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Trump : « money talks », ou comment s’en mettre plein les poches

Donald Trump a toujours tout confondu, et principalement l’Etat avec sa famille. C’est à dire chez lui l’argent du pays avec le fond de ses poches. Même sur le départ, il continue à se sucrer, ouvertement. Deux exemples récents de ses pratiques viennent d’apparaître alors qu’il s’accroche toujours au bastingage.  Elles sont atterrantes. L’une est le détournement d’argent destiné à aider les entreprises en difficulté en raison de la pandémie, l’autre celui de l’argent destiné à payer les procédures en cours pour son combat perdu d’avance dans la contestation de l’élection ratée.  Cela lui profite aussi personnellement ! En prime ici un rappel de ce qu’il a pu faire aussi exactement le 20 janvier 2017, pour son premier jour de travail officiel. C’est Donald-la-honte, véritablement !


« Money talks » chante JJ Cale. Et en effet. C’est flagrant, très souvent. Et le phénomène Trump n’échappe pas au principe. C’est une enquête de routine qui vient de le révéler encore une fois.

Retour en arrière il y a quelques mois. Face aux ravages économiques de la pandémie, les politiciens US, souvent en désaccord entre Congrès et Sénat, avaient au moins réussi à s’entendre sur une aide conséquente pour les personnes et entreprises en difficultés, appelée couramment le « stimulus package » ou Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act, d’un montant affolant de 2,2 milliards de milliards (on dit là-bas trillions), signé le 27 mars 2020. Répartis en 300 milliards en chèques persos pour les familles en difficultés (qui prendront du temps à parvenir car Trump avait exigé l’impression de sa signature sur chacun !!!), soit environ 1 200 dollars par famille (et un peu plus selon le nombre d’enfants, ce qui est fort peu aux Etats Unis où le salaire moyen annuel est de 63 100 dollars, avec 18% d’imposition), 260 milliards destinés à la création d’emplois, plus le Paycheck Protection Program (PPP) pour l’aide aux petites entreprises pour un montant  de 350 milliards de prêts à faible taux (agrandi à 669 milliards depuis), 500 milliards pour les plus grandes entreprises, et pour terminer 339,8 milliards pour l’aide aux Etats et gouvernement locaux. Cette somme colossale a été suivie bien sûr de contrôles pour en constater les effets ou corriger certaines erreurs d’utilisation, comme pour tout programme d’ampleur. Et là… surprise..

La SBA (Small Business Administration) a fait des découvertes plutôt déplaisantes lors de ses vérifications de routine… du côté des biens appartenant à la famille Trump, qui ont bénéficié d’aides non suivies d’effets. D’abord, comme l’a relevé CARES Act, « plus de 25 prêts PPP d’une valeur de plus de 3,65 millions de dollars ont été accordés à des entreprises ayant des adresses dans les propriétés immobilières Trump et Kushner, payant un loyer à ces propriétaires ». Bon, on se dit, ce sont des entreprises comme les autres, après tout et elles ont le droit de se battre pour leurs emplois (mais pas pour les loyers je vous l’accorde). Le hic c’est que « quinze des établissements ont déclaré qu’ils n’avaient conservé qu’un seul emploi, aucun emploi ou n’en avaient pas du tout déclaré. Les prêts aux propriétés Trump et Kushner comprenaient un prêt de 2 164 543 dollars au Triomphe Restaurant Corp (ici à gauche), et au Trump International Hotel & Tower à New York (à Central Park ici à droite). La société a indiqué que l’argent n’avait pas servi à conserver des emplois. Il a fermé plus tard ». Plus de 2 millions empochés sans contrepartie ? Ça porte un nom comme infraction : c’est de la concussion (1) ! A Vancouver, au Canada, privé d’aides US (ici à droite), ça n’avait pas traîné non plus, il avait mis la clé sous la porte il y plusieurs mois : l’hôtel Trump de 147 chambres (ici à gauche), géré par Hotel Management Partnership Ltd, a fait banqueroute trois ans à peine après son ouverture, écornant une nouvelle fois l‘image entretenue par ses soins d’un Donald grand entrepreneur... criblé de dettes comme on le sait (421 millions au minimum) ! Celui-là était vide depuis début avril en raison de la pandémie de Covid-19 et plus de 200 employés ont été licenciés… en l’apprenant dans les journaux. Comme d’habitude dans la sphère trumpienne, celle du « marche ou crève » comme système, appelé poliment « capitalisme sauvage ». Trois hôtels Trump ont été revendus et changé de nom en 2019 : au Panama inauguré en 2011 (lire ici les dégâts et son opposition à en effacer nom), à Toronto (le St REgis devenu l’Adelaide Hotel Toronto et à Manhattan comme expliqué ici. Trump et sa folie des grandeurs, celle d’un gars bien atteint : sa Trump Tower de New-York annoncée comme ayant 68 étages, or les archives de la ville montrent qu’elle n’en est que 58. Trump a tout simplement compté le hall (et son escalier doré par où il avait commencé sa campagne de 2016, au son de Neil Young, à qui il n’avait pas demandé l’autorisation d’utiliser sa chanson Rockin’ in the Free World !), et les magasins du bas comme 10 étages supplémentaires, commençant les unités résidentielles sur ce qu’il a appelé le 30 ème étage. Seul un fou, obnubilé par la grandeur, peut faire ainsi en dissimulant la réalité. Donald vit dans un autre monde : le sien ! celui de la dissimulation… mais aussi du vol !

Les immeubles de Toronto et celui du Panama nous avaient menés dans d’autres pays, rappelez-vous  : de même, la Trump Tower de Toronto de 65 étages (devenue Adelaide Hotel Toronto – ou la St Regis- après son rachat par JCF Capital – laquelle comptait 211 chambre d’hôtel invendues et 74 appartements de luxe sans résidents, ça n’a pas été un succès !), construite par Alex Shnaider, l’associé de Trump.  C’était l’objet également d’un enjeu financier essentiellement russe et kazakh d’une valeur de 500 millions de dollars. Ici à droite le jour de l’inauguration à Toronto avec encore la famille Trump bien présente. Derrière l’argent russe investi, il y avait la Vnesheconombank (VEB), alors dirigée par … Vladimir Poutine en personne. Le bilan dressé ici de ses liens d’argent est édifiant : « Un prétendu réseau de blanchiment d’argent kazakh aurait acheminé des millions de dollars par le biais de ventes d’appartements au Trump SoHo; un oligarque russe a acheté un domaine de Palm Beach à Trump en 2008 pour 95 millions de dollars, soit plus du double de ce que Trump avait payé quatre ans auparavant. En Floride, 63 Russes, dont certains ont des liens politiques, ont dépensé 100 millions de dollars pour acheter une propriété dans sept tours de luxe de la marque Trump, a établi Reuters. L’argent ne provenait pas exclusivement de l’ex-Union soviétique: à Panama, un immeuble Trump aurait appartenu en partie à des trafiquants de drogue latino-américains. Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident que nombre des oligarques qui se sont enrichis après la chute de l’Union soviétique ont protégé leur fortune en défendant les intérêts des cliques au pouvoir chez eux. Cette richesse a traversé les marchés occidentaux, souvent dissimulés par des sociétés écrans. Le secteur immobilier de Trump, l’immobilier, a longtemps été sujet aux infusions d’argent incognito. Une grande partie des ventes de biens immobiliers haut de gamme aux États-Unis se fait par l’intermédiaire de sociétés dont les véritables propriétaires sont cachés. Une enquête du Trésor américain l’année dernière a révélé qu’un acheteur sur trois de biens immobiliers haut de gamme était suspect. Trump a rompu avec la tradition présidentielle en refusant de céder ses participations dans les dizaines d’entreprises composant l’organisation Trump ou de publier des déclarations d’impôts susceptibles de mettre en lumière des conflits d’intérêts multiples ».  Bref, le béton de Donald a une odeur, celui de l’argent sale venu de Russie (ou de Colombie) !

Le beau fils Jared aussi a bénéficié des aides et des subsides (je ne vous rappelle pas comment il s’était sucré sur la fabrication des tenues de protection dans les hôpitaux, façon « Medecine Dogs »). « Une société appelée LB City Inc, qui se trouve au Kushner’s Bungalow Hotel à Long Branch, dans le New Jersey, a reçu un prêt de 505 552,50 dollars qui lui a permis de conserver 155 emplois. Deux locataires du 725 5th Avenue, Trump Tower, ont reçu plus de 100 000 dollars et n’ont conservé que trois emplois. Ensemble, quatre locataires du 666 5th Avenue appartenant à Kushner ont reçu plus de 204 000 dollars et n’ont conservé que six emplois ». Sur place, on y était largement sous-payé : « sur la base des règles d’éligibilité PPP standard, les charges salariales totales de LB CITY INC en 2019 se situaient entre 1,68 M dollars et 4,8 M dollars afin de se qualifier pour le montant du prêt PPP reçu. Sur la base des 155 emplois conservés, cela équivaut à une rémunération annuelle moyenne estimée entre 10 839  et 30 968 dollars par employé ». Au mieux on y gagnait même pas la motivé du salaire moyen US et au pire le 1/6eme !!! C’est ça aussi l’origine de la fortune de Donald : l’exploitation humaine !

L’argent versé par l’administration bien légère du gouvernement a été distribué n’importe comment a constaté le SBA. Des personnes se sont engouffrées dans la manne, visiblement. Des profiteurs de la situation, à croire que Trump au pouvoir, toutes les barrières éthiques ou simplement le professionnalisme ont disparu, lui montrant l’exemple en premier. A président amateur, gestion à l’emporte-pièce !!! De l’irresponsabilité, à tous les étages…. « Des signes inquiétants de mauvaise gestion ont également été révélés dans les données. Plus de 100 prêts ont été accordés à des entreprises où aucun nom commercial n’était indiqué, étaient répertoriées comme «aucun nom disponible» ou présentaient des erreurs potentielles de saisie de données, comme des noms qui semblaient être des dates ou des numéros de téléphone. Plus de 300 entreprises semblent avoir chacune obtenu plus de 10 millions de dollars de prêts par l’intermédiaire de leurs filiales. Les entreprises n’étaient pas censées recevoir plus de 10 millions de dollars par entité, à l’exception de celles des secteurs de l’alimentation, de l’hôtellerie ou de l’hôtellerie. »

Une gabegie généralisée

Au total, c’est 1 milliard de dollars qui est passé ainsi par la fenêtre : « Le programme a accordé des prêts à près de 4,9 millions de petites entreprises pour un total de 521 milliards de dollars. Tel qu’il a été conçu, le programme dispose toujours de 133 millions de dollars de fonds inexploités, mais plus d’un milliard de dollars d’aide d’urgence contre les coronavirus est allé à des entreprises qui ont «doublé» et ont reçu plusieurs prêts du programme de protection des chèques de paie en violation des règles du programme, selon une analyse préliminaire publiée mardi par le sous-comité de sélection de la Chambre sur la crise du coronavirus « (…. Le détail des erreurs commises est affligeant :  « Le sous-comité a trouvé plus de 10 000 prêts dans lesquels les emprunteurs ont obtenu plus d’un prêt » (qui devait être unique). « En vertu des règles de l’administration visant à vérifier uniquement les prêts de plus de 2 millions de dollars, seuls 65 des prêts auraient autrement fait l’objet d’un examen supplémentaire. Plus de 600 prêts, totalisant près de 100 millions de dollars, ont été accordés à des entreprises qui avaient été empêchées ou suspendues de faire affaire avec le gouvernement fédéral » (un comble !). « Plus de 350 prêts, d’une valeur de près de 200 millions de dollars, ont été accordés à des entrepreneurs du gouvernement signalés par le gouvernement fédéral pour des problèmes de rendement ou d’intégrité.  Plus de 11 000 emprunteurs ont eu des signaux d’alarme dans le système gouvernemental de gestion des bourses, tels que des adresses non concordantes ». Pour quelqu’un que l’on a entendu crier sur tous les toits et tous les jours qu’il allait lutter contre la corruption et « nettoyer le marais », avouez que ça fait tache. Au lieu de s’assécher, le marais s’est étendu davantage depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump et, dans certains cas, avec l’aide de ses propres troupes.

Un hôtel ça sert à tout, y compris à manipuler les vétérans

Car le marais a prospéré sous Trump. Et pas qu’un peu. « Le New York Times rapporte que l’ancien directeur de campagne de Trump, Corey Lewandowski, a lancé sa propre firme de lobbying et aurait déjà accepté d’importantes sommes de groupes tentant d’influencer le président. Jim Murphy, un autre proche de Donald Trump, a joint BakerHostetler un géant du lobbying à Washington, et Bill Smith, l’ex-chef de cabinet du vice-président Mike Pence, a aussi été embauché sur K Street. En tout, une vingtaine de proches du président se sont joints à cette industrie qu’il souhaitait détruire. Les lobbyistes du marais travaillent aussi à l’intérieur de la Maison-Blanche. Selon le Washington Post, plus d’une quinzaine d’ex-lobbyistes ont maintenant un poste dans l’administration présidentielle. Le grand coup de balai que souhaitait donner Donald Trump n’a pas eu lieu. Et plusieurs croient qu’avant de faire le ménage à Washington, il devrait prêcher par l’exemple (…) Le président, ses entreprises et ses hôtels sont également au centre de conflit d’intérêts. Du jamais vu pour un chef de la Maison-Blanche. Des gouvernements étrangers, des agences fédérales, des groupes de pression réservent, au prix fort, des chambres au Trump Hotel à Washington (ouvert en septembre 2016 et lui ayant servi à ses contacts douteux) et à son club privé à Mar-a-Lago en Floride. Donald Trump dit avoir cédé la gestion de ses entreprises à ses fils, mais ceux-ci ont admis lui faire rapport des activités de l’empire plusieurs fois par année. Le président a donc théoriquement toujours un droit de regard sur ses entreprises. Sans compter qu’il n’a toujours pas rendu publiques ses déclarations de revenus. »

Dans l’hôtel de Washington il s’en est passé de belles pendant la campagne électorale elle-même en 2016 : « des lobbyistes représentant le gouvernement saoudien ont réservé des blocs de chambres dans l’hôtel du président Trump à Washington, DC, moins d’un mois après l’élection de Trump en 2016 – payant environ 500 nuits dans cet hôtel de luxe en seulement trois mois, selon les organisateurs des voyages et les documents obtenus par le Washington Post. À l’époque, ces lobbyistes réservaient un grand nombre de chambres d’hôtel dans la région de Washington dans le cadre d’une campagne peu orthodoxe qui offrait aux vétérans de l’armée américaine un voyage gratuit à Washington – puis les envoyaient à Capitol Hill pour faire pression contre une loi à laquelle les Saoudiens s’opposaient, selon les vétérans et organisateurs » (les vétérans sont un réservoir de voix à choyer). « Au début, les lobbyistes pour les Saoudiens ont mis les vétérans en Virginie du Nord. Puis, en décembre 2016, ils ont transféré la plupart de leurs activités au Trump International Hotel, au centre-ville de Washington ».

Ce sont les vétérans des swing states de l’Ohio, Caroline du Nord et de Floride, qui ont fait gagner Trump en 2016: dans le comté de Montgomery County, où est installée la base  de l’US Air Force de Wright-Patterson, Trump a battu Clinton 50,18% contre 47,94 %, alors qu’on y avait voté en faveur d’Obama par deux fois ! Signe des temps, le 3 novembre ça a basculé à nouveau démocrate (ici à droite) ! « Au total, les lobbyistes ont dépensé plus de 270 000 dollars pour héberger six groupes d’anciens combattants en visite à l’hôtel Trump, qui appartient toujours à Trump. Ces réservations ont alimenté une paire de poursuites judiciaires fédérales alléguant que Trump a violé la Constitution en acceptant des paiements irréguliers de gouvernements étrangers. Au cours de cette période, selon les archives, le tarif moyen par nuit à l’hôtel était de 768 dollars. Les lobbyistes qui ont organisé les voyages disent qu’ils ont choisi l’hôtel de Trump strictement parce qu’il offrait une réduction sur ce tarif et qu’il y avait des chambres disponibles, pas pour attirer les faveurs de Trump ».

Trump et les pré-QAnonistes 

Les vétérans choyés chez Trump ça sert à tout : le 16 septembre 2016, il s’en était servi à leur insu pour clore son chapitre conspirationniste sur le certificat de naissance d’Obama, histoire qui fonctionne toujours chez les QAnonistes comme on le sait. « Cinquante-deux jours avant l’élection, le candidat présidentiel du GOP, Donald Trump, a utilisé un groupe d’anciens combattants comme couverture tout en reconnaissant brièvement que le président des États-Unis, deux fois élu, était en fait né en Amérique. Trump a fait cela en soutenant sans vergogne son nouvel hôtel à Washington, DC – qui est, bien sûr, l’endroit où l’événement a eu lieu – et en répétant un mensonge chauve, l’affirmation entièrement démentie selon laquelle la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton a en fait lancé le soi-disant controverse birther. Après que plusieurs vétérans, y compris des récipiendaires de la médaille d’honneur, aient donné leur approbation de Trump, le candidat est retourné au micro et a déclaré ceci: « Hillary Clinton et sa campagne de 2008 ont lancé la controverse sur les birther. Je l’ai terminée. Je l’ai terminée. Vous savez ce que je veux dire. Le président Barack Obama est né aux États-Unis – point final. »  Ainsi, après avoir trompé les réseaux d’information pour qu’ils diffusent près d’une heure de propagande hôtelière de Trump et de publicité politique gratuite pour les vétérans de Trump, le candidat a dit des mots que personne n’avait vraiment besoin d’entendre: «Le président Barack Obama est né aux États-Unis – point final. » Derrière lui on distinguait (déjà) le général Flynn, tout sourire (ici à droite). A l’époque, Flynn avait déjà rencontré (en juillet 2016) le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, ce qu’il niera devant le FBI en mentant. Les russes possédaient déjà depuis longtemps les mails du serveur de Clinton, piraté par leurs soins. Ces mails avaient été révélés en mars par Wikileaks.

Le mouvement pré-QAnon avait prétendu l’absence de certificat de naissance, comme ici avec Phil Wolf, ce tenancier de casse de voitures du Colorado affilié au Tea-Party qui avait installé cette énorme publicité sur son garage, faisant d’Obama un partisan des jihadistes : « le mouvement «tea party» et les «birthers» deviennent de plus en plus scandaleux. Ils sont sous l’emprise de démagogues comme Glenn Beck, Rush Limbaugh, Peter Boyles, Sarah Palin et d’élus conservateurs du Colorado comme le sénateur Dave Schultheis – qui a envoyé la semaine dernière une déclaration comparant le président Obama aux terroristes du 11 septembre qui ont envoyé l’United Flight 93 dans le sol. » Obama, au dîner des journalistes d’avril 2011 s’était largement moqué en personne de Trump (il l’ a regretté depuis), en affichant la vidéo du Roi Lion pour faire rire toute la salle aux dépens de Donald… et en évoquant au passage, déjà, les histoires conspiratrices risibles (dont celle de Roswell, ressortie avec lui en juin dernier par Don Jr !) et le mauvais goût en matière de décoration de Trump !

Une gestion bordélique, à l’image des quatre années présidentielles

Pour en revenir à l’argent distribué, sa gestion désastreuse a été vite minimisée par l’envoyé de Trump : « Le secrétaire Mnuchin a déjà déclaré que, étant donné la nécessité de distribuer rapidement les fonds de secours, il était inévitable que le Trésor, et je cite, » se heurte à de nombreux problèmes. » Dans le trumpisme l’image du chef est tellement forte que ses subordonnés mentent désormais aussi bien que lui… Mnuchin, dégotté sorti de la banque Goldman Sachs, à l’image bien dégradée, n’a jamais vraiment été à la hauteur de l’enjeu. En décembre 2018, il s’était déjà mis à dos Donald en recommandant Jerome Powell à la Fed pour remplacer Janet Yellen… revenue hier par la grande porte chez Joe Biden, une humiliation de plus pour Donald ! Depuis hier, Mnuchin a plaidé pour une deuxième phase d’aide aux petites entreprises auprès d’un président absent, qui s’en fiche comme de l’an quarante… en jouant tous les jours ou presque au golf… le chef du Sénat faisant lui le mort, enfermé dans un silence assourdissant et coupable (de ne rien faire pour mettre fin à la mascarade en cours). Le pays est sans tête depuis le 3 novembre (un mois déjà) !!!

Et parmi ces profiteurs, ceux de la famille Trump, qui devait plutôt montrer l’exemple, mot qu’elle ignore depuis toujours : « plusieurs mois et promesses non tenues plus tard, la publication ordonnée par le tribunal de ces données cruciales alors que l’administration Trump est à un pied de la porte est un manquement honteux au devoir et une mauvaise gestion flagrante d’un programme dont des millions de travailleurs et de petites entreprises avaient besoin pour réussir. pandémie », a déclaré Kyle Herrig, président de Accountable.US, un organisme de surveillance de la responsabilité, dans un communiqué ». Le bilan est là, désastreux : «ce n’est que maintenant – après que sa main ait été forcée, que des centaines de milliers de petites entreprises ont fait faillite et des millions de dollars des contribuables ont été gaspillés – que cette administration a tiré les rideaux pour révéler les fautes professionnelles qui se déroulent dans les coulisses», a déclaré Herrig. «Les Américains méritaient un programme d’aide aux petites entreprises ouvert et transparent lorsque cette pandémie a commencé, et tout nouveau programme d’aide aux petites entreprises doit tirer une leçon des échecs abjects de celui-ci ».

Les militaires US et ses « greens »

Responsabilité ? Un mot inconnu chez Donald, qui a aussi détourné l’argent de l’Etat pour assouvir sa vraie passion, qui n’est pas la politique : « cinquante-huit jours à Mar-a-Lago (Floride), soixante-dix-sept au New-Jersay, deux en Écosse, trois en Irlande… De son investiture en janvier 2017 au 30 novembre dernier, Donald Trump a passé 225 jours sur un terrain de golf. En prenant en compte les déplacements et la sécurité, cette passion se chiffre à près de 115 millions de dollars » écrivait la Voix du Nord le 23 décembre 2019. « Il faut dire que pour aller jouer, le président américain se déplace en véhicule blindé, à bord d’Air Force One, et qu’il est accompagné d’une cohorte d’agents de sécurité. Cette facture, exorbitante, est supérieure à celle payée par Barack Obama et toute sa famille pour l’ensemble de ses voyages à l’étranger en deux mandats (106 millions de dollars) ». Là encore, c’est bien du détournement, car les contribuables paient pour apporter de l’argent directement dans les poches de Trump, via ses hébergements.  « Mais ce n’est pas ce qui dérange le plus les opposants de Donald Trump. Le président milliardaire joue quasiment toujours… dans ses propriétés. Et loge son entourage dans ses hôtels. « Le problème n’est pas qu’il aime le golf, commente l’activiste Jordan Libowitz. Le problème est qu’il a passé une grande partie de sa présidence à faire des apparitions promotionnelles pour ses terrains de golf en difficultés [financières] et qu’il a laissé les contribuables payer la note. L’argent public ainsi dépensé pour les loisirs et la sécurité de Donald Trump retombe ainsi… dans les caisses du président. » Des militaires ont vu leurs exercices déplacés à proximité des endroits où se situaient des hôtels appartenant à Trump (en Ecosse !), pour y être hébergés !!! Dans un conflit d’intérêts flagrant !!! Ils y ont passé 659 nuits après avoir atterri au Glasgow Prestwick Airport entre 2015 et 2019. Il y avait eu 936 arrivées à Prestwick durant la période !

Le mensonge sur Big Pharma 

S’enrichir lui-même et en enrichir d’autres….en espérant quelque chose en retour : chez Donald rien n’est jamais gratuit. Trump a trouvé très vite des raisons à sa défaite, bien aidé par sa cohorte de fans de sa secte officielle QAnon : ce sont les juifs, bien sûr, avec une focalisation extrême sur un seul nom (George Soros), ce qu’il laisse dire par ses fans, les « communistes » ou les « socialistes » derrière Joe Biden (Elisabeth Warren, Bernie Sanders), ce qu’il dit lui-même, mais aussi les Big Tech et Big Phama, oubliant que c’est le premier qui lui a pavé la route lors de son élection de 2016 via un Facebook miné par les faux comptes russes. Depuis sa défaite, il ne décolère pas également contre le second, qu’il accuse d’avoir retardé la mise au point du vaccin, alors qu’il n’avait pris la peine de s’y intéresser que tardivement en mars, alors qu’on l’avait briefé en janvier sur la possibilité de centaines de milliers de morts (280 000 morts début décembre 2020). Derrière cela se dissimulait une stratégie douteuse et un horrible calcul : « certains analyses, dans les médias, ont avancé que Donald Trump serait convaincu qu’un nombre élevé de cas de contamination impacterait négativement ses chances d’être réélu. C’est pour cela, estiment ces analyses, qu’il aurait voulu ne pas opter pour une stratégie fondée sur un maximum de tests. Des critiques qui se répercutent naturellement sur le secrétaire à la Santé. » Lui, il a expliqué ça à Bob Woodward en disant « qu’il ne voulait pas paniquer » dans la population. Donald a toujours eu l’art de dire le contraire de ce qu’il faisait…

Et pourtant : lui qui n’a eu de cesse de clamer qu’il mettrait fin « à la corruption » et donc au lobbying des groupes pharmaceutiques pour garder leurs prix de vente élevés, a nommé à la  tête du Health and Human Services Secretary Alex Azar, d’origine libanaise (son prénom d’origine est Iskandar), qui n’est autre qu’un des anciens ténors du groupe Eli Lilly, dont Donald a abondamment vanté les mérites ces derniers mois, devenant lui-même leur principal lobbyste !! Alors que Eli Lilly n’avait pas hésité ces derniers mois à doubler le prix de l’insuline !!! Et il n’est pas le seul a être monté dans le train du trumpisme, a noté le même Kyle Herrig, chez Buzzfeed. Keagan Resler Lenihan, chez la FDA fait du lobbying pour McKesson, aujourd’hui sujet d’une enquête lié aux ravages des opioïdes dans le pays, Le responsable du Domestic Policy Council for the White House s’appelle Joe Grogan, il vient de chez Gilead Sciences, dans un énième conflit d’nterêt;  Gilead étant désireux de garder des prix élevés pour garder ses marges. Ou encore Mary-Sumpter Lapinski, qui provient de Bristol-Myers Squibb a été nommée en avril 2019, vice présidente chez Greenwich Biosciences…  Le 11 novembre dernier, la FDA a autorisé l’utilisation en urgence du traitement expérimental aux anticorps contre le COVID-19 développé par Eli Lilly, similaire au Regeneron administré à Trump. A peine annoncés, les vaccins découverts ont été laminés par un Donald rancunier : « comme je l’ai dit depuis longtemps, Pfizer et les autres n’annoncent un vaccin qu’après l’élection, parce qu’ils n’ont pas eu le courage de le faire avant. De même, la FDA aurait dû l’annoncer plus tôt, non pas à des fins politiques, mais pour sauver des vies! ».  Un avis de girouette, car peu de temps avant, il avait salué sur le réseau social média l’avancée de Pfizer et les sommets de Wall Street.. des chiffres qui importent bien plus que des vies humaines, chez lui !!! « Si Joe Biden était président, vous n’auriez pas eu le Vaccin pendant encore quatre ans. La FDA ne l’aurait pas non plus approuvé si rapidement. La bureaucratie aurait détruit des millions de vies! », avait-il tweeté de façon honteuse… déjugeant sans même s’en apercevoir sa propre administration : à moins, comme on l’a dit qu’il ne vive dans une autre réalité… la sienne, entièrement fantasmée !

Le jour même de son inauguration, il a détourné de l’argent !!!

Donald on s’en souvient, avait fait la g…, clairement, quand on lui avait montré les images de la foule lors de son inauguration, comparée à celle d’Obama huit ans auparavant (cf i ici à gauche et ici en grand). Il y avait de quoi en effet.  S’il tirait la tronche à ce sujet, il avait pourtant de quoi être satisfait : ce jour-là son hôtel de Washington, investi depuis à peine quatre mois (à droite ici son inauguration) était plein d’invités payant leur logement, on n’a jamais vu Donald faire dans l’accueil gratuit, ce n’est pas son genre, la gratuité, pour sûr. Depuis le 2 décembre dernier, sa fille Ivanka fait une (longue) déposition à un juge à ce propos… car le jour même de son investiture, celui en somme de sa première journée de travail, Donald a profité de son poste pour empocher de l’argent : dès le premier jour, en effet !! « L’enquête, qui a été menée par le procureur général de Washington DC, a examiné les dépenses du comité inaugural de Trump et les dépenses spécifiques à l’hôtel Trump International à Washington, DC L’enquête a examiné si le président Donald Trump avait violé la clause d’émoluments, qui interdit au président de profiter des gouvernements étrangers ». La déposition d’Ivanka Trump a été divulguée dans un dossier du procureur général de Washington, Karl Racine, publié mercredi. Elle fait partie d’une liste d’autres personnes qui ont siégé pour une déposition avec le procureur général, y compris l’ami de longue date de Trump et président de son investiture, Tom Barrack (ici à droite mis en relief durant la cérémonie)...

Au cœur de l’enquête, il y a Rick Gates, le responsable de campagne de Trump à cette époque (et même lui aussi au centre de l’affaire des contacts avec  les russes !). « L’hôtel a d’abord déclaré au comité qu’il en coûterait 3,6 millions de dollars pour utiliser tous les espaces événementiels de l’hôtel pendant huit jours, y compris les frais minimums de nourriture et de boissons, indique la poursuite. « Cela s’élevait à 450 000 dollars par jour pour l’espace », ce qui était « nettement plus que les directives de tarification internes de l’hôtel Trump pour l’utilisation de cet espace événementiel« , indique le dossier. Gates, qui a été condamné à la prison pour évasion fiscale l’année dernière, avait envoyé un e-mail à Ivanka Trump lui disant que Winston Wolkoff et lui avaient des «inquiétudes» quant au prix demandé. « Premièrement, le coût lui-même semble assez élevé par rapport à d’autres propriétés. Deuxièmement, je suis un peu inquiet de l’optique du PIC (le comité d’inauguration présidentielle) qui paie à Trump Hotel des frais élevés et dont les médias font une grande histoire », a-t-il écrit. Et il y a de quoi en effet : »l’hôtel a déboursé plus d’un million de dollars à l’hôtel, y compris de l’argent (en cash !) pour une soirée privée pour les trois enfants plus âgés de Trump », selon procureur général Karl Racine… (la photo de droite est celle de la fête donnée à Moscou pour l’élection de Donald, 24 h avant les USA !).

« Selon les documents déposés, l’enquête du procureur général de DC a commencé, en partie, après que les allégations aient été formulées par Stephanie Winston Wolkoff, une ancienne conseillère de Melania Trump, qui a travaillé sur les événements d’inauguration et qui a écrit un livre, « Melania and Me, « à propos de sa relation avec la première dame plus tôt cette année (…) Le comité inaugural, une organisation privée exonérée d’impôt, a recueilli près de 107 millions de dollars en dons et en a dépensé 104 millions pour l’événement, le plus cher jamais réalisé pour une inauguration – deux fois plus que le premier président Barack Obama. L’argent non dépensé – totalisant environ 3 millions de dollars – aurait été donné à des œuvres caritatives ».  Ça s’est la version officielle. On cherche lesquelles il semble encore… Et attendez, il y a pire : avant de partir, l’équipe de Trump a essayé de se débarrasser de son encombrant fardeau : « comme l’a rappelé Winston Wolkoff, elle a été prise au dépourvu lorsque, plus d’un an après l’inauguration, le New York Times a rapporté que le comité inaugural de Trump avait payé plus de 26 millions de dollars à son entreprise de planification d’événements, faisant la une des journaux du monde entier suggérant qu’elle avait personnellement tout empoché, ou une grande partie de cet argent ». Même avec 26 millions sur 107, ça en laisse pas mal dans la nature ça. Et selon Wolkoff, ex amie de Melania, elle ne les a pas reçus, ses fameux millions. Qui sont passés où, à votre avis ? Comment donc un événement qui a rameuté moins de gens qu’Obama a-t-il pu dépenser le double pour les faire venir ? Je veux bien croire à l’inflation des tarifs, mais à ce point je suis comme le juge chargé de l’enquête qui a démarré en janvier dernier ; je reste fort dubitatif… sur l’usage réel de la somme amassée par ces dons… désormais introuvables.

Un dernier petit hold-up avant de partir

(1) « Infraction commise par un représentant de l’autorité publique ou une personne chargée d’une mission de service public qui, sciemment, reçoit, exige ou ordonne de percevoir une somme qui n’est pas due ».

 

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