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Trump et les tripatouilleurs de votes (1)

Trump a-t-il ou non bénéficié d’un coup de pouce informatique des russes pour se faire élire ?  Le sujet devient de plus en plus chaud ces derniers temps.  On cherche toujours à savoir quels contacts ont été pris, quelles malversations faites ou tentées.  Une autre perspective supplémentaire vient de s’ouvrir tout récemment, dans le même domaine, laissant entendre une intrusion possible de hackers.  Une faille béante découverte tout récemment sur le lieu même d’une possible manipulation intérieure et non pas nécessairement russe cette fois.  Une faille béante des fameuses machines à voter américaines, sujettes à bien des déboires on le sait, tant leur système d’exploitation fort vieilli et leur manque évident de sécurité laisse la possibilité pour des spécialistes informatiques de pénétrer profondément à l’intérieur et de modifier les résultats.  Comble de la surprise, les machines incriminées aujourd’hui ont été créées par un sénateur US dont on soupçonne depuis toujours s’être servi de ses propres créations pour accéder jadis à la Chambre républicaine, celle qui soutient toujours Trump contre vents, marées et les invectives racistes de ce dernier.  L’homme a aussi été membre d’une commission liée aux services secrets et même nommé secrétaire à la Défense par Barack Obama !  Retour sur une manipulation des votes qui perdure… et qui questionne, car le dénommé Hagel n’est pas le seul homme politique concerné.  Mais aujourd’hui, c’est un tout autre air que l’on entend venir des rangs même de Donald Trump…

 

La découverte (tronquée) a été révélée de façon abrupte le 25 août dernier par le journal Le Monde : « nom, prénom, adresse, date de naissance et, dans certains cas, des numéros de permis de conduire ou l’affiliation politique… les données de près de deux millions d’électeurs américains, vivant principalement dans l’Illinois, étaient librement accessibles sur Internet, à cause d’une négligence d’un constructeur de machines à voter. Les données ont été découvertes sur un serveur Amazon Web Service par une entreprise de sécurité informatique, Upguard. Elles n’étaient pas protégées par un mot de passe et pouvaient donc librement être téléchargées. Aux Etats-Unis, les machines à voter embarquent dans leur logiciel un « annuaire » des électeurs inscrits, pour pouvoir vérifier que ces derniers sont bien autorisés à voter. Les constructeurs ont donc accès à des listings détaillés des électeurs et de leur identité. Le fabriquant en cause, Election Systems & Software (ES & S), est l’un des poids lourds du secteur – il fournit des machines à voter dans 42 Etats états-uniens ».  Voilà qui fait plutôt frémir, même si cela ne concerne qu’une petite partie des électeurs US, ici, ceux de l’Illinois, fief démocrate depuis 6 élections (137 098 601 personnes ont voté lors de la dernière élection (soit 54,57 % de participation, Hillary Clinton ayant largement vaincu Trump dans l’Etat – 55% contre 38% et presqu’un million de votes de différence). Or à bien regarder, ce n’étaient pas 2 millions d’électeurs, mais 100 fois plus qui avaient été visés… car il n’y avait pas eu que l’Illinois de concerné…

Un nom bien connu qui remonte à la surface

Car en fait, dès le 21 juin, une énorme révélation en provenance d’un serveur du parti républicain (?)  …  avait provoqué un tout autre émoi (les serveurs d’Amazon affichaient au total plus de 200 millions d’électeurs au total… selon Virtualization & Cloud Review).  A l’origine une erreur de Deep Root Analytics, une firme républicaine affiliée au Republican National Committee (RNC). « La fuite de données contient une mine d’informations personnelles sur environ 61% de la population américaine.  Les enregistrements incluent des analyses avancées des sentiments utilisées par les groupes politiques pour prédire comment les électeurs individuels répondent à des questions de pointe telles que la propriété des armes à feu, la recherche sur les cellules souches et le droit à l’avortement, ainsi qu’une suspicion d’appartenance religieuse ou leur appartenance ethnique.  Les données ont été recueillies à partir de diverses sources – du sous-dossier déjà dénonce et banni « r/fatpeoplehate » d’American Crossroads, le super PAC co-fondé par l’ancien stratège de la Maison Blanche, Karl Rove. »  Karl Rove ???  Mais voilà qui avait de quoi inquiéter en effet…. Une découverte pleine de suspicions supplémentaires sur des votes d’états importants ayant basculé vers Donald Trump lors de la dernière élection :  « Chris Vickery, l’analyste de la société de cyber-risque UpGuard, a découvert les données de Deep Root en ligne la semaine dernière.  Plus d’un terabyte était stocké sur le serveur cloud sans même la protection d’un mot de passe et pouvait être consulté par quiconque ayant trouvé son URL.  Beaucoup de fichiers ne sont pas originaires de Deep Root, mais sont plutôt l’agrégation de l’ensemble des entreprises de données externes et des super PAC républicains, qui font la lumière sur l’écosystème de données de plus en plus avancé qui a contribué à propulser les minces marges du président Donald Trump dans les principaux swinging-states ».  Karl Rove, l’homme à la tête de fleur poussant sur les bouses  (turdblossom head) chez G.W. Bush de retour par la fenêtre, après avoir disparu par la porte ???  L’inquiétant Rove, le Dr Jekyll derrière le pantin G.W. ???  Les données de ses serveurs auraient servi à l’équipe de Trump ?

Retour sur les catastrophiques machines à voter fabriquées sans aucune norme

Revenons à l’Illinois.  Ou plutôt au Nebraska, au centre des USA.  Les machines à voter Election Systems & Software, réputées parmi les moins sûres de celles utilisées aux USA (techniquement les IVotronic rachetées par ES&S – ici leur usage- ont des processeurs archaïques à bord :  ce sont des Intel 386EX, version « légère » du 386 du Compaq Deskpro) datant de… 23 ans !!!) ont en effet été créées par Chuck Hagel, que j’ai déjà décrit ailleurs comme traînant derrière-lui cette incroyable casserole, celle d’avoir été élu à trois reprises au moins par des machines à voter dont il était lui-même le fournisseur (d’où les forts soupçons pesants sur lui) :  « grisé par l’argent gagné rapidement avec les téléphones, et bien avant de toucher le jackpot, Hagel s’était rapidement mué en investisseur, notamment chez AIS Investors Inc, un groupe de gens ayant décidé d’investir dans l’industrie des machines à voter, annoncée comme fort prometteuse.  Le 3 septembre 2009, un article dénonçait le fait qu’il n’y avait aux Etats-Unis aucune législation générale sur les machines à voter : tout le monde avait en effet le droit d’en fabriquer.  Il n’existe pas de normes ou de restrictions gouvernementales sur les personnes qui peuvent vendre et entretenir les machines et les systèmes de vote.  Les étrangers, les criminels condamnés, les titulaires d’une charge, les candidats politiques et les nouvelles organisations de médias peuvent en propres détenir ces sociétés.  Il apparaît que ces sociétés sont dominées par des membres du Parti républicain et les investisseurs étrangers.  Jack Kemp, un ancien candidat du GOP pour la vice-présidence en 1996 et un candidat possible pour le gouverneur de Californie cette année, fait partie du conseil d’administration de Election.com, tandis que le sénateur Chuck Hagel (R-NE) est l’ancien président de la société (AIS) qui a compté les votes lors de sa première élection et un investisseur dans l’entreprise (ES & S) qui a compté les votes lors de sa deuxième élection.  Au moins quatre sociétés sont sous contrôle étranger : Sequoia (Royaume-Uni), Accenture / Election.com (Royaume-Uni Bermudes), EVS (Japon), et NV Nederlandsche Apparatenfabriek (Pays-Bas).  Election.com appartenait auparavant à Osan, Ltd, une entreprise saoudienne.  De nombreuses entreprises de machines de vote semblent partager les gestionnaires, les investisseurs et les équipements ce qui soulève des questions de conflits d’intérêt et les pratiques monopolistiques«  expliquait l’article, en revenant sur les deux élections gagnée par le sénateur : « la première alors qu’il fabriquait les machines chez AIS, la seconde alors qu’il construisait les machines ES&S, les deux ayant servi lors de ses deux élections gagnées de façon fort surprenante ».

Des machines trop facilement hackables. Ici à gauche, dans l’exemple de test de hacking, un simple Palm équipé d’un émulateur de Personalized Electronic Ballot (PEB) l’interface de l’ES & S se révèle capable de modifier les votes.  La prise d’imprimante permet la même chose !!!  Dans le même test désastreux pour la sécurité de la machine « une carte mémoire PCMCIA spécialement conçue peut prendre le dessus sur la gestion du système du serveur Unity  et exploiter un « buffer overflow » pour prendre le contrôle total de la machine ».  A noter aussi que le vice-president de Diebold et le président d’ES&S sont deux frères, ce qui n’arrange rien; le second ayant avant 2004 en effet « promis » d’amener G.W. à la présidence !!!

Une élection surprise fort douteuse pour Hagel

« Le soupçon provenant d’un fait fort étonnant : « selon Bev Harris de www.blackboxvoting.org, Hagel a remporté pratiquement tous les groupes démographiques, dont de nombreuses communautés en grande partie noires qui n’avaient jamais voté républicain ».  La seconde, c’est que Hagel avait remis ça en 2006 semble-t-il : « six ans plus tard Hagel s’est présenté de nouveau, cette fois contre le démocrate Charlie Matulka en 2002, et a remporté une victoire écrasante.  Comme son site hagel.senate.gov l’indique, Hagel « a été réélu pour un second mandat au Sénat des États-Unis le 5 novembre 2002 avec 83% des voix.  Cela représente la plus grande victoire politique dans l’histoire du Nebraska. »  Ce qu’oublie de dire le site d’Hagel, c’est qu’environ 80 pour cent de ces votes ont été comptés par des machines de vote contrôlés par l’ordinateur mis en place par la société affiliée à Hagel.  Construites par cette société.  Programmées par cette société ».  Vous allez me dire, on a bien du faire une enquête, sur les trois élections gagnées par Hagel.  Détrompez-vous : « lorsque Bev Harris et The Hill d’Alexander Bolton ont visé le conseiller en chef et le directeur du Comité sénatorial en éthique, l’homme chargé de veiller à ce que les divulgations FEC soient complets, ils lui ont demandé pourquoi il n’avait pas interrogé Hagel en 1995, 1996 et 2001 pour ses défaillances à divulguer les détails de sa participation dans la compagnie propriétaire de l’entreprise de machine à voter quand il a concouru pour le poste au Sénat, le directeur aurait rencontré Hagel dans son bureau le vendredi 25 janvier 2003 et le lundi 27 janvier 2003.  Après la deuxième réunion, l’après-midi du 27 janvier, le directeur du Comité sénatorial d’éthique a démissionné de son poste. »  Comme l’écrit Thom Hartmann A. le 31 janvier  2003 « celui qui contrôle les machines contrôle les élections ».  Ce à quoi avait déjà répondu en écho depuis longtemps le directeur de Diebold : « ce ne sont pas les votes qui comptent mais ceux qui comptent les votes » avait-il dit... une phrase prononcée jadis par Joseph Staline, ce grand démocrate bien connu !!!

Une âme damnée de Bush devenue supporter de Trump, de retour

Les amis de Trump, sur le net, ont à plusieurs reprises tenté de mêler George Soros, leur ennemi juré, avec des fabricants de machines à voter, laissant entendre que chez les démocrates on tentait de tripatouiller les données électorales.  Soros est aussi l’objet en France d’attaques perfides et antisémites de la part de l’extrême droite française notamment par Nicolas Kirkitadze, admirateur de Rudolph Hess (fort présent sur les réseaux, il est inscrit chez Agoravox, qui le laisse pérorer sans broncher, comme d’ailleurs Riposte Laïque)… Le jeune homme est aussi représentant Dupont-Aignan dans le Calvados, ce qui éclaire un peu plus encore le rôle du député girouette de l’Essonne qui se déclare toujours « gaulliste » en ayant rallié Marine le Pen.  Or force est de reconnaître que c’est plutôt chez les plus proches conseillers de Trump que l’on trouve des pratiques manipulatoires plus que contestables.  Ainsi  Kenneth (Ken) Blackell, ce noir républicain dont j’ai longuement décrit le savoir-faire en la matière au temps de G.W.Bush.  Un de ceux qui se cachaient dans le placard à squelette de « double W ».  Sa gestion des élections en qualité de secrétaire de l’Ohio avait été plus que douteuse lors de l’élection de 2004, réalisée à l’aide de nombreux tripatouillages, dont ceux des serveurs où étaient collectés les résultats de machines Diebold aux contenus transférés par modem ou par mémoires transportables (des cartes PCMCIA) transmises… manuellement sans trop de contrôles.  Pour ajouter à la confusion, Blackwell avait inventé le « vote provisoire » d’électeurs, dont le résultat était suspendu à des vérifications sur son lieu de résidence et son bureau de vote habituel.  Il suffisait en effet de changer d’emplacement ces mêmes bureaux, au tout dernier moment de l’élection, ce qui avait été le cas, pour que des quartiers entiers plutôt défavorisés voient leur nombre de votants se réduire, étant situés trop loin du lieu de résidence ou n’ayant pas fait de publicité à propos du changement de localisation de dernière minute.  L’embouteillage de files d’attentes (sous la pluie, voir image ci-contre) avait en effet dissuadé ce jour-là un bon nombre d’électeurs (il fallait  attendre plusieurs heures; jusqu’à 9 parfois, pour voter !).  L’Ohio, un des Etats-clé aux USA, avait ainsi versé républicain de fort peu (50,81 % !) devant un Kerry bien dépité... au contraire de tous le sondages faits aux sorties des urnes…  (à gauche la page 74 du « Status Report of the House Judiciary Committee Democratic Staff ») à propos de l’Ohio)…

Des chiffres anormalement élevés

A Auglaize County, notamment, Bush avait pulvérisé ses scores dans ce comté rural composé à 98% de blancs mais où l’élection s’était passée comme une fleur !  « Un examen des données électorales suggère une fraude généralisée – et même une bonne bourrage à l’ancienne des urnes – dans douze comtés peu peuplés dispersés dans le sud et l’ouest de l’Ohio », écrit Kennedy.  Les pays qu’il soupçonne sont Auglaize, Brown, Butler, Clermont, Darke, Highland, Mercer, Miami, Putnam, Shelby, Van Wert et Warren.  « Un indicateur clé de la fraude est de regarder dans les comtés où le vote présidentiel s’écarte radicalement des autres votes sur le scrutin », écrit-il.  « Par cette mesure, les nombres de John Kerry étaient soupçonneusement bas dans chacun des douze comtés – et George Bush était exceptionnellement élevé » note ici Salon, reprenant les déclarations de Robert F. Kennedy Jr dans Rolling Stone.  J’ai suggéré très vite cette fraude en constatant le nombre anormalement élevé de chiffres premiers apparus dans les résultats des votes dans les comtés cités.  Statistiquement, c’était plus qu’improbable en effet.  Autre disparité, des votes en faveur du second du parti démocrate (C. Ellen Connally) candidate pour la Cour Suprême de l’Ohio et non pour Kerry.  « Le candidat en second du même parti que le prétendant présidentiel, Connally avait aussi reçu plus de voix que John Kerry.  Selon les résultats non officiels, du site Web du secrétaire d’État de l’Ohio, le 30 novembre 2004, il existe un certain nombre de résultats particuliers qui semblent aller à l’encontre du principe établi selon lequel les candidats en second du parti reçoivent beaucoup moins de voix que le candidat à la présidence du même parti.  Ces résultats sont également contraires à la tendance à l’échelle de l’État dans l’Ohio, où Kerry a reçu 48,5% du vote pour 46,6% pour Connally.  Dans le comté d’Adams, par exemple, John Kerry a à peine reçu plus de votes que Connally, 4189 à 4010.  Dans le comté d’Auglaize (encore lui !), Connolly a reçu plus de votes que Kerry, 7312 contre 5729.  Des résultats similaires ont été comptabilisés dans le comté de Brown, avec Kerry recevant 7058 voix contre 7407 pour Connally; dans le comté de Clermont, Connally a reçu 29 464 voix contre 25 318 pour Kerry; dans le comté de Darke, Connally a reçu 8817  voix et Kerry 6683; dans le comté de Highland, Connally a reçu 6119 votes et Kerry 6012; dans le comté de Mercer, Connally a reçu 6607 voix contre 4949 de Kerry; dans le comté de Miami, Connally a reçu 17 206 votes et Kerry 17.039; dans le comté de Putnam, Connally avait reçu 4 785 voix contre 4 348 pour Kerry  » note le rapport des démocrates ».  Dans le comté de Butler County, Connally avait obtenu 45 457 voix de plus que Kerry.  Dans celui de Clermont County: Connolly avait engrangé 22 998 bulletins de plus que Kerry.   Dans celui de Warren County: 24 785 de plus et dans  Hamilton County: 16 289 !!!  Des résultats inusités, ou jamais vus jusqu’alors : tout s’était passé comme si les deux candidats avaient échangé leurs résultats respectifs ! Incompréhensible !

Découverte de disques durs compromettants en 2006

Les tripatouiilages électoraux de Blackwell n’en avaient pas terminé :  deux ans plus tard, le sommet de l’iceberg réapparaissait avec une bien étrange découverte de disques durs fort compromettants …  Le 1er mars 2006, en effet, les services administratifs de Blackwell effectuaient une bourde monumentale et fort révélatrice en publiant accidentellement une liste de 1,2 million de numéros de sécurité sociale des citoyens de l’Ohio sur un site Web.  Un citoyen vigilant, Darrell Estep (1), un simple camionneur de Mount Orab, avait aussitôt intenté un procès, tenu 28 mars 2006, qui avait eu pour effet que Blackwell avait simplement « accepté de faire des rapports d’étape mensuels devant le tribunal montrant que ces données étaient désormais mieux protégées.  « À cette époque, Blackwell a promis de ne conserver que les quatre derniers chiffres du numéro de sécurité sociale dans la base de données pour prévenir de futurs problèmes » rappelle Wikipedia.  Mais l’inconséquent Blackwell allait à nouveau faire la une des journaux dès le 26 avril de la même année avec une autre affaire toute aussi douteuse.  Des sociétés de traitement de données avaient alors reçu de ses services des disques durs (une vingtaine au total) contenant les données complètes (adresses et les numéros de sécurité sociale y compris !) de pas moins de 5,7 millions d’électeurs inscrits dans l’Ohio (80% du total des inscrits)… Ce sont ces sociétés qui, surprises du contenu fort intrusif (aux USA on indique en effet pour qui on a voté !) qui avaient déclenché l’alerte.  Blackwell ayant tenté de rapatrier les disques, mais l’une des sociétés avait refusé de lui rendre !  Que faisait donc l’un des conseillers électoraux de Trump, désormais, avec ces données compromettantes sur ses électeurs, le mystère demeure… or Trump l’a depuis et sans vergogne nommé à l’Eection Integrity Commission, chargée de vérifier la prochaine élection, un Trump pourtant si prompt, on le sait, à accuser son adversaire Hillary Clinton de malversations électorales : c’est bien l’hôpital qui se moque de la charité chez lui !!!

Une défense fort maladroite

Un Blackwell tentant désespérément de sauver du naufrage son nouveau gourou à mèche blonde en tentant une pitoyable énième défense sur ses propres malversations anétieures:  « Blackwell affirme que l’information avait été publiée en ligne en raison d’un « glitch » (une faille) qui a été corrigé(e) avant que les données ne soient exploitées. Il a noté que ses propres informations sur la sécurité sociale étaient parmi les millions de personnes qui ont été compromises lorsque les pirates informatifs ont volé des informations sur les bases de données du personnel fédéral, en joutant que « malheureusement, des choses comme ça se produisent ». « Il y a eu une erreur humaine, et d’autre part il y a un génie humain de nature criminelle et il faut être plus intelligent que l’esprit criminel », a dit Blackwell. « C’est exactement ce que nous devons résoudre dans cette commission. Les gens se concentrent sur les Russes et ils devraient être préoccupés par les Russes, mais je pense que nous devons nous préoccuper des Chinois ».  En oubliant de préciser qu’aucun piratage extérieur n’était à l’origine des divulgations compromettantes de l’Ohio, selon les enquêteurs !  Nommer un forban manipulateur de données personnelles à la tête d’une commission se réclamant de l’intégrité, il n’y a que Trump pour oser faire ça !!!

Blackwell, impliqué lui-même dans la fabrication des machines à voter

Blackwell, dont les fuites de données en Ohio s’expliquent aussi par le choix des machines à voter, des Diebold, ces engins archaïques elles aussi, ne délivrant aucun papier de vote et hackables en quelques secondes comme on a pu le démontrer.  Des machines dont on découvrira tardivement que Blackwell était actionnaire, leur prolifération en Ohio constituant en ce cas un conflit d’intérêt évident !!!  Pour s’en défendre, Blackwell invoquera leur achat par un obscur « gestionnaire financier non identifié chez Credit Suisse First Boston » auquel il avait fait trop confiance, selon lui…  Au pays de Trump, le mensonge est devenu carte de visite, on le sait.  Le mensonge, mais aussi l’entêtement.  En 2006, un autre pataquès électoral avait été à son crédit : « lorsque le vote du comté de Cuyahoga a eu lieu le 2 mai 2006, les autorités ont ordonné le comptage à la main de plus de 18 000 bulletins de vote en papier après que de nouvelles machines de lecture optique de Diebold aient produits des tableaux incohérents, laissant dans les limbes pendant des jours plusieurs élections locales. Finalement (…) Blackwell a ordonné une enquête par le Conseil d’élection du comté de Cuyahoga. Les démocrates avaient alors exigé que Blackwell, en raison de son rôle avant dans l’acquisition de l’équipement Diebold, ainsi que son statut de candidat républicain au poste de gouverneur dans l’élection devait être lui-même récusé de l’enquête en raison de conflits d’intérêts, mais Blackwell ne l’a pas été ».  Blackwell, chef d’orchestre d’une manipulation complexe, comme on va le voir en détail, ce que confirme ici John Wellington Ennis de l’Huffington Post: « comme je l’ai précédemment déclaré en approuvant sa candidature à la présidence du RNC (le Comité national républicain, en anglais : Republican National Committee) Ken Blackwell est un politicien gênant et embarrassant. Mais quand il s’agit d’élections paralysantes avec des intrigues tenaces dans les tribunaux, les médias et les arcanes des lois électorales d’un État, Blackwell peut être quelque chose comme un véritable cerveau organisateur. L’administration des élections de Ken Blackwell dans l’Ohio pourrait être comparée à Kafka (…) « .

Le politicien qui aura tout fait pour écarter des électeurs embarrassants pour lui

Le même Ennis poursuivant plus loin le portrait peu amène de Blackwell : « Peut-être que les lois qui nécessitent une surveillance fédérale dans la re-distruration des zones historiquement corrompues semblent draconiennes pour Blackwell – il préfère les lois qui font le travail d’éjecter les électeurs sur des listes pour lui. Comme le House Bill 3 dans l’Ohio, défendu par Blackwell en 2005, dont une partie a repris la tactique de purge des électeurs connue sous le nom de «mise en cage» et en a fait une pratique de l’État. Ainsi, les électeurs qui n’avaient pas voté dans deux élections fédérales précédentes avaient vu leur inscription électorale révoquée. Ou peut-être Blackwell préfère-t-il des lois qui abandonnent à nos élections à des sociétés républiques, comme quand il a octroyé un contrat directement sans mise en concurrence à Diebold ? En tant que secrétaire d’État de l’Ohio, Blackwell a récemment demandé que les cartes d’inscription des électeurs ne puissent être traitées que si elles avaient été imprimées sur un papier de 80 lb (le carton des cartes postales) comme une obscure directive vieille de dix ans le demandait. Certains pourraient appeler cet injonction comme étant «draconienne»; je l’appelle «dickhead-ian».  Cliniquement parlant,  Ken Blackwell est un compulsif-obsessionnel pour empêcher les gens de voter » (2).  Or c’est lui que Trump  vient de choisi en mai dernier (avec 3 autres conseillers, nous verrons lesquels un peu plus loin) pour préparer les futures élections… dans moins de quatre ans maintenant !

Blackwell, devenu un grand supporter de Steve Bannon (viré depuis de l’équipe de Trump)

Blackwell ayant rejoint Trump, son langage fleuri et provocateur n’ a pas cessé pour autant, loin s’en faut.  Ses dénégations d’avoir mal agi en 2004 non plus, remarquez.  Comme l’avait noté ici le Mimi Herald dès le 14 novembre 2016 : « dimanche, Trump a nommé comme chef d’état-major Reince Priebus.  Priebus, président du Parti républicain, est un homme de l’establishment.  Son travail consistera à maintenir les républicains traditionnels et à «faire fonctionner les trains à l’heure», selon les mots de Ken Blackwell, un homme de transition de Trump.  Blackwell a choisi le mot attribué au leader fasciste original, Benito Mussolini, en accord avec l’étrange pratique de l’équipe Trump d’adopter des slogans de l’Europe des années 1930″.  Citer du Mussolini (3), et intervenir plus tard lors du départ forcé de Bannon de la Maison Blanche pour regretter ce même départ sur les chaînes de télévision … Il figure en effet parmi les 20 signataires applaudissant Bannon et regrettant son départ dans une lettre à Trump envoyée le 18 août dernier.  C’est lui qui est déjà en charge de la future réélection de Trump (il doit être le seul à y croire), menée déjà à grands coups de sabre dans les listes électorales.  Supporter d’un Trump toujours persuadé d’avoir obtenu plus de voix « légales », selon lui, qu’Hillary Clinton.  Donald Trump ne se contente plus désormais d’avoir gagné grâce à un système électoral l’ayant pas h mal au finish favorisé : en grand obsessionnel lui aussi, il nie aussi le total des votes bruts, qui, comme on le sait avait propulsé Clinton en tête, comme avant lui… Al Gore !  Son tweet du 27 novembre 2016 envoyé rageusement à 10 h du soir, après avoir zappé plusieurs chaînes de TV clamant son insatisfaction, malgré sa victoire finale :

Blackwell en disséminateur de fake news

S’allier à Trump, c’est aussi parler ou faire comme lui.  Autrement dit,  disséminer de fausses informations un peu partout.  C’est donc sans surprises que l’on constate très vite la chose de la part de Blackwell :  « alors qu’il venait d’être annoncé en tant que membre de la commission de Trump, Blackwell a posté plusieurs fausses allégations via les médias sociaux.  Le 17 juillet, il a posté sur Facebook un lien vers une histoire suggérant un lien entre les Clinton et un ancien responsable du gouvernement haïtien décédé.  La fausse nouvelle, qui a d’abord été publiée par un faux fournisseur de nouvelles et qui a été largement médiatisée par la frange et les médias pro-Trump, a été déconsidérée.  Une semaine plus tard, Blackwell a posté sur Facebook un article du site Web pro-Trump, The Gateway Pundit, qui est régulièrement mauvais dans ses revendications, affirmant que l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton a ordonné à Robert Mueller, maintenant conseiller spécial sur l’enquête sur la Russie, de donner de l’uranium à la Russie en 2009.  La revendication, poussée par Gateway Pundit et les faux fournisseurs de nouvelles, suggère une action néfaste même si l’uranium avait été saisi par la Géorgie et détenu aux États-Unis et avait ensuite été transporté en Russie pour une analyse scientifique de la police avec l’autorisation du gouvernement géorgien ». Où donc Blackwell s’était-il approvisionné en fausses nouvelles ?  Chez le site de Steve Bannon !  « Enfin, il vaut la peine de se rappeler que cette «histoire» entière a été fouettée comme une meringue par Peter Schweizer, un hacker d’extrême droite de Breitbart.  Et, comme une meringue, c’était presque entièrement fait d’air » note avec humour Market Watch…

Le pire est à venir

Mais ce n’est pas le seul haut fait d’armes en matière électorale du sinistre Kenneth Blackwell, devenu depuis, on vient de le voir, conseiller aux élections de Donald Trump et membre d’une commission qui sent déjà le soufre.  Il a en effet fait bien pire, ce que que je vous propose d’étudier en détail dès demain… tout cela ne serait rien en effet si Blackwell n’avait pas aussi du sang sur les mains… depuis une sombre nuit de novembre 2008, près d’Akron.  Ce que nous verrons demain…

 

(1) Selon le Cincinnati Enquirer du 29 mars 2006 (page 16)  « James Lee, un porte-parole de Blackwell, a déclaré que le personnel se déplacerait le plus rapidement possible pour trouver les numéros de sécurité sociale et éliminera immédiatement ceux qui sont portés à leur attention. L’avocat d’Estep, Christian Jenkins, a déclaré que les rapports mensuels au tribunal devraient préciser si les changements se produisent assez rapidement. « Je suis très satisfait », a déclaré Jenkins. « J’espère que le secrétaire d’État est à la hauteur de ses engagements ». Le secrétaire d’état-major Ken Blackwell doit retirer son site Web des numéros de sécurité sociale et exiger de tous les utilisateurs du site d’enregistrer leur nom avant d’avoir accès aux documents. Les exigences font partie d’un règlement approuvé mardi dans le tribunal de district des États-Unis à Cincinnati. Le juge Michael Watson a signé le règlement et a ordonné à Blackwell de fournir des rapports mensuels au tribunal sur ses progrès dans l’élimination des renseignements personnels des documents publiés sur le site Web. Le règlement détermine une action en recours collectif déposée le 2 mars après que The Enquirer ait signalé que des centaines, voire des milliers, de numéros de la sécurité sociale étaient disponibles sur les documents commerciaux sur le site Web. Blackwell a été poursuivi par Darrell Estep, un camionneur de Mount Orab qui se plaignait que son numéro de sécurité sociale soit apparu en ligne à la suite de trois achats commerciaux courants. Le règlement approuvé mardi exige que Blackwell supprime les numéros de sécurité sociale ».

 

(2) « George W. Bush a remporté l’état par un nombre restreint de 118 000 voix lors d’une élection marquée par un dysfonctionnement électoral répandu. « La mauvaise répartition des machines de vote a conduit à longues files d’attente sans précédent qui ont exclu des votes,  des centaines de milliers au moins d’électeurs majoritairement minoritaires et démocrates », a dénoncé un rapport post-électoral fait par les démocrates au Comité judiciaire de la Chambre. Selon un sondage, 174 000 Ohioans, 3% de l’électorat, ont quitté leur bureau de vote sans vote en raison de files d’attentes massives dans les quartiers urbains et sur les campus. Le secrétaire d’État de l’Ohio, cette année-là, était Ken Blackwell, coprésident de la campagne de réélection de Bush-Cheney. » 

(3) Mussolini s’y connaissait aussi en trafics électoraux : « De 1919 à 1922, l’Italie est secouée par une grave crise sociale, économique voire politique. Mussolini l’exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d’affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant troupes d’élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l’uniforme est la chemise noire – qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III lui confie le gouvernement. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l’appareil fasciste sur le pays et ce malgré l’assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, qui l’accusait, preuves à l’appui, de violences et de malversations, et qui eut un profond retentissement. En effet, d’abord dictateur « légal », allié dans un premier temps aux forces politiques traditionnelles (des libéraux de Giolitti et de Nitti aux nationalistes en passant par les « populaires » catholiques de Don Sturzo), Mussolini élimine toute opposition en étant à l’origine et en laissant se développer une violence généralisée qu’il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins (quand on ne les force pas à boire de l’huile de ricin). Par une loi électorale anti-démocratique, il obtient aux élections de 1924 la majorité absolue au Parlement. Il en profitera, une fois passés les remous de l’affaire Matteotti, pour faire voter les « lois fascistissimes » élaborées par son ministre de la Justice Rocco (1925-1926), fondant un régime totalitaire. »

Le manuel de l’Ivotronic :

https://www.epic.org/privacy/voting/nm-foia/iVotronic_opman.pdf

On notera le test obligatoire de calibration d’écran pour le centrer : avec un léger décalage, on obtient tous les votes sur la cible au-dessus ou en-dessous de celle visée.  En somme, on souhaite voter Hillary et on vote Trump… La machine ne délivre aucun papier comme preuve d’avoir voté.  C’est une DRE (Direct Recording Electronic), dont le vote doit être stocké sur une mémoire flash ou transmis par… modem ! Comble du bazar : en 2006 une enquête a montré que son logiciel est… invérifiable !

la démo :

https://www.epic.org/privacy/voting/nm-foia/iVotronic_opman.pdf

le dossier des démocrates sur les tripatouillages de Blackwell

http://www.openvotingconsortium.org/files/Conyersreport.pdf

http://hamburgsteak.sandwich.net/mirrors/EyeOnOhio/

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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2 Commentaire

  1. avatar

    piratage monstre de données aux USA

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/09/08/les-donnees-personnelles-de-143-millions-d-americains-potentiellement-piratees_5182543_4408996.html

    la publicité canadienne pour le même organisme en devient plus risible :

    http://www.consumer.equifax.ca/home/fr_ca

    ne reste plus à savoir si la ferme de hackers à proximité de St Petersbourg est dans le coup ou non..

    https://www.nytimes.com/2015/06/07/magazine/the-agency.html?mcubz=1

    des visiteurs réguliers de Cent Papiers….

    • avatar

      D’après l’article du site LeMonde.fr:

      « Et surtout parce que, comme le révèle l’agence Bloomberg, trois hauts cadres de la société ont revendu pour plus de 1,5 millions d’euros d’actions de l’entreprise après la découverte du piratage, mais avant que celui-ci soit rendu public.
      Un porte-parole de l’entreprise a affirmé que ces trois responsables, dont le directeur financier, n’avaient pas connaissance de la découverte de la faille, et qu’il s’agissait d’une coïncidence. »

      Aux USA, on pourrait leur faire payer cher cette «coïncidence».

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