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Un cri du c?ur: l?immoralit? religieuse agresse profond?ment ma morale ath?e!

PAUL LAURENDEAU?? R?sumons nous, d?abord. L?ath?isme ne r?pond pas ? la fausse question th?ologique, il la d?racine. Ath?e coh?rent, je ne milite PAS en faveur de la cause ath?e, car ceux qui disent que le probl?me sur ce genre de questions n?est pas dieu mais les humains ont parfaitement raison. Je suis en faveur du lent et inexorable mouvement de d?r?liction qui d?termine en douceur nos soci?t?s. Il ne faut rien forcer. Il s?agit simplement, pour le moment, d?exprimer haut et fort le fait que Spinoza, Helv?tius, d?Holbach, Picasso, Einstein et Marx (tous ath?es et tous hautement moraux) ont des h?ritiers ind?fectibles. Ceci ici n?est pas un manifeste mais un pur et simple cri du c?ur. Le fait est, quand m?me, que l?ath?e contemporain en a plus que marre. Il joue de plus en plus dur. Je suis ath?e et je ne finasse pas. Je ne me cache pas. Je suis ferme, clair, explicite, droit, entier. Je nommerai mon adversaire un th?ogoneux. En effet, la tentative de coller ensemble des doctrines disparates portant sur un ou plusieurs dieux sans que cela ne d?gouline ?clectiquement de partout s?appelle une TH?OGONIE. Celui qui s?y adonne est donc un TH?OGONEUX. C?est plus pr?cis que ?croyant? vu que, moi aussi, comme tous les ath?es de bonne tenue, je crois en une Australie dont je n?ai qu?une connaissance indirecte? et que le th?ogoneux n?a pas le monopole de la confiance ou de la croyance? et que croire en un ?tre supr?me imaginaire N?EST PAS croire tout court. Je dis donc au th?ogoneux: c?est toi qui a la fardeau de la preuve de l?existence de ton zinzin divin. Il n?y a rien d?autre que le monde terrestre et je n?ai rien vu en plus. Ta conviction divine, toute mentale, est improuvable, mon th?ogoneux. Moi, j?ai le monde naturel et social devant moi, en moi. Je ne le prouve pas. Je le constate, j?en vis. Je dis aussi au th?ogoneux, voici comment ton genre de d?bat crucial se r?sume: Le pain l?ve-t-il en cuisant par l?action d?un lutin ou par l?action d?un farfadet? Un premier croyant r?pond: un lutin. Un second r?torque: non impie, c?est un farfadet (et ils se battront sur la question). Un syncr?tiste, astucieux et las de la guerre sainte, dira: pourquoi pas les deux, faisons une entente accommodante et ?largissons notre panth?on? L?agnostique y ira ensuite de son je ne sais pas usuel (lui, il ne sait jamais). Seul l?ath?e aura la force intellectuelle de dire: je rejette le tout de la QUESTION POS?E comme non valide. Je sors compl?tement de cette logique qui est int?gralement inerte pour moi. Il n?y a PAS d?intervention surnaturelle dans la lev?e du pain qui cuit. Aussi, et corollairement, je te le redemande, mon th?ogoneux, cesse donc de confondre, d?identifier malhonn?tement l?ath?e avec un type de croyant (au sens strict de croyant-en-dieu). C?est l? une insulte majeure ? l?entendement, qui minimise la r?volution logique et intellectuelle introduite dans notre mentalit? collective par l?ath?isme. En fait, pour tout te dire, profite donc de l?opportunit? qui t?es donn?e par la pr?sente pour aller te coucher sagement dans les poubelles de l?Histoire. Ton temps est pas mal r?volu.

Coinc?, le th?ogoneux, luisant, huileux, ondoyant, casuiste, glisse alors graduellement sur une pente argumentative moralisante. Il commence par pousser des Oh! et des Ah! et se met ? me r?clamer une adaptabilit? de pens?e, un sens du relatif qu?il n?a lui-m?me jamais retenu dans le corps dur de son endoctrinement. Il se met ? subitement exiger de la souplesse, de la tol?rance et de la nuance. Ath?e, mais toujours subtil, je lui offre toutes les nuances qu?il voudra, du moment que la cat?gorie divine (cat?gorie mentale, fictive, l?gendaire) ne se voit pas (r?)assigner d?existence objective, dans le mouvement? L?ath?isme nie dieu, point barre. Le th?ogoneux me projette alors son obscurantisme au visage, mais en trompe l??il, comme ? rebours ou en creux. Soudain, il se lamente am?rement contre le savoir. Il affirme qu?aucune connaissance n?est certaine ? 100% et que, donc, je ne peux pas ?tre certain ? 100% que son dieu n?est pas dans le tableau cosmologique. Je lui r?torque que, dans le m?me ordre d?id?e, il n?est donc lui-m?me pas certain ? 100% que la terre n?est pas plate, s?il se conc?de ainsi ce genre de poussi?re probabiliste d?incertitude archa?sante, en niant ainsi enti?rement (et paradoxalement!) la possibilit? de justement nier enti?rement? Indubitablement ici, mon th?ogoneux devrait prendre un avion et partir tr?s loin de chez lui. Il se retrouverait? chez lui? car la terre n?est absolument pas plate, tout juste comme son dieu n?est absolument pas. Toujours biaiseur et v?nal, apr?s s?en ?tre pris au dogme (dont il accuse les autres), voici que notre th?ogoneux poursuit sur sa lanc?e et s?en prend aux absolus? On rencontre ainsi, de fil en aiguille, le bon vieux dogmatisme du relativisme non relativis?. Selon ce dernier, on ne peux absolument pas dire que quoi que ce soit existe ou n?existe pas (dieu inclus, ?videmment). Il est absolument impossible d??tre absolument certain, pour notre bonimenteur fr?tillant. Le relativisme est apparemment un absolu pour ce nouveau roseau raisonneur aux abois. Il ne faut pas s?illusionner de toute cette subite souplesse doctrinale, en fait. Le gros matou hypocrite du fond th?ogoneux rigide et sectaire continue simplement de guetter les petites souris mollassonnes contemporaines. Parce que lui, l?ascenseur relativiste qu?il me r?clame, du haut de son clocher ou de son minaret, il ne me le renverra pas, au bout du compte. Il est sereinement dogmatique, lui, le soir, une fois son finassage social avec la soci?t? civile termin?. Cela fait partie de sa d?finition profonde? Les crises existentielles ce n?est pas pour lui. Il l?a encore bien en main, son petit monopole du droit ? la fermet?. Alors que nous, les respectueux petits ath?es tol?rants, magnanimes, modernistes, pluralistes, accommodants, d?f?rents, politiquement corrects, on nous demande sans fin de fourbir nos instrument logiques dans le mou et de b?ler gentiment dans le probabiliste, sans faire de vagues: 2 + 2 = (presque certainement) 4. Un triangle a quasi-assur?ment trois c?t?s? Il faut rester relativiste par d?f?rence et souplesse mentale ?l?mentaire, alors que le th?ogoneux ne d?croche pas vraiment de son dogme de fond, sauf, ?videmment, ? fin d?esbroufe. Il prot?ge la ?v?rit?? ? n?importe quel prix, que voulez-vous. Dieu est de son bord?

Alors? Alors, moi, je suis profond?ment ?coeur? de cela et je ne joue absolument pas ce jeu l?. Ferme, je (re)dis au th?ogoneux: montre moi simplement ta Marmite d?Or divine au pied de l?arc-en-ciel empirique. Tant que tu ne la montres pas, elle n?existe pas. Elle est une simple projection mythologique de ton esprit souhaitant. L?ultime argument de cur?e de village m?est finalement ass?n? par le th?ogoneux. Il (re)dit: l?ath?isme est une croyance comme une autre. Non, non, vilain fallacieux lourdement redondant. L?ath?isme est une incroyance et le remplacement graduel et douloureux de la croyance par le savoir. Le cadre de r?f?rence th?ogoneux est alors fissur?. Ne pouvant plus d?fendre l?essentiel (son ?tre supr?me fictif), le th?ogoneux compl?te sa glissade moralisante en se ruant alors ouvertement sur l?argument p?riph?rique. Et l?argument p?riph?rique cardinal c?est ?videment, justement, LA MORALE. On nous l?ass?ne habituellement en deux phases. On nous sert d?abord le coup du dieu th?rapie, qui permet de tenir le coup dans la vie, de se contenir en cette vall?e de larmes. Merci, on a compris. C?est en fait une morphine (version moderne du fameux opium de Marx) qui attaque, illusoirement et tr?s nocivement, la douleur, pas le mal lui-m?me. Je me porte tr?s bien, radieux, ?tincelant, pimpant, sans dieu, merci. On nous sert ensuite le coup des valeureux missionnaires. La religion devrait ?tre respect?e en vertu des bonnes actions que poseraient tous ses proz?lytes, bien nich?s dans les services publics nationaux et internationaux de toutes farines, les camps de vacances, les refuges pour sans-abri, les institutions pour handicap?s, les soupes populaires, les camps de r?fugi?s, bref tous ces espaces de mis?re noire que la soci?t? civile, trop affair?e ? subventionner le capitalisme parasitaire, abandonne ? la racaille cl?ricale, en abdiquant ses responsabilit?s sociales les plus ?l?mentaires. Comme si ces bons samaritains, si tant est qu?ils existent, n?agissaient pas sur le terrain malgr? la religion dont ils sont les propagandistes plut?t que gr?ce ? elle.

Il y a donc une immoralit? religieuse fondamentale qui se d?ploie en trois dimensions majeures:

Tricheur, le religieux r?clame qu?on le respecte par non-dogmatisme. Il profite ? fond du relativisme, tol?rant, moderniste et pluraliste, des autres? sans s?y mettre lui-m?me, son tour venu.

Biais?, le religieux pr?tend l?gitimer son erreur philosophique fondamentale en l?excusant au nom des (faux) effets b?n?fiques ou th?rapeutiques de sa doctrine et des (pseudo) vertus missionnaires de ses francs tireurs.

Intol?rant, le religieux pr?tend ouvertement avoir le monopole de la moralit?. Il traite l?ath?e comme un immoral, un amoral et le m?prise sirupeusement et sereinement avec une profondeur et une intensit? r?trogrades qui confinent ? l?indicible.

Parlons ouvertement de cette troisi?me dimension. Je ne suis pas respect? par le th?ogoneux. Il me rejette et me m?prise frontalement, surtout s?il est pratiquant. Soyez ath?e et vous verrez la haine ouverte et compacte qu?on vous vouera ? la ville. J?ai des amis torontois qui n?osent pas dire qu?ils sont ath?es sur leur lieu de travail, par peur de se faire d?noncer aux Ressources Humaines et saquer (la charte des droits, on repassera). Les th?ogoneux, par contre, sur le m?me lieu de travail, blablablabla, pignon sur rue. Droit inviolable. Proz?lytisme tranquille. Mon ath?e torontois se fait m?me demander par ces mouchards s?il va ? l??glise. Il s?agit ici de gens qui travaillent dans un entrep?t pharmaceutique, for christ?s sake? Dans quel si?cle vivons nous? L?engeance religieuse est partout, fout le trouble partout, et n?apporte rien d?utile. Il n?y a pas de pays v?ritablement ath?e. Les r?publiques, pas seulement la sovi?tique au fait, la fran?aise aussi, qui guillotinait les pr?tres r?fractaires (? pr?ter serment ? la r?publique), ont ?uvr? ? la destruction des ruines du pouvoir f?odal. Il fallait donc sortir les clercs des instances, pour le pouvoir mat?riel qu?ils d?tenaient. Ce n??tait pas une question de conviction. C??tait une guerre de classe, pure et simple. Il a d?ailleurs fallu finir par faire la paix avec l?engeance ind?crottable, mais non sans avoir profond?ment alt?r? son r?le social, et r?duit la th?ocratie ? une parade verbale de Tartuffes politiques. C?est depuis la perte, hautement l?gitime, de cette impunit? th?ocratique d?antan que le th?ogoneux a pris le maquis social et a appris ? tricher, ? faire ramper ses haines, ? louvoyer juridiquement, ? faire fl?che de tout bois, ? s?incruster. C?est un d?class? moyen?geux aux abois, intellectuellement nuisible et moralement toxique.

De c?ur, en ce cri du c?ur, je me prononce pour l?ill?galit? imm?diate de toutes les institutions, philanthropiques, bancaires, scolaires et hospitali?res confessionnelles de tous tonneaux, sans distinction ni discrimination. Je me prononce pour une ferme et solide circonscription du religieux ? la stricte sph?re priv?e. Irrationnelle, affabulatrice, la religion est immorale, fallacieuse et r?voltante. Ma morale ath?e est profond?ment outr?e, mon intelligence est insult?e en permanence par cet archa?sme factieux qui agresse mes enfants et nuit insidieusement ? la bonne coh?sion sociale. La religion, toujours en harmonie tonitruante avec tout ce qui est de droite, r?trograde, autoritaire, brun, rigide, phallocrate, ethnocentriste, v?hicule un tr?s mauvais exemple intellectuel et comportemental. J?ai la sereine certitude que la religion, cette aporie sp?culative dangereuse et belliqueuse, sera un jour int?gralement ill?gale.

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    Bravo Paul!

    Excellente « réaction » face à l’irrationnel.

    Ne me servant pas des mêmes arguments que toi, j’ai vérifié si mon opinion se classait dans les trois dimensions majeures de l’immoralité religieuse fondamentale que j’ai énoncé dans l’article suivant:

    http://centpapiers.com/dieu-existe-t-il/

    Je n’y suis pas parvenu. Probablement parce que j’ai identifié le fameux « dieu » à « tout ce qui est ». Ce qui ne fait tomber personne à genoux.

    Amicalement

    André Lefebvre