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UN CROYANT ?CRIT AU MAIRE TREMBLAY

IL EST BON DE NOTER QUE LE MAIRE TREMBLAY VEUT EN APPELER DE LA D?CISION DU TRIBUNAL DES DROITS DE LA PERSONNE LUI INTERDISANT LA PRI?RE CATHOLIQUE AU D?BUT DES S?ANCES DU CONSEIL MUNICIPAL ET DEMANDANT LE RETRAIT DES SIGNES RELIGIEUX , COMME LE CRUCIFIX, SUR LES MURS DE LA SALLE DES ASSEMBL?ES MUNICIPALES. TOUT CEL? SUR LA BASE DU PRINCIPE DE LA LAICIT? DE L’?TAT.

Mon cher Jean,

Nous partageons vous et moi la m?me foi, celle en ce J?sus de Nazareth qui, des terres de la Palestine, nous a livr? le message des B?atitudes, celui de la solidarit? humaine, de la v?rit?, de la justice et ?de la compassion. Il a eu pour ses disciples ainsi que pour ceux et celles qui allaient les suivre des recommandations de nature ? leur faire ?viter les pi?ges du fanatisme dont se rev?taient les docteurs de la loi et ces pharisiens qui aimaient se faire voir en public.

??Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d’eux ; sinon, vous n’aurez pas de r?compense aupr?s de votre P?re qui est dans les cieux. Quand donc tu fais l’aum?ne, ne va pas le claironner devant toi ; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d’?tre glorifi?s par les hommes ; en v?rit? je vous le dis, ils tiennent d?j? leur r?compense. Pour toi, quand tu fais l’aum?ne, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aum?ne soit secr?te ; et ton P?re, qui voit dans le secret, te le rendra.  » Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs pri?res, ? se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu’on les voie. En v?rit? je vous le dis, ils tiennent d?j? leur r?compense. Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton P?re qui est l?, dans le secret ; et ton P?re, qui voit dans le secret, te le rendra. Dans vos pri?res, ne rab?chez pas comme les pa?ens : ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup ils se feront mieux ?couter. N’allez pas faire comme eux ; car votre P?re sait bien ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez.?? Mt. 6, 1-8

Mon cher Jean, vous et moi, prenons au s?rieux ces paroles de J?sus. Je ne doute aucunement de la ferveur de tes engagements et de la profondeur de ta foi. Ce que je redoute, toutefois, c?est que les circonstances et les influences, plus pr?s de visions religieuses et sectaires que de la foi elle-m?me, te conduisent ? poser des gestes qui ne pourront qu??tre n?fastes ? cette foi h?rit?e de J?sus lui-m?me. Cette foi nous lib?re de toute cette mascarade des us et coutumes dont les peuples ont h?rit? de cultures et de religions desquelles ils sont issus. Paul de Tarse qui occupe une importance de premier plan dans la compr?hension du myst?re qui nous enveloppe et dans cette foi qui nous unit a eu ces paroles ? l?endroit de ceux et celles qui ne savaient comment se comporter tant?t avec les juifs, tant?t avec des pa?ens. Je t?invite ? lire attentivement ce qu?il ?crit aux Corinthiens qui se posaient ces questions.

?  » Tout est permis  » ; mais tout n’est pas profitable.  » Tout est permis  » ; mais tout n’?difie pas. ?Que personne ne cherche son propre int?r?t, mais celui d’autrui. Tout ce qui se vend au march?, mangez-le sans poser de question par motif de conscience ; car la terre est au Seigneur, et tout ce qui la remplit. Si quelque infid?le vous invite et que vous acceptiez d’y aller, mangez tout ce qu’on vous sert, sans poser de question par motif de conscience. Mais si quelqu’un vous dit :  » Ceci a ?t? immol? en sacrifice « , n’en mangez pas, ? cause de celui qui vous a pr?venus, et par motif de conscience. Par conscience j’entends non la v?tre, mais celle d’autrui ; car pourquoi ma libert? rel?verait-elle du jugement d’une conscience ?trang?re ? Si je prends quelque chose en rendant gr?ce, pourquoi serais-je bl?m? pour ce dont je rends gr?ce ? Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Ne donnez scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni ? l’?glise de Dieu, tout comme moi je m’efforce de plaire en tout ? tous, ne recherchant pas mon propre int?r?t, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauv?s. ? ?Cor.1, 10, 23-33

Jean, je vous invite ? m?diter ces deux extraits, celui de Mathieu et ce dernier de Paul.? Demandez-vous si la campagne que?vous menez r?pond ? l?esprit des ?vangiles et des ?pitres de Paul auxquels?vous croyez profond?ment, ou si?vous ne?vous faites pas la marionnette de ceux et celles qui voudraient bien convertir la foi chr?tienne en une secte religieuse. Par les temps qui courent, elles attirent bien du monde et dans pareil contexte vous ne manquerez?pas d?appuis.?Mais est-ce vraiment l? le message que J?sus nous a livr? dans les ?vangiles? Devant les saintes femmes qui pleuraient de le voir porter sa croix il a eu ces paroles que vous connaissez mieux que moi: « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous et vos enfants ». Je vous r?f?re cet article en lien direct avec la probl?matique?que vous vivez.

Je termine, en?vous faisant une confidence. Un jour on m?a remis une croix ? porter comme signe d?ap?tre et de missionnaire au service des pauvres et des d?munis. En conscience, je l?ai donn?e ? une connaissance, devenue aveugle ? l??ge de 20 ans et dont la vie ?tait beaucoup plus pr?s du message ?vang?lique que la mienne. Je me disais dans mon fort int?rieur que je devais l?inscrire avant tout dans mon c?ur avant de la porter sur mon corps. J?ai, aujourd?hui, 70 ans et j?y travaille toujours. Il faut croire que Dieu est patient et que le culte qui lui pla?t est celui qui le r?v?le dans les oeuvres de justice, de v?rit?, de solidarit? avec les exclus de nos soci?t?s, de compassion et d’accueil inconditionnel.

Jean, la foi que nous partageons n?a pas besoin d?accommodements raisonnables pour la simple raison qu?elle nous lib?re de toutes les contraintes et nous rend capables de nous adapter ? toutes les situations. Notre foi est une foi de libert?. Ne soyons scandales pour personne ? moins que ce ne soit?pour t?moigner de cette libert? qui nous permet d??tre ? proximit? de tous et de toutes. Soyons des t?moins de v?rit?, des ap?tres de justice, des personnes au c?ur ouvert capables de vivre dans tous les milieux et au c?ur de toutes les tendances. Soyons simplement et profond?ment humains.

Voil?, Jean, ce que je tenais ? vous dire au nom de celui en qui nous croyons profond?ment vous et moi.

Bien fraternellement

Quelqu?un qui admire votre z?le, mais qui en questionne les orientations.

Oscar Fortin

Qu?bec, le 16 f?vrier 2011

En relation avec cette m?me probl?matique, un article de nature ? ?clairer le d?bat

http://humanisme.blogspot.com/2006/04/ne-pleurez-pas-sur-moi.html

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