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Une Europe en pilotage automatique n?o-lib?ral ?

encerclement

Une confiscation en bonne et due forme de l?appareil ?conomique a ?t? entreprise depuis la fin des ann?es 70 par une infime minorit? qui a redistribu? le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivit? a en fait ?t? monopolis?e au b?n?fice d?une ?lite qui a assist?, totalement indiff?rente, au creusement d?un foss? entre les salaires r?els et la productivit?. L?Allemagne elle-m?me, qui s??rige en donneuse de le?on de productivit?, n?a pu b?n?ficier d?une croissance au-dessus de la moyenne europ?enne qu?? la faveur de sacrifices constants exig?s ? sa population. Le moteur ? l?exportation allemand ne rugit pas seulement par la gr?ce de la force productive de ses entreprises. En r?alit?, c?est aux r?formes dites ??Hartz?? entreprises entre 2003 et 2005 ? et qui ont consist? ? transf?rer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier ? que l?Allemagne doit d?avoir dop? ses exportations. Ce sont effectivement les r?ductions salariales et les r?formes drastiques de son march? du travail qui ont am?lior? notablement sa productivit?, en y comprimant ? l?extr?me le co?t du travail.

R?formes sinistres initi?es en ce 16 ao?t 2002 o? un groupe d?experts dirig?s par le directeur des ressources humaines de Volkswagen, Peter Hartz, pr?sentait au chancelier allemand Gerhard Schr?der, ses propositions relatives aux r?formes du march? du travail. Dix ans plus tard, la soci?t? allemande se retrouve profond?ment transform?e par ces r?formes. En effet, une ?tude de l?OCDE, publi?e ? fin 2012, conclut ? un accroissement spectaculaire de l?in?galit? des revenus en Allemagne et, ce, davantage que dans n?importe quel autre pays membre de cette organisation. Ayant tr?s finement man?uvr?, la commission Hartz a r?ussi ? cr?er dans son pays un march? du travail subsidiaire ? ou parall?le ? domin? par des salaires bas et non soumis aux droits sociaux. De fait, ces r?formes privent les ch?meurs allemands de tous leurs droits aux allocations ch?mage. Ils sont d?s lors r?duits ? l??tat de mendiants sociaux?! Ainsi, ce n?est qu?apr?s une ann?e enti?re de ch?mage que le travailleur est en droit de demander une mis?rable allocation mensuelle de 347 euros par mois, ? la seule condition toutefois d?avoir pr?alablement ?puis? son ?pargne et ? la condition expresse que son conjoint soit incapable de subvenir ? ses besoins. Pourquoi ne pas ?voquer ?galement l?obligation lui ?tant impos?e d?accepter n?importe quel emploi, ind?pendamment de ses qualifications et de ses revenus ant?rieurs??

Hartz est donc tout ? la fois un pi?ge et la meilleure voie pour la pauvret?, ou comme acc?der ? un ?tat de pr?carit? absolue inconcevable et intol?rable dans un pays riche comme l?Allemagne. Une ?tude r?alis?e par l?Association ? l?aide sociale paritaire allemande d?voile effectivement que le trois-quarts des personnes touch?es par ces lois reste ? jamais tributaires de Hartz. Sachant que, par ailleurs, la simple menace de tomber dans Hartz contraint les ch?meurs ? accepter des emplois ? salaire bas, ? temps partiel, d?nu?s de toute s?curit?, de droits ? la retraite et autres allocations. Le dogme allemand du travailleur ??low cost?? ?tait donc n? de ces r?formes? Et, de fait, seuls 29 millions d?Allemands (sur pr?s de 42 millions de travailleurs) disposent aujourd?hui d?emplois soumis au r?gime de la s?curit? sociale, pendant que quelque 5,5 millions d?entre eux travaillent ? temps partiel, et que plus de 4 millions gagnent moins de 7 euros de l?heure?! Le secteur allemand des bas salaires tire par le fond tous les salaires du secteur industriel en agissant comme une sorte de levier infernal. Le travailleur y subit des conditions similaires ? celles encore en vigueur dans le Tiers-monde et dans les pays ?mergents.

La comp?titivit? elle-m?me ? maintes fois invoqu?e ? n?est-elle pas une notion?floue d?signant la capacit? d?un pays et de ses entreprises ??affronter?la concurrence?? En privil?giant une comp?titivit? par le bas ? en r?alit? d?valuation interne ? qui consiste ??baisser les prix ? l?exportation tout bonnement en diminuant?les co?ts ? la production. Le d?bat public se concentre donc sur le co?t du travail tandis que le co?t du capital n?est jamais ?voqu?, alors que les revenus nets distribu?s repr?sentent aujourd?hui 10?% de la valeur ajout?e des soci?t?s non financi?res. Ce niveau historiquement record depuis la Seconde Guerre mondiale, par rapport ? 5,5% en 1999, permet de conclure que la part d?volue aux actionnaires a donc cr? dans des proportions consid?rables ces douze derni?res ann?es. Autrement dit, la complainte patronale faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles investissements et du moindre effort en mati?re de recherche et d?veloppement ne tient pas la route. Elle passe en effet sous silence la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propri?taires de capital, quelle que soit l?intensit? de la crise ?conomique et financi?re. Avec une remise en cause profonde de la capacit? des entreprises ? faire face ? toutes les asp?rit?s de la comp?titivit? du fait de ces distributions. Voil? pourquoi les droits des salari?s subissent une attaque sans pr?c?dent, voil? pourquoi les co?ts doivent ?tre comprim?s si le but est bien de gagner des parts de march? ? l?export. Tels sont ? l??vidence les imp?ratifs si le but est bien de toujours plus r?mun?rer l?actionnariat, les capitaux et en finalit? les parieurs en bourses? Logique toutefois prise dans des contradictions inextricables, sachant que le discours orw?lien des industriels et des patrons d?entreprise atteint des sommets d?invraisemblance et d?arrogance d?s lors qu?ils expliquent que lutter contre les plans de licenciements revient ??lutter contre l?emploi?!

Comprenons une fois pour toutes que comp?titivit? ni rime pas n?cessairement avec ch?mage, avec pr?carit?, ni avec explosion des in?galit?s, contrairement ? ce que march?s et patrons imposent aux salari?s et aux travailleurs depuis plus de vingt ans. Rebellons-nous donc et rejetons avec d?go?t les all?gations de la Pr?sidente du syndicat des patrons (le MEDEF), Laurence Parisot, qui se demandait en 2005 dans le Figaro?: ??La vie est pr?caire, l?amour est pr?caire, pourquoi le travail ne serait pas pr?caire???? De telles d?clarations consacrent en effet la d?faite du politique dont l?une des missions devrait ?tre la d?termination des r?gles du jeu ?conomique et la mise sous tutelle du n?o-lib?ralisme qui n?est qu?une man?uvre visant ? mettre l?Europe en pilotage automatique d?une concurrence suppos?e r?gler toutes les probl?matiques. Remplacer la culture de l?Etat par l?obsession du chiffre revient ? fouler aux pieds l?essence m?me du travail, pourtant source?de toute valeur ?conomique.

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