l?impr?vu. Par exemple une d?t?rioration des routes apr?s des intemp?ries exceptionnelles, ou le besoin de subventions particuli?res dans un secteur donn?. En effet les ordinateurs seraient programm?s en vue d?un ?galitarisme total pour ?viter toute forme de pr?f?rence. On pourrait parler d?un totalitarisme ?galitariste dans un monde contr?l? par une planification permanente d?cid?e par quelques-uns. Vu sous cet angle et par contraste la notion de march? est une grande libert?.

On comprend ici que l?on va ? l?encontre de ce qui fait l?identit? individuelle de groupe: la diff?rence et l?appartenance qui induit la pr?f?rence. On va vers un monde de fourmis. Il manque peut-?tre des ?l?ments ? mon raisonnement, et je veux bien lire d?autres choses ? ce sujet. Mais reste la question de l?identit? individuelle et de groupe, donc l?appartenance, et la comp?tition naturelle qui en d?coule et sert de moteur ? la cr?ativit?.

Pour ce qui est du nationalisme, je lis beaucoup d?opinions n?gatives ? ce sujet. Je ne suis moi-m?me pas un d?fenseur farouche ou de principe du nationalisme, au contraire. Mais ma r?flexion a ?volu?. Je consid?re aujourd?hui que le nationalisme – mod?r?, administratif et en partie culturel – n?est pas le diable. On peut ?riger des fronti?res sans vivre dans un monde particuli?rement hostile. Les accords internationaux servent aussi ? suppl?er aux fronti?res.

L?appartenance ? une r?gion ou ? une forme de culture reste un fondement de l?identit?. Comment un ?crivain africain pourrait-il d?crire la vie quotidienne des lapons de la naissance ? la mort? Et comment un rocker de la c?te ouest jouerait-il du chant gr?gorien? Si la paix doit s?installer durablement, je doute qu?elle puisse ?tre impos?e d?en haut par une oligarchie dirigeant le monde – car un gouvernement mondial est forc?ment oligarchique. Je crois qu?elle viendra davantage des populations qui apprennent ? se conna?tre et ? collaborer tout en respectant leurs diff?rences.

HommeLibre

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2014/04/26/une-gouvernance-mondiale-par-ordinateurs.html

 

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  1. avatar

    Bon article. Merci.

    Vous décrivez le Plan Kalerdi du mondialisme actuel.

    Dans son livre “Praktischer Idealismus”, Richard Coudenhove Kalergi déclare que les habitants des futurs “Etats Unis d’Europe” ne seront plus les peuples originaires du Vieux Continent, mais plutôt une sorte de sous-humanité bestiale issue de mélanges raciaux. Il affirmait, sans demi-mesure, qu’il était nécessaire de “croiser” les peuples européens avec les Asiatiques et les Noirs, pour créer un troupeau multi-ethnique sans qualités spécifiques et facile à dominer pour les élites au pouvoir.

    Kalergi proclama qu’il fallait abolir le droit à l’autodétermination des peuples et, successivement, éliminer les nations en utilisant les mouvements ethniques séparatistes ou l’immigration allogène de masse. En abolissant le principe d’égalité de tous devant la loi et en préservant les minorités de toute critique, avec des lois extraordinaires les protégeant, on réussirait à contrôler les masses.

    Les politique de l’époque ont écouté Kalergi, les puissances occidentales se sont basées sur son Plan, les journaux et les services secrets américains ont financé ses projets. (source) (traduction)

    Il y a une différence entre la « gestion » du parc de la ressource humaine laissée à des kapos locaux du pouvoir et la gouvernance mondiale des ressources naturelles et de la production des biens à partir de celles-ci.

    Le Système utilise maintenant l’ordinateur et le web et ses réseaux sociaux pour colliger et filtrer toute forme de réflection ou de solidarité montante, utilisant des cohortes d’agents de l’opinion et de désinformation pour réprimer ce qui pourrait aller à son encontre.

    Ceux qui dénoncaient, il y a quelques années, la surveillance des communications tout azimut par les américains était étiquettés de conspirationistes par les kapos du système. Après les révélations de Snowden, il y eut un silence assourdissant de ces agents du web, leur laissant le temps de remanier leur stratégie de communication et de reformater leur propagande.

    DG