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Trump et l’armée : une promesse déjà enterrée !

Obama l’avait essuyé de peu, la fronde des militaires, en coupant des têtes au bon moment, dont celle de l’amiral Gaouette.  Trump aurait très bien pu subir la même, à moins de revenir sur une de ses phrases à l’emporte-pièce déclamant qu’il souhaitait arrêter la production du F-35.  C’est déjà fait, deux jours à peine après l’élection, preuve que c’est n’est pas lui qui gouverne, aux USA mais bien ce qu’avait dénoncé Eisenhower dans sa passation de pouvoir prophétique avec Kennedy, en 1961.  Le lobby militaro-industriel dirige les USA, et l’avion a beau être raté, Trump n’arrêtera pas ses chaînes de production, contrairement à ce qu’il avait promis : comme pour l’Obamacare, qu’il est déjà en train d’accepter (ou de relativiser) après l’avoir tant vilipendée,  Trump a promis pendant des mois des choses qu’il ne tient déjà pas, à peine élu.  De là à dire qu’il a trompé son électorat, il n’y a qu’un pas en effet, et c’est déjà le cas avec le programme F-35. Comme pour tout le reste !

firedLe F-35, je n’y reviens pas trop longtemps, je vous renvoie à mes nombreux écrits à ce sujet (en voici un (1)).  Je vous rappelle simplement l’un de ses derniers déboires.  Malgré les sommes pharaoniques déjà dépensées dans la gabegie (on en est à 379 milliards de dollars !), un rapport du Pentagone du mois d’août dernier indiquait que le programme était… à court d’argent.  Ça paraît invraisemblable, mais les faits sont là.  Les modifications consécutives de l’engin, après la découverte de ses manquements à répétition sont en effet coûteuses, et la dernière en date n’a pas été provisionnée dans le budget 2016.  Le porte-parole du programme a beau avoir la plus belle langue de bois de l’univers, il devient difficile pour lui d’affirmer qu’un jour cet engin sera une arme efficace.  Dans son langage précautionneux, ça donne ça comme aveu : «La capacité de combattre du Joint Strike Fighter risque de ne pas se produire avant que le développement ne soit supposé prendre fin et que des essais de combat réalistes commencent »… c‘est effectivement un bel aveu en effet, auquel s’ajoute ceci : « L’US Air Force a déclaré un premier escadron de chasseurs Lockheed Martin Corp F-35A prêt pour le combat, marquant un jalon important pour un programme qui a fait face à des dépassements de coûts et des retards.  Cependant, les capacités logicielles les plus complexes sont simplement ajoutées et de nouveaux problèmes nécessitant des corrections et des tests de vérification continuent à être découverts à un rythme élevé «  écrit Gilmore à l’adresse de la secrétaire de l’Air Force, Deborah Lee James ainsi qu’au général David Goldfein, le chef d’état-major du service; et à Frank Kendall, le directeur des acquisitions du Pentagone. Résumé :  l’avion déclaré apte au combat est encore très loin de l’être !

Une décision de pure propagande

combat-readyEn somme, Gilmore a été obligé assez rapidement de reconnaître que la première escadrille déclarée apte au combat ne l’est toujours pas.  On a été un peu vite en besogne, semble-t-il, ce que confirme Christopher C. Bogdan, le lieutenant-général de l’Air Force chargé du programme et d’évaluer la bête :  « la décision de l’US Air Force de faire le 15 F-35As … un avion prêt au combat envoie un message simple et puissant aux amis de l’Amérique et aussi à ses ennemis – comme quoi le F-35 peut faire sa mission ».  De là à dire qu’il est capable de le faire réellement… ça, beaucoup de gens en doutent désormais.  A 400 milliards de budget de départ pour 2457 avions espérés, on en est déjà à 162 millions de dollars l’unité… On pense qu’on est aujourd’hui à bien davantage…(le chiffre total extraordinaire de « 1,5 trillion dollars » est souvent  cité !).  Parmi ces 2457, un bon nombre étaient des commandes faites par des pays qui ont depuis sérieusement diminué leurs commandes, rehaussant du même coup le prix unitaire de chaque F-35… les concurrents comme Boeing se réjouissant même ouvertement des déboires du concurrent malheureux… contestant à la Norvège la décision d’en acquérir 27 exemplaires (la Norvège en avait prévu 52 au départ).  Pour la Norvège, officiellement tout va bien et l’avion serait même « économique »  (???) selon un récent rapport…

Les pilotes norvégiens dépités, leur gouvernement non

f-35-norgeLe rapport du major norvégien Morten “Dolby” Hanche, qui avait testé le F-35 en combat rapproché avec un vieux F-16 avait sévèrement entamé la réputation de l’avion décrite dans le texte gouvernemental norvégien… Hanche y décrivait un avion atteint d’un sévère « buffeting », qui le faisait tellement vibrer qu’il devenait impossible en pleine attaque de lire les affichages dans le casque des indications de tir… et ce même avec la dernière (troisième) génération du fameux casque, indispensable au pilote du F-35 !!!  Pour ne rien améliorer encore, le 3 novembre dernier, trois appareils norvégiens sur la base de Luke, en Arizona se sont vus interdire de vol après la découverte  d’une gaine d’isolation dans une ligne de refroidissement d’avionique traversant un réservoir de carburant qui s’était détachée, pouvant provoquer l’explosion de ce réservoir central crucial de l’avion.  Manque de chance, l’erreur de construction affecte aussi les appareils qui devaient être livrés à Israël, et qui devront donc être démontés, pour accéder au fameux réservoir central… en septembre dernier, un autre avion avait pris feu sur la base de Mountain Home dans l’Idaho, son réacteur ayant rejeté trop de kérosène non brûlé qui s’était enflammé.

Une histoire symptomatique d’échelle

echelle-bis-f-35L’avion est l’objet de bien des déboires, on le sait. Les ingénieurs US ont dû résoudre des problèmes qui ont parfois débouché sur des solutions risibles. Ainsi celle de l’échelle d’accès au cockpit racontée ici dans Air & Space :  « afin d’augmenter le poids de l’avion avec lequel il peut atterrir, les concepteurs doivent soit augmenter la poussée du moteur ou diminuer le poids de l’avion. Dans le F-35B, la poussée du moteur a été fixée; et la seule façon d’atteindre la performance que le gouvernement souhaitait était de diminuer le poids. Voechelle-goodus devez vous débarrasser des choses dont vous n’avez pas vraiment besoin. Mais comment décidez-vous de ce dont vous n’avez pas besoin ? Il y a eu de nombreuses réunions, discussions d’ingénierie et débats émotionnels.  Dans le cadre de la bataille perpétuelle pour réduire le poids, nous avons perdu la capacité du pilote à étendre l’échelle d’embarquement depuis l’habitacle, qui est situé environ à 12 pieds au-dessus du sol (3,65 m). Mais les pilotes dans d’autres avions ont vécu sans elle, alors nous avons dû le laisser faire ». Le pilote ne peut plus descendre de son avion sans un aide au sol (on le constate ici en vidéo), qui lui alors ouvre le panneau de l’échelle que contient pourtant l’avion (idem dans l’autre sens quand il monte dedans) : bouton-echellec’est une des aberrations de plus de ce projet qui accumule les invraisemblances : pourquoi donc avoir gardé l’échelle à bord, si le pilote ne peut lui-même l’utiliser seul ?  Autant avoir recours à ça !).  En cas d’incendie à bord, avec personne alentour, au sol, le pilote n’a plus qu’à se jeter par terre pour évacuer l’avion !  On atteint un ridicule effarant, là… (nota : sur le A-10, un bouton extérieur permet de sortir l’échelle qui est de même type, mais c’est le pilote qui la déclenche le plus souvent de son cockpit avec le bouton à droite du cokpit, sous celui de l’ouverture de la verrière, voir le schéma ici à gauche).

Donald Trump s’est déclaré opposé à poursuivre le programme F-35

images-2La construction de l’avion maudit a été décidé bien avant l’élection de Donald Trump.  Le programme JAST/JSF remonte à…1993 (à la transition G.H.Bush… Clinton !), et le gagnant du concours, Lockheed Martin face à Boeing à 2001 !!!  Mais avant d’être élu, « Donald le magnifique » a  eu une petite phrase, comme il en a toujours fait (hélas) à propos de ce même programme… onéreux.  C’est FoxTrotAlpha qui avait relevé habilement l’opinion de Donald Trump à propos du F-35 : « dans Air Force Times (le texte original est ici), Trump a déclaré: «Quand ils disent que cela ne peut pas fonctionner aussi bien que les avions que nous avons déjà, que faisons-nous et dépensons-nous beaucoup plus d’argent?  Ce n’est pas très bon … J’entends que nos avions existants sont meilleurs.  Et l’un des pilotes est sorti de l’avion, l’un des pilotes d’essais, et il a dit que ce n’est pas aussi bon que ce que nous avons déjà ».  Trump se référait apparemment au rapport de pilote d’essai divulgué en juin dernier décrivant les capacités de manoeuvre du F-35A,  moins performant en combat aérien par rapport à un F-16 avec des réservoirs de carburant externes. Trump conclut en disant ceci: «Les pilotes d’essai sont des gens étonnants. Ils savent mieux que quiconque … Ils disent qu’il ne fonctionne pas aussi bien que notre équipement existant, qui est beaucoup moins cher.  Donc, quand j’entends cela, je dis immédiatement que nous devons faire quelque chose, parce que vous savez, ils dépensent des milliards.  C’est un avion.  Il n’y a jamais eu quelque chose comme ça en termes de coût.  »  Voilà Donald qui annonçait être prêt à arrêter la gabegie ?  Allons allons… paroles de campagne, vites oubliées depuis !

Trump ne pourra pas arrêter le programme F-35

Pouvait-il tenir cette promesse ? Certainement pas.  Comme je l’ai déjà dit, ce programme devenu dantesque est aussi devenu trop grand pour être aujourd’hui arrêté (« too big to fail« ).  Et le Pentagone n’a pas prévu de plan B (à part relancer des F-18 SuperHornet, plus facilement constructibles que le F-22, autre désastre aéronautique caché) .  La construction du F-35, ce sont en effet 32 500 travailleurs répartis sur 46 Etats différents, rien qu’aux Etats-Unis même.  Le constat est donc très simple :  celui qui s’est présenté comme le garant des emplois aux Etats-Unis ne peut se permettre de fabriquer d’un coup plus de 30 000 chômeurs !  L’Air Force, engluée dans un budget dans lequel le F-35 a tout absorbé ou presque ne peut pas faire marche arrière (en 2017 sa flotte de F-15 et de F-16, si elle n’est pas renouvelée, deviendra peau de chagrin, les avions ayant beaucoup vieilli).  Arrêter le programme est impossible pour cette raison économique mais aussi politique, tant Trump s’exposerait à une fronde des militaires envers lui. floride-results-2016 Le hic, c’est que les germes de cette fronde contre sa personne existent déjà.  Et le hic, c’est qu’ils sont nés au sein même du parti républicain, en la personne de John Noonan, ancien responsable des silos de missile de la Warren Air Force Base dans le Wyoming de 2006 to 2010. Noonan est aussi celui qui a été le conseiller militaire de Jeb Bush, l’un des plus grands rivaux du parti que Trump a littéralement laminé en Floride lors des primaires (en mentant ouvertement sur son Casino de Floride, via son prête-main Richard Fields, un projet empêché par Jeb !!!).  Associé à d’autres responsables des lancements de missiles (1), il avait affirmé que Trump ne possédait pas assez de lucidité pour hériter du contrôle d’armes nucléaires.

L’irresponsabilité de Trump en question chez les militaires

Noonan a écrit en pleine campagne, le 13 octobre dernier un brûlot incendiant Trump, lui interdisant carrément le droit de devenir celui qui pourrait lancer le feu nucléaire, invoquant le « tempérament » et le « jugement » (l’absence de jugement devrait-on dire) de celui qui allait remporter l’élection un mois à peine après.  Selon Noonan et les 10 autres signataires, Trump n’est en effet tout simplement pas qualifié pour cette mission et cette colossale responsabilité.  « Seul le président peut commander un lancement nucléaire », ont-ils indiqué dans la lettre.  « Donald Trump n’a pas ces qualités de leader, au contraire, il s’est montré à maintes reprises pour être facilement piégeage et trop impatient.  « Les pressions que le système place sur cette personne sont stupéfiantes et exigent un énorme calme, un jugement, de la retenue et de la compétence diplomatique.  Et aussi de rejeter également les consultations d’experts mal informés des affaires militaires et internationales, même les plus élémentaires, y compris, surtout, à propos des armes nucléaires « .  Dans le genre, cela a représenté plutôt une première !

Les déclarations incendiaires sur l’armée de Trump

trump-militaru-goodDéclaré inapte au déclenchement du feu nucléaire, il vient pourtant d’en hériter.  Trump a passablement injurié tout le monde durant sa campagne, emporté par son ego démesuré.  Il va vite regretter certaines phrases à l’égard de l’armée et de ses généraux, voire même de ses soldats (dont la lamentable affaire du soldat Khan).  Donald Trump croit qu’il peut tout réguler, y compris la nomination à sa guise de généraux partisans.  C’est une grave erreur, comme l’a fait remarquer Tom Ricks, auteur du livre “The Generals” qui avait évoqué à l’occasion à bon escient une véritable « république bananière républicaine » si Donald s’engageait dans cette voie (qu’il n’est pas loin de mettre en place aux postes clés en nommant ses fils notamment). ricks « Notre armée est un désastre ». « L’armée est en désordre. » « J’en sais plus au sujet d’ISIS que les généraux ». « Les généraux ont été réduits à des ruines.  Ils ont été réduits à un point où c’est embarrassant pour notre pays » selon lui.  Il a également accusé l’armée d’avoir « volé de l’argent aux irakiens », ou minimisé les effets des terribles roadsides bombs sur les Humvees.  Il a aussi injurié le vétéran McCain, longtemps prisonnier du Viet-Cong en termes ignobles, en affirmant « qu’il n’était pas un héros de guerre » et qu’il «préférait les gens qui n’ont pas été capturés».  Des propos honteux, comme l’a été aussi l’acceptation de la Purple Heart offerte par un vétéran de ses admirateurs (le  Lt. Col. Louis Dorfman).  Des vétérans à qui il n’a  pourtant jamais rien versé financièrement, malgré plusieurs demandes réitérées de participation.  Trump s’est aussi mis à dos durablement une bonne partie de l’armée !!!  Cette partie-là, traînée dans la boue est-elle prête à se révolter contre lui ?  Pas sûr !

Une histoire d’argent… celui qu’aime tant Trump !

mckeonDerrière ces bruits de bottes, se dissimule aussi un phénomène propre à ce genre de programme militaire pharaonique.  Celui des pots de vins versés aux décisionnaires politiques par les firmes qui ont hérité des plus gros subsides.  Et le connaissant, Trump ne fera rien allant dans le sens contraire, tant il a lui-même usé du procédé pour obtenir des marchés ou des emplacements pour bâtir ses fameux casinos.  L’homme dans le collimateur s‘appelant Buck McKeon, un californien, républicain, et surtout le Chairman of The House Armed Services Comittee, à savoir le grand décideur des achats du Pentagone, congressiste jusque 2014. mckeon-affiche Mais il n’y a pas seulement que lui de visé.  Lockheed-Martin a arrosé copieusement les politiciens républicains pour que le F-35 puisse survivre : 750 000 dollars ont été distribués par l’avionneur !  La liste des donations est édifiante en effet :  Howard P. “Buck” McKeon, a ainsi reçu sans surprise la donation la plus importante par Lockheed, soit 218 650 dollars (à noter qu’Airbus aussi lui a refilé 18 000 euros), Kay Granger, du Texas, responsable du caucus de soutien au F-35, 195 950, Mac Fortenberry (du Texas aussi), 162 500 dollars; le vice président du groupe, John Larson (un démocrate du Connecticut), 137 450 dollars; et le républicain Jack Kingston (de Georgie), 85 000 dollars.  Ce qui est plutôt adroit : deux Etats, la Californie (acquise à Clinton comme on a pu le voir) et le Texas hébergent 50% des employés construisant le F-35, et on monte à 70% si on ajoute la Floride, le Connecticut et le New Hampshire.  Trump dénoncera-t-il la corruption évidente d’un McKeon, ce sinistre mormon profiteur de guerre ?  Certainement pas.. car Trump et lui sont en fait faits pour s’entendre !!!

McKeon, un incontournable lobbyste des armes

dollars-mckeonRoll Call, dans la colonne de Moneyline – «Dans le flux de l’argent en politique» – souligne l’évidence: «Il est plus que probable que le nom de McKeon aidera les entreprises. Pendant toute sa carrière dans l’ombre, McKeon a accepté un montant astronomique de 1 396 400 dollars  en pots-de-vin légaux de la part des fabricants d’armes et des entreprises de guerre connexes. À titre de comparaison, McCain n’a engrangé que 1 230 052 $ de ces mêmes firmes.  Lindsey Graham, un autre  » war-monger » n’a obtenu que 354 966 dollars et John Boehner et Eric Cantor ont seulement reçu respectivement 385 100 dollars et 430 750 dollars.  Durant l’année 2012, McKeon a dépassé tout le monde encore, et ce, dans les deux Chambres.  L’année dernière seulement, il a pris plus que le deuxième et le troisième plus grands récipiendaires combinés.  Les fabricants de drones ont été particulièrement généreux pour lui.  Son entreprise familiale, « Golden Oak Consulting » de Santa Clarita a commencé en mai dernier, et les pots-de-vin des fabricants d’armes ont jailli dans les coffres de McKeon dans la mesure permise par les lois très laxistes.  Il a eu besoin de trouver un moyen d’obtenir encore plus – et c’est là que son frère Joe et ses enfants sont entrés (nota : les gérants de Golden Oak Consulting sont Steve McKeon, Daniel McKeon et Joe McKeon).  Leur premier client fabricant d’armes était Threat Deterrence of Alexandria, Va (…) Le site Web de la société déclare: «Nous avons travaillé à l’intérieur de certaines des agences d’atténuation des menaces les plus fortes dans le monde.  Ces agences comprennent l’Agence de renseignement des États-Unis, l’Agence centrale de renseignement, l’Agence nationale de sécurité, le Commandement des opérations spéciales conjointes des États-Unis, le Congrès américain et de nombreuses autres organisations de soutien aux menaces »…  Comment voulez-vous que ce genre d’individu corrompu jusqu’à la moelle ne puisse pas s’entendre d’un gars qui a magouillé toute sa vie tel que Trump ? « Mormon, McKeon ne boit pas d’alcool ou même le café … il prend des pots de vin » a-t-on pu lire ici… le double parfait de Trump !

« Unstoppable »

images-1Donald Trump, s’il avait arrêté le programme, aurait été l’objet d’une double fronde interne : celle des républicains copieusement arrosés par Lockheed, et celle des généraux de l’Air Force qui n’auraient pas accepté de se voir privés de leur jouet favori.  C’est en effet un système qui se mord la queue : les firmes donnent de l’argent aux élus qui votent ensuite les budgets dont ces firmes bénéficient en retour.  Au passage, les élus encaissent doublement : financièrement, mais aussi politiquement, car les emplois sauvegardés dans leur fief leur assurent aussi d’être réélus comme bons « sauveurs d’emplois ».  Trump, qui aime tant l’argent lui-même, ne pourra donc rien y faire ni rien y changer.  Le programme du F-35 dont il annoncé avant d’être élu la fin, sera donc  obligatoirement maintenu… par lui.  Ce n’est pas le Président qui gouverne ce pays, mais bien le lobby militaro-industriel contre lequel Eisenhower avait essayé de nous mettre en garde.  Trump n’est que leur marionnette, comme il l’est de Rudolph Giuliani !  Restent ses injures de campagne sur « l’armée en lambeaux »,  « le désastre militaire », les « généraux qui ont failli » et le fait d’avoir accepté une médaille sans jamais avoir combattu, une Purple Heart, qui plus est, ce que certains militaires loyaux à l’Etat US (il en reste) ne sont pas prêts à digérer.  A trop avoir titillé la grande muette, Trump peut s’attendre à de sérieux coups de bâton en retour dans les mois à venir…

Déjà une rencontre… Lockheed-Trump !!!

f-35-presidetnAux toutes dernières nouvelles (le 10 novembre dernier, à peine 2 jours après l’élection surprise !), c’est déjà en bonne voie, ce revirement attendu : «L’élection terminée, nous travaillons avec l’équipe de transition du président élu Trump», a déclaré Orlando Carvalho, vice-président exécutif de Lockheed pour l’aéronautique (ici à gauche). « Nous croyons qu’en travaillant avec son équipe de transition, toutes les bonnes informations seront communiquées et qu’ils prendront les bonnes décisions. » Je serais curieux de savoir à quel tarif ça s’est déjà négocié…mc-keon-group ce véritable looping acrobatique politique !!!  Un looping annoncé discrètement par… le McKeon Group, et oui, on retrouve le même, dès le 9 novembre (lendemain même de l’élection !), avec un McKeon qui, au détour d’un long texte sur Trump et la défense, glisse en lousdé que ce dernier a déjà accordé les 1200 avions que réclame l’US Air Force ! (ici à droite) !!!   Comment McKeon l’a-t-il su (sinon par Lockheed ou par Trump lui-même !), qui l’a averti et rassuré (???)… tout a déjà été réglé, à ce qu’on peut lire, que ce soir par Carvalho ou via McKeon. Trump a très vite déjà trompé son électorat… mais en monnayant quoi exactement, cette fois-ci ?

(1) voici les autres :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aviation-4-les-boulets-a-trainer-l-69242

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aviation-14-l-avion-qui-devorera-159481

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aviation-14-l-avion-qui-devorera-159518

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-furtivite-du-f-35-revelee-un-168355

(2) Bruce Blair, de la base Malmstrom dans le Montana de 1972 to 1974; William DeGroodt, de celle de  Minot dans le Dakota du Nord de 1967 à 1972; Harvey Greenberg, lui aussi à Minot de 1974 à 1977; Geoffrey Kanner, de celle de  Malmstrom de 1980 à 1984; Louis Lussky, de la Grand Forks Air Force Base du Dakota du Nord de 1971 à 1976; Michael Miller, de F.E. Warren de 2009 à 2013; James Robertson, lui aussi à Malmstrom mais de 1999 à 2003; Edward Warren, au F.E. Warren de 2008 à2013; et Brian Weeden, lui aussi à Malmstrom de 2000 à 2003.

images-3Nota : amusant de noter que Donald Trump a voyagé pas mal de fois avec un autre jet que le grand Boeing 757 clinquant qu’on lui connait. Pour sa campagne, il a en effet utilisé le plus souvent son Citation X 750 de 1997, immatriculé N725DT, (ex N923VP et N923QS), enregistré chez une de ses petites entités appelée DJT Operations CX (il en descend ici à droite).  Or cet avion avait une licence de vol non renouvelée à la FAA, car elle expirait au 1er février 2016.  En somme, il a volé de façon totalement illégale et clandestine courant février 2016… de voler ainsi aux USA est passible d’une amende allant de 27 500 à 250 000 dollars et une peine de prison de trois ans.  Alors que l’inscription à la FAA ne coûte 5 dollars… l’avion avait été contraint par la FAA à rester au sol en avril dernier.  Ça en dit long du degré d’organisation de l’équipe de Trump, et de lui-même !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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8 Commentaire

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    Comme disait le père Dassault,un bon avion c’est déjà un bel avion! Alors c’est simple ce n’est pas un bon avion.
    On dirait un fer à repasser avec des ailes, équipé d’un super ordinateur avec un logiciel de type Windows.
    La où les ricains sont fort ils ont réussit à le faire voler et décoller à la vertical , mais cela reste un fer à repasser avec Windows, Imaginé un pilote en plein combat aérien avec un bug info obligeant un reset cela doit être fort désagréable!
    Maintenant attendons que Trump entre en action en janvier car tout les journaleux ce sont trompés sur lui, ils risquent encore de se ridiculiser.
    C’est un cowboys donc avec beaucoup de bon sens, pragmatique, courageux, et qui aiment beaucoup l’argent comme tous Américains un peu ignorant mais apprenant vite, il faut réfléchir comme un cowboys pour comprendre ce qu’il fera.
    L’armée et pour lui car elle est en déconfiture complète, c’est une armée des années 40, imaginée cette avions hors de prix, des coût d’entretien faramineux car fragile, qui ne fonctionnera jamais bien pendant les 40 prochaines années, hé bien vous resterai chez vous à défendre votre pays et ce sera bien pour la paix dans le monde.

  2. avatar

    une mauvaise comparaison ici en revanche :

    http://ottawacitizen.com/news/national/defence-watch/trump-and-trudeau-share-one-thing-in-common-a-dislike-for-the-f-35

    delà à supposer que Trudeau a quand même plonger… pour l’instant, rien n’a été dit !

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    Ce Président Trump, c’ est vraiment une bonne chose …..Après le Brexit, espérons une désintégration rapide de l’Union Européenne!

  4. avatar

    la preuve :

    http://defence-blog.com/news/lockheed-martin-wins-7-19-bln-u-s-contract-for-90-f-35-lightning-ii-jets.html

    7 milliards de plus pour le F-35 : et vous osez appeler ça une « bonne chose » ??? pour 90 appareils…

    il avait promis à ses électeurs d’arrêter la chaîne de production. A peine élu, il fait… le contraire et accentue la production prévue !!!

    pauvre tâche, va…

    ah ah ah !!!

    • avatar

      Voici un tweet de Trump:

      Donald J. TrumpCompte certifié?@realDonaldTrump 22 dec.
      Based on the tremendous cost and cost overruns of the Lockheed Martin F-35, I have asked Boeing to price-out a comparable F-18 Super Hornet!

  5. avatar

    et bachar el assad combient lui a couter son trone ? en vie humaines ? comparer a trump c’est une goute dans l’ocean

  6. avatar

    pffff;

    il est à noter qu’à l’avènement de Bachar el-Assad en Syrie (2000), le pays était très prospère et que la « guerre » a commencé plusieurs années après son arrivée (2011). On ne peut comparer son « trône » à celui de Trump puisque celui-ci n’est pas encore « assis dessus ». La question devient:  » Combien a coûté le trône de Barack Obama, depuis 2008 ?