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Un faucon maltais envolé, clé de l’affaire… Trump (1)

Pourquoi donc un homme peut-il ainsi soudainement disparaître de la circulation, sinon craindre les représailles d’une affaire qui le dépasse ? Est-il parti soudainement se mettre à l’abri de sa propre initiative, où l’a-t-on aidé à s’envoler vers d’autres cieux , le visage refait comme le font les « repentis » des gangs de drogue risquant désormais leur peau ? Ou bien s’est-il retrouvé lesté de parpaings aux bout des pieds, au fond d’un lac italien ? Qu’est-ce qui a bien pu arriver à un obscur enseignant maltais (basé à Londres) ? Il travaillait dans une université romaine, et il a disparu le lendemain même où son nom venait d’être cité comme ayant rencontré l’obscur et jeune assistant de l’équipe Trump, George Papadopoulos ? Car depuis le 6 septembre 2018, plus personne ne l’a revu et son domicile est depuis resté vide.  Ses avocats ignorent où il est passé.  Envolé, disparu !!! Que faisait-il à Moscou au Valdai Club en avril 2016 (1) ?  Quel secret mettant sa vie en danger détenait-il pour ainsi  disparaître ?  Que craignait donc Joseph Mifsud ? Où est-il donc tout simplement passé ?`

L’histoire étonnante de la totale évaporation de Joseph Mifsud (ici à droite), c’est aussi une affaire qui résonne aujourd’hui avec l’étrange aveu de l’équipe Trump d’avoir aussi appelé à l’aide… l’Australie, après avoir cherché celle de l’Ukraine (voir notre épisode précédent). Voire depuis hier la Chine, Donald devenant incontrôlable…

Après l’Ukraine, l’Australie ?

Pourquoi donc l’Australie, ça s’explique très vite en fait : les Australiens avaient en fait été les premiers à avertir le renseignement américain (alors sous la direction d’Obama) d’une possible ingérence russe dans la campagne présidentielle, un peu avant la mi-2016, des services secrets étrangers les ayant déjà alertés l’année précédente.  Le site WikiLeaks n’avait alors pas encore publié des milliers de mails piratés du Comité National démocrate, extraits d’un serveur pompé par l’équipe de hackers russes.  Cela tout le monde le sait et personne ne le remet en cause.  L’enquête du procureur Mueller est arrivée aux mêmes conclusions et une toute récente décision américaine a renforcé l’idée en nommant des responsables ayant agi de même, mais cette fois pour des tentatives d’interférence dans les élections de mi-mandat de 2018, en citant comme tête pensante de l’opération Yevgeny Prigozhine, celui qui a l’oreille de Poutine et qui dirige la horde de trolls à ses bottes, la crainte du département du Trésor US portant cette fois sur les élections à venir, celles de 2020.

Les services américains du FBI n’avaient eu aucune difficulté à la découvrir, en 2016, cette intrusion, Hillary Clinton, pas très au fait de l’usage protégé de l’informatique, ayant continué à utiliser bêtement et bien imprudemment sa boîte mail personnelle pour communiquer à l’extérieur. Le directeur du FBI, James Comey, déclarera dans cette affaire qu’elle avait agi avec trop de légèreté (« extremely careless »), et sans autre arrière-pensée. L’amoncellement de courriers diplomatiques contenus représentait une mine bien entendu, on s’en doute, pour prendre de revers la candidate US. Un homme que l’on peut peut penser intègre, le directeur du FBI, James Comey, avait dénoncé cette découverte fort gênante pour le pays en général, juste avant l’élection  : il avait passé alors pour un traître aux yeux des démocrates.  Dans son livre (ici à droite), qu’il faut absolument lire, où il s’en explique avec conviction, il affirme avoir agi dans le sens du respect de la loi seule, ce qu’on peut en effet entendre rétrospectivement, même si le timing de la révélation s’était avéré fort… maladroit :  il avait en effet relancé l’affaire des emails démocrates en annonçant, dans une lettre au Congrès, rouvrir l’enquête sur Hillary Clinton au mois d’octobre 2016, juste avant les élections, offrant alors un tapis royal à Trump.  En somme, il avait effectivement fortement nuit à la candidature démocrate, mais pouvait-il ne pas le faire sans trahir la Constitution ?  Aujourd’hui, avec recul, je pense qu’il ne pouvait ne pas le faire, effectivement : Hillary avait été trop légère, et cela devait être su, même si ça pouvait lui coûter l’élection.  Comey est un homme de droit, pas de sentimentalisme électoral. Si Comey a pris quelques libertés avec les règles, comme un épais rapport l’a démontré, il a agi en toute bonne foi.  Il aurait simplement  dû prévenir sa supérieure de l’époque, Loretta Lynch de sa démarche, c’est la seule chose à lui reprocher.

Des gens avaient su avant la révélation officielle

Les australiens en fait, avaient appris avant tout le monde et fortuitement que les mails de la candidate à l’élection présidentielle étaient « disponibles », sur un serveur mal protégé, et donc susceptibles de ruiner sa campagne.

Découverts par des hackeurs russes, qui s’étaient empressés de contacter Julien Assange qui fera semblant de ne pas savoir d’où ça venait… C’est en effet l’ambassadeur d’Australie à Londres, Alexander Downer qui avait hérité d’une confidence inattendue… Le soir à Londres, dans un bar de la capitale (celui du Kensington Wine Rooms), un des (jeunes) conseillers de Donald Trump sur les questions internationales, George Papadopoulos, un peu éméché après plusieurs verres semble-t-il (ce qu’il a nié lors de sa déposition), ou par vantardise sur son nouvel emploi, lui avait en effet confié que Moscou possédait «de quoi salir» Hillary Clinton, selon ses propres termes.  Dans la conversation, portant sur les chances des candidats US en lice, le jeune Papadopoulos avait « ajouté que l’une des raisons était que les Russes pourraient divulguer des informations susceptibles de nuire à Hillary Clinton. »  Bref, que l’équipe de Trump avait appris quelque chose de compromettant avant tout le monde… peu après le rendez-vous, Alexander Downer et Erika Thompson, conseillère politique à la London High Commission australienne avaient décidé de câbler aussitôt l’info à Canberra.  On notera que Thompson était aussi la petite amie de Christian Cantor, qui était conseiller à l’ambassade d’Israël à Londres… et chaud partisan du Brexit.  On ignore si c’est alors remonté jusque Benjamin Netanyahu, mais on peut fortement le supposer.

Ce qui signifiait aussi que Julien Assange était en contact étroit avec les Russes (et que l’équipe Trump était en contact avec Assange !), ce qu’Assange lui-même n’a bien entendu jamais accepté d’avouer, malgré sa proximité révélée en photo avec l’un d’entre eux, Israel Shamir, un antisémite notoire, ami de Dieudonné (la preuve en photo ici à gauche et à droite).  Shamir étant même son représentant officiel au consulat de Russie à Londres  !!!  Assange oubliant aussi son travail après pour les russes au sein de Russia Today et ses interviews dont celui du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ou du faucon néoconservateur américain David Horowitz, qui n’ont pas l’air de l’avoir du tout gêné… Les défenseurs inconditionnels d’Asssange ont gardé de belles œillères, à avoir oublié ses perfides manigances.  Personne ne peut non plus oublier la correspondance entre Assange et « Don » Junior Trump reporté ici par The Intercept : « le fils du président Donald Trump Jr. était également en contact avec WikiLeaks pendant la campagne de 2016 et après, également par le biais de messages privés sur Twitter. En novembre dernier, The Atlantic a fourni des informations détaillées sur ces messages, indiquant que WikiLeaks avait contacté Trump Jr. pour la première fois en septembre 2016 et que le fils du président avait facilement répondu. En octobre 2016, selon The Atlantic, WikiLeaks a envoyé un message à Trump Jr.: «Hé Donald, je suis ravi de vous voir parler, vous et votre père, de nos publications. Suggérez fortement à votre père de tweeter ce lien s’il nous mentionne. La presse manque beaucoup d’histoires fantastiques et nous sommes certains que vos proches les trouveront. Nous venons de sortir Podesta Emails Part 4. ” « Deux jours plus tard, Trump Jr. a tweeté le lien »…

Le rôle trouble de Roger Stone

Pour accéder au serveur Microsoft détenant les mails d’Hillary (une vraie passoire, tout le monde le sait), les hackers russes avaient installé un Cheval de Troie appelé Gruccifer 2.0.  Une équipe américaine de spécialistes accourus, ThreatConnect, avait fait son enquête sur l’attaque et avait déterminé que derrière se dissimulait un membre du GRU, se dissimulant derrière un VPN. Derrière ce jargon propre aux informaticiens, on avait bien découvert une intrusion massive des hackers russes dans la campagne électorale, ne visant que la candidate démocrate et favorisant plutôt son adversaire ou répandant le chaos dans les esprits des électeurs.  Je vous ai conté ailleurs (lire ici) comment des proches de Trump avait appris cette intrusion et son contenu.  Pour aller s’en vanter aussitôt après, car ce n’est pas non plus l’intelligence qui les caractérise, à voir l’individu concerné : Roger Stone. Il « avait révélé le même jour qu’il savait à l’avance que Wikileaks allait sortir les mails d’Hillary Clinton, adressé à John Podesta  : « Croyez-moi, le Podesta sera bientôt dans le tonneau. #CrookedHillary », avait-il tweeté avec une grande inconscience le 21 août 2016.  Et il a même récidivé en écrivant le  1er octobre 2016 que « Mercredi @ HillaryClinton sera finie ».  Et deux jours plus tard que « je suis totalement confiant que @wikileaks et mon héros Julian Assange informeront bientôt le peuple américain #LockHerUp »…(cf « jetez-là en prison », le slogan de Donald Trump, à propos d’Hillary Clinton et de ses mails, alors que sa propre fille a fait exactement la même chose !!!).  Le hic étant que Trump, toujours aussi provocateur, avait en quelque sorte « demandé » aux russes le contenu des mails le 27 juillet 2016 « s’ils étaient en leur possession ».  Or la veille, son beau fils Jared Kushner et son homme de confiance, Paul Manafort étaient à Moscou… Jared avait reçu comme mail d’invitation pour  Moscou « la part de l’aide de la Russie et de son gouvernement pour Mr Trump »… Stone savait, Manafort savait, Kushner savait, Assange savait, Poutine savait…. et Trump aussi, et il l’avait même plus ou moins déjà avoué le 27 juillet, en fanfaron incontrôlable qu’il est !!! » vous avais-dit le 10 décembre 2018, ici-même.  Au sein du premier cercle trumpien, celui des plus vieux amis, on pouvait se gargariser avant l’annonce officielle… faite par Wikileaks.

L’équipe de Trump était donc à fortiori en contact avec Julien Assange, l’un des principaux responsables  de la victoire de Trump, il faudrait s’en rendre compte un jour.  Le jeune assistant de l’équipe de Trump, fraîchement nommé, Georges Papadopoulos l’avait su également. Il tenait, avait-il dit au fameux bar décrit plus haut, le renseignement d’un obscur professeur maltais qui était bien en contact avec le Kremlin, Joseph Mifsud, qui assistait régulièrement aux réunions du Club Valdaï, une réunion d’hommes plutôt de droite soutenant la Russie (d’extrémistes en partie, mais aussi d’hommes de droite l’étant moins) venus d’horizon et de pays différents à laquelle Vladimir en personne assistait depuis 15 ans, comme ici en 2018 (à Sotchi).  On le présente parfois comme le Davos russe. J e vous ai retrouvé un surprenant intervenant français cette année-là :  Jean-Pierre Raffarin, posant une question sur la paix qui a fait sourire Poutine et qui l’avait fait répondre en débitant des platitudes !!!  Surprenant !

Trump élu, on sablait le champagne à Moscou !!!

Trump une fois élu, à la surprise générale il faut bien le dire, on avait eu droit à une scène incroyable… à Moscou.  Une scène immortalisée par une photo déjà oubliée de tout le monde (ça sert d’avoir des archives comme ici celle du 9 novembre 2016).  C’est la fort conservatrice Jamestown Foundation, proche de la CIA, qui l’avait gardée, et l’avait ainsi décrite : « la nouvelle de la candidate démocrate à l’élection présidentielle Hillary Clinton concédant la course à Donald Trump a été accueillie par des applaudissements spontanés de la part de la Douma d’Etat (chambre basse du parlement russe) contrôlée par le Kremlin lors d’une séance plénière. Vladimir Jirinovski, politicien nationaliste flamboyant lié au Kremlin et chef du Parti démocrate libéral, a invité les députés et les journalistes accrédités à la Douma à le rejoindre dans le déballage des bouteilles de Champagne pour célébrer la victoire du président élu Trump (Interfax, 9 novembre). Le président russe Vladimir Poutine a rapidement félicité Trump et exprimé l’espoir d’une amélioration de ses relations (Interfax, 9 novembre). Zhirinovsky a appelé Trump à rappeler de Moscou l’actuel ambassadeur des États-Unis, John Tefft, qui, selon Jirinovsky, « hait la Russie ». Une présidence de Trump pourrait tout changer dans les relations américano-russes, a poursuivi Zhirinovsky: « Les problèmes en Syrie et dans L’Ukraine seront résolus et tout ira bien. Oubliez Hillary, le peuple américain ne veut pas d’engagements à l’étranger »(RIA Novosti, 9 novembre). »  Pour ce qui est de John F. Tefft (ici à gauche en 2014 à sa nomination rencontrant l’incontournable Patriarche Cyrille), il est en effet parti en 2017, à la fin de son mandat, après avoir servi cinq présidents différents (Bill Clinton, G.W. Bush, Barack Obama et… Donald Trump (il a été ambassadeur en Lituanie et en… Ukraine).  En juin 2017, il souhaitait davantage de coopération avec la Russie, via une réunion particulière, celle de Fort Ross en Californie, créée en 1812 et pour la première fois tenue en Russie à Pskov et à Izborsk. Tout le contraire de ce qu’affirmait l’extrémiste Jirinovski, appelé, rappelons-le, « le Trump Russe«  !!! La fondation rappelant à ce propos un étrange sous-entendu : « Jirinovski est connu pour être un porte-parole officieux du Kremlin et pourrait être au courant de certaines ententes supposées sous le manteau  (TVN24, 10 novembre) entre l’équipe Trump et les autorités russes.  Si, après son entrée en fonction, Trump remplace l’ambassadeur Tefft à Moscou par un représentant de son goût, cela pourrait indiquer que le nouveau gouvernement est prêt à engager toutes sortes de négociations avec le Kremlin ». Parlait-il de Paul Manafort, cité partout déjà ? Un rapport déclassifié des renseignements US du 6 janvier 2017 citait Jirinovski (ici à gauche)…. : « le procureur du Kremlin, Vladimir Jirinovski, dirigeant du parti nationaliste libéral démocrate de Russie, a proclamé, juste avant l’élection, que si le président élu Trump était élu, la Russie « boirait du champagne » dans l’espoir de pouvoir faire valoir ses positions sur la Syrie et l’Ukraine »...  Juste avant l’élection, il avait aussi affirmé aux citoyens américains que s’ils ne votaient pas Trump, ce serait la guerre nucléaire qui les attendrait !  « Les Américains qui votent pour un président le 8 novembre doivent se rendre compte qu’ils votent pour la paix sur la planète Terre s’ils votent pour Trump.  Mais s’ils votent pour Hillary, c’est la guerre.  Ce sera un film fort court. Il y aura des Hiroshimas et des Nagasakis partout,

A la place de Tefft, Trump avait nommé Jon Huntsman, un riche mormon, ancien rival de Mitt Romney, comme représentant à Moscou (Obama l’avait nommé en Chine après qu’il ait soutenu McCain !).  Lors de son audition par les élus US, il avait dit lui « qu ‘il ne fait aucun doute que le gouvernement russe a ingéré dans les élections américaines de l’année dernière « .  Une délicate mission l’attendait donc !  Il n’a pas tenu plus de deux ans.  Il a quitté son poste le 3 octobre dernier. (mais il est atteint d’un mélanome).

« Quatre personnes dans une pièce » 

A ce moment là encore, le nom de Mifsud, qui avait su avant tout le monde et l’avait avoué à son assistant trumpien, ne disait strictement rien à personne :  L’homme avait passé des années, visiblement, à se tisser une belle couverture nous dit The Intercept :  « Mifsud a passé des années en tant qu’universitaire nomade, avec des affectations d’une importance incertaine dans des institutions de toute l’Europe, dont plusieurs semblent avoir eu lieu à peu près au même moment. Il a été décrit à plusieurs reprises comme professeur à l’Université de Stirling en Écosse, le «directeur honoraire» de la London Academy of Diplomacy; professeur «honoraire» à l’université d’East Anglia, et professeur invité à la Link Campus University de Rome. Auparavant, il aurait occupé un poste au London Center of International Law Practice, où George Papadopoulos a également travaillé pendant quelques mois en tant que directeur du Centre pour le droit et la sécurité internationale de l’énergie et des ressources naturelles. La vie académique et les antécédents de Mifsud fourniraient une couverture parfaite pour un atout de renseignement. Ses compétences lui permettaient de faire partie du circuit universitaire européen, mais ses publications ne pouvaient résister à un examen minutieux une fois que son nom avait été révélé dans l’affaire Trump-Russie (ici à gauche à l’Université  de Sterling avec Sir George Reid, qui est aussi membre du parti national écossais).  Quartz a rapidement découvert que le «Centre de droit international de Londres» n’était rien de plus que «quatre personnes travaillant dans une arrière-salle non décorée, qui ont toutes refusé de commenter».  L’homme s’était longuement fabriqué une fausse carrière universitaire, à l’évidence, mais dans quel but ?  Cela lui avait pris du temps, en tout cas… et de l’argent.  D’où venaient donc ses subsides pendant ce temps ?

En contact avec un « professeur » et une « nièce de Poutine » ? 

Le jeune Papadopoulos (ici à gauche et à droite  avec sa femme, une poseuse devenue blonde) s’échinait alors à organiser une rencontre directe entre Trump et Vladimir Poutine, ou une à Moscou avec le gouvernement russe, sans trop réussir à y parvenir pour l’instant. Une chose au moins l’avait « boosté » : Le co-président de la campagne Trump, Sam Clovis (ici à gauche), venait de lui annoncer qu’il avait été choisi comme l’un des « conseillers de politique étrangère » de la campagne de Donald Trump.  Clovis, ancien officier de l’armée de l’air nommé à… l’Agriculture et à la Recherche par Trump, un climato-sceptique tout sauf scientifique, opposé à l’éducation (il déteste les mots en « isme », comme… féminisme), devenu homme de radio à sa retraite. Bref, un bon résumé de l’ineptie régnante (et pesant son poids) à Washington ! Papadopoulos, dans tous ses efforts pour bien faire sa nouvelle mission, avait donc rencontré des émissaires russes, à défaut de rencontrer Poutine en personne. Jeune envoyé désireux de bien faire, il en avait fait trop et s’était montré trop visible, ce que le procureur Mueller enquêtant sur les liens entre Trump et les russes n’avait pas manqué de remarquer. « Interrogé en janvier 2017 par le FBI, George Papadopoulos a toutefois menti sur les dates et minimisé ses échanges avec un mystérieux «professeur» et une Russe présentée comme la «nièce» de Vladimir Poutine » écrit ici Libération. « Selon son équipe de défense, il voulait garder ses chances d’obtenir un poste dans l’administration du désormais président Trump. Arrêté en juillet 2017, passé au grill, il a plaidé coupable de faux témoignage en octobre et accepté de collaborer avec les enquêteurs dans l’espoir d’échapper à une peine de prison ». La fameuse « nièce » s’appelait en fait  Olga Polonskaya alias Olga Vinogradova, et le « professeur » Joseph Mifsud. Le troisième homme de l’affaire étant Ivan Timofeev (ci-dessous à gauche), le Director of Programs at the Russian International Affairs Council (RIAC) depuis 2011, jeune tête pensante du régime de Moscou. Ce dernier sera fort tranchant à l’évocation des efforts de Papadopoulos, lâché sans expérience dans les relations diplomatiques : « nous n’avons pas fermé la porte à l’homme, mais nous ne l’avons pas prise au sérieux », a déclaré Timofeev à CNN plus tôt cette année dans son bureau de Moscou. « Il était très enthousiaste. Il s’intéressait beaucoup à la Russie et à l’amélioration de ses relations, mais il semblait si peu professionnel et si peu préparé à une conversation sérieuse. »  Un amateur, en quelque sorte, balayé d’un revers de main par le représentant russe à l’air peu amène (à droite, une photo prise lors du symposium Valdaï avec Misfsud à gauche et Timofeev seul à droite).  A droite ci-dessous, un George Papadopoulos beaucoup plus détendu venu raconter avec sa femme (Simona Mangiante), employée elle aussi de Mifsud, ses 12 jours de prison après sa condamnation (bien légère) après l’inculpation de Mueller.  Les voici devenus touristes de plateaux-télés américains !!!  A la télé, Simona seule était auparavant venu dire qu’il n’était pourtant pas le « coffee boy » tel que l’équipe de Trump l’avait présenté, mais qu’envoyé par Clovis, il était bien aussi en contact avec Michael Flynn... accusé par Mueller, puis négociant avec lui des aveux. Flynn avait été découvert avant avoir tenu des conversations téléphoniques directes avec Sergey Ivanovich Kislyak, l’ambassadeur de Russie aux États-Unis. Trump, en l’apprenant, était alors venu faire pression directement sur Mueller en tweetant «  J’espère que vous pourrez juger bon de laisser passer ça, de laisser Flynn. C’est un bon gars. C’est quelqu’un de bien. J’espère que vous pourrez laisser tomber ». Ci-dessous, la mise en scène de la libération de George après 12 petites journées de prison : admirez le décorum !

George parle beaucoup après quelques verres

Tout avait commencé donc devant un verre ou deux à Londres. Le 2 avril 2018, dans un night club connu de Chicago, l’Hydrate, revoici George devant un verre… ou deux, en compagnie cette fois, devant un nouveau témoin, pour lui faire un autre aveu, relevé par Jason Wilson, un ingénieur informatique de Chicago qui s’est empressé d’aller le raconter à Think Progress (photo ici à l’appui de Wilson devant le bar cité). « Wilson a déclaré avoir reconnu Papadopoulos et son épouse Simona Mangiante à Hydrate, une boîte de nuit de Chicago, jeudi soir à environ 23 heures. Wilson s’est assis à leur table et il s’est présenté. Il a dit que le couple, qui buvait de la vodka, était extrêmement sympathique et un peu flatté que Wilson les ait reconnus. Après une conversation sur la ville et leur mariage, Wilson aborda le sujet de l’enquête sur la Russie, demandant à Papadopoulos s’il pensait que Wilson serait déçu lorsque tous les faits seraient révélés. Papadopoulos a répondu que les choses «venaient tout juste de commencer» et a souligné le rôle de Sessions, en particulier son lien avec les contacts de Papadopoulos avec Mifsud ». L’ingénieur ajoutant « «Jeff Sessions m’a encouragé à découvrir tout ce qu’il pouvait sur les emails piratés d’Hillary Clinton mentionnés par Mifsud ». L’équipe des amateurs de Trump était bien à la pêche aux infos des proches des russes, sinon des russes eux-mêmes… L’ex-procureur général raciste de l’Alabama aura deux rencontres au moins avec des émissaires russes pendant la campagne électorale, dont l’ambassadeur Sergey Kislyak, révélées par le Washington Post. L’une des rencontres discrètes avait eut lieu au Mayflower Hôtel et un cliché avait fuit (ici à gauche).  Sessions avait éludé en parlant de conversations de « sénateur » et non de «  responsable électoral : « le 21 juillet 2017 un article du Washington Post laisse toutefois entendre que des communications de l’ambassadeur russes interceptées par les services de renseignement américains montreraient que les discussions ont porté sur la campagne électorale, y compris sur des questions politiques importantes pour la Russie ». Le FBI l’avaient déjà coincé, en écoutant… les russes !  A partir de ces révélations, les reproches de Trump à son égard vont aller grandissant.  Il démissionnera de son  poste le 7 novembre 2018, devenu le maillon faible de la relation de l’équipe Trump ayant poussé de l’avant Papadopoulos…. A propos de lui, Sessions avait donc menti à Robert Mueller : il lui avait dit qu’il avait « repoussé »l’offre de contacts du jeune envoyé !!!  Un parjure !

Plus tard, le jeune couple largement étalé sur le net devenu coqueluche des médias, (il fait aujourd’hui des conférences (?) ici et là ou se retrouve invité un peu partout).  Comme ici chez de jeunes partisans de Trump, ce qui peut paraître étonnant, aussi bien que chez des gens hostiles à Trump. Mais ils ont fait mieux (ou pire ?) lors d’un énième plateau télé (lors de leur retour sur un plateau en mars 2019), en se faisant plus ou moins piéger par un présentateur plutôt malin de MSNBC, Ari Melber, à qui ils diront d’abord sur un ton badin que Mifsud aura été en quelque sorte « leur Cupidon », car ils se sont « rencontrés grâce à lui » et que leur vie est en effet « pleine de coïncidences ».  Mais ce jour là Simona Mangiante avait aussi lâché de façon étonnante que « l’on finira par penser que nous l’avons tué »… reprise à la volée par Melber :  « en tant que journaliste, je vais vous demander si vous aviez quelque chose à voir avec sa disparition ? » ce à quoi elle a répondu « Non »…. « Non. » Abondant dans le sens de l’élimination physique crainte et redoutée de Joseph Mifsud !!!  Le voici enterré en beauté en direct à la télévision !!!

En somme, le bien léger Papadopoulos, était à l’image même de l’équipe d’amateurs qui venait de remporter l’élection présidentielle US… grâce à l’ingérence russe, encore dénoncée tout récemment lors des dernières élections de mi-mandat comme on vient de le rappeler. Parmi eux, le principal visé, Evgueni Prighozine le « chef des trolls », qui a été inculpé par Robert Mueller pour ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, pour avoir aidé donc Donald Trump à conquérir la Maison Blanche. L’homme à la bougeotte, à bord de son vieux jet privé Hawker 800 (mais bardé d’antennes de communication, ici à gauche), aperçu un peu partout dans le monde… Des services spéciaux d’autres pays que les USA avaient pourtant alerté sur l’intense hacking russe de l’armée de trolls russes dès 2015.  Parmi eux la DGSE française, ou les hollandais mais aussi les allemands, les polonais et les estoniens.  Le secrétaire de la Défense James Mattis, début décembre 2018 l’avait clairement affirmé lui aussi pour les élections de mi-mandat de 2018.  Son intervention a été récompensée par Trump par son éviction forcée, Mattis démissionnant au prétexte officiellement du retrait américain de Syrie le 19 décembre 2018.  Trump ne supporte aucune allusion au rôle de la Russie dans son élection passée… comme pour la prochaine, ou alors tente désespérément d’en détourner l’attention en créant le doute partout où il peut trouver un millimètre discutable.  C’est sa technique, elle est… invariable.

La fiancée du stagiaire aurait remarqué que quelque chose clochait

C’est le Gardian qui, le 18 janvier 2018, va nous dresser je pense le meilleur tableau des activités fort mystérieuses de Joseph Mifsud en retrouvant la fiancée de Georges Papadopoulos, Simona Mangiante, devenue entre-temps sa femme (elle a été aussi mannequin et actrice et à même joué le rôle de Brigitte Bardot dans un film tv) :  ce qu’elle décrit est assez étonnant (ici elle pose en martyr de son futur mari avec une affiche compliste du « deep state »…une idée de Peter Dale Scott devenue « Etat Parallèle » chez les partisans complotistes de Trump.) « Elle a été présentée à Mifsud vers 2012 par Gianni Pittella, un eurodéputé italien bien connu qui est devenu en 2014 président du groupe des socialistes et des démocrates progressistes. «J’ai toujours vu Mifsud avec Pittella», dit-elle (…) Mangiante travaillait alors pour deux hauts fonctionnaires du Parlement européen, Mairead McGuinness – vice-présidente – et la prédécesseure italienne de McGuinness, Roberta Angelilli (…). Lorsque son contrat a expiré, Pittella lui a suggéré d’aller travailler pour Mifsud à Londres, une ville qu’elle aimait beaucoup. Le professeur lui a proposé un emploi en 2016 au London Center of International Law Practice(leur site est complètement vide).  Elle a été recrutée, pense-t-elle, à cause de son vaste «carnet de contacts» bruxellois. Le bureau situé sur une élégante terrasse géorgienne surplombant le Lincoln’s Inn Fields à Londres (le plus grand square verdoyant de la capitale) était nettement à l’étroit. Il y avait une seule table autour de laquelle se trouvaient Mangiante et ses collègues. Ils ont apporté leurs propres ordinateurs portables. L’endroit était «très en désordre», a déclaré Mangiante. « J’avais l’impression que quelque chose était bizarre. » Selon Mangiante, l’activité diplomatique de Mifsud était une façade. « Je n’ai jamais rencontré de Russes là-bas … Mais le centre n’était certainement pas ce qu’il prétendait être » dit-elle. Bref, d’elle-même elle avait constaté que c’était une façade complète !!!  Travaillant sous les ordres d’un Mifsud décrit « comme «très intelligent» selon elle. « Il lui parlait couramment en italien, avait un bon sens de l’humour et se vantait de ses relations politiques à travers le monde. Elle a toutefois ajouté: «Il était plutôt fermé, quelqu’un dont vous ne pouvez pas lire les intentions. Il était vague à propos de tout. Il ne répondrait pas directement aux questions. Je ne comprenais jamais ce qui se passait derrière lui. À la fin du mois d’octobre 2016, Mangiante a adressé une lettre en colère à Mifsud, se plaignant d’avoir été dupée à travailler pour rien. Elle payait un loyer sur son appartement partagé à South Kensington avec ses économies (Mifsud ayant oublié de la payer !). Mifsud a répondu le 29 octobre 2016 à 1h30 du matin, à partir de son adresse e-mail de l’université de Stirling, en italien: «Chère Simona, J’espère que tu vas bien… J’étais à Moscou… Maintenant je suis à Londres. Pouvons-nous nous rencontrer en personne? Je suis ici jusqu’à mardi soir. Bises. J ”. Ils ne se parlèrent plus jamais. Mangiante a quitté son poste après trois mois, en novembre 2016. Mangiante indique qu’un collègue de Mifsud lui avait promis un salaire de 2 500 £ par mois, mais on ne lui a rien versé. Son iPhone officiel a cessé de fonctionner ». Qui donc pouvait se permettre ainsi de faire fonctionner un bureau de quatre personnes, payées ou pas en plein Londres, à un endroit prestigieux au tarif élevé, sans produire quoi que ce soit de tangible ? Non, la seule solution c’est que c’était une couverture pour une autre activité, et celle qui vient immédiatement à l’esprit est celle de l’espionnage bien sûr ! Mais qui donc aurait pu s’intéresser à une jeune fille éprise d’un jeune homme, pris ici en photo à la table de réunion présidée par Donald Trump ??? Sinon une entreprise d’espionnage désireuse de s’approcher du pouvoir en choisissant son plus faible – et plus jeune-  maillon ? Aurait-on placé Papadapoulos dans les serres de Mifsud… sciemment ? Cette crainte semble légitime. A nous de retrouver qui souhaiter ainsi espionner ! Ou qui était vraiment la jeune fille qu’on lui avait fait rencontrer (je parle ici de sa fiancée d’alors, épousée depuis, ci-dessus déguisée en espionne lors d’un fête d’Halloween) ! A-t-elle dit la vérité sur ses activités londoniennes et ses relations avec Joseph Mifsud ?

La fille de l’air, évaporée elle aussi

Depuis, il faut le noter que la jeune marionnette accompagnant Mifsud a elle aussi disparu comme par magie nous explique ici le Daily  Beast : « Polonskaya a renforcé ses protocoles de confidentialité sur les réseaux sociaux tôt le matin à 19h00, heure de l’Est des États-Unis, remplaçant sa photo de profil sur Facebook par un de ses chats et rendant son compte privé pour que les photos et les messages qui étaient visibles plus tôt cette semaine ne soient plus disponibles pour les non-amis (ici à droite sa page depuis effacée, retrouvée en cache). Elle n’a pas répondu à plusieurs demandes de commentaires tout au long de la journée. Âgée de 32 ans, elle vit à Saint-Pétersbourg et est diplômée de l’Université polytechnique de Saint-Pétersbourg, selon ses publications auparavant visibles sur les médias sociaux (à gauche dans la colonne Facebook de ses endroits préférés… le consulat de St Petersbourg !) . Certains de ses comptes de médias sociaux suggèrent qu’elle travaille pour une société d’importation de vin russe. Olga Vinogradova, le nom rapporté par Politico jeudi, était son nom de jeune fille (ici à droite deux selfies effacés de son site). Vendredi soir, le New York Times a annoncé qu’elle s’appelait maintenant Polonskaya et que Mifsud était le professeur qui l’avait présentée à Papadopoulos. Le frère de Polonskaya, Sergei Vinogradov, a déclaré au Times qu’elle n’avait jamais travaillé pour le gouvernement russe et avait été présentée à Papadopoulos lorsqu’elle discutait d’un stage avec Mifsud. Elle ne parlait pas assez bien l’anglais pour suivre pleinement la conversation entre Papadopoulos et Mifsud, a-t-il ajouté. «C’est totalement ridicule», a-t-il déclaré. «Elle n’est pas intéressée par la politique. Elle peut à peine faire la différence entre Lénine et Staline. « C’est fou ce que les stagiaires ont pu jouer un rôle déterminant dans cette affaire… faute de « cerveau » pour les diriger. Les éléments du compte effacé ont été retrouvés par Tony Sheridan, journaliste indépendant irlandais.  Ci-dessous, la page remaniée de Polonskaya, où son visage a fait place à celle d’un chat banc :

Après la disparition du principal intéressé, voici l’effacement progressif des traces laissées par son assistante… comment ne pas penser à de l’espionnage, encore une fois ?

L’interview étonnante de Rolling Stone 

Le 13 janvier 2018, les deux tourtereaux Papadopoulos, devenus les rois des réseaux sociaux ou des plateaux télé, accordent une interview à Rolling Stone (il faut bien vivre… ils n’ont plus d’emploi) et déballent leur étrange ressenti de l’affaire…. « Comme si j’avais dit « allez, à cinq on s’en va », dit George, il a invité Simona à se rendre en Grèce, où « il s’est passé beaucoup de choses étranges ». Simona ajoute: « Nous avons rencontré quelques espions à Mykonos ». Parmi eux se trouvait un homme d’affaires israélien à la mi-soixantaine – le couple est maintenant convaincu qu’il était un agent du Mossad – qui, selon elle, offrirait plus tard à George 10 000 dollars en espèces (cela m’aurait étonné que ça n’apparaisse pas, ça tiens : est-ce que pour autant il faut croire leur récit ? Le coup du Mossad me paraît bien trop téléphoné et pourtant …(3) !!!). A gauche, la même Simona quelques années auparavant dans sa période « mannequin »  :  selon George, il l’aurait contactée « sur le net » avant qu’elle ne se retrouve embauchée par Mifsud dans la même boîte que lui, quel heureux hasard !!!».  On comprend mieux pourquoi il en serait devenu dingue… Mais pourquoi donc Mifsud l’avait-il alors embauchée, sans lui donner de travail véritable ? Pour s’occuper de George ? « Selon Simona, le paiement consistait «à ne pas être un consultant, mais simplement à« tenir ses engagements ».» Elle est maintenant convaincue que le paiement «était une installation». Les agents de l’enquête Mueller l’ont interrogée à ce sujet quand elle a été interviewée à Chicago l’année dernière. «Ils mettaient à l’épreuve ma crédibilité», dit Simona, ajoutant qu’elle devait répondre à toutes leurs questions avec sincérité. « Si je ne le faisais pas, je serais accusé d’avoir menti au FBI. » (Elle dit que George a accepté l’argent et l’a donné à ses avocats.) Selon le décompte de George, l’homme d’affaires israélien est l’une des six «mines terrestres» – tentatives de piégeage – devant lesquelles il a navigué avant son arrestation. Stefan Halper, un professeur de l’Université de Cambridge (ici à droite), aurait également été envoyé par le FBI pour vérifier si la campagne Trump avait été infiltrée par les Russes. En septembre 2016, Halper a proposé de payer George pour rédiger un article sur l’exploration gazière en Méditerranée. «Je pensais que c’était un professeur normal», dit George « Non, on a toujours pensé que c’était un espion », intervient Simona. « Maintenant nous le savons. » Selon le droitier Washington Examiner, Halper aurait bien joué ce rôle.  Mais là encore, racontent-ils ce qu’ils ont vécu ou ce qu’ils ont lu ?  Ont-ils augmenté la dose pour faire croire à une énorme traque internationale à leur encontre ?  C’est plus vendeur en effet, et je pense que les deux appentis-sorciers l’ont vite compris !!! A gauche, la carte d’identité italienne de Simona, faite en 2010, indiquant être née en 1981 et comme profession « avocate »… A droite, ses débuts comme avocate en Italie… On remarquera le look, fort éloigné des années suivantes… à croire qu’on lui a fabriqué après un personnage d’allumeuse, constamment en train de faire des baisers lors de ses nombreux selfies !).  Selon le journal, aucun doute : Halper, informateur du FBI, l’aurait bien fait venir à Londres pour lui parler… des mails de Clinton et de l’ingérence russe… d’après, selon Halper, ce que Papadopoulos avait dit à Alexander Downer.  Bref, que le FBI enquêtait bel et bien sur une fuite des serveurs démocrates !!!  Ce qui semble, en fait, plutôt naturel.  En pensant bien aux russes en tout cas, en priorité, et à leur intrusion, question de sécurité nationale.  Mais en retombant au bout sur l’équipe de Trump, qui, depuis lors, crie constamment à la surveillance pendant sa campagne électorale !!! C’est inextricable comme situation !!!

En tout cas, les deux jeunes apprentis diplomates nous avaient au moins appris une chose :  si le FBI cherchait à savoir quelque chose auprès d’eux, ayant été en contact avec Mifsud, c’est que ce dernier n’était donc obligatoirement pas de la maison, contrairement à ce que continue à croire Giuliani ou Barr !!!

Les russes, si vous écoutez…

Aujourd’hui,à la lecture de ces événements, on repense surtout à l’incroyable appel de Donald Trump aux russes le 27  juillet 2016 en conférence de presse“: « la Russie, si vous écoutez, j’espère que vous serez en mesure de trouver les 30 000 courriels manquants », avait déclaré Trump, faisant référence à des courriels que l’ancien secrétaire d’État avait supprimés de son compte privé… lors des réponses apportées aux questions écrites posées par Mueller, entre deux réponses vagues ou trois « je ne sais plus« , il avait plaidé « l’humour » et le « sarcasme« … lui qui avait été averti par Wikileaks, ce que ces fidèles avaient fait fuiter, avait maladroitement ajouté « je ne me souviens pas d’avoir discuté du contenu de la déclaration avant la conférence de presse. Je ne me souviens pas d’avoir été informé, au cours de la campagne, d’efforts de la part de la Russie pour infiltrer ou pirater les systèmes informatiques ou les comptes de messagerie d’Hillary Clinton ou sa campagne avant qu’ils ne fassent l’objet de reportages dans les médias et je ne me souviens pas d’aucune conversation particulière dans cette affaire ».  Trump avait tout simplement déjà menti au procureur Mueller car l’un de ses envoyés, chapeauté par Sam Clovis, son co-responsable de campagne, lui avait tout appris dès le mois de mai 2016…!!!

Demain, si vous le voulez bien, nous poursuivrons cette analyse. Avec entre-temps d’autres éructations de Donald, qui est en train de perdre pied et de s’enfoncer dans un rhétorique catastrophique :  après lui le déluge, en personnalisant toutes les affaires d’Etat en ne cessant de rabaisser ses propres services spéciaux, montés visiblement en rébellion contre ses injures à répétition…

PS : aux toutes dernières nouvelles, Trump est bien en train de péter les plombs comme l’indique son plus récent tweet : « j’en arrive à la conclusion que ce qui est en train de se passer n’est pas un impeachment”, c’est un COUP D’ETAT, visant à prendre le Pouvoir du Peuple, son VOTE, ses Libertés, son Deuxième Amendement [de la Constitution relatif aux armes], sa Religion, son Armée, son Mur à la Frontière, et les droits qui lui ont été donnés par Dieu en tant que Citoyen des Etats-Unis d’Amérique ! ». Si Dieu s’en mêle, je sens qu’on va revoir la célèbre Paula White, son « conseiller en spiritualité« ... qui a eu un temps une liaison avec «  Benny » Hinn, de son vrai prénom Toufik Benedictus, le roi des miracles (fabriqués) sur scène (fort mauvais chanteur, mais habitué des voyages en Gulfstream, avec un N314QS puis un N352BH devenu tout gris – on note ses initiales comme immatriculation). Pour Trump, il va lui en falloir un, de miracle, je pense, s’il souhaite garder son poste !!!

(1) Un bien drôle de lieu de réunion, avec de biens étonnants visiteurs dont un français très connu : « le club a été créé en 2004 par l’agence de presse RIA Novosti et d’autres publications russes; Un des principaux conseillers du Club Valdaï (Il a été  nommé d’après le lieu de la première rencontre à Novgorod, près du lac Valdaï) est l’ancien député européen (FN) Yvan Blot. Cet ancien cadre du FN, puis du MNR (Mouvement national républicain) de Bruno Mégret, fut aussi le cofondateur du Club de l’horloge, un think tank réunissant des hauts fonctionnaires de droite et d’extrême droite ». L’homme, un catholique, qui a aussi été un temps chiraquien est alors en 2016 membre du conseil d’administration de Dialogue franco-russe. On note que ses obsèques « ont réuni, le 17 octobre à Paris, un aréopage de personnalités de droite et d’extrême droite, pour la plupart admirateurs du régime de Vladimir Poutine ».  Au FN, on appréciait les indépendantistes nationalistes ukrainiens jusqu’en 2014, avant de se ranger résolument dans le camp de Poutine rappelle ici Slate. Les deux millions d’euros versés par une société chypriote à fonds russes puis, neuf millions prêtés au parti par la First Czech Russian Bank avaient vite fait tourner la tête de Marine le Pen plutôt vers Moscou !

(2) très bien analysé ici dans le « Huff » :  « Depuis 2017, Donald Trump a publié de nombreux tweets sur le refus du Comité national démocrate de remettre ses serveurs piratés au FBI. Les Démocrates ont engagé Crowdstrike, une entreprise de cybersécurité américaine, pour qu’elle mène l’enquête sur ce piratage. Crowdstrike a ensuite remis son analyse au FBI. Avec le temps, cette affaire s’est transformée en fausse théorie du complot, voulant qu’il existe un “serveur manquant”, sans doute situé en Ukraine… parce qu’un oligarque ukrainien aurait fait équipe avec le DNC pour impliquer illégitimement Moscou dans le piratage. Rien de tout cela n’est vrai.

Jusqu’à récemment, on pouvait soutenir que Donald Trump ne croyait pas vraiment à cette théorie, mais se contentait de la diffuser pour galvaniser ses troupes. Or, la semaine dernière, il est devenu évident que les tweets du Président reflètent sa compréhension des événements. On le sait, car il répète les propos complotistes qu’il tient sur Twitter lors de conversations privées, comme le montre le résumé d’un appel téléphonique, le 25 juillet, entre Trump et Zelensky. Ce résumé a été publié mercredi 25 septembre par la Maison Blanche. Donald Trump a déclaré: “Renseignez-vous sur cette affaire, sur ce qui s’est passé en Ukraine, ils parlent de Crowdstrike […]. J’imagine que vous pouvez compter sur l’un de vos amis riches […]. Le serveur, ils disent que c’est l’Ukraine qui l’a.”

Lors du même appel, le Président américain a dit à son homologue que l’ex-ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch, était “problématique” et qu’elle allait “passer un sale quart d’heure”. Le contentieux entre le Président et  Mme Yovanovitch, une diplomate de carrière entrée au Service extérieur des États-Unis en 1986 et subitement limogée au printemps dernier, semble être le suivant: il croit aux allégations de l’extrême-droite selon lesquelles elle aurait tenté d’entraver une enquête ukrainienne sur ceux qui ont prétendument participé au complot (inexistant) du DNC contre lui en 2016.

“La requête du Président lors de cet appel ne semble pas découler d’un quelconque processus gouvernemental. Il défendait ses propres intérêts. Les ambassadeurs mènent des actions résultant de processus politiques au nom de la sécurité nationale des États-Unis, et Marie Yovanovitch est l’une des meilleures. J’imagine qu’elle s’est attiré les foudres de Donald Trump parce que les priorités américaines en matière de sécurité nationale étaient en conflit avec les intérêts du Président”, explique Dana Shell Smith, une ex-ambassadrice qui a quitté le Département d’État en juin 2017, après 25 ans de service.

“Si cela s’inscrivait dans un processus gouvernemental, nous sommes tous curieux de savoir lequel”, ajoute-t-elle. “Sinon, on ne peut que croire que le président et ses sbires servaient ses intérêts, et qu’une ambassadrice chevronnée en a fait les frais.”

(3) le gars cité est Charles Tawil (israélo-américain) qui a de son côté nié en partie les choses… mais a bien reconnu le versement de 10 000 dollars ! Au passage, Tawil cite le  Sheikh Nahayan Mabarak Al Nahayan comme un des ses amis. Dans l’interview on apprend avec surprise que Mangiante Papadopoulos (ici à gauche au début de leur idylle) a abaissé son âge d’au moins trois années (de 37 à 34 ans), qu’elle est donc plus vieille qu’elle ne le dit, et qu’elle n’est peut-être pas non plus née en Italie, avec son accent slave trop prononcé selon le Times of Israel, qui laisse entendre fortement qu’elle puisse être en fait… née en Russie ! Ici un article fort bien écrit avait présenté la mise en scène de sa vie en la comparant aux Kardashians… On y trouve cette autre perle (outre le fait qu’elle adule Matteo Salvini et Marine lePen : le film (non terminé) sur Brigitte Bardot, cité plus haut, elle l’a tourné avec le réalisateur Paul Wiffen.  Or c’est aussi l’ancien leader de l’UKIP de Farage, qui a tenté de faire un nouveau parti d’extrême-droite avec… Anna Chapman (Anna Vassilievna Chapman), ex espionne russe, la sulfureuse rouquine devenu vedette depuis en Russie  !!! Décidément !

 

Sources :

On doit consulter la somme incroyable d’éléments réunis ici, si on veut se faire une idée de la complexité de l’affaire ;

Home

 

https://theintercept.com/2018/04/12/trump-russia-intermediary-joseph-mifsud-missing-case-for-collusion/

on peut relire :

C’est à Chypre que se situe la clé du problème de Trump

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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