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Une ?nigme dans l’?nigme

Deux ?gyptologues investis depuis 30 ans dans la protection de la 7?me?merveille du monde, le Sphinx, se sont pench?s avec pugnacit? sur ce lion en calcaire ? t?te de Pharaon, afin de tenter d?en d?couvrir ses ?nigmes.

On le sait, le sphinx ?tait dans la mythologie grecque un ?tre qui d?vorait ceux qui ne trouvaient pas la r?ponse aux ?nigmes qu?il proposait.

Allons-nous nous faire d?vorer??

Avec ses 73,50 m?tres de long, ses 20 m?tres de haut et ces 14 m?tres de large, pour un poids estim? ? 20?000 tonnes le Sphinx est la plus grande statue jamais r?alis?e par l?homme. lien

En levant un ? un les myst?res qui entouraient cette statue g?ante, 2 ?gyptologues sont parvenus, parfois par effet de s?rendipit?, ? d?couvrir des ?l?ments auxquels ils ne s?attendaient peut-?tre pas.

C?est ce que l?on pouvait d?couvrir ? la lumi?re d?un reportage pass? sur Arte le 22 janvier 2011. lien

L?arch?ologue Mark Lehner et Zahi Hawass, secr?taire g?n?ral du conseil?supr?me des antiquit?s ?gyptiennes au Caire en sont les sentinelles et les investigateurs depuis 30 ans.

Lorsqu?il est venu la premi?re fois ? Gizeh, Lehner avait tent? d?y retrouver les archives de l?Atlantide, qui d?apr?s le c?l?bre m?dium Edgard Cayce y ?taient cach?es. lien

Il n??tait encore qu?un jeune homme et sa rencontre avec cette statue ?nigmatique a fait basculer sa vie, faisant de lui un ?gyptologue r?put?.

Il n?a h?las pas encore trouv? les ??archives de l?Atlantide ? ?voqu?es par Cayce, mais a fait bien d?autres d?couvertes.

Comme par exemple ces galeries courant sous la statue, prouvant que la nappe phr?atique pouvait remonter jusqu?? 5 m?tres de la surface.

Il a aussi d?couvert que le bloc de calcaire dans lequel a ?t? sculpt? le Sphinx ?tait pos? sur d?anciens coraux, gorg?s de sel, et la nappe en remontant pousse le sel ? la surface, lequel fait ?clater le calcaire de surface, que les vents de sable vont ensuite emporter.

Lehner et Hawass ont ensuite calcul? son ?ge?: il a 45 si?cles, m?me si d?autres ?gyptologues le donnent encore plus ancien (entre 5000 et 7000 ans avant JC). lien

Le plus grave probl?me que connaisse le Sphinx est d?abord le sable, car s?il n?a cess? d??tre r?par?, et il a pass? sa vie ? ?tre ensabl? et d?sensabl?.

Le premier ? se pr?occuper de le prot?ger des morsures du sable est un autre pharaon, Thoutmosis IV, 10 si?cles apr?s sa cr?ation.

Pour y parvenir, Thoutmosis a fait ?riger deux murs de brique de terre afin de former une enceinte pour le prot?ger des sables du d?sert?: un sceau trouv? sur l?une des briques des murs de protection en a apport? la preuve. lien

Le Pharaon, outre le d?sensablage, l?a fait r?parer et m?me peindre?: on sait maintenant que sa coiffe ?tait jaune ray?e de bleu et que sa t?te ?tait rouge,?ou noire ?

En effet de nombreux ?gyptologues affirment que certains pharaons ?taient noirs. (lien) comme par exemple Mentouhotep II, Kh?ops et pourquoi pas Kephren dont Volney disait qu?il avait typiquement le facies d?un noir. lien

Puis les si?cles ont pass?, et le Sphinx a ?t? de nouveau recouvert par le sable.

Sont venus ensuite les Romains, Marc Aur?le, puis Septime S?v?re, qui, un si?cle apr?s JC, ont recommenc? a le d?sensabler.

Ensuite, le Dieu Lion va ?retomber dans l?oubli, seule sa t?te d?passant du sable.

A l?occasion de la visite napol?onienne d?Egypte, Giovanni Battista Caviglio en d?gage la poitrine et un fragment de barbe.

Arrive Auguste-Edouard Mariette, qui en 1850 entreprend de le d?sensabler ? nouveau, mais ne pourra finir sa t?che. lien

Gaston Masp?ro reprendra le flambeau en 1880, mais h?las au bout de quelques ann?es le sable aura de nouveau recouvert la statue. lien

Ce n?est qu?en 1936 qu?Emile Baraise puis Selim Hassan parviendront enfin ? le d?gager, faisant apparaitre la totalit? du corps ainsi que le temple de Gizeh. lien

Restait ensuite le myst?re de la destruction du nez.

Une l?gende persistante attribue ? tort cette vilaine cicatrice aux soldats de Napol?on.

C?est en 1798 que Napol?on apr?s avoir d?fait les Mamelouks, a rencontr? le Sphinx (lien) et c?est l??rudit Muhammad Al Husayni Taqi al-Din Al-Maqrizi mort en 1442 a r?v?l? l?auteur du forfait. lien

Ce serait un religieux sufi, nomm? Mohammed Sa?im Al-Dahr qui, en 1378, exc?d? du culte que lui portaient les ?gyptiens, aurait cass? ce nez, en provoquant deux entailles, afin de prouver que ce Dieu (peut ?tre noir), n??tait rien d?autre qu?une statue de pierre. lien

Ce nez est aujourd?hui au British Mus?um, et les anglais seraient bien inspir?s de le rendre. lien

Il y avait un autre myst?re?: pourquoi cette statue a-t-elle une t?te de lion??

C?est un autre ?gyptologue Rainer Stadelmann qui s?est attach? ? r?soudre l??nigme.

En remontant le cours du Nil, il a d?couvert ? Abydos, ville sacr?e d?di?e au dieu Osiris, une ??table des Rois?? d?couvrant ainsi Aha, 2?me des rois de la premi?re dynastie. lien

Puis Gunter Dreyer, arch?ologue de l?institut de Berlin, a d?couvert la s?pulture de ce roi, qui contrairement aux pharaons des autres dynasties, ?tait seulement enterr?e dans un caveau en briques de terre, entour?s d?une trentaine de jeunes hommes, destin?s ? se mettre au service du roi apr?s sa mort, enterr?s eux aussi chacun dans leur caveau,

C?est l? que Dreyer fit la d?couverte d?ossements de lions, enterr?s l?, dans un caveau proche de celui du pharaon. lien

D?apr?s l?arch?ologue, le pharaon voulait ?tre accompagn? dans sa nouvelle vie par des lions, afin d??tre sur d?en trouver apr?s sa mort et de pouvoir continuer ? les chasser.

De plus, le lion ?tait pour les pharaons un symbole de force, et en s?adjoignant leur pr?sence, ils montraient par l? leur propre force.

D?o? ce pharaon ? corps de lion.

Ensuite, il a fallu savoir qui ?tait le pharaon dont le visage abim? repr?sentait la t?te du sphinx.

Une fois ?cart? Kh?ops, qui ne portait pas de barbe, on s?est orient? vers Khephren d?autant que le temple qui se trouve devant les pattes du lion a donn? un indice suppl?mentaire.

Il y a 24 st?les dans ce temple, donc autant de st?les que d?heures de la journ?e, toutes servant de base ? des statues, dont 5 seulement ont ?t? retrouv?es, (lien) et en Est et en Ouest 2 niches se font face.

Si l?on trace une ligne d?une niche ? l?autre au moment du coucher du soleil, celle-ci, passant le long du sphinx, am?ne tout droit ? la pyramide de Khephren.

Le Sphinx, pour les ?gyptiens, avait non seulement mission de prot?ger les s?pultures des pharaons, mais aussi d?emp?cher l?avanc?e du d?sert.

C?est l? o? la derni?re ?nigme, cruelle, celle l?, a ?t? r?solue?: pourquoi ce d?sert actuel??

Nos deux ?gyptologues s??taient pench?s ?sur la m?thode et les outils utilis?s pour sculpter ce Sphinx.

Rick Brown, expert en outils anciens, a assur? ??Lehner que les ouvriers sculpteurs utilisaient des ciseaux de cuivre. lien

Alors Brown s?est d?cid? ? refaire au 1/10?me le nez du Sphinx avec les outils d?autrefois, et en a tir? un r?sultat int?ressant.

Prenant en consid?ration le nombre d?heures qu?il a fallu pour tailler ce nez et la masse de celui-ci, il a fait une extrapolation sur le Sphinx lui-m?me et a d?termin? que pour tailler les 28?000 m?tres cubes qu?il repr?sente, il aura fallu un peu plus d?un million d?heures, c’est-?-dire que 100 sculpteurs, travaillant 10 heures par jour, auraient pu fa?onner la sculpture en trois ans.

Mais cette d?couverte en a amen? une autre.

Le cuivre ?tait ? cette ?poque un m?tal de grande valeur, qui, m?me s?il ne servait pas de monnaie d??change (celle-ci ?tant plut?t calcul?e en bois ou en huile) ?tait tr?s recherch?.

A tel point qu?apr?s chaque utilisation, les chefs de chantier r?cup?raient les outils, non sans les avoir pes?, de crainte que les ouvriers n?aient pr?lev? de la mati?re.

Or pour fa?onner ces outils en cuivre, les feux des fours brulaient sans discontinuer, et pour cela il a fallu ?norm?ment de bois, lequel a ?t? pr?lev? sur le secteur.

Il faut savoir qu?autour du plateau de Gizeh il y avait une savane importante, devenue depuis un quasi d?sert. lien

??Au cours de nos fouilles ? Gizeh, nous avons d?couvert que de grandes quantit?s de bois ont ?t? brul?es, ils devaient transporter de grosses cargaisons et les faire bruler sans interruption, pendant toutes les ann?es de la construction. Apparemment ils ont abattu une bonne partie des for?ts de la r?gion pour b?tir ces monuments ?a compris Marc Lehner.

Qui dit d?sert, dit sable, et les vents violents de sables seraient logiquement responsables de l?ensablement et de la d?t?rioration du Sphinx.

Et le Sphinx qui devait en principe emp?cher l?avanc?e du d?sert, serait donc peut-?tre le responsable involontaire de la d?sertification, puisque les outils n?cessaires ? sa r?alisation ont fait disparaitre la savane qui l?entourait.

Etrange destin que celui de ce pays qui a peut-?tre perdu son h?g?monie pour ne pas avoir mesur? les cons?quences de ces gestes.

Et preuve s?il en fallait que l?homme, croyant bien faire, obtient souvent le contraire du r?sultat esp?r?, de par son attitude hasardeuse face ? l?environnement.

Car comme dit mon vieil ami africain?:

??Quand tu pisses sur le mur de quelqu?un, la derni?re goutte est pour tes pieds??.

L?image illustrant l?article provient de ??monblogdereflexion??

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8 Commentaire

  1. avatar

    S’il n’y avait plus aucun pauvre ou mourant de faim sur la planète, il pourrait être intéressant de continuer de consacrer de l’argent (combien par an ?) à ces recherches archéologiques.

    Mais est-ce le cas ?

    Où est-il sage de mettre les priorités quand un enfant de Terriens meurt de faim toutes les quatre secondes?

    « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

    Quand la science ne sert pas la réduction de la misère, est elle éthiquement défendable, même si les archéologues plus ou moins bien payés donnent du travail à de nombreuses « petites mains » locales ?

    • avatar

      evolspir
      je ne crois pas à aucun moment avoir encouragé les recherches archéologiques, m’en étant seulement tenu a analyser les découvertes des uns et des autres.
      ceci dit, s’il faut attendre qu’il n’y ait plus un seul pauvre sur la planète pour faire des recherches, archéologiques ou autres, autant dire qu’il ne faudra jamais faire de recherches.
      non?
      si vous avez lu mes autres articles, vous constaterez que les problèmes que vous soulevez sont aussi une de mes préoccupation majeur,
      mais l’un empeche-t-il l’autre?
      je m’interroge?

    • avatar

      « je ne crois pas à aucun moment avoir encouragé »

      Ai-je prétendu le contraire ?
      J’ai saisi l’occasion alors qu’on nous a parlé hier aux infos de la 3 française de découverte sur une pyramide

      Il n’est justement pas question de continuer d’attendre, mais de se pencher enfin sérieusement sur le problème et sur les priorités humanitaires qui vous préoccupent, ce qui vous honore.

      Il y aurait bien des réorientations budgétaires et professionnelles à faire ;-(((

      Surtout que nous n’en sommes encore qu’au début du commencement de la crise planétaire

  2. avatar

    « Surtout que nous n’en sommes encore qu’au début du commencement de la crise planétaire »

    Et arrêter toute recherche va régler cette supposée crise?

    Époustoufflante cette « déduction ».

    Se pencher sur quel problème? Se plaindre des conséquences ne règle pas le problème. Il faut commencer par trouver la « source » de ces conséquences et personne n’est d’accord là-dessus. Chacun possède sa solution.

    La seule règle prouvée vraiment efficace c’est d’aider soi-même, ceux qui nous entourent. Aucune autre façon ne garantie que l’aide donnée se rend à destination.

    Donner aux « oeuvres de charité » pour aider « tout le monde », n’a jamais donné de résultats valables. L’argent ne se rend pas, ou si peu, aux nécessiteux.

    D’ailleurs, la recherche fait partie de l’aide à l’humanité. Seuls ceux qui ne croient qu’à « l’argent » prétendent que l’argent peut effacer la « pauvreté ».

    Lorsqu’on y regarde de plus près, pour ces gens, « ne pas être pauvre » c’est d’avoir accès au « crédit ». Encore une drôle de logique.

    L’argent est la dernière nécessité de base; avant elle, il y a l’air pur, l’eau, la nourriture saine et un abrit convenable.

    Actuellement, les « abrits » sont contrôlés et hors de prix, l’air est vicié, l’eau acceptable est vendue en bouteille et la nourriture saine devient de moins en moins accessible à cause du prix.

    Le manque d’eau, d’air pur, d’abrits et de nourriture n’est pas le problème; il est la « conséquence ». Et la « cause » de cette conséquence est facile à trouver, c’est le « coût ».

    Une seule solution à envisager, éliminer ce coût. C’est assez simple à imaginer mais difficile à mettre en pratique. Les défenseurs de « l’argent » vont s’y opposer.

    Mieux vaut détourner l’attention vers autre chose que les « conséquences »; selon eux.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

  3. avatar

    elie l’artiste

    je partage le constat,
    sur tous les points!
    🙂

  4. avatar

    M’adressant à des gens sachant lire, je n’ai absolument pas écrit qu’il fallait arrêter toute recherche, mais budgétiser en priorité, faut d’argent suffisant, les recherches qui améliorent la vie des gens malheureux qui sont très nombreux sur cette planète

    Vous avez raison de vous méfier des « pertes en ligne » des grosses associations humanitaires qui font souvent sourire jaune par leur luxe les autochtones censés être premiers bénéficiaires des petits dons généreux.

    Mais il faut aussi se méfier des associations autochtones et vérifier l’usage des envois « directs » en allant si possible régulièrement sur place. Il y a bien des petites associations françaises qui ont été très déçu par le comportement des administrateurs des petites associations autochtones qui va du manque de dynamisme, du non respect évitable des engagements jusqu’au détournement de fonds.

    Si les échanges de services peuvent parfois être un substitut efficace à l’argent, il ne faut pas rêver. Comment voulez-vous que les banksters et leurs actionnaires surgagnent leur vie en exploitant la nôtre ?

    C’est quoi un « abrit » ? Je ne connais que les « abris » et les erreurs d’orthographe révélatrices soit d’une ignorance, soir d’une précipitation regrettable (qui est parfois mienne).

    • avatar

      « Les petites associations françaises qui ont été très déçues », c’est mieux

      Précipitation regrettable s vous-dis-je d’un multimilitant qui n’a pas fini sa journée bénévole ;-)))

  5. avatar

    Un « abrit » c’est un « abris » avec un foutu « T » qui n’a pas d’affaires là! Si, maintenant, on met des « barres » sur les S, on n’en finira jamais. 😉

    Bravo pour le bénévolat! C’est ce que j’entends par « ne pas croire à l’argent ». 😉 Le bénévolat n’a pas de « coût »; enfin j’espère.

    Amicalement

    Elie l’Artiste