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Un monde d’illusions

En ce moment les gens battent le pav? pour la pr?servation de leurs droits dont, jusqu’? il y a peu, on peut dire qu’ils connaissaient une ?volution positive.?Le fait que les Droits diminuent ? cause de la crise syst?mique n’est pas ce qui unit le plus ces deux ph?nom?nes.

La diminution des droits est motiv?e par un rendement qui est ?valu? au moyen du seul et unique ?talon connu, l’argent, le business, qui en lui-m?me ne peut pas ?tre qualifi? de ??fin en soi??, ce qui rel?gue cette finalit? ? l’accroissement des Droits de Tous. (Elle est un peu compliqu?e cette phrase)

D’abord, nous sommes dans un ???tat de Droit??, c’est le fondement des soci?t?s modernes. Or ces Droits diminuent graduellement, autant que le respect des Droits de l’Homme, autant que le sentiment de vivre dans une d?mocratie. Autour de cela, le syst?me ?conomique fait l’exp?rience d’une d?faillance m?canique dont la d?bilit?, si elle ?tait exprim?e par des pi?ces articul?es, serait si flagrante qu’on en pleurerait.

C’est donc, avec cette d?faillance, toute la civilisation qui est entra?n?e dans le sens de la d?gradation et de la d?sorganisation, ? l’heure pr?cis?ment o? l’humanit? se rend compte que c’est cette d?faillance d’organisation qui est la cause des maux qu’auront engendr?s la satisfaction insatiable du moindre des caprices de chacun des humains riches.

Toute cette ignorance accumul?e aura converti en irresponsabilit? et en incons?quence la plupart des activit?s humaines de l’?re industrielle.

Quand les gens se disputent pour savoir s’il faut que l’?ge de la retraite soit de 60 ans ou 62 ou 67 ans, on se demande dans quel monde on vit, et si un jour une lumi?re d’intelligence mettra une grande claque dans la gueule ? ces discussions pu?riles ? temps, avant que tout n’implose, sans que la plupart des gens ne comprennent pourquoi.

Des fois m?me je me suis dit que les gr?ves ?taient provoqu?es dans le but de faire ?conomiser des millions de journ?es de salaire aux entreprises, qui ensuite demandent ? ses remploy?s de rattraper le temps perdu !

Rien que la standardisation des ?ges comme r?f?rence est du plus haut niveau de la cr?tinit?.
Normalement on devrait seulement d?tourner le regard et ?laborer ses propres r?gles en accord avec ce qui nous semble juste, de la fa?on la plus anarchique possible, tel que le veut le vrai bon lib?ralisme !

Un probl?me aussi simple ? r?soudre engendre des confrontations aussi inutiles que d?centr?es de ce qu’il faut pour r?soudre un probl?me. Ce qu’il faut pour r?soudre un probl?me c’est, en premier, en exposer clairement l’?nonc? de sorte que tous puissent participer ? cette r?flexion.
?videmment, l’?tape z?ro de la r?solution du probl?me est situ?e dans un futur aussi hypoth?tique que providentiel.

Et en m?me temps ce n’est pas difficile ? comprendre, tout le monde conna?t tr?s bien les donn?es du probl?me, et ce depuis l’?poque de ??Baby-Boom??, ayant engendr? le ??papy-boom??, et toutes les cons?quences explosives largement pr?visibles dont on se disait, il y a cinquante ans, que d’ici-l? l’humanit? aurait trouv? ??des solutions??, en particulier, en devenant plus intelligente, organis?e, et rationnelle. Bref on a attendu les solutions d’une ?volution incr?mentielle, et finalement cet instant se trouve ?tre report? Ad Vitam Aeternam.

C’est inutile d’aller entrer dans les d?tails, o? on se demande pourquoi le gouvernement s’acharne ? grappiller des sommes ridicules qu’ils redistribuent all?grement aux plus riches, et o? un des pays les plus riches du monde se couvre de honte en exposant au monde sa mesquinerie.

Pour la crise syst?mique, c’est le m?me genre de r?flexion qui constitue les donn?es du probl?me. Inutile d’?tre un sp?cialiste ayant des actions ? d?fendre et des int?r?ts tr?s bien calcul?s, connaissant toutes les ficelles du m?tier qui consiste ? devenir riche sans travailler ni servir ? rien pour sa soci?t?, pour les comprendre : tout simplement, l’argent est un produit de consommation, et le remboursement de son utilisation est impossible par l’effet de la logique simple et basique.
Autant dire qu’il est compl?tement con, ce syst?me.

La maximum possible de gens travaillent le maximum de temps possible jusqu’? devenir compl?tement ali?n?s, dans le but de rembourser le co?t de la vie quotidienne ; et au moindre probl?me, tout s’?croule.

On peut ?tablir un ?talon de rendement pour mettre en rapport l’utilit? avec la quantit? d’?nergie d?bours?e, et dans ce cas, on peut estimer que la situation actuelle est le plus bas niveau de l’?chelle du rendement.

Le rapport entre les gr?ves pour les retraites en France et la crise syst?mique est tr?s simple, dans chacun des deux cas, la cons?quence d?nonc?e interroge la cause, et aucun rafistolage sur les cons?quences ne fera que les causes cesseront d’agir, avec toujours plus de f?rocit?, jusqu’? ce qu’on s’att?le au vrai probl?me.

Quand les peuples disent qu’ils refusent une proposition de loi, ils ne font pas de la politique, ils se moquent de comment les politiciens devront proc?der, ils donnent seulement l’ordre solennel et imp?rieux de trouver des solutions, ? des gens qui s’auto-proclament sp?cialistes de ces questions hyper-complexes (et rendues hyper-compliqu?es ? cause de leurs propres fonctionnements).

Les politiciens, se croyant plus fort que l’addition de toute cette masse, lui explique qu’ils font cela pour leur bien et qu’il n’y a pas d’autres solutions. En fait ils veulent dire qu’il n’y a pas d’autre solution qui demande aussi peu d’effort de leur part.

On ne peut pas leur en vouloir, ils ont ?t? ?duqu?s comme des chiffonniers et ne savent absolument pas travailler en r?seau, cette notion ?tant apparue cinquante ans apr?s la fin de leurs ?tudes. Le fait qu’on ait un pr?sident qui ne sache pas se servir d’un ordinateur est vraiment l’exemple le plus hallucinant de l’inaptitude des politiciens ? exercer le m?tier dont ils se targuent.

Pourtant, la moindre bonne id?e serait suivie et soutenue par tous les peuples, avec la ferveur et l’?nergie qu’ils sont capables de mettre dans les causes nobles. Et ces peuples d?filent dans les rue, finalement, pour dire qu’ils sont pr?ts ? tout faire pour am?liorer les choses, quelle que soit l’id?e, pourvu qu’elle ait un sens, et que les r?sultats se fassent sentir.

Mais toute cette ?nergie les politiciens n’en ont que faire, et ils leur demandent de retourner ? leur labeur ali?nante.

Dans un premier temps, on a constat? la d?gradation de l’?tat de Droit et de la d?mocratie, de la m?me mani?re que le sens des mots s’est d?grad? ? force de s’en servir au lieu de les nourrir de sens.

D?s lors les raisons d’insister des politiques s’?rodent elles aussi d’autant, jusqu’? ce que bient?t, tout ce qui aura un rapport avec des politiciens sera consid?r? comme n?faste par avance.
D?j? on voit poindre une loi interdisant les plantes m?dicinales, et juste apr?s pourquoi pas, une autre interdisant de cultiver ses propres l?gumes. Ah je suis s?r qu’ils n’y avaient pas pens? ? celle l? et que je viens de leur en donner l’id?e.

Ensuite on constate avec une certaine d?lectation qu’un syst?me injuste n’est pas viable, ce qui n’est quand m?me pas de chance pour ceux qui lui d?vouent toute leur ?nergie vitale. Cette ?nergie est gaspill?e, un peu comme s’il s’agissait de r?pondre ? tous les caprices d’un roi d?bile.

A n’importe quel humain moyen peut appara?tre, apr?s une r?flexion de quinze secondes laborieuses, qu’il y a de meilleures solutions que celles qui consistent ? colmater les br?ches b?antes et innombrables du syst?me injuste.
Si par exemple il fallait l?gif?rer sur tout ce qui permettrait au syst?me injuste de continuer de fonctionner, il faudrait quinze million de lois nouvelles, et autant d’ann?es pour les voter, ce qui constitue une quantit? d’?nergie quinze million de fois sup?rieure ? celle qui est utile pour tout arranger.

Je l’ai d?j? ressass? mille fois mais bon c’est pas grave : en premier il faut mettre toutes les industries qui concernent les biens et service de premi?re n?cessit? du domaine public, et reverser syst?matiquement tous les b?n?fices aux ?tats. Il faut supprimer les banques et les assurances, ce qui lib?re, ? vue de nez, quinze pour cent de l’?nergie humaine disponible. Il faut que les gens se regroupent en centrales d’achat coop?ratives, afin d’assurer eux-m?me la distribution entre les producteurs et les consommateurs. Et le plus important, il faut structurer les priorit?s de fa?on imbriqu?e, de sorte que les petites participent aux grandes, et que les grandes, soient des objectif communs ? l’?chelle de l’?volution de la civilisation.

Cela signifie implicitement que le but de toute activit? soit cette activit? elle-m?me et non les b?n?fices que leurs seigneurs pourraient en retirer.
Cette notion est tellement primordiale et vitale, que mes oreilles bourdonnent de ne jamais l’avoir entendue avant.

Ok, je peux exposer ??mes?? solutions, les soumettre ? la critique, les r??valuer comme je le fais constamment, mais rien n’arrive ? faire taire les motifs de ces propositions, ou dit autrement, les donn?es du probl?me.

C’est seulement si on veut faire de la philosophie qu’on aper?oit qu’au fond le ??probl?me?? est dans la t?te des gens, dans la mesure d’innombrables illusions quant aux fonctionnements viennent remplacer les articulations logiques pourtant faciles ? constater.

Ils croient en ce roi d?bile qu’est le syst?me injuste, qui consiste ? vendre de l’argent au jour-le-jour, dans le but de rembourser la veille, au moyen d’?valuations compl?tement erron?es que pourtant ils comptabilisent jusque dans le moindre centime.

Ils croient que l’homme juste devient riche et le cr?tin reste pauvre, et que par cet effet, les puissants de ce monde ?tant intelligents, auront ? coeur de l’am?liorer, lui ou n’importe quel sauveur automatique promis d’avance. Et s’il est l?, je peux vous dire qu’il se cache car sa vie est en danger.

Ils s’imaginent que ce sont les politiciens qui ont la charge de trouver les solutions aux probl?mes que l’histoire s?dimentaire leur impose, alors pourtant que la moindre id?e nouvelle est imm?diatement fatalement rejet?e de fa?on insultante.

Ils partent du principe que dans un bras de fer le gagnant est le plus honorable des deux, et que le vaincu doit s’incliner devant un fait historique ind?passable.

Alors qu’en fait tout cela n’existe pas, ce ne sont que des illusions ?rig?es au rang de paradigme sur lequel se sont bas?es des couches et des couches d’?volutions, et sur lesquelles personne n’a envie de revenir.

Tout cela fait ??syst?me??, alors que ce ne sont que des freins et des croyances. Ils veulent ??changer le syst?me??, ce qui d’office fait de ceux-l? des gens qui ignorent le vrai sens du mot ??syst?me??. (En fait il faudrait cr?er un syst?me, ce qui est diff?rent).

Pourtant le fait est que, sur le plan ?volutif, il se produit l’effet que toute ?volution laborieuse au d?but peut ?tre recommenc?e ? une vitesse incomparable, et de plus en plus rapidement. Il se passe qu’il ne faut pas penser en terme s?dimentaire, mais en terme de capacit? ? reproduire toute l’?volution.

Par exemple le foetus qui germe reproduit en neuf mois toutes les ?tapes de millions d’ann?es d’?volution des organismes, et si il en est ainsi, c’est en raison de lois, je veux dire de vrais lois, qui ne sont pas des illusions ou des conventions sociales culturelles.
Chaque humain doit pouvoir passer, au cours de sa vie, par toutes les ?tapes historiques de la soci?t?, en passant par les moment de forts conflits interne ? l’endroit o? on d?couvre le ph?nom?ne de complexit?, c’est ? dire quand on devient adulte.

Les gens sont b?ats de technologie, j’en ai m?me vu qui ?taient tr?s auto-satisfaits de ??travailler dans l’informatique??, (comme secr?taire !) alors pourtant qu’ils n’y comprennent rien, et ? qui l’illusion dicte qu’ils sont propri?taire de cette technologie qu’ils utilisent. Pourtant si on les mettait sur une ?le d?serte, ils ne seraient m?me pas capable d’en reproduire les rudiments les plus pr?historiques (j’ai nomm? la bo?te ? musique !).

Vous comprenez ce que j’essaie de dire ?
Tout ce qu’on apprend n’est qu’un exercice dont on ne fait que tirer les le?ons afin de devenir capables de r?soudre des probl?mes.

C’est une brave et grasse illusion que de croire que notre civilisation a bien trop ?volu? pour interdire d’en repenser les bases.
C’est ce qu’on appelle de la radinerie, c’est ?tre radin en ?nergie, paresseux en ?volution, et ?a conduit ? se retrouver bloqu?s ? cause des erreurs accumul?es.

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  1. avatar

    Bonjour,
    Que vous dire sinon en répondant par deux chansons.
    L’une contredisant l’autre.
    La première

    et la suivante.

    Je ne sais qui gagnera des deux.
    Les préservatifs ne sont pas toujours en plastique.
    Bon article.
    🙂

  2. avatar

    La fille qui s’en fout de ce que pensent les autres est bien plus sympa que le gars qui aime tout le monde ! la contradiction n’est possible à faire que sur le plan de l’égo ;

    il faut retenir quelques idées importantes du texte :
    « le but de toute activité soit cette activité elle-même et non les bénéfices que leurs seigneurs pourraient en retirer »

    je ne suis pas sûr d’avoir été assez explicite à propos de cette idée. imaginez que le producteur de nourriture ait pour objectif de pourvoir le plus de monde en nourriture, de la meilleur qualité possible. Et qu’il soit dit « déficitaire » si il ne rempli pas bien sa mission.

    Et dans « il faut créer un système » (et non le changer) ça doit inciter le lecteur à émettre des idées et des structures, dont la propriété première est d’être des moteurs. Un moteur c’est un truc dont le mouvement permet sont propre mouvement.
    Et là aussi, ça se passe sur différents plans simultanément

  3. avatar

    @ Tous:

    J’ai lu ce texte avec un croissante admiration. Ceux qui, l’ayant parcouru en diagonale, diront que tout ça est simpliste et qu’ils savaient tout ça gagneraient beaucoup à le relire en cherchant le sens de chaque phrase et en en extrapolant les conséquences.

    Ce texte dit en toute simplicité des choses fondamentales. (Y)

    C’est peut être l’indice que nous arrivons au coeur de la crise actuelle – et je ne parle pas de la crisette financière qui est a faire exploser touts nos société occidentales, mais de la crise de civilisation qui est l’heureux présage d’un changement de paradigme pour l’humanité – que des textes comme celui-ci puissent apparaître.

    (F)

    Pierre JC Allard

    @ L’auteur : mon commentaire était écrit quand le vôtre est apparu; je me retire et vous laisse gérer ce fil.

  4. avatar

    Article très important Bravo!

    « Vous comprenez ce que j’essaie de dire ?
    Tout ce qu’on apprend n’est qu’un exercice dont on ne fait que tirer les leçons afin de devenir capables de résoudre des problèmes. »

    C’est exactement la description du mouvement évolutif: Je suis (ce que je constate), je pense (cherche une solution) et j’agis (je résous).

    « C’est peut être l’indice que nous arrivons au coeur de la crise actuelle – …la crise de civilisation qui est l’heureux présage d’un changement de paradigme pour l’humanité – que des textes comme celui-ci puissent apparaître. »

    Ce serait très normal. Par contre, comme toujours, cela se produit au dernier instant; lorsqu’il n’y a presque plus de choix possibles. 🙁

    Bravo encore une fois pour cet article

    Amicalement

    André Lefebvre