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Un faucon maltais envolé, clé de l’affaire… Trump (2)

Hier, nous avons abordé le cas étrange de Joseph Mifsud, qui a soudainement disparu sans laisser de traces depuis mai 2018.  Or visiblement, cet homme était en relation étroite avec des russes, sinon plus encore comme on va le voir. L’équipe de néophytes de Donald Trump a été piégée, à l’évidence, par les amis de Vladimir Poutine qui, non seulement lui ont facilité les choses lors de son élection, mais ont continué à le surveiller de près à son insu, en se reposant sur tout un réseau d’individus plutôt proches de l’extrême droite, financés par des oligarques dont beaucoup sont mêlés à de louches opérations immobilières… avec Donald Trump.  Ce dernier est bien plus lié aux russes qu’on ne l’imagine encore, en effet…

Joseph et les trolls

L’équipe de Trump était certes inexpérimentée et plus que maladroite, à l’image de son mentor, mais on n’en savait pas à quel point.  Ou alors, dans le cas du jeune Papadopoulos, envoyé en kamikaze par Jeff Sessions et l’ineffable Sam Clovis, c’était plus retors encore :  s’il y en a un qui se ferait prendre, dans ses approches avec les russes, autant que ce soit un stagiaire  qui soit sacrifié… (ce fut le statut de Papadopoulos, de mars à octobre 2016).  Joseph Mifsud, qui entretenait certainement une liaison avec la jeune femme décrite à ses côtés – « Olga » -, qui lui servait d’appât (les russes ont une préférence pour cette approche, comme le montre le rôle de la célèbre « Butina » qui était en liaison on l’a vu avec Alexander Torshin) était lui beaucoup plus dangereux, car il était en lien direct avec la fameuse Internet Research Agency, la fameuse « ferme à trolls » d’Evgueni Prighozine (1), ce qu’avait découvert Mueller, la fameuse « ferme » de hackers liée au GRU et dont on vient de rappeler encore l’action dans l’élection américaine de mi-mandat. Mifsud avait également beaucoup voyagé en direction de Moscou. Autre point notable, quand on s’aperçoit aujourd’hui des liens existant entre Boris Johnson et Donald Trump, qui ne sont pas que d’ordre capillaires :  on trouve une photo troublante de l’ineffable Boris en compagnie de Joseph Mifsud et d’un de ses associés indien, Prasenjit Kumar (sur la droite de la photo qui date d’octobre 2017). Dans la page Facebook de la fameuse Olga, on a retrouvé aussi deux photos du même Kumar avec Theresa May.  Kumar s’était aussi pris en selfie avec le président maltais. C’est le directeur de la London School of Executive Training (LSET), qui est comme par hasard en lien avec la London Academy of Diplomacy de… Mifsud.  Fait à noter, au premier jour de sa nomination en Angleterre, Johnson se faisait allumer… aux USA, et en prime par le républicain David Nunes, qui questionnait alors Mueller pour lui demander si les alliés de l’OTAN n’auraient pas été alors « compromis » par la présence d’un « agent russe » comme Mifsud auprès de Boris Johnson !!, croyant de la sorte embarrasser plutôt Mueller.  Selon Kumar, Mifsud aurait aussi été un « Brexit Expert » !!!

Un autre cas d’école…

Les découvertes du journaliste Tony Sheridan (qui a retrouvé  le blog « vidé » par « Olga », cf l’épisode précédent) montrent que l’on a affaire à de drôles de sbires dans l’entourage de Mifsud.  Un directeur d’écoles fantômes, par exemple avec Prasenjit Kumar, comme celle de Mifsud ; « Bien que la LSET ne comptait que cinq étudiants lors d’une inspection en 2014, elle est dotée d’un conseil d’administration composé de 10 personnes. L’un de ces gouverneurs, Charles Chatterjee, est actuellement directeur des normes et de la qualité académiques du LSET. Selon son site internet, Chatterjee aurait également été «codirecteur de la London Academy of Diplomacy», la défunte organisation dirigée par Mifsud. Prem Sharma OBE, un autre dirigeant de la LSET, est un militant vétéran du Parti conservateur et le père d’Alok Sharma, l’ancien ministre des Affaires étrangères qui a salué Mifsud lors de la collecte de fonds à Reading, à laquelle il a assisté avec Kumar (depuis il est devenu, quel hasard, secrétaire d’État au Développement international dans le gouvernement Johnson, cf ici à gauche  !!!). Comme Brian Whitaker, un ancien rédacteur en chef du Guardian, l’a rapporté sur Medium, une école que Kumar avait dirigée avant le LSET, le Halifax College, avait donné 5 000 livres en espèces au Parti conservateur à Reading West en 2009. L’année suivante, le candidat conservateur à Reading West , Alok Sharma, a été élu au parlement (…) Les dossiers de l’entreprise disponibles en ligne montrent que Kumar était auparavant directeur d’une série sur des projets éducatifs à but lucratif maintenant fermés. Deux de ces établissements, l’Université Preston et l’Université d’Halifax, ont été réprimandés par des responsables britanniques en 2004 pour s’être présentés de manière erronée comme des universités accréditées au Royaume-Uni. Une autre école dirigée par Kumar, l’Albert College, a été critiquée en 2007 pour avoir annoncé un cours de droit qu’une université anglaise a déclaré ne pas avoir le droit d’offrir. (…) Lorsque Kumar était directeur du Halifax College à Londres, cette école partageait le nom et l’écusson d’une branche de l’Université d’Halifax située dans le Wyoming. Les responsables de l’éducation américains auraient prévenu les étudiants à l’époque que l’école du Wyoming n’était pas autorisée à décerner des diplômes. Toujours en 2007, la Chronicle of Higher Education a annoncé que la branche du Wyoming de l’Université Preston avait été contrainte de transférer une partie de ses activités en Alabama, à la suite d’une «répression contre les usines à diplômes dans le Wyoming». avait été « surpris en train de prétendre qu’il employait des professeurs mais que ce n’était pas le cas ».  Sidérant !!! Des escroqueries aux inscriptions (dénoncés aussi ici). Cela évoque d’autres faux diplômes, décernés par de faux nobles néo-zélandais ceux-là … Geoffrey Taylor vendeurs de faux diplômes et d’armes à la tonne !!!  Les écoles de Kumar étaient comme les bureaux de Mifsud :  elles dissimulaient autre chose !

Un autre intermédiaire oublié

Trump a fait fortune dans l’immobilier, davantage que dans les casinos, mais il le doit aux… russes, qui ont investi massivement dans ses immeubles, notamment à Miami.  Un intermédiaire l’a beaucoup aidé. Elément supplémentaire des contacts compromettants, Mueller avait en effet  aussi découvert que l’homme d’affaires biélorusse Sergei Millian (de son vrai nom Siarhei Kukuts) était descendu au Trump Hotel en novembre 2016.  Celui-là est également fort intéressant, car ce serait aussi l’une des sources du sulfureux dossier de Christopher Steele, terrible pour la réputation de Trump (avec son allusion à la scène présumée de la « golden shower » qui aurait été filmée et que détiendrait Poutine, qui en ce cas tiendrait Trump par les c… pour parler comme le président US). Millian ayant été nommé responsable de la Russian American Chamber of Commerce en 2006, il avait posé en photo ici à droite avec Trump et Jorge Perez, le milliardaire argentin de Miami ayant créé le Related Group, un grand donateur des campagnes de Donald, lui aussi, et qui utilisait la marque Trump Marks Hollywood LLC comme paravent au profit de Trump. On le surnommait alors le « Donald Trump of the Tropics »Millian avait servi d’intermédiaires auprès de russes pour laver leur argent sale en investissant dans les propriétés immobilières de Donald à Miami, ce que l’on est en train de cerner aujourd’hui avec le rôle trouble joué par la Deutsche Bank dans des prêts douteux. « Vous pouvez dire que j’étais leur courtier exclusif », a-t-il déclaré en russe. « À l’époque, en 2007-2008, des dizaines de Russes achetaient des appartements dans les immeubles de Trump aux États-Unis. » « Au moins 63 personnes possédant un passeport russe ou une adresse en Russie ont une propriété d’au moins 98,4 millions de dollars dans sept tours de luxe de marque Trump dans le sud de la Floride » avait-il claironné à Reuters.  Depuis, ce n’est pas ce qui manque en effet à Miami comme milliardaires russes :  ils ont même leur quartier attitré. Comme Pethukov, par exemple...  « le nombre d’investisseurs de Russie peut paraître faible, mais l’analyse a révélé qu’au moins 703 – ou environ un tiers – des propriétaires des 2044 unités dans les sept bâtiments de Trump sont des sociétés à responsabilité limitée, ou LLC, qui sont sous la propriété du véritable propriétaire. Et la nationalité de nombreux acheteurs n’a pas pu être déterminée.  Les russo-américains qui n’utilisaient pas d’adresse ou de passeport russe dans leurs achats n’étaient pas inclus dans le décompte (…). Dans la station balnéaire de Sunny Isles Beach, six des sept tours résidentielles de marque Trump en Floride, se distinguent dans l’autre sens, car on y dénombre 1200 résidents russes, parmi la moyenne la plus élevées dans le pays, ce que montrent les données du recensement »… Selon le journal, ce sont 2 milliards de dollars de profits ainsi réalisés « sur lesquels Trump a touché une commission »…

L’une des auditions de Cohen l’a clairement démontré et Millian l’a aussi confirmé (ici à gauche). Milain était bien une tête de pont russe auprès de Trump, à l’évidence selon le Financial Times du 1er novembre 2016 : « Pour Konstantin Borovoi, ancien député et homme d’affaires russe qui a présidé le premier marché boursier de Russie, le type d’opérations de cette chambre renvoie aux pratiques de la guerre froide. À l’époque soviétique, la Chambre de commerce américaine était «le bureau de représentation officiel des services secrets», a déclaré M. Borovoi, également expert du KGB. «Ces institutions ont été réactivées et développées», a-t-il déclaré. «Les institutions de la chambre de commerce sont la partie visible du réseau d’agents. . . La Russie a dépensé d’énormes sommes d’argent pour cela. «  Un voyage suivi de près par Medvedev en personne est dans le collimateur, organisé par Yury Zaytsev, à la tête de Rossotrudnichestvo«  au moment du voyage, M. Millian avait noué des liens étroits avec M. Trump et son organisation, selon ce qu’il s’est vanté lors d’un entretien approfondi avec l’agence d’État russe Ria Novosti en avril de cette année. Il a félicité M. Trump pour avoir développé des projets commerciaux avec des russophones aux États-Unis, citant Trump SoHo à New York, un projet dirigé par Tamir Sapir, un milliardaire géorgien (décédé en 2014) qui avait commencé aux États-Unis en vendant des produits électroniques à des officiels soviétiques en visite ».  Sur la photo de la réunion, on trouve en effet tout le clan Trump au garde-à-vous :

De même, la Trump Tower de Toronto de 65 étages (devenue Adelaide Hotel Toronto – ou la St Regis- après son rachat par JCF Capital après le rachat de 211 chambre d’hôtel invendues et de 74 appartement de luxe sans résidents, ça n’a pas été un succès !), construite par Alex Shnaider, l’associé de Trump, c’était l’objet également d’un enjeu financier essentiellement russe et kazakh d’une valeur de 500 millions de dollars. Ici à droite le jour de l’inauguration à Toronto avec encore la famille Trump bien présente.  Derrière l’argent russe investi, il y avait la Vnesheconombank (VEB), alors dirigée par … Vladimir Poutine en personne.  Le bilan dressé ici de ses liens d’argent est édifiant : « Un prétendu réseau de blanchiment d’argent kazakh aurait acheminé des millions de dollars par le biais de ventes d’appartements au Trump SoHo; un oligarque russe a acheté un domaine de Palm Beach à Trump en 2008 pour 95 millions de dollars, soit plus du double de ce que Trump avait payé quatre ans auparavant. En Floride, 63 Russes, dont certains ont des liens politiques, ont dépensé 100 millions de dollars pour acheter une propriété dans sept tours de luxe de la marque Trump, a établi Reuters. L’argent ne provenait pas exclusivement de l’ex-Union soviétique: à Panama, un imeuble Trump aurait appartenu en partie à des trafiquants de drogue latino-américains. Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident que nombre des oligarques qui se sont enrichis après la chute de l’Union soviétique ont protégé leur fortune en défendant les intérêts des cliques au pouvoir chez eux. Cette richesse a traversé les marchés occidentaux, souvent dissimulés par des sociétés écrans. Le secteur immobilier de Trump, l’immobilier, a longtemps été sujet aux infusions d’argent incognito. Une grande partie des ventes de biens immobiliers haut de gamme aux États-Unis se fait par l’intermédiaire de sociétés dont les véritables propriétaires sont cachés. Une enquête du Trésor américain l’année dernière a révélé qu’un acheteur sur trois de biens immobiliers haut de gamme était suspect. Trump a rompu avec la tradition présidentielle en refusant de céder ses participations dans les dizaines d’entreprises composant l’organisation Trump ou de publier des déclarations d’impôts susceptibles de mettre en lumière des conflits d’intérêts multiples ».  Bref, le béton de Donald a une odeur, celui de l’argent sale venu de Russie !

Millian étant entré auparavant en contact avec son avocat Michael Cohen, signe qu’il avait quelque chose d’important à signifier à son employeur.  Millian aurait-il offert à Trump le contenu du rapport que James Comey avait décrit le jour de son intronisation, sans avoir vraiment été écouté (il sera viré peu de temps après comme il le décrit dans son ouvrage qui décrit Trump comme un chef mafieux), on ne le sait. L’étau s’est resserré un peu plus en 2017 avec la découverte des dirigeants du Comité judiciaire du Sénat qui ont déclaré que les responsables de la campagne Trump avaient remis « des communications à Sergei Millian, avec copie à M. Kushner », selon lesquelles Kushner n’avait apparemment pas divulgué volontairement. Kushner a également reçu un courriel d’Alexandr Torshin, directeur adjoint de la banque centrale de Russie, faisant état d’une « ouverture secrète russe et d’une invitation au dîner », selon NBC. L’avocat de Jared Kushner a déclaré au comité que les « communications » avec Millian avaient lieu entre l’ancien avocat de Millian et Michael Trump, Michael Cohen, dans lequel Cohen exhortait Millian à cesser de parler à la presse ». Torshin (ici à gauche), l’homme qui a financé l’expédition d’entrisme de la célèbre Maria « Butina », la grande fan d’armes à feu vue à la convention de la NRA, condamnée pour… espionnage, comme on se retrouve !!!  Lire ici le cas de l’espionne et de son mentor en lien avec Jared Kushner.

Disparu

Les liens de Mifsud avec le GRU, et donc la proximité directe de Poutine, expliquerait en tout cas pourquoi aujourd’hui, ce dernier est considéré comme disparu… physiquement.  Mis à l’écart, ou carrément supprimé car beaucoup trop compromettant… Avec Poutine, on sait comment ça se termine, habituellement.  On va voir prochainement que ce n’est pas le seul s’être ainsi soudainement volatilisé…

Plus étonnant encore, selon Medium, »Mifsud s’est rendu à Moscou en octobre 2017 en tant que membre d’une délégation saoudienne dirigée par le roi Salman, selon un rapport d’Alberto Nardelli sur BuzzFeed. Mifsud aurait participé à un séminaire sur les problèmes de sécurité au Yémen organisé par le Conseil russe des affaires internationales (RIAC) et le Centre de recherche et d’études islamiques du roi Fayçal ». Il n’a pas été revu depuis le 21 mai 2018 à Zurich et on l’aurait annoncé ensuite se cachant en Italie (ici à gauche sa dernière photo connue avec un journal suisse portant la date citée, le Zurischesee Zeintung). Derrière lui, il aurait aussi laissé une amie (ukrainienne !), appelée Anna, parait-il, qui a donné depuis naissance à une petite fille dont il est le père.  Mais elle ne l’a plus jamais revu depuis !

Depuis, donc, tout le monde le recherche. Y compris des gens inattendus, que l’on attendrait plutôt regarder le plafond à l’annonce de sa traque…. Selon le Washington Post et le New York Times, en effet, « le président américain Donald Trump a envoyé le 27 septembre son procureur général William Barr en mission à Rome pour s’entretenir avec des responsables italiens à propos de la disparition de Mifsud ». Un écran de fumée supplémentaire pour laisser croire que l’équipe de Trump chercherait son contact, alors qu’il a bel et bien été caractérisé par Comey comme étant « un agent russe »  ???  Ou la constatation amère qu’encore une fois Poutine les avait bernés ?  Ou d’autres encore ?  Barr avait recommencé cette traque au disparu dès juillet 2019. Une agitation entretenue par les délires d’activistes d’extrême droite, et par le fantasque Giuliani, toujours le premier à vouloir attirer l’attention ailleurs alors que le danger se rapproche, ou quand il faut occuper le terrain médiatique en vue des élections, comme on va le voir.

Autre théorie tirée par les cheveux

Car il reste une autre théorie encore.  Celle proposée par un des associés de Mifsud devenu son avocat (ce qui la rend aussi fort douteuse avouons-le d’emblée). « Ce matin, j’ai reçu indirectement un message indiquant qu’il est en vie et qu’ils lui ont fourni une autre identité », a ajouté Roh, qui n’a pas identifié ses sources. Roh, qui est copropriétaire de Link Campus University à Rome, où Mifsud a enseigné, a déclaré que Mifsud lui avait directement nié avoir parlé à Papadopoulos des courriels de Clinton. Dans un livre publié récemment par lui-même, Roh a affirmé que, plutôt que d’être un espion russe, Mifsud était associé aux agences de renseignement occidentales. Mifsud « n’avait qu’un seul maître: le monde politique, diplomatique et intellectuel occidental, son seul foyer, dont il est toujours profondément dépendant », a écrit Roh et son co-auteur, Thierry Pastor, dans ‘The Faking of Russia-gate: Affaire Papadopoulos, une analyse d’investigation » (l’ouvrage, ici  à droite, mal étayé et rempli d’erreurs factuelles est resté fort confidentiel). «Après un examen attentif, oui, nous devons supposer que le professeur faisait très probablement partie du jeu, qu’il entretenait des relations étroites avec le monde des services de renseignement occidentaux et avec le réseau Clinton, et qu’aujourd’hui, il coopère pleinement avec les ordres d’agences de renseignements facilement identifiables – et qu’il n’est certainement pas un espion russe », a-t-il écrit. Roh a en outre décrit dimanche l’association de Mifsud avec les agences de renseignement occidentales, affirmant que le professeur n’était pas directement employé par elles. «Mifsud n’est pas un employé d’une agence spécifique. Il n’est pas membre du MI6. Il travaillait pour eux. Mais travailler pour eux ne signifie pas qu’il faisait partie de l’équipe », a déclaré Roh. » Difficile, non impossible, pourtant, de suivre cette théorie, avec un homme présenté comme supporter de Clinton par Roh venant balancer ses mails privés en cadeau à l’équipe Trump…  Ça ne tient pas une minute debout !

Une manipulation de l’extrême droite US

L’histoire des liens avec les occidentaux repose aussi sur le fait que les envoyés du FBI du procureur Mueller avaient questionné Mifsud à Washington en février 2017, lors de la longue enquête mais qu’au contraire de Papadopoulos, ils ne l’avaient pas inculpé et l’avaient laissé repartir. Les républicains y avaient vu une disparité choquante favorisant Mifsud au regard de Papadopoulos. En fait, n’étant pas citoyen américain, il ne pouvait pas le faire aussi simplement qu’avec son assistant, tout bêtement. Dans l’enquête, Mifsud est néanmoins cité 18 fois par Mueller. Les accusations d’appartenir aux services occidentaux provenant surtout du républicain Devin Nunes, chaud partisan bien entendu de Trump, qui n’a eu de cesse de relayer toutes les théories  du complot imaginables contre Trump.  Nunes, c’est aussi celui qui a accusé Obama d’avoir utilisé le FBI  pour l’espionner lui-même (et au passage Carter Page, autre envoyé de Trump pris dans le maelstrom de l’affaire) !!! L’homme n’en est pas à sa première sortie non contrôlée… (il se serait fait avoir en beauté par deux farceurs ukrainiens qui avaient clamé détenir de telles photos, cité par The Altlantic en 2018 !!!  Ils l’avaient en fait roulé dans la farine (2) !).  La théorie a depuis largement été agrandie et répandue, comme ici dans le site épandeur de « fakes news » Zero Hedge, sous le pseudo (commun à plusieurs rédacteurs) de Tylen Durden. Voici ce qu’on en pense : « le Dr Craig Pirrong, professeur au Bauer College of Business (en), écrit sur son blog personnel le 20 novembre 2014 « J’ai souvent écrit que Zero Hedge avait le modus operandi d’une opération d’agent pro soviétique et qu’il colportait indubitablement de la propagande russe ». Il ajoute qu’environ trois ans auparavant, il avait souligné les similitudes entre Zero Hedge et Russia Today. Le Décodex des vérificateurs de faits du Monde le classe en catégorie « diffuse un nombre significatif de fausses informations et/ou d’articles trompeurs » (3)… Donald, qui se nourrit tous les jours du contenu de ses sites complotistes axés sur le buzz de la désinformation, est le premier à dénoncer les médias effectuant un travail d’information comme étant des épandeurs de fake news !  On croit rêver, à voir cette inversion complète des choses, mais c’est ainsi depuis que la baderne blonde à la cravate aussi longue que ses mensonges a hérité du pouvoir… grâce à ses amis russes, qui l’ont nourri financièrement.

Un livre… copié-coller d’un autre dont l’auteur était Alex Jones !

Pour The Atlantic encore, l’ouvrage écrit par Roh ressemble surtout comme deux gouttes d’eau à un autre (ça c’est une belle découverte !): « le livre affirme en outre que Mifsud n’est pas un espion russe, mais est en réalité « profondément ancré dans le réseau des services de renseignement occidentaux ». Papadopoulos est également un « agent de renseignement occidental », affirment les auteurs, qui ont été « placés » dans la campagne de Trump par le FBI. En ce sens, le livre ressemble à celui récemment écrit par un autre obscur personnage détenu et interrogé par l’équipe de Mueller plus tôt cette année: Ted Malloch, un universitaire controversé basé à Londres et lié aux associés de Trump, Roger Stone et Nigel Farage. Dans son livre « The Plot to Destroy Trump: How the Deep State Fabricated the Russia Dossier to Subvert the President », Malloch affirme que l’activité de renseignement apparemment secrète liée à la campagne Trump n’était pas russe, mais occidentale. » Malloch a souvent été cité comme référence chez InfoWars, de l’histrion fascisant Alex Jones ce qui donne une idée du personnage… il y a diffusé en effet une vidéo intitulée « Davos Group Insider Exposes The Globalist Luciferian Agenda », ce qui là aussi définit…. son idiotie carabinée. Dans sa propre biographie, il n’a cessé de vanter des choses fausses, ce qui en a fait la risée du monde journalistique. Il n’est pas loin de Trump affirmant que son propre père est né en Allemagne, ce qu’il a clamé à diverses reprises alors que c’est complètement faux. Mais chez ces gens-là, on ne s’embarrasse pas trop avec la vérité, on le sait. On lui prête aussi une visite à Assange qu’il continue de nier (car elle leur serait trop dommageable, à eux deux !).

Un ultime contre-feu ?

Mifsud serait donc un agent occidental et non russe selon son vieux complice suisse ? La belle affaire ! L’intervention de l’ancien « patron » (et avocat) de Mifsud, Stephan Roh, l’affirmant ne laisse pas perplexe très longtemps quand on regarde de plus près ce qu’il et lui-même et pour qui il penche. L’homme, un suisse, président d’ILS Energy, une obscure société de conseil basée à Hong Kong, et de Drake Global Limited basé à Londres, toute aussi floue, est marié à Olga Chakhovskaya (ici à droite), une entrepreneuse russe, baronne d’Inchdrewer, qui est propriétaire d’un château écossais dans l’Aberdeenshire acheté 400 000 livres, le titre de noblesse en prime :  Stephan Roh est en effet depuis le baron d’Inchdrewer ( il a hérité en réalité à un prix exorbitant d’un château en ruine, inhabitable – ici à gauche) !

Claus Stephan Roh, il y a un temps (en 2005) a fondé une bien étrange société de services nucléaires appelée Severnvale Nuclear, dirigée par un scientifique, John Harbottle. Il est multicartes, puisqu’il dirige aussi ILS International Legal Services,  R&B Investment Group, plus un bon nombre de Trustee installés à Chypre, dont un chargé de gérer l’argent de l’oligarque russe Gleb Fetisov, ancien roi de l’aluminium déchu. Ce n’est pas le seul lien de Roh  avec des russes : « trois semaines après la victoire surprise de Donald Trump en 2016, Joseph Mifsud, Stephan Roh et un ancien responsable du gouvernement russe, Alexey Klishin, ont assisté à une conférence au campus de la Link University à Rome (où enseignait Mifsud). Les hommes ont notamment discuté des relations entre Trump, le Brexit et la Russie. Bien sûr, Mifsud avait ouvert par inadvertance, il y a plusieurs mois, l’enquête du FBI sur la Russie lorsqu’il avait déclaré à l’aide de Trump, George Papadopoulos, que des milliers de courriels avaient envoyé de la poussière à Hillary Clinton. Le public n’avait aucune connaissance de ce fait à l’époque. Klishin, un avocat qui a été sénateur de Russie de 2005 à 2009, a été photographié avec Mifsud et Roh à plusieurs reprises en 2016 et 2017. Par exemple, en janvier 2016, Mifsud a invité Klishin à prendre la parole à la London Academy of Diplomacy (LAD), dont Mifsud était le directeur. George Papadopoulos allait travailler pour Mifsud six semaines plus tard. Vers la fin de 2016, la future épouse de Papadopoulos, Simona Mangiante, travaillait également pour Mifsud » (comme on l’a vu). A gauche la photo montrant Alexei Klishin (ci-dessous à droite) avec l’ancien politicien italien Vincenzo Scotti (ancien secrétaire d’État aux Affaires étrangères dans le 4eme gouvernement Silvio Berlusconi et ancien maire de Naples), plus Joseph Mifsud et Stephan Ro, lors de la fameuse conférence citée, tenue à Rome dans la Link University où travaillait Mifsud, le 1er décembre 2016 (à droite son carton d’invitation).

Fait encore plus troublant, à peine la société nucléaire Severnvale Nuclear Services créée au Royaume-Uni, fin 2005, une société au nom très proche, Severnvale Nuclear Trading, était créée en Irlande, avant de changer son nom en Vinkins Holdings. Une importante somme d’argent (43 millions de dollars !) avait été versée dans l’entreprise, qui avait pourtant très vite fermée, laissant de lourds soupçons de paravent à du blanchiment. Ce que montre l’enquête de Forensic News c’est qu’« en 2013, un dépôt auprès de Vinkins Holdings a mis en lumière les véritables propriétaires de la LLC. Le dépôt indiquait qu’une société à responsabilité limitée (Cyprus Darken Trading) et une société à responsabilité limitée en Russie (NeftInvest KV) étaient toutes deux des filiales. Ces deux sociétés avaient des liens directs avec Alexey Klishin ». Nous revoici à Chypre, où l’un des mystères Trump demeure comme on l’a vu ici-même ! Un site Forensic News qui ajoute une couche côté lien avec les russes en écrivant en conclusion que « dans les semaines qui ont suivi l’interrogatoire de Mifsud par le FBI et lorsque les soupçons ont commencé à peser sur Mifsud et Papadopoulos, le professeur et son assistant se sont envolés pour Moscou et ont rencontré Evgeny Bazhanov, président de l’Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères de la Russie (photo ici à gauche). Bazhanov a été nommé à ce poste extrêmement prestigieux par le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Bazhanov lui-même était un ancien responsable diplomatique de la Russie et un haut responsable du Parti communiste dirigé par Mikhail Gorbatchev ». L’enquête de Forensic News a aussi découvert que « Stephan Roh, avocat de Mifsud, responsable des relations publiques et «de l’argent derrière [Mifsud]», selon Mme Papadopoulos (qui a travaillé pour Mifsud en 2016) a travaillé pour un homme d’affaires et sous-traitant du gouvernement russe, Gleb Ageev, en 2011. Les données d’entreprise britanniques montrent que La société «“R&B Secretarial Services» de Roh a commencé à travailler pour la société britannique «Helena Investments» d’Ageev en décembre 2011 et y est resté employé jusqu’en octobre 2016. R & B était le seul employé, à part Ageev ». L’assistante de Mifsud, Natalia ­Kutepova-Jamom, a affirmé qu’il avait bien établi des contacts avec des russes à plusieurs reprises.

Un humour suisse fort révélateur

Tout aussi inquiétant ou morbide comme humour, en février 2019, on découvrait qu’une des entreprises de Joseph Mifsud, représentée par Roh, appelée « Inverhold Ltd » venait de changer son nom en « The No Vichok Ltd », et ceci en avril 2018, deux mois à peine après l’attaque de Salisbury au gaz innervants, perpétré par des espions russes aujourd’hui bien répertoriés, visant un ancien ancien officier russe du renseignement militaire (et sa fille) ayant fait dissidence, Sergueï Skripal. Interrogé par le magazine BuzzFeed auteur de la troublante, découverte. Roh avait répondu fort cyniquement que « l’attaque par agent neurotoxique était une conspiration des services de renseignement occidentaux et la société était censée effectuer des recherches » (à ce sujet) ».  Glaçant !

Cette phrase est en fait la plus belle erreur que l’associé de Mifsud pouvait faire : comme un Giuliani, emporté par sa véritable personnalité, il venait ainsi en effet de révéler sa préférence, comme Mifsud, pour la version de Poutine !  Non, le cas de Roh est bien pendable et c’est bien un fanatique de Poutine !!!  Il s’est vendu lui-même en faisant changer le nom d’une de ses entreprises et en commentant après maladroitement pourquoi il avait agi ainsi !!! Il a ruiné tout seul la thèse d’un Mifsud espion « occidental » et non envoyé par Poutine, le condamnant par là même au rôle d’espion russe, indubitablement !!!

Pour le procureur Barr, comme pour Giuliani, malgré cela, Mifsud demeure pour eux un « counterintelligence operative, either Maltese or Italian » (selon le second) !!! A croire qu’il sont aveugles ! On constate aussi que fort adroitement, le même Claus Stephan Roh avait réussi à se faire photographier serrant la main de … Bill Clinton ! « Mifsud affirmera plus tard que, à cette époque, il est devenu un «membre» de la Fondation Clinton. Une personne familière avec la fondation a déclaré que l’organisation n’avait reçu que deux dons de la part de «Joseph Mifsud» – une série de petits dons d’un homme du Michigan totalisant 30 dollars entre 2000 et 2002 et un pour 50 dollars d’un résident de Londres en 2015. » Cinquante dollars pour paraître faire partie des partisans de Clinton, avouez que ça ne va pas ruiner un baron… écossais !!! On notera au passage cette étrange maladie consistant à obtenir à tout prix un titre de noblesse chez les partisans (frustrés) de Trump : rappelez-vous dans l’épisode antérieur le cas de Conrad Black !!!

On l’a oublié aussi, mais la mère de Chakhovskaya, a travaillé trente ans pour le KGB  selon Reddit. Et Mifsud connaissait très bien cette fameuse Olga, comme on peut le voir ici à droite.  La même Olga a raconté partout avoir fait ses études à l’Université de Berne, à la faculté de pédagogie et de psychologie. Un curieux est alors voir si cela était vrai, il n’a trouvé qu’une thèse au nom d’Olga Lemann-Vesselovskaya. Or la fille d’Olga s’appelle effectivement Nicole Lemann, et la fameuse Olga aurait donc été mariée précédemment à un suisse appelé Lemann, son nom de jeune fille étant bien en ce cas Vesselovskaya. Pour rester ancrée dans le gotha, sa propre fille s’est mariée avec Don Rafael de Casanova von Habsburg Lothringen (décidément la noblesse les obsède !). Olga, ancien mannequin, dirige maintenant Rohmir, une entreprise de mode haut de gamme qui compte parmi ses clients l’ex première ministre britannique Theresa May, paraît-il (ce qui n’est pas vraiment une référence, à vrai dire) ! Selon Roh, « ce n’est serait pas Mifsud qui aurait proposé la liste des mails à Papadopoulos« … et qu’il n’aurait «  pas touché un penny de son association avec les russes »… mais alors qui d’autre l’aurait fait ? Et pourquoi donc en ce cas son propre assistant Papadopoulis aurait-il ainsi menti ?

Demain encore, nous verrons à quel point l’emprise d’espions russes est forte sur la politique américaine. Poutine ne s’est pas contenté d’imposer son choix électoral, comme on va le voir. Donald n’est que sa marionnette, à l’évidence. Ou son jouet…

Aircraft Registry Digital Information System Letter

(1) Dans l’épisode précédent,  je vous avais parlé de son vieux Hawker 800 comme étant son moyen de transport. Ce n’est pas le seul, me signale un lecteur attentif…  selon lui, le Hawker M-VITO venu en 2012 de la fameuse Wells Fargo Bank a été ré-immatriculé en Russie (RA-02791) en avril 2019 mais ne semble plus être sorti de Russie depuis. Il a été remplacé par le Legacy M-ABEC, et Médiapart dit qu’il a aussi utilisé le Legacy M-NJSS. Le Hawker M-VITO appartenait bien au Beratex Group Ltd, des Seychelles, comme l’atteste le document joint et malgré les dénégations de Progozhine. Comme peut le voir, Progozhine n’est pas vraiment un artiste côté décoration d’appareils…  Les Embraer sont immatriculés dans l’île de Man, sous les noms de Rozelda Investments Ltd, (M-ABEC, acheté à Carys Investment Group Limited en mars 2018), et inscrit à Tortola, dans les îles vierges américaines, et sous le nom de Monoimpex Limited, qui apparaît… aux Seychelles (pour le M-NJSS, acheté à Saby Finance Ltd vu ici sur la Costa Brava en août 2016).  Monoimpex est aussi domicilié à Chypre… une société dirigée par Alexey Kobzev, repéré ici dans les Panama Papers. Comme on peut le voir ci-dessous, le nouveau territoire de conquête de Progozhine, c’est bien l’Afrique :

(2) L’histoire est assez pendable et donne une bonne idée des mœurs politiques en Ukraine :  « Le 10 avril 2017, l’adjoint d’Adam Schiff, haut responsable du comité du renseignement de la Chambre des députés, chargé d’enquêter sur la campagne de Donald Trump en vue d’une possible collusion avec le Kremlin, a répondu à l’appel lancé de longue date par Andriy Parubiy (Paroubiy), le président de la Rada, le parlement ukrainien. Parubiy (ici à gauche) a déclaré qu’il disposait d’informations potentiellement explosives sur la visite de Trump à Moscou pour le concours de Miss Univers en 2013. « Je tiens simplement à vous avertir que nos amis russes écoutent peut-être la conversation. Je ne partagerai donc jamais rien au téléphone avec vous que vous ne voulez pas qu’ils entendent », a averti Schiff. Mais Parubiy a persisté. «En novembre 2013, M. Trump s’est rendu à Moscou, au concours Miss Universe, où il a rencontré la journaliste et célébrité russe Ksenia Sobchak» (fille d’Anatoli Sobtchak, premier maire élu de Saint-Pétersbourg, elle a posé seins nus pour le Playboy russe et est devenue une fervente opposante à Poutine) a-t-il déclaré dans un anglais maladroit et accentué. Il a expliqué qu’en plus d’avoir des liens avec Poutine, Sobtchak est «aussi connu comme une personne qui fournit des filles à des escortes pour des oligarques. Et elle a rencontré Trump et elle lui a amené une Russe, la célébre Olga Buzova (ici à droite, elle semble porter assez de doré pour plaire à Trump, c’est vrai). »Schiff demanda sobrement une clarification, et Parubiy répondit directement: Sobchak, a-t-il déclaré, est un« agent spécial des services secrets russes » (c’est difficile à croire à voir ses actions anti-Poutine depuis des années…). Buzova « a obtenu des documents compromettants sur Trump après leurs relations courtes », a déclaré Parubiy. « Il y avait des photos de Trump nu. » Schiff n’a trahi aucune émotion. « Et donc, Poutine a été informé de la disponibilité du matériau compromettant? », A-t-il demandé. « Oui, bien sûr », a déclaré Parubiy. Poutine voulait que Trump soit informé que « tous ces documents compromettants ne seront jamais publiés si Trump annule toutes les sanctions imposées par la Russie ». La plus grosse bombe: il avait obtenu un enregistrement de Buzova et Sobchak parlant du kompromat alors qu’ils se rendaient en Ukraine. Il a déclaré à Schiff: « Nous sommes prêts à fournir [ces documents] au FBI. » Parubiy avait plus encore à dire. Il a raconté à Schiff les rencontres que Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, avait eues avec un chanteur de pop russe qui servait d’intermédiaire pour le Kremlin. Ils s’étaient rencontrés dans un café de Brighton Beach, une enclave d’immigrants russes à Brooklyn, où, a déclaré Parubiy, « ils ont utilisé un mot de passe spécial avant leurs réunions. »On pourrait dire: « La météo est bonne à Deribasovskaya. » était « Il pleut à nouveau sur la plage de Brighton. »… Ce qui semblait… totalement grotesque.  Le lien avec le chanteur (Emin Agalarov) se révélera en tout cas en effet exact, puisque ce dernier sera photographié -ici à gauche ) dans la Trump Tower même, avec Rob Goldstone, impresario russe, et Natalya Veselnitskaya, l’avocate russe de Trump accusée d’avoir lavé de l’argent sale chez Prevezon Holdings (un cas découvert par le défunt Sergei Magnitsky). En juin 2016, la réunion à la  Trump Tower avait réuni  Donald Trump Jr., Manafort, Jared Kushner, et Natalia V. Veselnitskaya (aujourd’hui mise en cause de façon plus grave encore). Il faut savoir que Parubiy en 1990 avait fondé le « Social-National Party of Ukraine », une allusion même pas voilée à Hitler, car il était bien néo-nazi. Après, il a soutenu en bonne girouette politique Viktor Iouchtchenko, puis Ioulia Tymochenko. Reçu à l’Assemblée française par de Rugy en juin 2018, la presse française avait rappelé qu’il était « contre l’avortement, contre l’organisation de la Gay Pride en 2012, contre l’arrivée de juifs hassidiques pour leur pèlerinage annuel, contre la sélection d’une artiste née de mère ukrainienne et de père africain pour représenter le pays à l’Eurovision… » On ignore s’il apprécie le homard, remarquez, en plus. Ou s’il collectionne les photos de nus.  En fait, tout cela était faux et Parubiy n’y était pour rien ; c’était l’œuvre de deux hackers russes, Vladimir Kuznetsov et Alexey Stolyarov alias « Vovan » et « Lexus », qui avaient semble-t-il réussi à berner Schiff (en fait pas du tout, car tout le texte est une fausse conversation !).  Choyés par le pouvoir, invités à la télévision russe, ils passaient leur temps à piéger des personnalités américaines, ayant réussi à prendre dans leurs filets le défunt John McCain (décédé d’un cancer du cerveau, on le sait) ou même Mitch McConnell, grand défenseur de Trump sinon son dernier rempart, le leader du sénat US qui ne veut toujours pas en démordre sur Donald. Une mini-entreprise de désinformation, des disséminateurs de fake news qui ne pouvaient que plaire à Poutine !

(3) c’est très bien observé aussi par le « Huff »:  « Lors des élections de 2016, le fantasme d’un gouvernement parallèle a grandi et s’est métastasé dans la presse de droite. À l’automne 2015, le blog d’extrême droite Zero Hedge, adepte du libéralisme économique et de la cryptomonnaie, a repris la théorie de Mike Lofgren. Dans deux publications remarquées de “Tyler Durden”, le nom de plume des blogueurs du site, Zero Hedge a amplifié sa déclaration, qualifiant cet État parallèle de dérivé moderne de ce que Dwight Eisenhower appelait autrefois le “complexe militaro-industriel”. Zero Hedge a été visionnaire, sans le savoir, puisqu’il a anticipé la paranoïa de Donald Trump en ces termes, dès novembre 2015: “Le prochain président héritera également d’un gouvernement fantôme, pleinement opérationnel et composé de fonctionnaires non élus qui sont les véritables dirigeants du pays ». Une fois semée, la petite graine complotiste a germé dans la presse conservatrice, notamment à l’approche des élections de 2016.”

Un très bon résumé de la situation aux USA ici :

https://www.huffingtonpost.fr/entry/trump-fait-tout-pour-inciter-ses-allies-a-adherer-a-sa-theorie-du-complot-preferee_fr_5d9619cce4b02911e1174c9c?utm_hp_ref=fr-homepage

le dossier fondamental :

https://www.occrp.org/en/laundromat/

 

Article précédent:

Un faucon maltais envolé, clé de l’affaire… Trump (1)

 

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    Hi, how were you able to confirm that M-ABEC is Prigozhin’s plane?

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