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Trump, Alzheimer et Seattle

La caractéristique de la maladie d’Alzheimer est la perte de la mémoire courte et la garde, en revanche, des souvenirs plus anciens à la place. Une sortie récente de Donald Trump semble accréditer ou renforcer la thèse comme quoi le 45 eme président des Etats-Unis serait atteint de la première (1). Il a visiblement été marqué par un événement qui s’est passé à Seattle il y a un peu plus de vingt ans et l’a visiblement confondu avec ce qui est en train de se passer réellement là-bas…

Reprenons d’abord sur la énième saillie trumpienne en Tweet, en date du 12 juin : selon lui des « activistes » ont « pris Seattle » et le « gouverneur démocrate a juste dit qu’il n’était pas au courant ».  La veille, il avait déjà tweeté quelque chose de similaire. Cette fois-là cela avait été « des terroristes locaux ont pris (envahi) Seattle, dirigés par les démocrates de la gauche radicale, bien entendu.  La « loi et l’ordre », ces derniers mots écrits en majuscule. Des mots répétés plusieurs fois après le barricadage de la Maison Blanche transformée en camp retranché.  Des mots récurrents dans le langage restreint de Donald, comme on le sait.

Le gouverneur visé s’appelle Jay Inslee, il est démocrate, c’est l’ancien directeur régional du Département de la Santé et des Services sociaux sous Clinton, chaud partisan des éoliennes, opposé à la peine de mort, convaincu du changement climatique (bref le parfait opposé de Trump !), et la charge contre lui n’est pas venue à l’origine de Donald lui-même, mais d’une série d’attaques fomentées par Fox News, affirmant qu’un quartier entier de la ville avait été « abandonné » aux « anarchistes » ce que Donald et Fox appellent aussi les « antifas ». Encore une fois, Donald nous a révélé quelles sont ses sources de renseignements. A savoir ici Tyler Olson, jeune recrue de chez Fox (bien jeune), dont on sait fort peu de choses, sinon que c’est un ancien WPSU Intern Penn State junior, autrement dit un stagiaire média de la Pennsylvania State University ; A l’époque il nous avait confié son amour du golf. Il y avait conclu que « je crois qu’aucun autre sport ne reflète le monde avec autant de précision, et aucun autre sport n’a autant de potentiel pour former de bonnes personnes comme le golf ». A cette époque il ne devait pas encore connaître l’existence de Donald Trump, pour sûr !

En fait « d’abandon », des vidéos montrent des réunions bon enfant, où l’on chante du Bob Marley; dans un quartier où les protestataires font effectivement eux-mêmes leur propre police pour éviter de se faire envahir et détourner par les amis de Donald que sont les groupes armés d’extrême droite qu’il affectionne tant, comme il avait pu le dire pour Charlottesville. Le quartier (Capitol Hill Autonomous Zone ou CHAZ) est situé autour du poste apparemment abandonné de la police de Seattle,  après les affrontements violents qui avait suivi la mort de George Floyd, aujourd’hui recouvert d’une bâche le déclarant «propriété du peuple de Seattle»; endroit désormais décrit comme la « zone autonome de Capitol Hill » . Les manifestants y ont déclaré une zone sans policiers et l’ont rendue piétonne depuis. C’est dans le même endroit qu’un homme avait percuté des manifestants avec son véhicule. Même Fox l’a lui-même reconnu, c’est aujourd’hui… calme : « les manifestations à l’intérieur de la zone autonome sont pour la plupart pacifiques, sans signalement de violence, mais la police a déclaré que des gardes armés entouraient le périmètre de la région et que les habitants qui vivent à l’intérieur des frontières sont « obligés de présenter une pièce d’identité pour prouver que vous » appartenez « là-bas a déclaré à Fox News un responsable de la police . » Cette même police cherchant plutôt à négocier la reconquête du quartier plutôt que de recommencer un cycle de violences inutiles, ce que l’on comprend aisément (sauf Donald  !). Peut-on blâmer un maire partisan du dialogue à la place du rentre-dedans, même si la circulation d’hommes en armes pose problème (ici en France, car là-bas c’est pleinement autorisé, rappelons-le !). La réponse est non bien sûr… sauf pour Donald !

A noter que Fox News a cherché ouvertement à modifier la vision des choses en manipulant les images sur ce qui se passait dans la zone concernée.  « La photo trompeuse a été extraite d’une photographie d’un homme armé du 10 juin lors des manifestations de Seattle avec diverses photos, l’une d’un panneau indiquant «Vous entrez maintenant gratuitement Cap Hill», et d’autres à partir d’images d’une vitrine brisée et d’autres manifestations du centre-ville prises le 30 mai, selon le Washington Post. Après que le Seattle Times ait interrogé Fox News sur les images trompeuses d’un article, le média a supprimé les images modifiées et a déclaré au média dans un communiqué: «Nous avons remplacé notre illustration photographique par les images clairement définies d’un tireur et d’une vitrine brisée, les deux qui ont été prises cette semaine dans la zone autonome de Seattle.  » « Cependant, la photo de la vitrine brisée n’a pas été prise cette semaine dans la zone autonome, comme l’a rapporté le Seattle Times » a expliqué ici Forbes. « C’est définitivement Photoshoppé », a déclaré le photographe indépendant de Seattle David Ryder au Seattle Times, qui a pris la photo du 10 juin d’un homme non identifié tenant une arme à feu devant une voiture dans la zone autonome. « Utiliser une photo hors contexte dans un cadre journalistique comme celui-là semble contraire à l’éthique. » Tromper les gens, tout l’art de Donald et de ses coups de main zélés !

La grande manifestation de 1999 à Seattle

Un Donald qui a dû garder en mémoire un événement bien particulier qui s’est passé à Seattle en 1999, et qui explique beaucoup de choses en fait. Cette année-là, curieuse coïncidence, Donald avait justement exprimé pour la première fois son envie de se présenter à la présidence du pays !!! A l’époque, il aurait tenté l’investiture dans le parti du milliardaire Ross Perot (mort en 2019). L’année aussi où il parlait de sa future femme avec tout le tact qu’on lui connait. « Dans une conversation datant du 9 novembre 1999, retranscrite par Newsweek, il raconte ses premiers émois avec Melania Knauss, qu’il a rencontré en 1998. «L’avez-vous déjà pelotée en public ?», commence Howard Stern. «Ouais», assure Donald Trump, avant d’expliquer que «je me suis mal débrouillé avec elle la premier soir. Rien n’a fonctionné le premier soir.» Dans une autre conversation, enregistrée le 24 mai 2002, Howard Stern attaque encore : «Melania doit être géniale au lit…» Trump répond à côté : «Je la laisse faire de la publicité parce que je m’y retrouve financièrement (…) J’ai vraiment fait une bonne affaire.» Le présentateur interroge : «Et ce n’est pas une chieuse comme Ivana (la première épouse de Donald Trump, NDLR) ?». «Non, elle est super», conclut alors le futur président ».

L’événement de 1999, c’est une série d’émeutes lors de la tenue du forum du World Trade Organization, réunissant 5000 délégués et ayant attiré 3000 journalistes. L’occasion pour la gauche US de monter ses forces, avec pas moins de 50 000 manifestants, et des heurts dans au moins une cinquantaine de zones déclarées pourtant « no protest zone » par la police. Ce qui avait surpris tout le monde et surtout les forces de police pas prêtes vraiment à endiguer une telle foule. Le Seattle Times se souvient : « alors que la plupart des manifestations au cours des cinq jours se sont déroulées dans le calme, des actes de vandalisme largement médiatisés ont éclaté, la police ayant perdu le contrôle du centre-ville. Certains manifestants ont renversé des poubelles et brûlé des débris, tandis que des anarchistes vêtus de noir ont brisé des fenêtres et saisi un immeuble partiellement vacant à un pâté de maisons d’un poste de police. Le chef de la police, Norm Stamper (2) , qui a pris sa retraite à la suite de la bataille, dit qu’il croyait au moment où la police était prête, notant des milliers d’heures de formation qu’ils avaient reçues dans la perspective de l’événement, mais reconnaît « à la fin, nous n’étions pas prêts ». Aujourd’hui ce même responsable regrette l’usage de la force qui a en fait attisé la vindicte des opposants: « Stamper regrette maintenant d’avoir autorisé l’utilisation de gaz lacrymogène et de gaz poivré pour évacuer les manifestants pacifiques des intersections du centre-ville. «L’essentiel, je pense, c’est mon échec à opposer un veto à la décision d’utiliser des agents chimiques. Ce sont des compatriotes américains qui avaient exercé leurs droits au titre du premier amendement », a-t-il déclaré ».  Le premier amendement étant celui du droit à « s’assembler pacifiquement »!

Les renforts venus du Texas

Trump s’est donc davantage rappelé le Seattle de 1999 que celui de 2020. Mais il a eu peur récemment des mêmes débordements de 1999, et a rameuté à Washington même d’étranges hommes en armes, que certains journalistes un peu légers ont facilement taxés de « troupes inconnues ». Or, après plusieurs heures de recherche il est vrai, on a fini par trouver d’où venaient ces hommes armés de casques, de gilets pare-balles et de boucliers. L’examen en effet attentif d’une des photos de leur confrontation -pacifique, celle-là- avec les manifestants a révélé que c’était un coup de pouce de l’âme damnée de Donald, William Barr,  » l’exécuteur des basses œuvres de Donald » qui les avait diligentés à partir de leurs prisons. Des hommes du SORT, pour « Special Operations Response Team », ou des « Disturbance Control Teams » (DCT), des unités de maintien de l’ordre d’urgence du BOP (Federal Bureau of Prisons). Certains se faisant plus vite repérer avec leurs t-shirts estampillés « FCC Beaumont ».

Des gens venus du Texas (envoyés par Greg Abbott (3), comme ceux de la Federal Correctional Institution (FCI) de Three Rivers; eux aussi repérés grâce à leurs logos sur leurs épaules. Trump avait en fait déjà prévu de recourir à l’armée en plus : « aussi glissant que le pistolet en savon d’Averell Dalton, Barr n’en est pas resté là : « Le président n’a jamais demandé ni suggéré que nous devions déployer des troupes régulières à ce stade », a-t-il insisté auprès de CBS. Avant de reconnaître que des hommes de la 82e division aéroportée étaient stationnés dans la région de la capitale « au cas où on aurait besoin d’eux ». Stationnés, pas déployés − vous pigez ? En réalité, comme le révélera le « Washington Post », Trump a bien été sur le point d’utiliser l’armée ». Les soldats avaient été effectivement retrouvés dans des hôtels limitrophes, prête à débouler sur place et certains ont bien été photographiés en armes devant des protestataires (ci-dessus ce sont en effet des Rangers d’une division « airborne » (aéroportée) !!!

Un endroit tristement historique

La confusion historique tourne vite chez Trump à des choix pour le moins malencontreux (ou alors c’est presque du sadisme chez lui !). Décidé à tout prix à recueillir les fleurs de sa nomination comme seul candidat républicain à la Maison Blanche pour 2020, il avait prévu d’être intronisé début juin en Caroline du Nord à Charlotte. Mais comme l’Etat a maintenu ses contingences sanitaires, son gouverneur étant démocrate (depuis 2016), Trump a vu… rouge, et s’est emporté en déclarant aller chercher ailleurs. Et être reçu à bras ouvert à Jacksonville en Floride par Ronna McDaniel, la leader républicaine de l’Etat, dirigé par un autre Ronald, Dion DeSantis, issu du Tea Party, et lui-même un très grand supporter de Trump. Il avait édité un clip de campagne affligeant de crétinerie et de manipulation de ses propres gosses, celui-là … Auparavant, avant le sacre, Donald allait aussi reprendre sa caravane de tournée électorale… en commençant par un lieu qu’il aurait pu éviter en sortant de ce que le pays vient de connaître. Car le choix de l’endroit a de quoi faire rugir. Pour CNN, ce n’est en tout cas pas une surprise, tant ces derniers mois « Donald a fait des appels du pied aux suprémacistes blancs« . A croire que c’est fait exprès, en effet, car c’est aussi l’endroit où a eu lieu l’un des pires massacre racistes, effectuant il y a presque 100 ans, en 1921 à Tulsa, en effet en Oklahoma. Or le 19 juin, date choisie, c’est aussi celle du Juneteenth, qui commémore l’annonce de l’abolition de l’esclavage dans l’État américain du Texas en  !!! La combinaison des deux provoque obligatoirement un choc en effet (4). 

C’est Frida Ghritis chez CNN qui a parfaitement décrit le problème : « le choix de la date et du lieu de la campagne Trump a fait frissonner le dos de ceux qui connaissent l’histoire du racisme aux États-Unis. C’était également une gifle pour les 84% ​​d’Américains qui disent que les manifestations pacifiques en réponse aux incidents de brutalité policière contre les Afro-Américains sont justifiées. La Sénatrice  Kamala Harris a tweeté: « Ce n’est pas seulement un clin d’œil aux suprémacistes blancs – il leur fait une fête de bienvenue. » Elle n’est pas la seule à entendre le sifflet de chien haut et fort. Mais quand un journaliste a demandé à Kayleigh McEnany, attachée de presse de la Maison-Blanche, ce que Juneteenth signifiait pour le président et s’il était approprié de tenir son rassemblement le jour férié, elle a défendu la décision, affirmant que Juneteenth était « une journée significative pour (Trump) », alors il veut l’utiliser pour « partager certains des progrès qui ont été réalisés alors que nous regardons vers l’avenir et qu’il reste encore beaucoup à faire ». Mais l’argument s’effondre sous l’examen. Trump envisage-t-il d’utiliser le rassemblement ignorant la pandémie de milliers de casquettes rageuses portant un chapeau MAGA, principalement des supporters blancs, pour vanter ses progrès sur les relations raciales ? Peu seront dupes. Les Américains connaissent ce président. C’est l’homme qui a affirmé qu’il y avait des « gens très bien » parmi les manifestants néonazis de Charlottesville. C’est le président qui a dit à un groupe de congressistes démocrates de couleur de « retourner » dans les « lieux infestés de criminalité d’où elles venaient ». Le président qui rejette l’idée de renommer les bases militaires honorant actuellement les commandants militaires confédérés qui se sont battus pour le droit de préserver l’esclavage. Et il est le leader qui a menacé d’utiliser la force militaire pour écraser les manifestants pacifiques qui ont exigé la fin des violences policières contre les Afro-Américains. Donc, non, l’affirmation selon laquelle un rassemblement de Trump sur le site d’un massacre racial le 19 juin est un effort pour honorer la lutte contre le racisme a toutes les marques de l’éclairage au gaz Trumpien » (5).

 

 

Nota : Trump a modifié depuis la date de son premier meeting de retour en campagne, en le positionnant au lendemain, 20 juin, toujours à Tulsa. Comme à son habitude, il l’a indiqué par un Tweet (ici à gauche). Les reculs de Trump sont suffisamment rares pour signaler celui-ci. On lui a conseillé de le faire, visiblement. Et pour une -rare- fois, il s’y est plié.

 

(1) récemment, un expert a demandé qu’on lui examine le cerveau. Juste après la séquence du verre d’eau, on a eu droit à celle de sa climatophobie flagrante. « Il formule des réponses bizarres aux questions qui lui sont posées, est incapable d’émettre une phrase à la syntaxe correcte, possède un vocabulaire ne dépassant pas celui d’un enfant de sept ans et semble éprouver de grosses difficultés à lire un texte de plus de trois paragraphes ; il est d’autre part extrêmement impulsif et ne possède pas la moindre trace de freins sociaux ; il est enfin sujet à des pertes d’équilibre à l’approche d’un escalier. Et si Donald Trump était atteint de démence précoce ? » avait écrit en 2017 Daniel Schneidermann. Vanity Fair avait aussi tracé la même année le portrait d’un président… immature à 76 ans !

(2) l’homme est revenu plusieurs fois depuis sur cette politique ratée de gestion des émeutes. Et ses phrases résonnent fort aujourd’hui : « en réponse aux manifestations d’Occupy, il a réitéré ses regrets sur la façon dont il avait géré les manifestations à Seattle, et a déclaré publiquement la nécessité de créer une alternative à ce qu’il a appelé « la bureaucratie paramilitaire qu’est la police américaine », déclarant qu’aucun changement ne se produira  » à moins que, même si nous éliminons les «mauvaises pommes» de nos forces de police, nous reconnaissions que le baril lui-même est pourri. » Exactement là où en est arrivé le mouvement « defund » comme réflexion !!! C’est donc un véritable précurseur qui doit être aujourd’hui écouté !

(3) autre beau cas d’espèce que ce gouverneur pro-Trump élu en 2015, car il croît aux conspirations et gobe tout : »fin , à la suite de théories du complot persistantes laissant entendre que l’exercice militaire « Jade Helm 15 » organisé par l’armée américaine pourraient en fait être la couverture d’un coup d’État devant permettre à Barack Obama d’imposer la loi martiale au Texas, il demande à la Texas State Guard (en) de surveiller les forces spéciales lors de leurs manœuvres sur le territoire. Pour se justifier, il explique qu’il « est important que les Texans sachent que leur sécurité, leurs droits constitutionnels, leurs droits en tant que propriétaires et leurs libertés civiles ne seront pas enfreints »… L’un des promoteurs de la conspiration s’appelait.. Alex Jones (toujours lui !) ; selon lui en effet, le mot « helm » signifiant « Homeland Eradication of Local Militants » !!!! Les russes avaient mis de bonnes pelletées de charbon pour alimenter la machine, selon Clint Watts ou Michael Hayden,. En 2017 encore, Facebook devra fermer une page séparatiste texane, largement pro-extrême droite, appelée « Heart of Texas » liée à une entreprise russe qui continuait à répandre la théorie de la « Jade Helm conspiracy ». Elle affichait 225 000 adhérents (plus que les démocrates et les républicains combinés au Texas !) ! Lié au russe il y avait le Texas Nationalist Movement’s (TNM) de Nathan Smith (ici présenté par un copain français…). En 2015, le 28 octobre, Abbott avait aussi tweeté « J’ai HONTE: le Texas est le 2e État du pays à être le plus gros acheteur de nouvelles armes à feu, dernière la CALIFORNIE. Texans, il faut accélérer le rythme,… une semaine plus tard, le 5 novembre, un homme, Devin Patrick Kelley, ouvrait le feu dans une église à Sutherland Springs et tuait 26 personnes… (Nota : Abbott a les jambes paralysées à la suite de la chute d’un arbre sur son dos, un accident survenu à l’âge de 26 ans).

(4) pour raser tout un quartier ou habitaient des noirs, y compris des noir aisés, le KKK y est allé par les grands moyens puisqu’on a la certitude aujourd’hui qu’ils avaient engagé des avions pour aller bombarder et incendier des maisons. Des avions de la Curtiss-Southwest Airplane Company de l’aérodrome local, (dont un au moins de la Sinclair Oil Company), des Curtiss JN-4 « Jenny », la bête de somme aérienne de l’époque, réquisitionnés pour aller massacrer !!! Comme bombes incendiaires, des bidons remplis de « Turpentine » de l’essence de térébenthine, hautement inflammable et irritante pour la peau avaient été remplis à la hâte et jetés par dessus bord. L’observateur à l’arrière de l’avion muni d’un fusil de chasse abattant les noirs au sol comme des lapins !!! Et ce ne s’est pas arrêté pour autant, un autre avion est apparu plus tard encore :« en avril 1922, plus de 1 700 membres du Klan ont défilé dans le centre-ville de Tulsa tandis qu’un avion transportant une croix éclairée électriquement survolait le ciel. Lors des élections municipales de ce printemps, les candidats du Klan ont balayé tous les bureaux et ont fait de même lors des élections de comté à l’automne. En août 1923, le gouvernement J.C. Walton a déclaré la loi martiale dans le comté de Tulsa en raison de l’activité du Klan ».

(5) ses supporters tentent aujourd’hui d’en faire un champion des droits des noirs, en exhumant une photo de lui médaillé en même temps que Rosa Parks et Mohamed Ali. La photo existe bel et bien en effet (ici à droite). Mais c’est sa présentation qui est un fake complet ; sur Facebook on l’a postée en 2018 en effet avec ce commentaire : «il n’y a que 3 personnes qui ont remporté le prix Ellis Island pour leur travail au sein de la communauté noire… 1. Rosa Parks 2. Muhammad Ali 3. Donald Trump… pourtant,« l’équipe »veut que vous croyiez qu’il est raciste.» Cette présentation est un leurre absolu, car le site PolitiFact a contacté le porte-parole Otto Coca du prix Ellis Island et ce dernier a précisé que le prix remis en 1986 – la première année où il a été décerné, Trump avait été sélectionné « pour ses contributions professionnelles qui ont profité à New York en tant que développeur, ainsi que pour son héritage allemand » (celui de ses grands-parents) et non pour une quelconque activité civique promouvant les noirs dans la société US !!. Gag supplémentaire : la photo isolée de Parks, Ali et Trump (ici à gauche) avait été mise en circulation par son avocat, Michael Cohen; aujourd’hui en prison pour falsifications diverses ! C’est bien Cohen comme on peut le constater qui avait induit l’idée que c’était la médaille du National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) et tenté de tromper tout le monde avant les autres !! Le propre avocat de Donald, falsificateur de sa biographie !!! Gag supplémentaire de plus : la dame en blanc au milieu n’est autre qu’Anita Bryant… la chanteuse, championne (catho) des anti-homosexuels : comme quoi ce prix n’avait rien à voir avec la tolérance !!!

Sur le massacre de Tulsa :

https://www.ranker.com/list/1921-tulsa-oklahoma-riot/alan-smithee

Classic Who: The Day Americans Bombed an American City From the Air

 

 

https://www.okhistory.org/research/forms/freport.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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