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Un autre Br?sil…

Destination de r?ves. Le Br?sil est, il est vrai, une destination qui fait r?ver bien du monde ! Quand on pense Br?sil, on pense soleil, plages, samba, jolies filles, Rio de Janeiro, religion, football, Ronaldo, etc. Parfois, on entend ?galement parler de pauvret?, de meurtres, d’enl?vements et de corruption. Mais qu’est exactement le peuple br?silien ? De joyeux lurons qui ne pensent qu’au football, au soleil et au sexe, ou des criminels en devenir ? Le Br?sil est en effet un ?tonnant m?lange, m?lant bonne humeur, fantaisie et insouciance, ? une horrifiante pauvret? et une violence extr?me et gratuite. Essayons de nous faire une id?e sans concession de ce qu’est r?ellement le pays majeur d’Am?rique du Sud…

L?horrible v?rit? de la pauvret?. Avec ses 190 millions d?habitants (r?f. 2006) et son cinqui?me rang mondial en population, le Br?sil est l??quivalent de plus de la moiti? de la population des Etats-Unis (300 millions d?habitants). L??conomie de ce pays en d?veloppement a ?t? soumise pendant plusieurs ann?es ? un r?gime de la douche ?cossaise, ? force de d?valuations de la monnaie et du plan d?aust?rit? mis en place par l’ancien pr?sident social d?mocrate Fernando Henrique Cardoso. Et il ?tait dit en 2002 qu’entre 22 et 55 millions de personnes (selon que l’on prenne les chiffres du gouvernement ou de la Conf?rence nationale des ?v?ques) souffraient de la faim. On peut ais?ment se repr?senter le foss? entre riches et pauvres dans le pays comme les gorges du Grand Canyon en Arizona. Tout en haut, tr?s peu de riches, et tout en bas, le reste de la population.

Extr?me pauvret? ! Les “Favelas” (ou bidonvilles) existent bien. G?n?ralement ? l?ext?rieur des villes, dans des zones qui contiennent de m?diocres habitations, dont le terme m?me “d?habitation” est tr?s exag?r? (tant on peut se demander comment un ?tre humain peut d?cemment vivre en un tel lieu, avec parfois pour unique d?veloppement ?lectrique un long c?ble pirate rattach? ? la va-vite ? une borne de la municipalit?, pour fournir “gratuitement” l?ensemble des habitations de la Favela). Les municipalit?s s?efforcent ?videmment de les dissimuler, mais lorsque les inondations touchent de grandes villes comme Sao Paulo, les zones les plus touch?es sont ?videmment les Favelas, et les cam?ras de la t?l?vision br?silienne s?attardent alors sur l?extr?me pauvret? des populations, la mis?re de ces gens qui n?avaient d?j? pratiquement rien et qui perdent, alors, absolument tout ! Certes, en France aussi il y a des inondations mais si vous y perdez votre maison, vous pouvez toujours red?marrer. Au Br?sil, si vous perdez votre maison, vous mourez !

La guerre de l?int?rieur ! La derni?re fois que le Br?sil a d?clar? la guerre ? un autre pays remonte ? la Seconde Guerre mondiale. Le Br?sil est donc essentiellement un pays pacifique. Mais, si on peut se f?liciter qu?il ne soit en guerre contre aucune autre nation, on peut bien au contraire s?horrifier de constater qu?en r?alit?, la guerre n??tant pas ? l?ext?rieur, elle se d?roule chaque jour ? l?int?rieur m?me du Br?sil ! Ce qui cause cette violence ? Le ch?mage et une ?ducation m?diocre ! Les parents sont au ch?mage, donc les enfants ne sont pas motiv?s pour ?tudier ? l??cole (le syst?me scolaire lui-m?me, apr?s la maternelle, est pauvre et quasi inexistant, et il faut g?n?ralement payer pour que les enfants ?tudient dans une ?cole priv?e.. quand on a de l?argent !). Au contraire, tout est parfaitement ?tudi? pour satisfaire les tous jeunes enfants en cr?che, maternelle, etc. La violence na?t de ce manque de rep?res, de cette fatalit? dans laquelle les jeunes s?installent : pauvres, ils veulent ce que les autres poss?dent et se jettent les yeux ferm?s dans la petite criminalit?, qui les m?nera, soit vers le trafic de drogues, la criminalit? du quotidien ou encore la grande criminalit?.

Le pas est si vite franchi… Exemples de violence ? En septembre 2002, le maire de Campinas (ville situ?e pr?s de Sao Paulo) ?tait assassin?, puis en d?cembre ce fut le tour d?un autre maire, en janvier, un autre homme politique ?tait s?questr? avec sa famille. Mais attention, ces cas de meurtres et d?enl?vements ne sont pas r?serv?s aux seuls politiques. Tout un chacun peut se retrouver victime d?une balle perdue dans la rue, d?un kidnapping, ou d?une agression, dans la soir?e, tout comme en plein jour, ? onze heures du matin ! Que ce soit par des gangsters ou des policiers corrompus.

Orkut et ran?ons. Apr?s les arnaques aux t?l?phones portables clon?s, c’est l’?mergence d’internet qui apporte une violence de plus en plus croissante au Br?sil. En effet, les criminels s’appuient d?sormais sur des r?seaux de rencontres ou d’amiti? tels « Orkut », o? chacun peut d?poser des photos, donner des d?tails sur sa vie priv?e et laisser des messages aux membres de son r?seau personnel. Des dizaines de faux enl?vements ont ainsi ?t? perp?tr?s depuis quelques mois, o? les criminels t?l?phonent ? un membre de la famille de X (g?n?ralement les parents) pour lui dire que X qui vit dans une autre ville a ?t? enlev? par leur organisation, et donnant des d?tails sur sa vie priv?e que personne d’autre ne pourraient connaitre. Du coup, la famille paye une ran?on et s’aper?oit un peu tard de la supercherie : X n’a jamais ?t? enlev? !

Rio de Janeiro : danger ! En raison d’une augmentation sensible des agressions ? l’encontre de touristes, la plus grande prudence est d?sormais demand?e aux voyageurs qui se rendent ? Rio de Janeiro. Cet avertissement vaut pour tous les quartiers, et plus particuli?rement celui de Copacabana, o? sont concentr?s 51,6% des cas de vols ? la tire ou ? main arm?e d?clar?s ? la police. La m?me prudence est requise de la part des Fran?ais qui se rendent ? Sao Paulo et sur les plages du littoral paulistain, o? les agressions sont de plus en plus fr?quentes (source minist?re des Affaires Etrang?res).

La violence visuelle. La violence br?silienne, c?est aussi la violence visuelle de la rue. On croise ainsi de tr?s jeunes enfants mendiant dans les rues, et plus souvent devant les feux de signalisation, approchant de la porte de votre v?hicule et qu?mandant un real ou deux (1 euro = 2,55 r?ais br?siliens). Rien de plus naturel pour un Br?silien, semble t-il, mais cette inhumanit?, malsaine et immorale, est tellement choquante pour un Europ?en ! Comment rester froid devant les visages de ces enfants des rues ? Comment ne pas se sentir impuissant face ? tant d?injustice ?… C’est cela l’autre Br?sil…

On parle souvent du Br?sil. Pour diff?rentes raisons. L’ann?e du Br?sil en 2005 fut un r?el succ?s en France. Jean-Charles de Menezes, un jeune Br?silien, ?tait tu? par erreur par la police britannique en juillet 2005, apr?s les attentats de Londres. Mais aussi parce que des chaines de t?l?vision offre de plus en plus souvent de grands reportages sur le Br?sil. Ayant moi-m?me v?cu au Br?sil pendant un certain temps, j’ai d?cid? de partager avec nos lecteurs mes impressions sur ce pays, dans un dossier en deux parties.

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2 Commentaire

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    Je suis brésilienne, et je sais bien que cette réalité existe toujours encore, malheureusement. Pourtant il y a des points qu’il faut faire attention, surtout quand M. Paquet parle sur l’éducation. Si on prend l’Europe comme exemple, bien sûr que nous sommes bien retardé, mais serait bien de dire qui existe des stimulations pour l’éducation et des bonnes écoles publiques. Les meilleurs Université au Brésil sont publiques, le problème ce que le gent que réussi à avoir une place dans ces université sont les étudiantes plus riche, qui avait une condition financière pour payer ses études premier dans une école privée. L’actuel gouvernement a des programmes pour les familles pauvres, connu comment « Bolsa família » qui stimule les parents à emmener ses enfants à école, et pour cela il reçoit l’argent. Je trouve que c’est important voir les problèmes et être réaliste, car il y a beaucoup de choses à faire pour le Brésil, mais si nous pensons d’une façon plus optimiste, peut-être nous avancerons plus facilement. Ellen CARVALHO

  2. avatar

    bonjour je recherche le nom d’une ville au dessus de Sao Polo il me semble que c’était Alterpolis ou Alteropolis en 2005 POuvez vous avoir la gentillesse de me contacter ?J’ai en ce moment une amie journaliste au Brésil qui voudrait la connaitre.
    Merci d’avance
    Catherine Veillon-Guilloux