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Trump ressort la méthode O’Keefe, ce qui sonne la fin pour lui

Donald Trump aura employé tous les moyens pour rester en poste.  Y compris bien sûr les plus déloyaux.  C’est donc sans surprise qu’on vient de revoir apparaître un nom au lourd passé pour venir le défendre une nouvelle fois, preuve qu’il se sent bien cerné aujourd’hui par l’Impeachment dont il n’a toujours pas saisi le danger véritable (celui de faire éclater le groupe républicain et faire se retourner des électeurs ayant voté pour lui).  Car de voir à nouveau cité James O’Keefe et ses méthodes biaisées s’en prendre cette fois à CNN est bien l’annonce du début de la fin pour Trump, tant cet activiste d’extrême droite a produit de nombreuses fausses informations pour défendre le président en sursis des USA.  Sa dernière trouvaille s’appelle Cary Poarch, un infiltré, comme tous ses prédécesseurs, dans une organisme (ici une chaîne de télévision fort critique du pouvoir actuel) pour y enregistrer des bribes de conversations anodines, qui, montées de façon fort sélective, laissent entendre que toutes se résument à combat anti-Trump au lieu d’informer en priorité les citoyens (c’est la théorie de la conspiration du « Deep State » (1)). Résumé de la méthode de mafieux pour déstabiliser la presse employée par Trump et ses soutiens… véreux.

Il y a déjà Rudy Giuliani pour entraîner Donald vers le fond des abysses de la déchéance présidentielle. Comme ça ne semble pas encore suffisant, l’équipe de Trump, toujours aussi auto-destructrice, vient de rappeler à la rescousse le dénommé James O’Keefe, dont il convient de rappeler les méthodes et les exploits antérieurs avant d’expliquer son tout dernier haut fait d’armes dans cette guerre de communication que pratique la Maison Blanche depuis l’accession de la baderne blonde au sommet de l’Etat. L’homme, alors très jeune et aussi inculte que son idole, était apparu il y a dix ans sur le devant de la scène lors de ce qui est devenu peu après l’affaire ACORN (acronyme de Association of Community Organizations for Reform Now, l’Association des Organisations Communautaires pour la Réforme Maintenant), des soutiens efficaces des gens de couleurs ou défavorisés, et des recrues potentielles à la campagne de Barack Obama. Le groupe avait été fort décrié par les républicains, dont McCain, pour son insistance à inscrire les noirs sur les listes électorales, via sa filiale Citizens Services, le parti républicain faisant par trop circuler des rumeurs malsaines de fraude électorale. Le mouvement avait donc été pris en grippe par la droite américaine et bien entendu par l’extrême droite, toujours prête à tout pour nuire à un président… noir, récemment élu, pourtant. Deux jeunes (blancs) infiltrés dans l’organisation, en Californie notamment, Hannah Giles, une fille de pasteur alors âgée de vint ans (elle est née le 15 mars 1989), et James O’Keefe (ici à droite avec Giles, il est cinq ans plus âgé, né le 28 juin 1984) avaient enregistré clandestinement des conversations de travailleurs d’ACORN et avaient modifié le timing de ses conversations pour remonter des propos laissant entendre des liens avec des activités criminelles, les savants montages étant transmis au site conservateur d’Andrew Breitbart, appelé BigGovernment.com pendant deux mois d’affilée à partir de novembre 2009 (O-Keefe avait reçu personnellement 120 000 dollars par Breitbart, c’était aussi une entreprise rentable qui avait été mise en place). Ils avaient abondamment filmé sur plusieurs endroits, à Baltimore, Washington, Brooklyn, San Bernardino, San Diego, Philadelphie, Los Angeles et Miami, ce qui voulait aussi dire que leur projet avait été longuement préparé et organisé. Et qu’ils avaient bénéficié de larges soutiens financiers  (ceux d’organisations d’extrême droite soutenant Breitbart) !

Des jeunes téléguidés 

Ils paraissaient bien jeunes pour avoir conçu tout cela par eux-mêmes : en résumé, on les avait bien aidés… et bien manipulés.  Côté argent, on pense bien sûr aux donations discrètes de la famille de pétroliers Koch (2), qui arrosait tous azimuts les réactionnaires (salués dans le Cercle des Libéraux de Frédéric Leboussi qui a remis l’appellation lancée jadis par Alain Madelin). Les champions du capitalisme outrancier, déguisés en champions de la liberté d’expression. Une certain forme de liberté, bien ancrée… à droite en France aussi : « nous partageons un souhait, celui de faire de ce site internet une véritable galaxie libérale et conservatrice. C’est pour cette raison que vous avez la possibilité de profiter, dès à présent, de services uniques comme l’annuaire ou l’agenda qui se tiennent à disposition du militant engagé qu’il soit libéral-conservateur ou plus généralement de droite. » écrit Leboussi. De grands fans aussi de Frédéric Bastiat, économiste libéral du XXIeme siècle, comme le folklorique tchèque Vit Jedlicka le « président de la République libre du Liberland » et ses « rencontres » avec les « représentants du Gouvernement Provisoire de l’Etat de Savoie et de l’Etat de Breitz (Bretagne). «  Ces gens-là n’ont qu’un but en tête :  abattre l’Etat.  Leur libertarisme est en réalité la négation de la démocratie !  Pour l’ACORN, les interlocuteurs de nos deux « enquêteurs », mal formés à l’accueil ou enclins à aider les gens en difficultés, souvent en situation précaire ou au bord de la délinquance, s’étaient facilement fait piéger par se deux jeunes entreprenants, parfois venus déguisés (ici à droite)  : cela n’avait rien à voir en effet avec une enquête de journalistes (maquis cela avait été présenté comme tel par Breitbart) !!! C’était conçu dès le départ pour piéger les gens ! Ils avaient par exemple laissé parler un employé de Baltimore affirmant que des prostituées fort jeunes, des réfugiées venant du Venezuela auraient pu bénéficier d’une aide, et avait récidivé sur le même thème à Washington. A San Bernardino, une employée croyant à une blague lorsqu’ils s’étaient présentés comme deux souteneurs d’une jeune prostituée demandant une nouvelle fois de l’aide (en l’occurrence Hanna Giles, déguisée, ici à gauche !) et elle leur avait répondu en se réclamant d’Heidi Fleiss (3), en rigolant : ils en avaient conclu à la protection d’un réseau de prostitution ce qui semblait être leur obsession ou le fond de leur approche pseudo-journalistique. Bref, en posant les questions sur un ton badin, en les orientant toutes sur ce thème, ils avaient réussi à élaborer toute une affaire pour discréditer l’organisation. Celle-ci, mal préparée pour se défendre, finira par jeter l’éponge et friser la dissolution, face à une terrible campagne de haine entretenue en lousdé par… Steve Bannon, le futur conseiller de Trump (qui niera avoir eu des liens avec O-Keefe bien sûr !!!), un des pires activistes d’extrême droite de Breitbart, qui avait fait pendant deux mois les choux gras de l’affaire (venu ici soutenir Marine le Pen à Paris…). Une affaire ayant remonté jusqu’au plus haut de l’Etat, le Congrès américain ayant même intervenu pour geler les fonds pour l’organisation, après la diffusion des vidéos trafiquées !!!  La manipulation des deux jeunes apprentis journaliste était patente :  le scénario des enregistrements d’ACORN avaient tous été écrits par Peter Thiel, un milliardaire libertarien très actif au sein du parti républicain pour défendre… la liberté d’expression. Thiel (ici à droite), un des  premiers a avoir compris à quoi pouvait servir Facebook dans les campagnes électorales (à répandre des Fake news vu qu’il ne contrôle rien !!!). A gauche une des fausses nouvelles balancées par Trump dans la campagne électorale déjà en cours, dénoncée par la candidate Elisabeth Warren. C’est aussi le Cofondateur de PayPal (avec Elon Musk) et le fondateur de Palantir, qui nous ramène à un autre domaine passionnant, celui de l’espionnage informatique au profit de la CIA, du FBI, ou du Department of Defense…(5) l’homme présenté comme le fossoyeur de la démocratie (il est opposé au vote des femmes alors qu’il est homo !!!) est devenu conseiller de… Donald Trump ! Thiel, l’homme à la vengeance pugnace...

Il est en photo ici avec Ann Coulter que l’on ne présente plus non plus, dans un gala au profit du républicain ultra-réac Kris Kobach, dans le Kansas, fermement opposé à toute immigration, qui écrit dans Breibart, et qui est aussi fort proche de Trump et de Steve Bannon ! Comme Trump, il clame toujours qu’Obama n’est pas né aux USA… Kobach, un anti-immigré dont les grands-parents sont venus de Bohème du côté de son père et de Norvège du côté de sa mère… un beau résumé de ce qu’est la pensée tortueuse de Trump, qui n’arrête pas lui de dire que son père est né en Allemagne alors qu’il est né… aux USA ! C’est son grand-père, Friedrich Trump, qui est né en Allemagne, à Kallstadt !!!

En mars 2010, ACORN, complètement décrédibilisée, après avoir dû licencier des aides ayant tenu des propos litigieux et, désormais sans argent, avait dû fermer un bon nombre de ses bureaux.  Mais peu de temps après éclatait un second scandale, inverse, celui-ci : le bureau du Procureur général de Californie et le Government Accountability Office des États-Unis publiaient leurs rapports d’enquête sur cette affaire… un rapport accablant pour O’Keefe, qui selon eux « avait donné une image fausse des actes des travailleurs d’ACORN en Californie » et surtout que ceux-ci « n’avaient commis aucun acte illégal » !!! Un des employés californiens qui avait attaqué O-Keefe pour atteinte à sa vie privée se verra même recevoir  de sa part 100 000 dollars de dédommagements après une transaction négociée (O’Keefe avouant ainsi l’avoir harcelé et décrédibilisé et disposé de larges subsides, malgré son jeune âge). Fin du premier acte et de la première apparition (remarquée) de O’Keefe.

Des jeunes bien droitiers (manipulés ?)

Les méthodes employées avaient été scandaleuses, avec l’utilisation de faux badges de presse ou de fausses indications sur les deux preneurs de son. Bref, de véritables créateurs de Fake News, capables ici de déstabiliser une association nationale et de faire même douter le Congrès !!!  Des personnes argumentant après coup sur leur façons de faire, grâce à leurs avocats, choisis pour fuir leurs responsabilités, façon Trump (6).  Depuis, Hannah Giles est devenu l’égérie des conservateurs (elle apparaît ici au meeting conjoint de l’Atlas Foundation et de The Heritage Foundation, venue y faire une conférence !). Hannah Giles, a aussi été applaudie en France, comme ici par Damien Theillier,  le président de l’Institut Coppet (qui compte parmi lui Aurélien Poruese, un avocat UDI de Wimereux), un Theillier qui pas une seule fois n’explique la méthode fallacieuse employée par les deux faux journalistes pour arriver à leurs fins. Ce partisan du libéralisme est aussi un supporter de Trump qui donne des cours en ligne appelé pompeusement « l’École de la liberté « . Sous prétexte de concurrencer « une école périmée », présentée de façon caricaturale, on diffuse une propagande libérale outrancière. Ici, on se Mooc du monde, si vous me permettez… Voici par exemple son ode effarante au système Trumpien… Pour lui c’est en effet « un grand négociateur » : « Trump affirme également qu’il préfère être coopératif et positif, mais que parfois il est nécessaire d’être conflictuel quand l’autre partie vous traite mal ou essaie de profiter de vous. “Le risque est que vous aggraviez une mauvaise situation, et je ne recommande certainement pas cette approche à tout le monde”, écrit-il. “Mais d’après mon expérience, si vous vous battez pour quelque chose en quoi vous croyez, même si cela implique de vous aliéner certaines personnes en cours de route, les choses s’arrangent généralement pour le mieux à la fin”. On peut présider un Institut (fort libéral), se prétendre philosophe (il est simplement prof de philo ne terminale), et manquer totalement de lucidité, car Donald en ce moment s’achemine visiblement vers une conclusion contraire en jetant tous les jours de huile sur le feu avec insultes et vociférations à la clé… Le même auteur s’avoue aussi partisan de l’esbroufe, façon O’Keefe :  » Il ne faut pas hésiter à créer de la controverse pour piquer l’intérêt des médias ajoute-t-il, en citant encore Trump : “une chose que j’ai apprise à propos de la presse, c’est qu’ils ont toujours faim d’une bonne histoire, et que plus c’est sensationnel, mieux c’est, c’est dans la nature du métier, et je le comprends. Si vous êtes un peu différent, ou un peu outrancier, ou si vous faites des choses audacieuses ou controversées, la presse va écrire à votre sujet”. Une politique du buzz constant et du lancement de rideau de fumée (la Syrie) pour masque un problème gênant pour lui (l’enquête sur sa destitution). Ou le buzz façon trash de Mar a Lago, ou encore d’autres vidéos trafiquées à venir  ? Trump n’a pas que Marine LePen comme admirateur… celui-ci sévit jusqu’au Québec, chez le Québéquois Libre. Des libertariens, bien entendu (fans de Ron Paul) !! On notera simplement qu’y écrit également Mathieu Laine, aujourd’hui conseiller de… Macron !!! Le libéralisme englobe bien des nuances, comme on le voit… Thiellier, lui, se fait tailler en pièces dans un blog vengeur (4)

Une renaissance sous le nom de Phoenix 

Giles, après l’affaire Acorn est partie fonder American Phoenix Foundation, au nom bien sûr de la liberté d’expression libertarienne. Ses sources de revenus étant toujours aussi floues. En 2015, elle refaisait parler d’elle : on venait de découvrir que les quatre donateurs lui permettant d’exister, la Strake Foundation, le State Policy Network, le Franklin Center for Government and Public Integrity, et la Jeff Sandefer’s Ed Foundation (donatrice pour Rick Perry secrétaire à l’Energie chez Donald Trump, qui vient juste de le balancer dans l‘affaire ukrainienne (7) !), étaient tous des organisations profondément conservatrices. Au total en 2012, Phoenix avait engrangé grâce à elles 182 225 dollars ! Et la Phoenix Fondation de Giles avait recommencé grâce à cet argent, avec les mêmes méthodes pour espionner cette fois des avocats (en les filmant, toujours le même procédé intrusif) ou même une sénatrice (en investissant son bureau sous de faux noms). « American Phoenix est dirigé par Joseph Basel (devenu le mari de d’Hanna Giles), qui en 2010 faisait partie des quatre personnes arrêtées et accusées d’avoir pénétré dans une propriété fédérale sous de faux prétextes en Louisiane. Le groupe, prétendant être un réparateur téléphonique, était entré alors dans le Bureau de la sénatrice Mary Landrieu à la Nouvelle-Orléans. Plus tard, Bâle a plaidé coupable d’un délit et a été condamné à une amende de 1 500 dollars, à une peine de probation de deux ans et à 75 heures de travaux collectifs. L’un de ses co-accusés dans cette affaire, Stan Dai, est également un officier de Phoenix. O’Keefe étant du cuir ce jour-là, bien entendu !

Les généreux donateurs ne semblaient pourtant rien regretter : « George Strake, ancien secrétaire d’État du Texas sous le gouverneur Bill Clements, a déclaré au journal Tribune que sa fondation avait contribué à l’American Phoenix parce qu’il était fan de la vice-présidente du groupe, Hannah Giles. Strake a ajouté que ses dons avaient été faits il y a des années et n’avaient aucun lien avec le récent projet d’enregistrement vidéo du groupe. Mais il n’a pas exclu de leur faire un don à l’avenir. « Je pensais que nous étions pour la transparence du gouvernement », a déclaré Strake. « Ce sont des fonctionnaires. Si vous voulez que personne ne le sache, ne le faites pas. C’est ma théorie à ce sujet. » En fait, Strake réglait ainsi de vieux comptes politiciens avec… ACORN : « Strake a déclaré qu’il était un fan des vidéos car en 1982, lors de sa campagne infructueuse pour le lieutenant-gouverneur du Texas, il avait été pris pour cible par ACORN. « Ils sont assez durs et durs », a déclaré Strake de ACORN. « En 82, ils m’ont brisé partout où je suis allé (8). »

Les autres récidives 

Son confrère O-Keef ne s’est pas arrêté en chemin non plus : en 2008, avant même l’flair de l’ACORN , il avait filmé des jeunes filles enceintes en perdition s’adressant à la fondatrice d’un groupe anti-avortement sur le campus de UCLA. Le but vidé étant clair: c’était une campagne anti-avortement, droitière, bien entendu. En 2010, il participe à l’envahissement du bureau de Mary Landrieu,la sénatrice démocrate déjà décrite. Il hérite ce jour là d’un condamnation à O’Keefe a été condamné à trois ans de probation, 100 heures de travaux communautaires et une amende de 1 500 dollars. Il y en a eu d’autres, parfois avortées comme ici contre le Service Employees International Union dans le Massachusetts au profit de… Rick Santorum, via l’argent de Foster Friess (ici à droite avec sa femme), son généreux donateur (« underdog billionaire », un « born-again » chrétien et… islamophobe !!!).. le thème des films prévus étant un vieux complot de votants soi-disant amenés en bus dans les bureaux de vote, des noirs ou des latinos, un grand classique de l’extrême droite US. Avait été cité dans la tentative Heather Higgins, la fondatrice fort droitière de l’Independent Women’s Voice (et une anti-féministe acharnée !) et apparue aussi chez … Andrew Breitbart (9). Une énième libertarienne qui avait parié en 2016 sur Trump !!!

En 2011, O’Keefe s’en prend aux musulmans via un enregistrement entre le Muslim Education Action Center » une association caritative et les représentants de la NPR (National Public Radio), Ronald Schiller et Betsy Liley. Dans la vidéo, Schiller avait laissé entendre que le Tea Parti était anti-islam et racistes, ce qui était plutôt… une vérité ! En 2015, l’une de ses autres prouesses a été de piéger à la fête de l’United Federation of Teachers Alan Schulkin, démocrate de Manhattan, se lâchant en train de raconter que la fraude électorale existe en effet sous Bill de Blasio, le maire démocrate défenseur des émigrés, et donc haï par Trump (sous n’importe quel prétexte), notamment les bulletins de vote par correspondance. Schulkin, en même temps, dénonçait ce fait en demandant un plus grand contrôle des listes électorales, mais une fois encore, cette partie du propos avait été coupée par O’Keefe le manipulateur. Le 18 octobre 2016, O’Keefe s’en prend cette fois à Scott Foval, d’American United for Change qui laisse échapper au micro que se troupes allaient dans les meetings de Trump pour y mettre la zone. Auparavant, quel hasard, la Trump Foundation venait de faire un don de 10 000 dollars au « Project Veritas » de O’Keefe !!! En fait à chaque apparition à la presse de Donald Trump des activistes se pointaient en effet déguisés en Donald Duck (ici à droite) pour poser des questions sur les feuilles d’impôts de Trump, qu’il a toujours refusé de publier (mais sera désormais obligé de les révéler). O-Keefe le complotiste invétéré, le jour-même des élections, passera son temps à  à suivre et surveiller des fourgonnettes censées selon lui  « transporter les gens en urgence pour aller voter  à Philadelphie »… mais il fera cette fois chou blanc : on obsession à vouloir le démontrer ratera car c’était complètement bidon comme info !

S’attaquer à George Soros, haï par l’extrême droite (car juif)

En pleine campagne électorale, O’Keefe en avait fait une autre, de bourde. C’était le 16 mars, quand Dana Geraghty, 28 ans, promue standardiste à l’Open Society Foundations, un organisme géré et financé par George Soros, partisan déclaré d’Hilary Clinton, avait reçu un étrange coup de fil d’un gars appelé Victor Kesh, laissé en message sur répondeur, qui s’était présenté comme americano-hongrois, appelant de Westchester County. Il affirmait vouloir faire une donation, mais sans citer le nom du donateur ce qui semblait déjà suspicieux. L’enregistrement évoquait de l’argent qui proviendrait « d’offshore British Virgin Island companies » car le groupe donateur « ne plairait pas à Soros »… En présentant le sujet à Dana Geraghty, l’auteur du coup de fil était allé sur sa fiche Linked’in, révélant en fait sa recherche et son propre contact. L’adresse, retrouvée facilement, aboutissait chez… James O’Keefe et aux bureaux de Project Veritas !!! Un organisme devenu florissant depuis 2009 : entre 2013 et 2014 il avait doublé son budget, passant de 1.2 million à 2,4 millions de dollars ! La mesure parti fournie par Donors Trust groupe plus ou moins flou regroupant des donations (très) conservatrices, dont essentiellement la Charles G. Koch Foundation et le Knowledge and Progress Fund, de Koch également (les autres étant la John M. Olin Foundation, la Castle Rock Foundation, le Searle Freedom Trust, et la Bradley Foundation) !!! Les dond partant vers O’Keef ou bien l’Heritage Foundation, l’ Americans for Tax Reform, la célèbre National Rifle Association;  la  Freedom Action Foundation, ou le Cato Institute… De l’argent pour O’Keefe pour continuer à utiliser des coups tordus dignes de ceux de Karl Rove avec ses appels téléphoniques insinuateurs de la campagne de G.W.Bush…

Trump et la Pologne

L’objectif d’attaquer cette fois George Soros s’expliquant facilement. O-Keefe était alors sous l’influence de Matthew Tyrmand (ici à droite), un opposant forcené à Soros, membre lui aussi du Project Veritas. Tyrmand étant conseiller à la présence polonaise ultra-conservatrice (la photo ici à droite avec Jarosław Aleksander Kaczyński, principal dirigeant du pays, portant la casquette de supporter de Trump est fort parlante !!!),  et également membre de l’équipe de Breitbart ! A gauche, une annonce proposée par Tyrmand pour une « conférence » républicaine (The New York Young Republican Club‏) du 8 octobredernier ; que du beau linge comme on peut voir : Bannon, Prince et Tony Shaffer… ce dernier étant le vilain canard des trois : c’est en effet celui qui avait vu venir le 11 Septembre, via le programme Able Danger (qui avait localisé Mohammed Atta !), mais qui n’a pas été écouté… O’Keefe re-téléphonera peu après à la Open Society Foundations, en demandant benoîtement si Soros finançait bien l’opposition polonaise « comme on le raconte partout ». La tentative d’intrusion avait en fait raté, et O’Keefe le 19 mai était lui-même obligé de le reconnaître. « O’Keefe a promis que son documentaire secret sur la campagne d’Hillary Clinton attirerait l’attention. Mais le 19 mai, il reconnut publiquement sa défaite », écrit le New-Yorker : « Dans une interview publiée dans Breitbart News, il a avoué qu’il avait été «forcé d’abandonner une enquête secrète ambitieuse sur le milliardaire financier de gauche, George Soros». O’Keefe (ici à droite récemment dans ses bureaux) a reconnu qu’il avait «oublié de raccrocher», mais avait refusé de répondre. Et en étant précis sur l’opération, en disant: « Je n’aime pas révéler la tactique de ce que nous faisons. » Il s’est excusé auprès de ses partisans et a promis que ses nombreuses autres enquêtes n’avaient pas été compromises. «Malheureusement, cette enquête a été une grande déception pour moi», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il était «très déçu», car il estimait que l’influence de milliardaires tels que Soros constituait «le sujet le plus important qui minait la démocratie.» «Si je voulais être parfait, j’abandonnerais.» Les liens entre Trump et la Pologne ne se limitant pas au port de la casquette rouge, mais à l’achat d’avions furtifs aux prix exorbitants jadis fort décriés par Donald Trump qui est vendu depuis leur meilleur représentant commercial, rentrées d’argent oblige… souvent Trump varie, en effet.

La dernière tentative de O’Keefe… qui enterrera Trump

O’Keefe vit maintenant depuis 10 ans des subsides des donateurs d’extrême droite ou de droite conservatrice traditionnelle, au sein de sa maison de production de reportages charcutés; comme on vient de le décrire. Dix ans à s’échiner à produire des fakes news pour ruiner la démocratie. La dernière en date s’appelle Cary Poarch, présenté comme un membre de l’équipe journalistique de CNN alors qu’il n’est qu’un contractant extérieur, visiblement planté par O-Keefe comme infiltré. L’occasion trop belle pour Donald de ne pas aussitôt intervenir sur Twitter et d’encenser la démarche signée O’Keefe (cf ici à droite), en s’en prenant à Jeff Zucker, le patron de CNN, dépeint dans la « confession » de Poarch comme menant « une croisade personnelle » contre Donald.
Ce sont les façons de présenter les choses chez l’équipe de Trump depuis le début : on ne critique pas selon elle ce qu’il fait, on critique sa personne. O’Keefe, en reconnaissant lui-même son implication dans l’affaire Poarch avoue en même temps faire une nouvelle fois le jeu de Donald Trump.  Encore une fois cela sent le téléphoné et la façon de présenter les choses en « breaking news » une énième attaque tordue signé O’Keefe. La mise en scène parle d’elle-même : Poarch n’est que le chauffeur d’un camion de retransmission satellitaire contactant pour CNN (PSSI Global). Une des ses collègues s’appelle Connie Yen. On le présente encravaté dans un studio de régie aux couleurs de CNN (ici à gauche)  comme s’il était un de ses présentateurs vedettes : le procédé est grossier !!! Ici à droite le chauffeur en train de faire un essai de costume en selfie… et ici à gauche la mise en scène façon interview dramatique sur place présentée par O’Keefe. Ci-contre à droite la véritable régie de CNN: ça, n‘a rien a voir et on comprend que sur CNN on n’occupe pas d’écrans inutilement avec deux énormes logos, ou on n’exhibe pas non plus une pendule analogique ridicule à cet endroit où tout se passe à  la seconde près !!! Bref, c’est bien une fabrication complète et grossière, destinée à faire du chauffeur de camion un membre éminent du staff de CNN !!! La plupart des émeus interviews « accusateurs » ont été enregistrés dans des bars entourant la station, les propos étant tenus par des employés au bas de l’échelle de la station. Aucun journaliste de la station n’a été filmé ni donc pris en défaut. Pour ajouter à la fabrication signé O’Keefe, cet imbécile à lui-même présenté sa « découverte » sur un écran géant de son propre studio (ci-dessus) en montrant qu’elle était diffusée par Sean Hannity, l’homme qui encense tous les jours Trump ou qui vient le flatter jusque sur scène lors de ses tournées électorales comme l’avis montré l’émission Quotidien sur TF1. On a même retrouvé un autre larron pour en faire la pub : Alex Jones, d’Info Wars, banni des réseaux sociaux mais hélas toujours présent sur Internet (10)… avec lui, l’affiche de Trump est complète en effet !

(1) sa définition ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/État_profond

On précise que ça n’a rien à voir avec le « Gouvernement invisible » de David  Ross et Thomas B. Wise.

(2) l’un des deux, David  est mort récemment à 79 ans. « Son héritage politique est gigantesque.” Et en effet, que l’on parle du vice-président du pays Mike Pence, du ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo, de membres du gouvernement actuel ou d’élus locaux de haut-rang, tous ont pu parvenir à un tel statut grâce à l’argent du système conçu par David Koch. Il avait ainsi permis l’essor du Tea Party, cette frange la plus à droite du parti conservateur, notamment incarné par Sarah Palin » écrit le « Huff ».

(3) Heidi Fless est une ancienne tenancière de bordel où de nombreux acteurs se rendaient, connue sous le nom de Hollywood Madam, qui a été condamnée pour évasion fiscale (mais pas pour proxénétisme ni trafic de cocaïne !) elle vit aujourd’hui à Pahrump, dans le Nevada; s’occupant de perroquets abandonnés.

(4) « Le libéralisme classique aboutit au calcul hédoniste égoïste, il présuppose de façon constante une redéfinition du bien et du mal étrangère aux options réalistes essentialistes (Platon, Aristote) vis-à-vis desquelles il prône la liberté d’indifférence issue de Guillaume d’Occam. Voilà ce que nous voulons ici brièvement rappeler. Contrairement aux affirmations de monsieur Theillier, le libéralisme est le fruit d’options logiques empiristes qui engendrent inévitablement une forme de relativisme qui aboutit au règne des prédateurs, groupes privés comme institutions étatiques. Et assurément, ces options non-inductives sont les mêmes chez les auteurs socialistes, Marx en tête, dont la thèse de doctorat portait sur « La différence entre la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure » (1841). » (…) Quand monsieur Theillier ose encore affirmer que « l’égoïsme n’est pas dans le libéralisme », on ne sait pas si on doit en rire ou en pleurer. Préciser que cet égoïsme est dans la nature humaine est une pirouette : le libéralisme définit celle-ci comme appétit exclusivement égoïste depuis le début. Et d’évoquer en filigrane la Main Invisible de Adam Smith… »

(5) Thiel a une casserole qui s’appelle Mithril Capital dirigée par Ajay Royan qui détient 1 millard de dollars…. non employés pour développer des start-ups comme promis.

(6) ici relevé dans le BradBlog, site spécialisé sur ls manipulations électorales : « Dans une requête en jugement, les avocats de Giles soutiennent que : « L’article 632 a une portée limitée: il n’engage sans ambiguïté que les personnes qui enregistrent une communication confidentielle avec le consentement de toutes les parties à la communication et exclut la responsabilité des personnes qui se contentent d’aider à l’enregistrement ou qui participent à la communication. Ici , la plainte elle-même indique clairement que seul O’Keefe, et non Giles, a effectivement procédé à l’enregistrement de la communication. Les allégations selon lesquelles Giles était présent ou accepté lors de l’enregistrement sont juridiquement insuffisantes pour la placer dans le champ d’application 632. «  Ainsi, même si Giles a déclaré sur son site Web d’appel juridique, DefendHannah.com, qu’ « Hannah Giles a capturé des employés d’ACORN qui donnaient des conseils sur la prostitution et le blanchiment d’argent », elle est toujours innocente car elle ne tenait pas la caméra. En d’autres termes, elle mérite la gloire, mais pas la responsabilité… c’est tout O’Keefe, ça. »

(7) c’est tout nouveau et c’est encore un changement de stratégie de défense de Trump, type « c’est pas moi c’est lui… » encore d’un haut niveau, chez cet irresponsable chronique…

(8) Strake, dans un discours hallucinant; oppose ici l’ObamaCare à sa bonne vieille charité texane, effectuée à la tête du client (qui doit être « chrétien » pour en bénéficier, c’est comme chez David Koch) : « Il y a des membres du gouvernement qui pensent être les meilleurs gestionnaires de votre argent et qui pensent que l’argent que vous donnez à d’autres personnes dans le besoin devrait être taxé et envoyé à Washington et à Austin. C’est une bataille constante. Éliminer ou réduire les exonérations ceux qui sont disposés à donner détruiraient la culture de ce pays « . Dédié à aider les autres, il ajoute: « Dans ce monde, il y a des gens qui ne peuvent pas réussir et en tant que chrétien, vous devez savoir qu’ils ont besoin d’une pause avec un coup de main et non d’un don. » Strake prévient: « Notre façon de traiter ce problème va vraiment avoir un impact sur le monde. En ce qui concerne la charité, dans tous les autres pays, nous avons fait plus de bien à plus de personnes dans plus de régions du monde que dans tout autre pays. » Pourquoi aurions-nous abandonné un système capitaliste que le gouvernement actuel tente de détruire?  » Pour ajouter à ce désastre de la pensée, on apprenait que la découverte et l’authentification (?) des ossements de St Pierre à Rome, confirmée à l’époque par Paul VI, « l’avait été grâce à des dons d’un pétrolier texan » appelé… George Strake selon un livre à sa gloire. Les reliques avaient été exhibées par le pape François en novembre 2013. En fait elles avaient été trouvées dès 1953 par Margherita Garducci. A l’époque le nom de Strake n’était en rien apparu… et rien ne permet d’affirmer que ce sont bien les restes de St Pierre

(9) Son message avait été fort clair : « Le mercredi 13 janvier 2010 à 00h25, Steve Friess a écrit: Ne serait-il pas formidable de pouvoir produire une « vidéo style ACORN Sting » sur ces bus ? Peut-être que ça rebondirait  sur Breitbart ? Certains conservateurs noirs / latins pourraient être câblés pour une vidéo, être pris en charge par l’un de ces bus et montrer ce qui se passe. À mon avis, ils proposent de l’argent liquide (ce dont je suis presque sûr qu’il est illégal), et je parierais également qu’au moins certains de ces bus effectuent plus d’un arrêt avec les mêmes personnes, c’est-à-dire qu’elles sont obligées de voter deux fois. Je ne connais pas les mécanismes de cela. Certains types de détectives privés seraient peut-être nécessaires pour retrouver les bus, et un bloc ou deux devant eux pour déposer nos caméramans … Trop de choses à imaginer ? Imaginez-vous en train de résoudre ce problème – des problèmes d’ordre juridique / image pour SEIU seraient une bonne chose … pensez-vous qu’il y a des avantages à cela? Breitbart le saurait, et Fund le saurait – «si on les surprend en train de faire X, cela pourrait vouloir dire Y» – je ne sais tout simplement pas quels sont les enjeux »

(10) Jones comme’d’autres sites d’extrême droite cherchent aussi à diviser le camp démocrate en choisissant l’élue qui a soutenu Bachar el Assad, Tulsi Gabbard, à la surprise générale. Des informaticiens ont déjà repéré que de nombreux posts positifs la soutenant provenaient de Russie, de « bots » automatisés, et hier Hillary Clinton a lis les pieds dans le plat en le confirmant. Les russes sont à nouveau en train de saboter l’élection US, et comme il devient difficile de soutenir Trump, le point d’inflexion est de faire descendre le nombre de voix  sur l’élu qui représentera le parti démocrate en créant une dissidence et un troisème prétendant au lieu de deux . L’exemple a droite du pseudo-sondage d’Info Wars après le débat démocrate est fort parlant…

 

 

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