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Un monde en mutation est en route

 

monde_en_mutationGustavo Tanaka, auteur et entrepreneur brésilien, a intégré « la nouvelle économie », façon Jeremy Rifkin, et son analyse globale de la situation mérite d’être découverte, car il présente, sur un mode positif, un monde que nous avions plutôt tendance à voir en noir.

En 8 petits paragraphes, il décrit ce monde en mutation que nous commençons à voir surgir un peu partout aux 4 coins du monde, et il nous éclaire par le détail des raisons et conséquences de ce changement majeur.

Sous le titre, « il se passe quelque chose d’extraordinaire dans le monde », il décrit une société en mutation, dans laquelle il est impliqué, tournant le dos à la société traditionnelle, expliquant que nous ne pouvons comprendre ce changement, tant que nous resterons intégrés à l’ancien modèle.

Il a donc brisé « les chaînes de la peur », s’est libéré de la société standardisée, et nous propose sa vision de ce nouveau monde.

Il fait d’abord le constat que les employés des grandes entreprises n’en peuvent plus, avec la sensation d’avoir atteint la limite du supportable, évoquant les « burn-out », les dépressions liées au travail, et ils prennent le risque de tout plaquer pour se lancer dans d’autres aventures.

Une génération de nouveaux entrepreneurs est née, ceux-ci transformant leurs garages en bureaux, provoquant la création d’innombrables start-up, avec le souci d’innover, de surprendre, sans pour autant avoir en priorité le succès financier de leur entreprise

Abandonnant l’ancien comportement basé sur le « chacun pour soi », ce nouvel entrepreneur s’est délibérément tourné vers le partage, la convivialité, la collaboration dans le bon sens du mot.

Pour lui, c’est Internet qui a tout déclenché, créant un monde ouvert, imaginatif, inventif, et sans limites, de quoi faire tomber l’ancien système, lequel devra muter à son tour s’il veut perdurer.

Avec l’avènement d’Internet, les petits ne sont plus des « sans voix » les anonymes interviennent, le monde se rassemble, et les « anonymus » se multiplient.

Des pétitions sont lancées continuellement, et en quelques clics, réunissent des centaines de milliers de personnes, au point de faire trembler les puissants, qui en viennent parfois à réviser leur copie…lien

Même la politique semble vouloir faire peau neuve, tournant la page des éléphants de droite ou de gauche, seulement intéressés par se servir, au lieu de servir, promettant tout et son contraire, avec le but unique d’être élu.

En effet, le vent tourne et les printemps arabes avaient donné le ton, même si un long chemin leur reste à faire, mais voici les indignés de Podemos…voici les contestataires Italiens de Beppe Grillo…

Dans un domaine plus pragmatique, celui de la vie de tous les jours, moins de personnes utilisent leur voiture individuellement, ils échangent appartements, vêtements, bureaux, remettant en question cette société qui voudrait nous faire consommer toujours plus.

La production alimentaire étant l’un des passages obligé de notre société, nous n’acceptons plus de nous faire empoisonner, et nous voulons maintenant « manger sain ».

Nous faisons de plus en plus confiance aux petits producteurs, quitte à le devenir nous même, échangeant conseils, fruits, légumes, semences…

La spiritualité revient au devant de la scène, on se lance sans hésiter dans la méditation, et il devient ringard de montrer du doigt ceux qui se passionnent pour la synchronicité, qui tentent de guérir certaines maladies en n’utilisant rien d’autre que les mains nues, au grand dam des pratiquants de la « médecine institutionnelle » qui a rarement voulu entendre parler de thérapies alternatives.

Le 3ème œil, le 6ème sens, sont convoqués pour développer l’intuition, et pas seulement.

L’éducation, elle aussi, change, et il est question maintenant de non-scolarisation, préférant aux études que la société voulait nous inculquer, des études « à la maison »…

Et Tanaka de conclure : «  silencieusement, les gens se sont réveillés et se sont rendus compte combien il était fou de vivre dans cette société  ». lien

Il faut reconnaitre que, si nous prenons un peu de recul, cette vision d’un « monde en mutation » est déjà une réalité, même si elle n’est pas encore unanimement partagée.

Les villes en transition éclosent un peu partout, comme à Grenoble, où est appliqué au pied de la lettre le principe du négaWatt : les habitations au lieu de consommer de l’énergie, deviennent au contraire productrices d’énergie. lien

Des réseaux de partage se multiplient, des communes décident de vivre l’autonomie à tous les niveaux, énergétiques, alimentaires, sociaux…

Ils ont pour nom Totnes, Feldheim, les chauffe-eau y sont solaires, l’électricité éolienne, ou photovoltaïque ou méthanique, la monnaie est locale incitant à consommer sur place, et les véhicules sont alimentés par la transformation des déchets organiques, permettant la production de méthane, lequel devient carburant.

Les jardins publics sont plantés d’arbres fruitiers, à disposition de tous, les communautés vivent en étroite harmonie, décidées à respecter la planète, avec une empreinte carbone minimale. lien

Les changements sont déjà visibles dans tous les domaines : les monnaies locales ou régionales se multiplient : du LETS canadien au WIR suisse, en passant par le SOL français, c’est le boom des monnaies parallèles. lien

Ajoutons y pour faire bon poids la Plume, l’Abeille, le Piaf, la Normaille, l’Eusko, le Cocagne, le Sel, l’Oseille, et surement beaucoup d’autres à venir, ou déjà en cours. lien

Quant à l’instruction, « l’école à la maison » fait de plus en plus d’adeptes, et s’il est vrai que l’instruction des enfants est obligatoire en France, et doit être assurée de préférence au sein d’un établissement scolaire, l’instruction donnée dans la famille est aussi possible, à condition qu’elle permette à l’enfant d’acquérir des connaissances, connaissances qui seront contrôlées en haut lieu. lien

Toutes les questions que vous vous posez pour savoir comment ça marche dans cette vidéo.

Quant à l’énergie, au-delà des éoliennes géantes, des hectares de capteurs photovoltaïques, il existe aussi des solutions moins énergivores, puisque l’électricité qui voyage y laisse pas mal de plumes.

Éoliennes urbaines (lien), petit photovoltaïque, (lien), petites unités de méthanisation, (lien), il s’agit donc de produire de l’énergie au niveau d’une ville, d’un quartier, voire d’une maison, énergie qui sera consommée sur place, ou répartie dans d’autres habitations, l’essentiel étant de la transporter le moins loin possible.

Sur le chapitre « alimentation », le consommateur se tourne délibérément vers les petits producteurs, lesquels ont banni pesticides engrais, et compagnie…

Quant aux nouveaux jardiniers, ils ont délibérément tourné le dos aux pratiques anciennes, ils font revivre la permaculture, cultivant sans arroser, faisant voisiner des plantes qui « s’entendent bien », d’autant qu’une étude récente à prouvé que nos agriculteurs traditionnels avaient tout faux depuis au moins 60 ans. lien

D’ailleurs nous savons aujourd’hui que la permaculture donne de meilleurs rendements que l’agriculture traditionnelle. lien

Tanaka, dans sa réflexion, évoquait aussi un renouveau dans le domaine de la méditation, et il est déjà rattrapé par la réalité, puisque maintenant, il existe « la méditation dans la rue » comme on peut le constater ici.

Mais pas seulement dans la rue…

meditation

 

À San Francisco, le collège Visitacion Valley, qui était plongé dans la drogue et la violence des gangs, à pu régler ses problèmes par une méditation de groupe en appliquant un programme appelé « Quiet Time ».

Dès le lancement de ce programme, les exclusions ont été réduites de 45%, et depuis 2010, la fréquentation était de plus de 98%.

Selon une enquête menée par le département de l’éducation de l’État, les étudiants de ce collège sont maintenant les plus heureux de tous les autres élèves de la ville. lien

Jeremy Rifkin n’évoquait-il pas dès 2011, dans son livre : « une nouvelle conscience pour un monde en crise » ? (édition les Liens qui libèrent). lien

Ce qui se passe aujourd’hui est en train de lui donner raison, à lui, et aussi à Gustavo Tanaka.

Car comme dit mon vieil ami africain : « un petit marteau peut casser de gros cailloux  ».

L’image illustrant l’article vient de reikilorient.com

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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