Accueil / A C T U A L I T É / Trump noyé dans son propre marigot : mais pourquoi donc l’Ukraine ?

Trump noyé dans son propre marigot : mais pourquoi donc l’Ukraine ?

Je l’avais parié : Donald Trump, par sa bêtise fondamentale, finirait par tomber tout seul à force de scier tous les jours la branche sur laquelle on l’avait assis.  Bien aidé aussi, il est vrai, par un bûcheron de première catégorie : Rudolf Guliani. Il suffisait d’attendre, et ça vient donc d’arriver.  Ce qu’on a du mal à comprendre, depuis, c’est pourquoi donc l’Ukraine dans ce marigot trumpien ?  En focalisant autant sur le fils de Joe Biden, Trump, comme à son habitude, essaierait-il de détourner les projecteurs de quelque chose d’embarrassant pour lui-même ? Cela nécessite quelques explications, et quelques retours en arrière aussi, soit avant même que le pays ne se choisisse un comédien, pas du tout prêt à affronter le rude métier de président, comme il vient de le montrer avec brio devant l’ineffable Donald, sorti lui tout droit des jeux télévisés… Revenons donc quelques mois en arrière à Kiev… 

Kiev, je ne vous apprends rien, n’est pas vraiment un paradis. Même si il fut un temps où on présentait le pays comme le futur de l’agriculture pour les expatriés français rêvant d’autre chose que d’amour dans le pré (1)...  La capitale présente en effet un lourd passé dans le domaine des ventes d’armes comme je vous l’ai rappelé ici en détail (2).  Cela fait des décennies que l’Ukraine et ses sociétés d’armements, dont la principale d’Etat, fournissent les guerres du monde entier.  L’Ukriane est un supermarché à ciel ouvert d’armes, comme l’a si bien décrit The New-Yorker en janvier 2017, livrées par des noria d’Ill-76 bien connus (ou de vieux et vaillants Antonov 12) qui sillonnent les cieux européens en laissant leurs panaches de fumée derrière eux.  On les croisera souvent à Ostende, par exemple, ou à Francfort.  Ici à gauche l’Antonov 12 d’Air Alliance se posant à Ostende le 27 April 2015.  Et les américains le savent très bien :  ils en ont aussi largement profité quand il s’est agi d’armer discrètement des opposants à un régime, la livraison des armes ukrainiennes provenant des ex dépôts soviétiques (inépuisables) étant réalisée sous le contrôle de la CIA.  La société Far-West, par exemple, vendeuse d’armes, qui n’était pas américaine malgré son nom, avait laissé sa trace à plusieurs endroits, rappelez-vous, dont celles de la vente sous le manteau de missiles de croisière KH-55 qui auraient dû être remis à l’URSS ou détruits, et qui s’étaient envolés… ailleurs. L’opération étant supervisée à cette époque par le patron de Far-West : Rasheed ar Rasheed, des services secrets de l’Arabie saoudite et un proche du Prince Turki al-Faisal, proche lui-même de G.W.Bush.  Les missiles revendus très chers, et dont on a perdu la trace, auraient été revendus aux chinois ou aux iraniens.  La découverte du trafic avait entraîné une cascade de décès par « accidents » (seize !), qui laissaient fortement supputer que les personnes disparues auraient pu jouer un rôle dans ces disparitions de missiles et qu’il ne fallait pas que cela s’ébruite.  Un principe inauguré après l’assassinat de Kennedy, où les dégâts collatéraux pourraient remplir Dealey Plaza de cadavres.

Des ventes d’Etat cachées au fond de cargos ou dans de vieux avions

Parmi ces victimes, il y avait eu Alexander Lebed, ancien général fort en gueule, mort dans un accident d’hélicoptère (il avait fomenté un coup d’état sous Elstsine), qui avait été gouverneur du kraï de Krasnoïarsk, et candidat à la présidentielle.  Tout se passait sous la férule du gouvernement ukrainien, impliqué dans une corruption massive qui mettra du temps à se voir condamnée.  En 2017, enfin, Sergei Bondarchuk, ancien directeur d’UkrSpetsExport, sous  la président de Viktor Yushchenko (celui défiguré par un empoisonnement…russe), avait été arrêté, accusé d’avoir détourné pas moins de 7,5 millions de dollars. La spécialité d’Ukrspetsexport étant la liquidation des dépôts d’armes hérités des forces armées soviétiques, en plus d’en produire elle-même. « L’un des principaux bénéficiaire du trafic s’appelle Anatolii Ivanovich Levin, Membre du SDPU en 2002, il a été élu en Ukraine en prenant le poste de vice-président du Comité Verkhovna Rada de la construction, les transports et les communications. Spécialité: ingénieur pilote. De 1995 à 1997, Levin (ou Lovin ou Lovin Anatolii Ivanovich) était directeur général et président de la compagnie aérienne « ATI », en 1997-2002 (ici à droite l’ATI UR-76777 IL-76MD à Ostende le 25 juin 2001) – et président de la société « Titan ».  De la bouche d’Omelchenko, nous apprenons que M. Levin est étroitement lié aux relations d’affaires, non seulement avec les généraux militaires.  Au final, le nom « Ukrgasbank » et la société « Faht European Ltd » apparaissent (Faht signifiant « Financial Assets Held for Trading »).  D’après le contenu des documents de Leonid Koutchma, obtenus le 11 décembre l’année dernière, « Ukrgasbank » et « Faht européenne Ltd » ont pompé un grand nombre de millions au-delà des frontières de la patrie, puis les ont lavés ».. « Les recettes – 120 000 dollars – ont été dissimulés au service des impôts.  Pour comprendre l’ampleur des actions des élus, nous dirons seulement que pour 1999-2001, Levin a retiré près de deux millions de dollars sur ses cartes Visa ». Grigory Omelchenko soutient que l’enquête a recueilli suffisamment de preuves sur les activités criminelles de Levin »...  On finit par retrouver un des Ill-76 de Levin :  c’est l’ER-IBB (0063471147).  L’ex CCCP-76703 transféré des forces armées russes (Melitopol) à Aeroflot pour devenir en 2001 ER-IBB chez Azal Air Cargo.  Sous Viktor Iouchtchenko donc, les vendeurs d’armes n’avaient pas trop l’air d’être inquiétés et certains mêmes étaient récompensés lors de frasques comme celles ayant abouti à l’aventure rocambolesque du cargo Faina, bourré de chars d’assaut !!!  (vous l’aviez oublié cette photo, ici à droite, ? pas moi !).  On pouvait être « orange », avoir failli mourir de la main des sbires de Poutine, prêcher la paix.. et soutenir les ventes d’armes pour détruire la paix ailleurs !!!

En fait, comme je l’ai écrit ailleurs (et y suis revenu ici), des pirates somaliens maladroits avaient découvert par hasard un trafic considérable d’armes ukrainiennes vers le Soudan !!!  « Le  8 décembre 2010, Wikileaks révèle que les USA étaient parfaitement au courant du trafic, et que mieux encore, si ce transport avait été révélé « grâce aux pirates » en quelque sorte, un précédent était passé totalement inaperçu.  « Au cours des deux dernières années », dit en décembre 2009 un câble, de l’ambassade à Nairobi, les responsables Kenyians ont partagé les détails de leur engagement avec le SPLA, comme nous avons partagé les détails de notre programme de formation pour la SPLA, y compris des armes de combat et la formation des soldats. Il y a plusieurs années, le gouvernement du sud-Soudan nous a contractés pour acheter 100 chars d’assaut ukrainiens en utilisant ses propres fonds. La première cargaison de chars ukrainiens a eu lieu en 2007 sans tambour ni trompette, et le deuxième envoi a été livré un an plus tard ». En somme, sans l’intervention des pirates, le monde entier aurait totalement ignoré comment le sud-Soudan s’était lourdement armé à l’insu de tous, sauf … de l’Ukraine et des USA… » Et tout cela sans même citer dans le domaine aérien les sociétés Cavoc Air, Ukraine Air Alliance et leurs étranges vols de « contractants » américains pour l’opération Timber Sycamore, consistant à délivrer des armes aux opposants de Bachar, sans tenir vraiment compte de leur destination finale…  je n’y reviens pas.  Des armes en provenance des vieux dépôts soviétiques des Balkans, inépuisables.  A droite, le très reconnaissable Cavok Air se posant à Maastricht le 7 septembre 2016.  Il est ici en vidéo au départ de Manchester le 8 mai 2016 (notez la fumée laissée derrière lui).

Un exemplaire… bordelais !

L’Ukraine et les tycoons vendeurs d’armes c’est en quelque sorte un pléonasme, en effet.  Certains y habitent toujours, d’autres, pris au piège des révélations, ont réussi à fuir à l’étranger, fortune faite.  Ce n’est pas ce qui manque comme ressource dans le pays, en effet !  En France, on en aussi, certes, mais on a d’autres spécialités, comme le… vin, c’est bien connu.  On a hérité pourtant d’un exemplaire, de tycoon, venu s’installer discrètement près de Bordeaux, après s’être acheté un domaine viticole et y avoir créé discrètement un gîte d’accueil pour touristes. « Situé en plein cœur de la région de l’Entre-deux-Mers, à 1 heure au Sud-Est de Bordeaux, le Château Maison Noble St Martin est entouré de vignes, de jardins et d’une vaste prairie, où la tranquillité, le confort et l’authenticité sont à l’honneur. Non loin (à 5km) se situe la Véranda du Château Maison Noble, notre Maison d’Hôtes ». Ce nouveau châtelain est, quel hasard, tiens, ukrainien, justement.  C’est en fait l’ancien ancien responsable de l’UkrOboronProm d’état et un proche de l’ancien président Viktor Ianoukovitch… le président successeur de Iouchtchenko, lui aussi fort impliqué dans la vente d’armes!!!  Il s’appelle Dmytro (Dmitry) Peregudov (ici à gauche) et il est tombé ici  en France dans le collimateur de tracfin vers 2017…  Selon l’enquête, il aurait mis en effet dans ses poches 24 millions de dollars provenant de ventes d’armes, détournés à l’Etat ukrainien.  En fait Peregudov avait été viré en 2013 avec son adjoint et directeur général par intérim, Alexander Kovalenko, par Sergey Gromov (ici à droite), le directeur général d’UkrOboronProm (il a aussi été de 2011 à 2013 sous-ministre de la Défense), après que celui-ci ait découvert leurs détournements (Perugov dirigeant l’entreprise depuis 2012).  Selon la presse, le même Gromov étant « considéré comme un homme de Rinat Akhmetov. »  Ce dernier, qui est aussi le président du club ukrainien FC Chakhtar Donetsk, étant considéré lui comme l’homme le plus riche d’Ukraine !!! (« c’est le 39e homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 16 milliards de dollars en 2011″ selon Wikipedia). C’est donc Akhmetov qui a fait écarter notre caviste bordelais, arrêté par la police française en 2017 (mais on ne l’a appris que hier). Pourquoi donc, oh, ça semble simple :  la part de gâteau mangée par Kovalenko et Peregudov lui semblait trop grande à son goût !!! Or ce tycoon présente un autre intérêt que celui de vouloir jouer les Vito Corleone redresseurs dans la mafia des ventes d’armes du pays…  Ci-contre, à droite, le Falcon 7X d’Akhmetov immatriculé P4-SCM (et donc à … Aruba chez SCM Aruba AVV !!!), en train d’atterrir à EuroAirport à Mulhouse, provenant de Kiev-Boryspil (en Ukraine) le 23 septembre 2019.  Car c’est bien connu, ces gens-là ne se déplacent qu’en jet privé avant tout.  Enregistré dans des Trustee de paradis fiscaux, bien entendu !

Manafort, envoyé de Trump en Ukraine pour aider… Poutine

C’est en effet à lui qu’étaient destinés des mails envoyés par un certain Paul Manafort qui était son lobbyiste aux USA.  Son collègue Serhiy Liovotchkine et lui on en effet reçu des résultats de sondages politiques effectués en Ukraine. Manafort devant recevoir pour son travail de fond 2,4 millions de dollars… (via des comptes bancaires offshore) au moment même où il dirigeait une campagne bien particulière, celle d’un dénommé Donald Trump !!! « Selon CNN, M. Akhmetov est l’un des hommes les plus riches d’Ukraine et a financé le Parti des régions, une formation pro-russe. M. Liovotchkine a pour sa part occupé des fonctions importantes pendant le mandat du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch. M. Manafort a reconnu mardi qu’il avait partagé des résultats de sondages avec Konstantin Kilimnik, un consultant politique russe qui aurait des liens avec des services de renseignement » précise ici le VifBelgique. L’organisateur de campagne de Trump se faisait payer par des ukrainiens plutôt pro-Poutine, et cela ne semblait en rien gêner Donald, qui aujourd’hui tente de salir le fils de Biden en oubliant tout cela !!!  De l’argent de partisans de Poutine en prime !  A droite, Akhemtov célébré par ses propres joueurs lors de la victoire UEFA contre le Werder de Brême en 2009.

Akhemtov, sans trop de surprise étant à la tête d’un parti politique pro-russe, le Parti des régions !!! (Levotchkine et son confrère Medvedtchouk étant encore plus pro-russe qu’Akhemtov !!!).  On en est donc là : Donald Trump, qui, aujourd’hui, reproche au fils de Biden d’avoir fait des affaires avec des ukrainiens, alors que son ex directeur de campagne dort aujourd’hui en prison pour avoir menti à la justice US sur l’origine des ses versement ukrainiens !  On ne le savait que par trop rompu au retournement d’infos (les autres que les siennes sont toutes des fakes, lui seul détient la vérité) mais avec cet exemple on atteint un autre sommet il me semble !!! Paul Manafort encore, avec l’exemple surprenant du 2 août 2016, où le tycoon russe Oleg Deripaska était parti de Moscou pour se poser quelques heures seulement au Newark Liberty International Airport dans le New Jersey à bord de son Gulfstream G550 M-ALAY, pour repartir dans la même après midi pour Moscou…. Une traversée dans les deux sens dans quel but, voilà bien toute la question ! A Newark se tenait justement un meeting avec Manafort et Konstantin Kilimnik, qualifié ici de « traducteur et « fixer » de Manafort en Ukraine et taxé par Robert Mueller de « liens avec des proches de Poutine ».  Le rendez-vous prévu de Kilimnik (3) à Manhattan était dans l’immeuble (et gouffre financier) du 666 Fifth Avenue, appartenant à Jared Kushner, on ne pouvait faire plus compromis !!!  La (jeune) maîtresse de Deripaska, Nastya Rybka (Anastasia Vashukevich) affirmera avoir vu plusieurs réunions en 2016 et 2017 entre Derispaka et au moins « trois américains ». Depuis, on l’a rapatriée sans ménagements de Thailande à Moscou et on n’a plus entendu parler d’elle depuis février 2019 où le pouvoir russe l’avait relâchée. On ignore si elle est encore vivante, cette Marcinko bis…profiteuse devenu accusatrice, elle aussi (ici à gauche sur un yacht en Norvège avec Derispaka).

La corruption, première nature du pays

Le bilan est là et il est lourd : Leonid Koutchma, Viktor Iouchtchenko, Viktor Ianoukovytch, Petro Porochenko (pour le tout dernier on verra bien si l’ex-comique a déjà agi dans ce domaine… ou non) : quatre derniers présidents ukrainiens depuis 1994 ont tous été impliqués dans des ventes d’armes et de corruption.  Or le dernier de cette liste a lui aussi été approché par Paul Manafort. Porochenko, embarqué dans 12 enquêtes contre lui dont celles pour abus de pouvoir et complicité dans des affaires de corruption, notamment (ce qui lui a fait perdre l’élection au profit de l’inattendu Zelensky) !  Un e-mail contenant des initiales l’avait trahi : ce courriel en question traitait du travail de teasing effectué à une personne nommée « P. P. », un surnom commun utilisé pour décrire Porochenko. Manafort fait face à une litanie d’accusations liées à des crimes financiers et au blanchiment d’argent découlant de son travail en Ukraine pour le compte de l’ancien président Viktor Ianoukovitch. La possibilité d’une coopération Manafort-Porochenko a de nouveau été évoquée lorsque l’ancien partenaire commercial et bras droit de Manafort en Ukraine, Rick Gates, a déclaré devant le tribunal, le 7 août, que son entreprise avait mené des travaux de conseil auprès de Poroshenko en 2014. Gates s’est également plaint qu’un paiement de 1 million de dollars pour les travaux était «encore considérablement en souffrance» et que «Manafort était très contrarié que l’argent n’ait pas été envoyé». Il n’est pas clair si le paiement était pour le travail qu’il a fait pour Ianoukovitch ou Porochenko ». Le lobbying de Manafort portait-il sur des armes, mais cette fois dans le sens USA-Ukraine (4) ?  Peut-être bien, en effet…

Un deal purement mafieux signé… Trump

On ne le sait avec certitude, mais toujours est-il que le 24 août 2018, lors d’une parade officielle, on avait pu admirer des missiles Javelin américains neufs montés sur des véhicules de l’armée ukrainienne (ici à droite) ! Une première !! Il y en avait pour 47 millions de dollars, délivrés en avril 2018 grâce à un blanc-seing accordé aux livraisons par Donald Trump en personne. Comme par hasard, Kiev avait mis fin immédiatement aux enquêtes d’un procureur chargé de la lutte contre la corruption à l’encontre de Paul Manafort… devenu lobbyiste pro-russe sur place et menacé par le pouvoir en place et un procureur tenace anti-corruption de l’avoir un peu trop montré !!! Le procureur Mueller, à partir de cette livraison, n’a plus obtenu une seule info de l’Ukraine ! Enquête bloquée, ce qui finira par lui faire dire qu’il était sur le point de découvrir une collusion avec les russes, mais qu’il n’avait pas pu en réunir toutes les preuves !!!  Les missiles auraient-ils consisté en un cadeau d’un accord de type mafieux ? (« tu les auras, tes missiles, mais laisse Manafort tranquille d’abord »).  Et c’est ce même Trump, qui aujourd’hui, tente de diaboliser le fils Biden, alors qu’un de ses proches qui aujourd’hui végète en prison a participé à ce genre de négociation glauque et à cette corruption manifeste !  C’est vraiment le roi de l’inversion des valeurs, ce Donald sans foi ni loi.  Il ment comme il respire !!!!  Le dessinateur Jim Morin du Miami Herald a parfaitement résumé le dernier appel téléphonique de Trump à un président ukrainien (comme au précédent), idée reprise par le sénateur démocrate Adam Schiff et une idée qui hante tout le livre de James Comey (ex patron du FBI limogé sans ménagements par Trump). L’attitude de Tump avec TOUT LE MONDE est bien celle d’un mafieux !!!  On n’a rien avec lui sans montrer une certaine soumission !!!

L’ambassadrice US engagée contre la corruption

Avant l’arrive de Trump, les Etats-Unis avaient bien sûr un ambassadeur en Ukraine. Une ambassadrice, (née au Canada) choisie car elle parlait la langue, ses parents étant des ukrainiens réfugiés au Canada puis aux Etats-Unis, lassés par la corruption et la pureté qui régnait en Ukraine.  Marie L. Yovanovitch, nommée par Obama (et confirmée par le Sénat le 16juin 2016), est donc naturellement fort impliquée dans la lutte anti-corruption dans le pays.  Elle s’était rapprochée des services juridiques ukrainiens et suivait attentivement l’évolution des investigations menées contre ceux qui détournaient l’argent du pays, en en rendant compte régulièrement à Washington.  Mais très vite elle s’était aperçu que ses investigations menaient à une impasse.  Elles se heurtaient à un mur, selon le célèbre article du 8 octobre 2018 du Foreign Council. Et ce mur, comme le dit l’article, avait un nom : Nazar Kholodnytsky (ici à droite) nommé par Porochenko à la tête du  « Specialized Anticorruption Prosecutor’s Office » de Kiev.  Ses actions étaient pour le moins douteuses, en effet :  « Oleksandr Avakov a eu trente ans et a reçu le meilleur cadeau d’anniversaire de son histoire: les accusations de corruption pendues au-dessus de sa tête ont été définitivement abandonnées. Oleksandr, qui est le fils du ministre ukrainien de l’Intérieur, Arsen Avakov, a été soupçonné par la NABU d’avoir accumulé jusqu’à 520 000 dollars US en vendant des sacs à dos de mauvaise qualité au ministère de l’Intérieur. Le bureau du procureur spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAPO) a abandonné les poursuites contre le fils d’Avakov. Cet exemple illustre l’évolution de la lutte de l’Ukraine contre la corruption. Sous la pression du FMI et de la communauté internationale ainsi que d’acteurs favorables aux réformes, la vieille garde a finalement levé le voile sur son obstacle évident à la création d’un tribunal indépendant de lutte contre la corruption. Mais à présent, ils essaient simplement de faire en sorte que les affaires les plus importantes ne parviennent jamais dans la salle d’audience et malheureusement, dans certains cas, ils y réussissent. Le procureur en chef chargé de la lutte contre la corruption, Nazar Kholodnytsky, et son adjoint, Volodymyr Kryvenko, semblent être leurs armes secrètes ». Comme on peut le voir, les accusations de l’ambassadrice ne portaient donc pas sur le procureur général de 2016, Viktor Shokin, censé selon les partisans de Trump (dont Guliani) vouloir protéger le fils Biden !!!  Encore une fois les attaques menées par les partisans du mafieux Trump n’étaient qu’un allumage de feu pour tenter d’empêcher un autre incendie de s’éteindre !  Focaliser sur Shokin (dont Biden père avait certes réclamé la tête pour corruption !) c’était avant tout tenter d’ignorer Kholodnytsky et ses blocages à répétitions d’enquêtes anti-corruption !!!

« Ukrayinska Pravda a rapporté le 26 juillet que le bureau du procureur général avait préparé un avis de soupçon pour Kholodnytsky. Il porte la date du 31 mars 2018 et concerne des fuites d’informations, des instructions données à un témoin avant un interrogatoire et une influence sur le tribunal.
Seul le procureur général, Yuriy Lutsenko,
(ici  à gauche) peut signer l’avis de suspicion concernant Kholodnytsky et traîne les pieds sur cette question depuis plus de six mois ». Mais l’ex ministre de l’intérieur de Ioulia Tymochenko, Iouriï Iekhanourov et Viktor Ianoukovytch devenu procureur n’a pas bronché, trop conscient que l’édifice de briques remontait très haut au sommet de l’Etat. D’où des appels pressants, pour qu’il intervienne, venant du FMI qui en avait assez de voir son argent prêté s’évaporer constamment, ou de l’Europe, pour les mêmes raisons : tout le monde s’accordait pour le voir partir !!!  « Garder Kholodnytsky dans ses fonctions est la preuve la plus évidente que le cercle vicieux de l’impunité en Ukraine n’a pas encore été brisé. L’établissement d’un SAPO indépendant était une condition du programme de libéralisation des visas de l’UE, la tranche du FMI, et une priorité pour les États-Unis. Cependant, il s’agissait d’un grave problème d’éthique et il n’était donc pas surprenant qu’ils aient adopté une approche souple sur le plan moral. Kholodnytsky doit partir. Certains partenaires internationaux se sont déjà exprimés. L’ambassade des États-Unis a appelé à sa démission, tandis que Bruxelles a souligné que le SAPO ne devrait pas être sous l’influence indue ».

Tout le monde ayant noté la prise de position très ferme et tranchée de l’ambassadrice américaine Yovanovitch (ici à gauche)… l’ambassadrice ayant réclamé la tête du protecteur du système de corruption en Ukraine !!!  Cela lui avait valu une terrible campagne de critiques, la résultante d’un intense lobbying interne aux USA, venant de la droite extrême et orchestrée en sous-main par un dénommé Rudy Guliani, qui réclamait sa tête, mais pas celle de Yuriy Lutsenko, qui avait tant traîné les pieds pour écarter Kholodnytsky !!! « Loutsenko a présenté sa plainte contre Yovanovitch dans une interview accordée à John Solomon de Hill.TV, diffusée le 20 mars. Le même jour, The Hill a publié deux autres articles basés sur ce qui semble être la même interview avec Loutsenko, dans laquelle le procureur a déclaré avait ouvert une enquête sur les tentatives présumées de la police ukrainienne de renverser l’élection présidentielle américaine de 2016 en faveur d’Hillary Clinton en divulguant des données financières faisant état des paiements versés à l’ancien président de la campagne Trump, Paul Manafort, par l’ancien président ukrainien Viktor Yanukovych. Quelques semaines avant que l’avocat spécial Robert Mueller publie son rapport sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016, l’allégation de Loutsenko concernant l’ingérence ukrainienne a été saisie par Trump et son avocat personnel Rudy Giuliani. Le président a tweeté le titre de l’article de The Hill, « John Salomon: À mesure que la Russie s’efface, un complot ukrainien visant à aider Clinton fait son apparition. «  On ne pouvait être plus clair : la brusque éviction de l’ambassadrice était liée à la protection de Paul Manafort, l’homme dissimulé derrière le mur de briques bâti par Kholodnytsky !!!  Et cela n’avait rien à a voir avec Chokin ! L’anti-corrupion non freinée en Ukraine aurait obligatoirement mené à révéler que des ukrainiens étaient au courant de la manœuvre de la tentative de spolier l’élection US en révélant la corruption flagrante de Paul Manafort, alors directeur de campagne de Trump !!  En somme, Donald venait de sauver son soldat Ryan, en retirant de son poste l’ambassadrice qui était sur le point d’obtenir la démission de celui qui bloquait jusque là toutes les enquêtes anti-corruption les plus sensibles en Ukraine !!!  Faisant par là même obstruction à l’enquête de Mueller :  un procès en sorcellerie envers l’ambassadrice essayant de contrecarrer ce qu’il appelait lui-même une chasse aux sorcières !  Si bien qu’aujourd’hui on peut parler de nuage de fumée avec le fils Biden ressorti d’un chapeau par Trump, qui, désespérément, tentait une nouvelle fois de masquer ses turpitudes en protégeant son homme de main aujourd’hui en prison.  Encore une attitude de mafieux !!!

Zelensky, le bien léger…

Et le nouveau président ? Eh bien il traîne lui aussi une belle casserole :  une villa de 15 pièces, et 3,8 millions d’euros, mais pas située en Ukraine.  Non en Italie, en Toscane, repérée à la fin de sa campagne électorale par le site d’investigation indépendant Slidstvo.info. (il aussi déclaré depuis des chambres d’hôtel en Georgie). La villa nommée sous le nom de société San Tommaso SRL  est inscrite sous le nom de Megiritano Ventures Ltd !!!  Le hic étant sa situation (Forte dei Marmi alias « Chiantishire » : « en plein milieu de la station balnéaire des oligarques russes »... selon Crime Russia !!! Mais pouquoi donc est-il allé s’installer là-bas ? Au milieu des plus riches russes ? Comment a-t-il payé sa luxueuse villa ? L’endroit où Svetlana Medvedeva, la femme de Dimitri Medvedev, a réquisitionné un jour un hôtel complet à Montecatini Terme, pour le remplir d’une trentaine d’invités. Une région minée par l’argent venant de Russie. Où d’ailleurs, parfois à Florence, Goga Ashkenazi, née au Kazakhstan et amie du Prince Andrew (qui en a eu d’autres, on sait), a un jour ajouté un million dollars sur sa note pour rester plus longtemps à l’hôtel le plus en vue de la ville !!! Le coin préféré de Roman Abramovich, d’Oleg Deripaska et de toute la famille de Boris Eltsine !!! A gauche ici la villa de l’ancien vice-Premier ministre russe Aleksander Khloponin, qui l’a revendue en 2017  à l’oligarque Mikhail Prokhorov, propriétaire des Brooklyn Nets (et célèbre pour la villa Leopolda à Villefranche-sur-Mer, ou pour ses frasques dans une station alpine française). « Mais hier donc, Slidstvo.info a révélé l’envers du personnage : « Zelensky, l’innocent « serviteur du peuple », comme il a nommé le personnage qu’il incarne dans son feuilleton à la télé, est aussi un riche chef d’entreprise propriétaire d’une villa de 15 pièces, estimée à 4 millions d’euros et sise dans le quartier préféré des oligarques russes sur la côte toscane en Italie. Or ce patrimoine-là, l’amuseur devenu favori de la présidentielle a oublié de la déclarer au fisc ukrainien.  Alors bien sûr on imagine les arrières-pensées, les infos opportunément révélées au moment choisi, juste avant le premier tour de dimanche. Mais finalement, ce qui aurait été étonnant, c’est que Zelenskiy soit le seul, parmi les trois favoris, à échapper au grand déballage. Car la campagne, et c’est l’hebdo Ukrainskiy Tyjden qui nous le confirme, s’est déroulée au rythme des scandales révélés par la presse : le retour de vieilles accusations de collusion avec la Russie sur des accords gaziers, pour l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko ; un vaste système de détournement des budgets de l’Armée, pour le président Porochenko. » »

Un président débutant et un mafieux président

Il demeure une question à la fin : pourquoi donc Zelensky, interrogé au téléphone par Trump, ou plutôt pressuré d’agir contre Biden, a-t-il affirmé que l’ambassadrice US écartée était une « mauvaise ambassadrice » selon lui (« à 100% » même avait-il insisté) ?  Méconnaissance totale du dossier (il vient juste d’entrer en fonction) ou quelque chose à se reprocher personnellement (sa villa à proximité des oligarques russes) ? Ou simplement l’après visite d’un certain Guliani l’ayant briefé à sa façon sur le cas -par téléphone, car le voyage prévu n’avait pas eu lieu (5) ?  Zelensky ajoutant même un grief personnel avec « son attitude envers moi était loin d’être la meilleure, car elle admirait l’ancien président et elle était de son côté. Elle ne m’accepterait pas assez comme nouveau président «  qui semble bien puéril et n’apporte surtout aucune preuve autre qu’une impression vague de rejet personnel !! On dirait un gamin de CM2 à qui on aurait préféré le voisin de table de l’école.  De son côté, avait-elle appris quelque chose de dérangeant sur le candidat surprise, ce que ce dernier ne voulait pas ébruiter ? Que contenait comme noms la liste qu’elle avait transmise à Lutsenko et contenant ceux avec lesquels il était « impossible de coopérer » pour lutter pour contre la corruption, selon elle ? Pourquoi donc le ministère ukrainien des affaires étrangères avait-il clamé que son départ était « normal » « après une rotation de trois ans » alors qu’il ne l’était pas ? Qu’avaient négocié les ukrainiens avec Trump pour l’affirmer alors que c’était faux et qu’ils le savaient (6) ?  Pourquoi Zelensky a-t-il autant marché dans les pas de Trump lors de leur conférence commune ?  Que lui avait donc raconté Guliani, en juin ?  En avait-il le choix au moins, ce débutant en politique manipulé par un véritable mafieux (visible sur sa tête inquiète et résignée, écrasé et visiblement terrifié par la présence d’un Trump menaçant et pesant de toute son aide militaire… ou non, lors de leur toute récente réunion d’après divulgation de l’entretien).

PS : on apprend la démission du secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien Oleksandre Daniliouk (nommé par Porochenko). « Oleksandre Daniliouk n’a pas expliqué les raisons de son départ mais les analystes suggèrent qu’il pourrait être lié aux réticences du président Zelensky à couper les ponts avec un oligarque controversé, Igor Kolomoïski, qui tente de reprendre le contrôle de sa banque nationalisée en urgence en 2016 alors qu’elle était au bord de la faillite. » Kolomoïski, qui a soutenu la campagne électorale de Zelensky, est un « homme d’affaires oligarque israélo-chyprio-ukrainien » richissime (il est à la 799e position des plus riches du monde) et le second dans son pays derrière… Akhemtov (certains disent 3 eme). Il détient la chaîne de TV chaîne 1+1 qui a laissé la part belle à Zelensky pour se faire élire.  En voilà un bien capable d’acheter une villa en Toscane, tiens… quand on y songe !!! « La veille du premier tour, une journée pourtant interdite à l’expression des candidats, 1+1 a diffusé un long portrait de Ronald Reagan, l’acteur devenu président des États-Unis. Or, la voix off du documentaire n’était autre que celle de Zelensky. « Je ne suis pas la marionnette de Kolomoïski », se défend néanmoins l’intéressé. Et en cas de succès le 21 avril, il promet l’application de la loi pour tous. Oligarques compris. « Personne n’arrêtera une enquête », assure-t-il. Kolomoïski, lui, feint de ne rien entendre et poursuit sa croisade en faveur du petit nouveau. Il l’affirme : « Zelensky est un symbole ! » » raconte ici Le Point.  On aura noté le « personne n’arrêtera une enquête »… venant de la part de celui ayant affirmé qu’une ambassadrice désireuse de ne pas les bloquer était une « mauvaise ambassadrice »   !!!

 

(1) c’est devenu dangereux à certains endroits : on y a dispersé trop de mines !

(2) avec une erreur à rectifier, la confusion de Lebed avec Lebedev après la note N°4 du chapitre « Drôle de Far-West ! » Le vrai  Lebedev, le voici :  un autre tycoon avait été repéré par les policiers ukrainiens : un russe, Alexander Lebedev, ancien du KGB, ex propriétaire d’Air Bas, dont les avions bourrés de Kalachnikovs ont été vus pendant des dizaines d’années en Afrique, puis d’Aeroflot (copropriétaire) puis de Red Wings, fondé en 1999.  « les responsables d’Air Bas ont nié toute connexion avec Bout, mais Les responsables du Royaume-Uni et des États-Unis ont déclaré que l’entreprise avait des liens avec l’entrepreneur. Victor Lebedev, directeur général d’Air Bas, a été identifié par les les fonctionnaires  des États-Unis comme un opérateur de Bout. Il a confirmé dans une interview que l’avion de son entreprise s’était rendu à Balad quatre fois en octobre, transportant des fournitures pour KBR, la filiale d’Halliburton ». A gauche le 3C-KKJ d’Air Bas photographié à Sharjah en 2002. L’hôtel de Lebedev, également le propriétaire de Novaya Gazeta, journal d’opposition russe et de The Independent et du The Evening Standard avait été envahi de policiers un matin de 2010. Cette fois c’était une pure vengeance du pouvoir : un article de l’Evening Standard s’était moqué du président ukrainien Viktor Ianoukovitch pour avoir prétendu que le dramaturge russe Anton Chekhov était en fait « un grand poète ukrainien ». Le Standard avait écrit que le dirigeant ukrainien avait commis une « gaffe à la Dubya » (le surnom de G.WBush !!!).

3) Manafort travaillait bien pour les intérêts russes en priorité : le site The Intellectualist a retrouvé ses efforts pour faire fermer une base américaine au Kyrgystan, via le lobbying de Konstantin Kilimnik auprès du président Kurmanbek Bakiyev. La base est celle de Manas, qui a effectivement été fermée en juin 2014 après avoir longtemps servi de relais aux énormes cargos C-17 bourrés d’armes (ici à droite). Depuis les avions se rendant en Afghanistan transitent… par la Roumanie, croisant d’autres avions cargos… à Bucarest-Otopeni, dont les fameux Antonov de Meridian (Aero Charter Ukraine) rebaptisé… Ukraine Air Alliance !!! (ici à gauche).

(4) son traducteur étant résolument pro-russe : « les autorités américaines ont spéculé sur la loyauté de Kilimnik et un acte d’accusation publié par Robert Mueller alléguait qu’il avait des liens avec les services de renseignement russes. Il a nié cela, et Manafort a déclaré qu’il défendait les valeurs occidentales dans des endroits tels que l’Ukraine. Selon le rapport du projet, Kilimnik agissait dans l’intérêt de son pays d’origine, la Russie. « Il est absolument un homme soviétique, un patriote », a déclaré l’un des amis de Kilimnik. »

(5) « Dès le mois de mai dernier, immédiatement après l’élection de Volodymyr Zelensky à la présidence ukrainienne, Rudolph Giuliani avait programmé un voyage en Ukraine afin de pousser les nouvelles autorités à ouvrir des enquêtes qui pourraient être favorable au président américain. Parmi celles souhaitées par l’avocat de Donald Trump l’une concernait déjà les activités du fils de Joe Biden en Ukraine qui ressortent aujourd’hui avec la conversation téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky » selon le Nouvel Obs.

(6) parmi les « critiques » sans preuve, aucune lancées contre elle par Guliani, la vieille antienne de l’extrême droite US, comme quoi elle serait le suppôt de Georges Soros, qui avait soutenu le mouvement démocratique ukrainien. « Elle est dans la poche de Georges Soros »  avait-il même écrit dans le New-York Times. Parmi les gens venus charger le cas du fils Biden, Lev Parnas, d’origine ukrainienne vivant aux Etats-Unis et bien en cour à Washington qui avait répandu partout l’idée comme quoi elle avait critiqué Trump, et qu’il existait des enregistrements de ses dires… jamais montrés ni entendus. On s’apercevra plus tard que le dénommé Parnas avait travaillé pour… Guliani !

A lire :

https://medium.com/@SmallArmsSurvey/wired-weapons-online-arms-trafficking-in-russia-and-ukraine-162291dd1a00

https://www.wsj.com/articles/ukraines-secret-weapon-feisty-oligarch-ihor-kolomoisky-1403886665

Why Ukraine Was Accused of Major Arms Dealings: The Main Points of the Controversial Reports

les ukrainiens vendent de tout en effet (et là aussi c’est grave) :

https://www.newsweek.com/did-ukraine-provide-rocket-engines-north-korea-its-nuclear-missile-program-658147

https://www.npr.org/2017/08/14/543477518/north-koreas-secret-weapon-in-nuclear-program-ukrainian-rocket-engines?t=1569595989721

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Liban: tout espoir est-il perdu ?

Liban: comment éviter l’autodestruction ?     Je rentre du Liban, pays que je connais ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.