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Un ?l?phant dans le salon

Grand moment de radio, hier ? Christiane Charette. Jean Leclerc s’est invit? ? l’?mission pour conclure par une chanson le chi-chi dans lequel il ?tait pris depuis quelques jours.
Rappelons bri?vement les faits.

En entrevue avec Marc Cassivi
, Jean Leclerc ose dire que les nouveaux groupes qu?b?cois sont dans la ouate. Il dit sans doute autre chose aussi, mais c’est qui devient l’?l?ment « sensible » du texte de Cassivi.

Jean n’est pas ? l’aise avec ce texte. Il ?crit au quotidien concurrent pour se d?fendre d’avoir une opinion qui p?se quelque chose, pour jouer la carte du mal cit?.

Petrowski r?pond assez vertement. Cassivi est pas content non plus, il d?fend son int?grit? professionnelle. Jean Leclerc r?plique.

?a nous am?ne ? Christiane Charette donc.
Jean vient interpr?ter une chanson, qui devrait, selon toute vraisemblance, mettre fin ? cette querelle, si querelle il y a.

Leclerc entame alors une chanson triste qui soutient un texte tout droit venu du coeur. Impossible d’?tre indiff?rent ? cette missive tellement le po?te est mis ? nu, tellement ses tripes sont l? devant nous sur la table. Jean Leclerc d?crit des petits bouts d’Alg?rie qui ont sans aucun doute meurtri son ?me adolescente et sur lesquels se sont ensuite construites ses carapaces de bouffon, de baveux, qu’on conna?t bien. Une fois les derni?res notes jou?es, on sent le po?te se reculer. Il n’y a rien ? ajouter.

Et pourtant. L’animatrice, qui a peut-?tre bu un caf? sans ?couter la pi?ce, ou bien qui a laiss? toute sensibilit? primaire au vestiaire ce jour-l?, revient ? la charge. Elle en veut plus. Ses tripes sont sur la table et le chanteur peine ? reprendre son personnage mais elle en veut encore plus. Il s’explique, m?me : je suis un ?motif. Elle n’entend pas : Oui oui on sait tous que tu es un grand sensible, mais Petrowski, tu trouves vraiment que… ?
Dis-moi Jean, qu’est-ce que tu me dis si je te dis quelque chose comme : Malajube ? Sont bons. Tu vas endisquer cette chanson ? Tu nous laisses la mettre sur notre site web ? Je suis une pragmatique, moi, explique-t-elle…

Le po?te tente ? plusieurs reprises de faire cesser cette conversation de salon qui s’installe malgr? cet ?l?phant d’?motion qui tr?ne sur le tapis persan, mais en vain.

Les courriels commencent ? pleuvoir. Il faut les imprimer (pff). Les auditeurs tentent de r?conforter l’artiste qui semble d?boussol? de n’avoir pas touch? la cible. Ce n’est pas la cible qui n’est pas touch?e, c’est l’animatrice qui n’a pas voulu se laisser toucher.
Les courriels disent m?me : Cessez de le torturer ! Il y a des moments o? il faut se taire !!
M?me aussi clairement apostroph?e, Christiane ne s’?branle pas : J’ai le dos large, dit-elle.

L’entrevue se termine en queue de poisson, malgr? la reconnaissance timide des critiques de musique qui suivent l’homme bless? qui a repris son chapeau de fou du roi pour masquer sa br?lure.

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Ce matin, Petrowski a compris.

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  1. avatar

    Il y a une chose que je ne pige pas dans cette histoire. Pourquoi faudrait-il que TOUS les artistes parlent de choses tristes et malheureuses pour « avoir quelque chose à dire » ? Que chacun parle de son vécu à sa manière et laissons le public choisir parmi cette diversité de propos ce qui lui parle le plus, non ? Il me semble qu’il y a une façon de s’ouvrir à ce qui se passe dans le monde sans tomber dans le misérabilisme…