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Trump à la Maison Blanche, un tableau… surréaliste

Le déchaînement du harcèlement de Donald Trump à l’encontre d’un lanceur d’alerte ayant constaté qu’il avait mis dans un chantage une fourniture d’armes à un pays en balance avec une enquête de ce même pays contre un membre de la famille de son adversaire probable en 2020, est quelque chose de…. surréaliste (1).  Depuis des semaines maintenant, il jette tous les jours en effet en pâture le fils de Joe Biden en l’accusant d’être « corrompu », sans la moindre preuve.  On va en conclure tout de suite qu’il a la vue très courte, car tout près de lui, parmi ses fidèles et parmi ceux qui l’accompagnent à la Maison Blanche, il y en a un qui l’est particulièrement corrompu.  Un homme qui, en ce moment même, profite toujours de l’argent que lui rapportent des sociétés dirigées par des Russes et par des Chinois !!!  Comment Donald le courroucé fait-il pour ne pas le voir ?

Magritte doit se retourner aujourd’hui dans sa tombe.  Il est tombé sur plus fort que lui. Trente-six de ses œuvres appartiennent à un homme qui a toujours menti sur sa fortune ou l’origine de celle-ci.  Pire encore que celui qui l’a recruté : on ignore combien il possède d’argent car il a passé une grande partie sa vie à en dissimuler les traces.  C’est l’homme au chapeau mou sans visage du tableau bien connu de Magritte…. Questionné en 2017 sur sa fortune par des sénateurs américains, il est resté fort vague (2).  Personne aujourd’hui ne sait ce qu’il en est exactement. Elle fluctue, ou se duplique selon les marchés et leur évolution est inconnue : l’écart d’argent d’une année à l’autre peut varier, répond-t-il.  Ne comptez donc pas sur lui, comme sur son mentor, pour produire des déclarations fiscales fidèles et honnêtes.  Cela fait très longtemps qu’il triche à leur sujet (comme Donald, mais ça pourrait bientôt changer – et lui faire très mal en s’attaquant à son mythe de milliardaire). Certes, tout cela ça semble étonnant et un peu fou dans un pays ou le billet vert national est sacro-saint et dans lequel l’on ne jure que par la réussite financière des individus.  Magritte, qui a peint un tableau appelé justement L’écart d argent (ici  gauche), lui, avait compris, grâce à un marchand new-yorkais,  Alexandre Iolas, comment jouer avec la valeur de ses propres tableaux, façon Banksy, en les dupliquant par exemple, ou en changeant un seul élément pour en faire un nouveau (il en a aussi coupé un en quatre morceaux pour faire quatre toiles différentes avec !). Le plus bel exemple de ces déclinaisons à l’infini d’un même thème est la réédition successive du tableau « Le Libérateur présenté aussi sous un autre aspect sous le nom de « Le Thérapeute » en trois versions, (1936, 1937, 1941), devenu Le libérateur (en 1947) et « Le thérapeute » (à nouveau en 1962), un bronze cette fois (ici le premier à gauche)….

Magritte le facétieux s’amusera beaucoup de cette façon de faire, élaborée pour tromper le fisc à ses trousses, en déclarant que ces tableaux devaient être plutôt taxés selon les droits de reproduction !!! Magritte aussi s’amusait de ce qu’il possédait : « on raconte que, s’étant piqué de remplir lui-même sa déclaration fiscale, il déclara au hasard un million de revenu. Sa femme épouvantée se rendit dare-dare chez le contrôleur qui reconnut de bonne grâce que les artistes ont rarement les pieds sur terre et qu’il convenait évidemment de remplacer le million par… dix mille francs ». Mais notre collectionneur n’a pas une once de l’humour de Magritte (et aucun goût, à voir comment il avait disposé ses tableaux dans son appartement bling bling de Briarcliff, à Manhattan, ici à gauche (3) : il s’appelle Wilbur Ross, et il est désormais le secrétaire d’Etat au commerce du gouvernement de Donald Trump. Et pour le moins passablement corrompu, et on en a la preuve en ce qui le concerne, à l’inverse de ceux que Trump injurie tous les jours (la famille de Joe Biden, son futur adversaire électoral) !!! Pas la peine d’aller le demander au président ukrainien en ce cas !!! Pas la peine de sombrer en pleine scène surréaliste qui a plus que surpris un diplomate chevronné au point de lâcher « que c’est de la folie de suspendre l’aide sécuritaire en échange d’un coup main pour une campagne politique » … 

Bienvenue dans la Maison de fous toute blanche de Washington et ses locataires azimutés ou immoraux, dont Wilbur-le-corrompu !!! A droite, après la revente de son appartement de Manhattan, l’un de ses nouveaux salons où les tableaux de Magritte sont exposés. Comme quoi on peut encore faire pire… (avec le tapis léopard ou la laque rouge ? Mais comment fait-on pour avoir aussi peu de goût ? Quel désastre !). Les valeurs artistiques personnelles de Wilbur semblent en effet fort éloignées de celles de René Magritte (à gauche le tableau les Valeurs Personnelles, de 1952).

La mine maudite de Ross

Voyons d’abord quel entrepreneur il a été dans le passé. C’est en quelque sorte un précurseur de Benard Tapie, pour résumer : on le surnomme en effet depuis toujours le « roi de la faillite ». Un homme faisant fort peu de cas de ses employés. Le racheteur à bas prix de sociétés en difficultés, le videur d’emplois et le revendeur d’actifs avec une large plus-value après s’être débarrassé des ouvriers les plus âgés, pour éviter d’avoir à verser leur retraite : « Ross a commencé à investir dans la désindustrialisation de l’Amérique. En 2002, il a acheté des usines telle une entreprise sidérurgique en faillite de Cleveland, ainsi que l’aciérie de Sparrows Point, près de Baltimore, où le propriétaire précédent avait déjà déclaré faillite. Cela a permis à Ross de réduire les coûts en ignorant les obligations économiques des propriétaires précédents. « Cela élimine, de la part de l’entreprise, toute responsabilité de financer les retraites », a déclaré Bill Barry, un historien du travail. Barry appelle Ross une «alimentation de base». D’autres l’appelleraient un «capitaliste vautour». Les anciens métallos avaient des sentiments mitigés. Les plus jeunes travailleurs « ont gagné plus d’argent avec des primes et des choses comme cela grâce aux nouveaux employeurs », a déclaré Barry. « Mais c’était de l’argent du sang. » Les travailleurs les plus âgés étaient furieux. « C’est de l’argent qui a été pris, des milliards de dollars par an, à des soins de santé, à la retraite et aux retraités », a déclaré Barry. «Ce sont eux qui ont construit le syndicat et la société, et ils ont été simplement mis de côté» pour obtenir des gains à court terme ». Un vautour, le lot semble faible en effet ne tenant aucune de ses promesses : « Ross s’est engagé à conserver l’usine (rachetée) à long terme, mais l’a vendue dans un délai de 18 mois pour plus de 2 milliards de dollars. Ross a essentiellement fait la même chose dans d’autres domaines, avec le Groupe international des textiles, par exemple, et le Groupe international du charbon (ICG), qui utilisaient également les lois sur la faillite pour contourner les règles des syndicats et des régimes de retraite. Un des sites exploités par l’ICG était la mine de charbon Sago en Virginie occidentale, où 12 travailleurs sont morts en 2006 après une explosion souterraine. Ils étaient tous morts asphyxiés, après qu’ils aient vidé leur bouteille d’oxygène de secours (Self Contained Self Rescuer, ici à droite) – prévue pour durer une heure seulement – fournie par la  compagnie !!!» Pire encore : en raison d’une mauvaise communication, les sauveteurs accourus annoncent les avoir trouvés vivants, ce qui avait été transmis à l’extérieur alors qu’il étaient décédés, sauf un seul (le jeune Randal Mc Cloy) sur les treize emmurés ! « Les inspecteurs fédéraux avaient recueilli plus de 200 citations contre la mine et le toit s’était effondré plus de 20 fois ». Ross a exprimé des sentiments de culpabilité. « Pour le reste de ma vie, la mémoire de ceux qui sont morts à Sago me hantera », a-t-il déclaré au magazine New York. Dans la même histoire, il a déclaré que Donald Trump avait donné 25 000 dollars aux familles des mineurs. 

Mais Ross lui-même a vendu la société quelques années plus tard avec d’autres sociétés minières dépouillées, pour plus de 3 milliards de dollars. Bien que Trump ait promis d’être le sauveur des mineurs de charbon (recueillant 68% des suffrages en Virginie-Occidentale), les aventures de Ross dans l’acier et le charbon ne font que montrer qu’il est un spéculateur prenant des risques, doué pour la liquidation et le marché des ventes qui maximisent son propre profit ». Les morts de Sago ne l’avaient pas « hanté » très longtemps… et Trump, pendant sa campagne électorale, avait refait la promotion de l’explication du charbon… une décision pas vraiment appréciée de tous les mineurs, car depuis rien n’avait changé question sécurité !!! Les promesses de Trump n’ont de toute façon pas tenues : des mines, depuis ont été fermées. Trop cher à extraire de nos jours avec le prix du gaz en baisse. Les lois du capitalisme sont tout sauf… surréalistes. Chez Ross, son tableau préféré de Magritte s’intitule « La Parure de l’orage » (ici à gauche). Une théorie voudrait que ce soit justement un éclair provenant d’un orage qui ait provoqué l’explosion d’un poche de méthane dans la mine de Sago…

Wilbur, le sauveur de Donald

Mais Wilbur présente un autre lien avec Donald, qui date d’un bon nombre d’années : en fait, il lui a sauvé la vie… économiquement, il y a une trentaine d’années ! « Wilbur Ross est l’une des personnes clés sur lesquels Donald Trump s’est fié pour atteindre la Maison-Blanche. C’est parce qu’il y a près de trois décennies, Ross est intervenu pour sauver l’une des entreprises défaillantes de Trump – et a ainsi contribué à transformer le nabab de l’immobilier en une marque à part entière. Trump et Ross sont inextricablement liés, peut-être plus que quiconque dans son cabinet. Sans Ross, Trump n’aurait peut-être jamais pu se présenter à la présidence. C’est parce que l’attrait de Trump auprès des électeurs reposait énormément sur sa capacité à se faire connaître avant tout en tant qu’homme d’affaires prospère. »  Ce qui risque fort de changer quand on révélera la réalité de sa fortune… quand ses feuilles d’imposition seront enfin connues (c’est en cours paraît-il, depuis peu comme on la déjà dit !). En fait, Ross lui avait sorti la tête de l’eau quand Donald le débutant s’était rêvé en roi des casinos avec son projet de TajMahal à 1,2 milliard de dollars et avait lamentablement échoué. « Cela aurait été difficile si Ross et le milliardaire Carl Icahn n’avaient pas épargné Trump en 1990-91 d’un basculement au bord du désastre financier. Ensemble, les deux hommes ont sauvé de la saisie un des casinos de Trump à Atlantic City, le Taj Mahal, après que Trump eut manqué un paiement d’intérêts sur des obligations. Ross reconnaîtra plus tard l’importance de son travail au New York Post. « Nous aurions pu saisir [le Taj Mahal], et il serait parti (en parlant de Trump) », a déclaré Ross au journal l’année dernière. Trump a été autorisé à conserver une part de 25% du Taj. Les obligataires ont pris la moitié. Et comme le rapporte le Post, « Pour les étrangers, il semblait que Trump dirigeait toujours le casino. » A l’occasion, Ross avait eu un de ses rares traits d’humour en déclarant, après s’être opposé aux plans de restructuration imaginé par de Donald Trump, qui l’aurait laissé lui avec toutes les actions (il fallait oser, celui sans le sou continuant à tirer la couverture à lui !) :  « C’est un peu trop tôt pour Noël », avait alors déclaré M. Ross lors d’un entretien télévisé !!!  Sans son aide, Trump aurait été marqué du sceau infamant de la faillite.. et plus personne n’aurait crû à son mythe de milliardaire (à crédit !!!) !!!  En laissant par calcul Donald en tant que membre de l’administration de son casino en faillite et redressé, Wilbur venait de fabriquer le mythe de son infaillibilité et créait véritablement la « marque » Trump (« brand »).  Celui-ci allait désormais l’étaler partout, tous ses immeubles portant en grandes lettres son propre nom.  Question déco, c’est moche à souhait, clinquant et ostentatoire comme tout ce que touche Trump (cf les rideaux dorés du salon ovale) : tout le monde ne peut pas avoir Magritte pour décorer son casino (à Knokke-le-Zout, ci-dessous, si…).

Le fameux Casino, lui, ne tiendra pas la distance. Après des années de pertes et de galères, le Taj Mahal, pourtant le fleuron de la marque Trump, avait en effet fini par être fermé et vendu le 6 juillet 2017… avec le nom de Trump retiré de la façade, pour l’occasion, mettant fin à des années de pertes financières. Quel contraste avec le 5 avril 1990 à son ouverture, ou un visiteur de marque avait été présenté par un Donald en personne qui jubilait  : Michael Jackson alors au sommet de sa gloire Elton John aussi était venu, sans pour autant et comme le précédent se déplacer pour rien bien entendu…). Racheté à peine 50 millions  par Hard Rock International (soit 4% à peine de son prix de revient chez Trump !), vidé de son contenu par des acheteurs amateurs d’horreurs, il est reparti depuis, entièrement refait et redécoré avec des guitares partout (et de beaux gags d’installation en prime... : ceux-là auraient écrit Magritte avec un seul « t » !).

Le Wilbur de ces dernières années, très tôt acoquiné avec les russes

Le vautour dévoreur de sociétés et d’êtres humains est donc attiré par les tableaux intrigants. Ils lui rappelleraient son métier, paraît-il : «Si vous traitez beaucoup avec des entreprises en difficulté, le surréalisme est une chose naturelle à collectionner, car les entreprises en difficulté sont dans leur propre monde surréaliste», a déclaré Ross, qui ressemble un peu au magnat du pop-corn Orville Redenbacher (célèbre pour s’être mis lui-mêle dans ses publicités, mort en 1995, on l’avait fait resurgir en 2007 de façon… surréelle avec un acteur-clone), comme le disait le Globe and Mail l’année dernière. « Il y a généralement quelque chose d’un peu étrange, un peu asymétrique ou hors d’usage. » Une drôle de vision du monde, qui fait penser à une phrase de Magritte : « tout ce que nous voyons cache quelque chose d’autre ». Chez Ross, il y a beaucoup de choses de cachées, chez lui, notamment ses revenus (comme le fait son employeur actuel, Donald Trump).  Ou plutôt, il en a pas mal dissimulées, alors qu’il était devenu secrétaire au Commerce des États-Unis, après être devenu fort tardivement républicain (en 2016) car c’est aussi avant tout un… opportuniste, en politique comme ailleurs !!!  Il est entré en fonction le En dehors du fait qu’il vient d’être cité dans les Paradise Papers (lui aussi !) Wilbur Ross, l’un des « loups de Wall Street (qui) rôdent autour de Donald Trump » comme l’avait taxé Le Monde en novembre 2016 a aussi été mêlé à un crash bancaire bien particulier, voici trois ans.  Celui de la « Bank of Cyprus », dans laquelle il était arrivé comme investisseur en juillet 2014, pour se retrouver aussitôt confronté à … six russes la dirigeant alors.  Et pas des moindres, autour de la personne notamment de Vladimir Strzhalkovsky, ex-collègue du KGB de Vladimir Poutine, et exclu de la sphère poutinienne au principe que le roi-soleil n’aime que des courtisans veules et disciplinés, ce que n’avait pas été Strzhalkovsky vis à vis du maître du Kremlin. En 2012, le même Strzhalkovsky s’était pourtant vu offrir un immense parachute doré par le conglomérat minier de Norilsk Nickel pour quitter promptement la firme et … rapatrier sa fortune dans des paradis fiscaux, dont  celui de Chypre.  Une affaire bien tordue, venue d’une dispute entre Oleg Deripaska et Vladimir Potanine, dans laquelle le multimillionnaire Roman Abramovich, bien en vue de Poutine (le propriétaire du club de foot de Chelsea) avait joué les monsieur bons offices » vous avais-je dit en décembre 2017. On notera le nom de Norilsk Nickel dans lequel a été recyclé une espionne russe, Elena Vavilova, expulsée en 2010 après avoir vécu incognito au Canada avec son mari : comme on se retrouve !!!

Retour sur les banques Chypriotes

En 2013, on s’inquiète en effet beaucoup pour Chypre.  Son secteur bancaire frise la catastrophe : « Menacée de faillite bancaire, Chypre, qui craignait une fuite des capitaux russes, a refusé le plan de sauvetage européen » écrit L’express qui poursuit : « C’est en réalité le système bancaire chypriote qui se porte mal. Pour attirer les capitaux étrangers, les banques de l’île offrent des taux de rémunération très attractifs, sensiblement plus élevés que dans les autres pays de la zone euro. Et elles ne se montrent pas très regardantes sur l’origine des capitaux. S’ajoute à cela une fiscalité très favorable. Résultat: les banques chypriotes sont devenues, au sein de la zone euro, un havre pour les capitaux étrangers, et notamment ceux des oligarques russes. Le secteur bancaire de l’île a grossi démesurément au point que les dépôts bancaires représentent aujourd’hui 750% du PIB du pays. Ce « business model » aurait sans doute pu fonctionner longtemps encore sans la crise grecque. Mais les banques chypriotes ont investi une grande partie des fonds qui leur était confiés en Grèce. Du coup, entre l’effacement de 53,5% de la dette publique grecque de mars 2012 et les créances douteuses accumulées, elles ont perdu beaucoup d’argent et se retrouvent aujourd’hui au bord de la faillite. Chypre estime avoir besoin de 17 milliards d’euros, ce qui correspond à peu près à son PIB ». Or au même moment, racontent Bastian Obermayer, Frederik Obermaïer dans les Panama Papers, les amis de Poutine sont pris la main dans le sac car ils se servent copieusement en particulier dans une banque chypriote, filiale à l’époque de la VTB Bank de Vladimir Poutine : « Le secret le mieux gardé du monde », « plusieurs sociétés écrans liées aux frères Boris et Arkadi Rotenberg ont accordé un crédit de près de 200 millions de dollars à une société offshore du réseau Roldouguine – et ce n’est pas précisé dans les documents s’ils ont jamais été remboursés. Peu de temps avant, une société d’Arkadi Rotenberg avait reçu un supplément de plusieurs milliards pour le projet de pipeline South Stream, projet resté au point mort à cause de la crise en Ukraine. Les Rotenberg n’ont pas réagi à notre requête. D’après nos documents, près d’ 1 milliard de dollars a atterri dans le réseau Roldouguine entre 2009 et 2011. Une grande partie de cette somme proviendrait de la Russian Commercial Bank (RCB) à Chypre, filiale à l’époque de la VTB Bank, qui appartient à l’État russe pour une grosse part. Nos données ne montrent pas d’où la RCB tirait de telles sommes ». Les proches de Poutine dont le violoncelliste Roldouguine, devenu millionnaire en quelques années sans qu’on l’explique vraiment, sont venus se servir… mais Poutine aussi.  « Un spécialiste de cette branche expliqua à nos collègues du Guardian que Poutine et son entourage proche auraient utilisé la RCB comme une sorte de carte de crédit personnelle, dans les années 2000 au moins, ce que nie la banque. Il affirme ceci : «Si l’un des élus de Poutine ou sa femme avait besoin d’argent, que ce soit pour une virée shopping, un yacht ou n’importe quel autre investissement, la RCB mettait les moyens nécessaires à leur disposition, sans poser de questions. » « La RCB était un libre-service pour l’élite au pouvoir. » Cela pourrait expliquer pourquoi le gouvernement russe aurait réagi avec véhémence à l’ambiance « Haircut » pendant la crise de l’euro en 2013. Tous les dépôts bancaires chypriotes, y compris ceux de la RCB, devaient être raccourcis ». Le « haircut » cité étant une diminution des emprunts à rembourser comme on l’a imposé à la Grèce, les banques grecques devant alors accepter des pertes. L’argent pompé sert en effet aux oligarques : « les investissements servent parfois à acheter des yachts ou des hôtels pour les plaisirs personnels de l’oligarchie russe. Ainsi, 40 millions de roubles sont investis en 2012 dans la station de ski russe Igora où se marie l’année suivante la fille cadette de Vladimir Poutine, Ekaterina, révèle Novaïa Gazeta. Souvent, les transactions se déroulent en circuit fermé avec pour seul but d’enrichir ces sociétés: en 2010, un accord permet à IMO de racheter des actions du géant public du pétrole Rosneft. Aussitôt, celui-ci annule le contrat et, à titre de compensation, verse 750.000 dollars à IMO ». La divulgation des secrets bancaires de Poutine l’aurait mis dans une rage folle, le décidant à s’en prendre aux USA en décidant de saboter la prochaine élection de 2016. On sait ce qu’il en est advenu !!!

Rotenberg richissime, avait acheté en 2011 le Rahih (ici à droite), un yacht de 60 millions d’euros, inscrit sous le nom d’emprunt de son ami Grigory Baevsky (4), selon l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) de 2016.  C’était l’ex Amnesia Graham de Zille rebaptisé Nataly. « Arkady Rotenberg occupe le 39e rang parmi les 200 hommes d’affaires les plus riches de la Russie selon Forbes. Sa fortune est de 2,6 milliards de dollars. Rotenberg détient 100% de Stroigazmontazh, 80% des engrais, 35% de TPS Avia et 49,99% de SPM Bank ». En 2014, laminé par les sanctions US, les deux frères Rotenberg se verront obligés de revendre deux de leurs jets chez le broker Thierry Boutsen (ancien coureur automobile reconverti), le broker Boutsen Aviation. Le M-BRRB (un Bombardier Global 5000 ci-dessus à gauche) et le M-ARRH (un Bombardier Challenger 300 ci-dessus à droite) selon les initiales d’Arkady Romanovich Rotenberg et de Boris Romanovich Rotenberg…

Wilbur, faux nettoyeur chypriote, la villa de Trump surévaluée  

Nommé à Chypre en 2014 pour y faire le ménage et la débarrasser de ses clients russes trop voyants, Wilbur leur avait au contraire ouvert davantage de portes !!!!  Parmi ces oligarques, pas des moindres, avec Viktor Vekselberg un poids lourd en Russie (il « pèse » 15 milliards de dollars de fortune personnelle) venu lui aussi en vautour, avec Ross, racheter des parts à prix bas de la banque moribonde.  Fait à savoir et à relever surtout aujourd’hui, à l’époque un autre homme avait été pressenti pour faire le nettoyage de la corruption régnant à Chypre dans le secteur bancaire : Joe Biden, qui avait refusé l’offre, citant la non-ingérence dans le secteur privé pour sa défense !!!  Aidé par l’Europe, plus que par les Etats-Unis, la banque s’était finalement relevée, faisant de nouveau la fortune de ses investisseurs… russes (Ross compris).

Wilbur, lui, pendant la campagne électorale de Trump, est un peu partout présent, à la tête des entreprises qu’il a rachetées… avant qu’il ne les revende en survolant tour le marché des industries en difficulté…. façon l’homme d’affaires de Magritte survolant les cieux (tableau « Le Fils de l’homme »…)

 

Wilbur et ses pétroliers coincés dans les filets des Paradise Papers

Ce sacré Wilbur n’a pas menti que sur ses revenus. Nommé à un poste gouvernemental, il a continué comme si de rien n’était à diriger ses entreprises… sans bien sûr en faire part à quiconque. Les journalistes enquêtant depuis des mois sur les comptes offshore découverts chez le courtier Mossack-Fonseca, révèlent en novembre 2017 sans trop de surprise qu’il y figure derrière plusieurs portes dérobées. Ils comptent alors neuf sociétés lui appartenant, toutes encore en activité alors que sa fonction gouvernementale le lui interdit. Les murs des sièges des sociétés de Wilbur sont aussi transpercés que les portes peintes par Magritte.

Un cas pendable de corruption au sein même de l’équipe Trump !!!  Pas la peine d’aller chercher en Ukraine : le vers habite dans le fruit et connaît très bien le salon ovale !!! Le corrompu est tout près, à portée de main ! Le 5 novembre 2017, Sibur, une compagnie russe dirigée par le beau-fils de Vladimir Poutine en personne (Kirill Shamalov,) mais aussi par Gennady Timchenko, partenaire de judo de son ami Vladimir et surtout objet de sanctions américaines. Tout ce beau monde agissant via des sociétés écrans chypriotes, bien sûr. Un troisième larron présent à la direction de l’entreprise depuis 2010 n’est autre que Leonid Mikhelson…  le PDG de Novatek, une société gazière, et déclaré l’homme le plus riche du monde par Forbes, pas moins, le détenteur d’un yacht de 85 mètres le Pacific, et jet privé bien reconnaissable qui a faire l’objet de l’attention du NYT le 6 novembre 2017. Le samedi  28 octobre 2017, il venait d’effectuer le trajet Moscou-Savannah, en Georgie (soit 8.816 km !!!) :

Comment un oligarque russe circule en jet privé aux USA

Enregistré à la Banque of Utah, en Trustee, c’était en effet l’un de ces… 1 390 avions !!! Ce beau Gulfstream immatriculé N-650GL  nous permet de découvrir le procédé utilisé par ces riches russes pour pouvoir circuler sans encombre dans leur jet qui ont gardé leur immatriculation US, ce qui facilite bien des choses à l’embarquement, ou dans des pays où ils peuvent éviter la TVA, soit plusieurs millions de dollars sur un gros jet comme cet exemplaire onéreux (plus de 60 millions de dollars comme ce N550PM).

« Dans le cas de M. Mikhelson, la piste menant de la Russie à l’Utah a débuté en septembre 2012, avec un courrier électronique adressé à Appleby par le bureau du cabinet de comptabilité Ernst & Young à Moscou. La société souhaitait qu’Appleby mette en place une structure d’entreprise complexe permettant à un client anonyme de racheter un avion Gulfstream, évalué à environ 65 millions de dollars, et d’en conserver la possession par l’intermédiaire d’une chaîne de sociétés dans six pays. Dès le départ, l’objectif était clair: «Cette structure, écrit Svetlana Yakushina d’Ernst & Young, devrait permettre l’enregistrement de l’aéronef auprès des autorités aéronautiques des États-Unis ».

« L’accord permettrait également au propriétaire d’éviter certaines taxes, notamment une taxe sur la valeur ajoutée de 20% si le jet était immatriculé et utilisé dans l’Union européenne. Ernst & Young a rédigé un mémo de six pages décrivant un plan visant à exploiter une échappatoire fiscale offerte par l’île de Man, où environ 1 000 aéronefs appartenant à des particuliers sont inscrits sur un registre gouvernemental à des fins fiscales » (voir ici les 1000 engins !). « Appleby et d’autres entreprises similaires y ont des bureaux. Selon un organigramme créé par le bureau d’Appleby à l’île de Man pour le compte Mikhelson, la chaîne de propriété de son avion à réaction a débuté au Panama, avec une société appelée Golden Star Aviation, enregistrée sur l’île de Man, qui a ensuite loué l’avion à une société des îles Caïman, appelée SWGI Growth Fund. Les deux sociétés étaient contrôlées par M. Mikhelson. En 2015, le compte de l’avion de Mikhelson sera transféré à Fedelta Trust Limited, une société de services financiers établie sur l’île de Man (dirigée par Michael Shimmin). »

On notera que Mikhekson possède un autre jet privé, le N550PM (ici en escale à Ténérife en avril 2017), qui en décembre 2017 a été surpris à faire deux trajets fort intéressants : Moscou-Bahamas (Nassau) le 15 décembre et Nassau-Larnaca (à Chypre donc !!!) dès le lendemain… voici l’oiseau: saisi ici à Quito en Equateur, preuve qu’il circule beaucoup :

Des cargos russes aussi ?

A ceux déjà cités tout à l’heure, vient s’ajouter PDVSA, la société pétrolière de Maduro, ce qui ne semble pas non plus avoir fait tiquer Ross ni Trump. La maison mère des cargos de gaz s’appelle Navigator Holdings. Or Wilbur Ross, via ses représentants, en détient 31%, et il y siège depuis 2012 !!! Le 3o novembre 2016, Navigator Holdings avait fêté ses résultats à la Gramercy Tavern, un restaurant huppé de Manhattan dont Ross était détenteur alors qu’il était déjà entré au gouvernement. Sans que ça ne le gêne plus que ça, question éthique (mot inconnu du vocabulaire trumpien). Les informations proviennent de la découverte de l’épais dossier Appleby, société basée aux Bermudes, qui a aidé des oligarques russes à éviter de payer des milliards de dollars en impôts aux USA (mais aussi des émirs et de grandes marques américaines. Il n’y a pas que Ross de cité dans le dossier : figure aussi Gary D. Cohn, conseiller économique de Trump, ancien cadre chez Goldman Sachs, et le secrétaire d’État Rex W. Tillerson (viré depuis !), lié à une entreprise en cheville avec le gouvernement du Yémen au moment où il s’occupait là-bas d’Exxon Mobil. Bref, une partie de l’équipe a continué tranquillement ses juteuses affaires, comme si de rien n’était : l’éthique, on s’est assis dessus à la Maison Blanche ! Mais l’on vient aujourd’hui s’attaquer à Hunter Biden !!!  En remontant le dossier, on découvre que Ross est depuis 1990 à la table de la direction de l’U.S. Russia Investment Fund.  Il y a été nommé par Bill Clinton en personne ! Comme cerise sur le gâteau, il y a aussi la découverte de VTG, un compagnie ferroviaire allemande achetée par Ross, qui poussait à se développer… en Russie avant qu’il ne s’en retire en 2016.  Les bateaux (russes) de Wilbur sont bien réels et ne sont pas des illusions d’optique comme ceux de Magritte…(tableau le Séducteur, 1953).

Comme chez Donald : allons donc enquêter sur Ross… chez les Chinois 

Ross est aussi investi dans la société Diamond S Shipping. Celle-ci est toute aussi passionnante car elle est..aussi à des fonds souverains chinois !!! Personne ne s’en était aperçu en 2013 quand  la discrète société d’investissement en bourse « Renaissance Capital » (en fait la fusion de DSS Holdings et Capital Product Partners, société grecque) avait déclaré que Diamond S Shipping Group, « fournisseur de transport de pétrole raffiné transporté par mer », avait déposé auprès de la SEC une levée de fonds pouvant aller jusqu’à 100 millions de dollars. La société fondée en 2013 et qui était en effet basée à Greenwich, dans le Connecticut, avait alors réalisé un chiffre d’affaires de 178 millions de dollars et prévoyait de s’inscrire à la Bourse de New York sous le symbole DSG. « Diamond S Shipping Group a initialement déposé à titre confidentiel le 18 septembre 2013 » avait on appris.  Depuis 2018, Diamond Anglo Ship Management Pte Ltd (DASM) a été créé par le « joint venture » entre Diamond S Shipping et la société maritime Anglo-Eastern. L’ensemble possède 40 tankers, auquel les 25 autres de Capital ajoutés donnent un capital de 1,6 milliard de dollars, comprenant 15 gros porteurs de taille Suezmax (exemple ici à droite le Sabine de 158 493 DWT battant pavillon des îles Marshall) explique ici Greenwich Time. « Diamond S Shipping a annoncé son intention d’entrer en bourse en 2014 et prévoyait de collecter plus de 250 millions de dollars. Son bénéfice net s’élevait à 2,3 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013, pour un chiffre d’affaires de 134 millions de dollars, et son personnel de 30 personnes était affecté au 33 Benedict Place, au centre-ville de Greenwich, où ses bureaux restent aujourd’hui » (c’est au nord de New-York en face de Long Island).

Vingt ans directrice d’une flotte de tankers au prix d’un responsable chez McDo

Le collectionneur de tableaux de Magritte serait-il tout simplement un pingre ? On peut en effet y penser, avec cette autre découverte… Ross, une fois nommé par Trump, avait emmené avec lui, comme directrice de son cabinet au secrétariat du commerce, une vieille fidèle dénommée Wendy Teramoto, âgée de 44 ans (photo ici à droite) , qui était depuis 20 ans en fait à son service.  Or elle aussi dirigeait toujours à son arrivée Diamond S. Shipping selon Market Place : « par le biais de divers fonds d’investissement gérés par la société Ross, WL Ross and Co., Teramoto et Ross ont investi des milliards de capitaux propres dans le transport maritime depuis 2011. Ils ont également servi d’administrateurs pour plusieurs sociétés de transport cotées et privées. Parmi eux, le transporteur de pétrole Diamond S. Shipping, qui se distingue par ses liens commerciaux avec le plus grand fonds souverain de Chine et par la forte demande de produits énergétiques du pays. Un dossier d’entreprise déposé le 3 mars auprès de Navigator Holdings indique que Teramoto est administrateur de Diamond S. Shipping. Ross a également été président de Diamond S. Shipping, mais a promis de se retirer après avoir assumé son rôle de secrétaire au Commerce. On ne sait pas s’il l’a fait  Les rapports d’affaires établis aux Bermudes montrent également que Teramoto siège toujours au conseil d’administration d’une société de transport maritime appelée Nautical Bulk Holdings Ltd. et de ses 19 filiales (enregistrée aux Bermudes !). Nautical Bulk, société à capitaux privés, a été fondée par Ross et d’autres investisseurs du secteur du transport maritime en 2013. Elle pourrait également tirer avantage de politiques ou d’accords commerciaux soutenus par le Département du commerce. Ses rôles au sein de Diamond S. Shipping, Nautical Bulk et Navigator font qu’un autre membre du Département du commerce fait face à des accusations de conflit d’intérêts liées à la navigation. En janvier, Ross avait annoncé son intention de conserver ses intérêts maritimes tout en exerçant les fonctions de secrétaire au commerce en dépit de la possibilité de tirer profit des décisions prises par lui en tant que secrétaire. Ross et Teramoto sont maintenant confrontés à des questions concernant leur participation dans Navigator ». Point étonnant du contrat de Teramoto : elle était payée en cash… (comme chez les mafieux !!!) et une véritable misère à ce poste, 60 000 dollars à l’année (le salaire moyen, en gros, aux USA !), avec 117 220  dollars en stocks options déclarés en 2016.  Pour gérer 1,6 milliard de dollar de flotte de tankers !!! Vingt ans à diriger une entreprise florissante de Ross avec le salaire d’un « Area Supervisor » (responsable régional ) de chez Mc Donald’s ! On comprend qu’elle a fini par démissionner brusquement, début septembre 2018 « pour retourner chez elle s’occuper de ses enfants», avait-on appris. Lors de son départ, on indiquait dans le communiqué officiel qu’elle servait de passerelle entre Ross, Robert Lighthizer, avocat d’affaires républicain, mais aussi à Jared Kushner et Ivanka Trump : les deux derniers dont l’incompétence en tout est proportionnelle à leur fatuité (ou leur avidité), auraient-ils été la cause de son départ ?  Son salaire extrêmement bas, en tout cas, en rappelle un autre : celui de « l’assistante » de Geoffrey Taylor, le néo-zélandais vendeur d’armes qui employait pour diriger 338 entreprises bidons une secrétaire, Lu Zang (ici à gauche) , qui bossait au départ chez.. Burger King !!!!
La responsable de SP Trading, l’envoyeur d’un Ill-76 bourré d’armes qui a fait chuter Viktor Bout à Bangkok, rappelez-vous, avec Stella Port-Louis, des  Seychelles, (ici à droite) bombardée toujours chez Tayor directrice d’un nombre incalculable de sociétés écrans dont celle du Vanuatu, GT Group, le propriétaire de l’avion cargo plein d’armes) ! Les petites mains des mafieux !!! La similitude est plutôt… inquiétante ! Le 27 mars dernier, 27th March, Diamond S Shiping fusionnait avec CPP, portant son ombre de tankers à 68 !!! Le montage total de l’entreprise devenant d’une complexité sidérante, propre à perdre les observateurs, même les spécialistes de chez Seatrade Maritime News : « un aspect intéressant de la transaction est «l’angle Wilbur Ross», dans lequel WR Ross & Co., la société d’investissement liée au secrétaire au Commerce, et un soutien de Diamond S en 2011, bien avant l’installation  de M. Ross à Washington DC , contrôlera environ 24% des actions du nouveau Diamond S. La société d’investissement éponyme appartient à la centrale financière Invesco Inc.- Ross a quant à lui vendu ses actions d’Invesco en 2017 et 2018. Un volet connexe également semé d’insinuations, et osons dire «fausses nouvelles», concerne la participation de 6,5% dans le nouveau Diamond S qui sera entre les mains d’une filiale de China Investment Corporation (CIC) – détenteur de Diamond S. depuis la conclusion de la transaction avec Cido. Les filiales de CIC ont également participé aux activités d’expédition dans le secteur des transports, notamment un joint-venture avec China State Shipbuilding Corp ». Bref, Wilbur est bien toujours là, associé à des capitaux chinois !  Et Trump qui parle de « corruption » pour le fils Biden ?  C’est… surréaliste !!!  Chez Wilbur, les mots, comme chez son mentor et celui qu’il a jadis sauvé, ne veulent décidément plus rien dire !

Une question demeure : comment Wilbur a-t-il fait pour en réunir autant de tableaux de son peintre préféré, dans un laps de temps de quelques décennies seulement ?  C’est simple, là encore (5) : Ross a en fait appliqué à son goût pour Magritte une bien étrange philosophie commerciale basée sur l’exploitation des détenteurs de tableaux en difficulté financière  (en somme il a appliqué à l’art ce qu’il avait fait dans l’industrie) : « sur des marchés en difficulté, des problèmes sociaux (???) peuvent empêcher certaines personnes de travailler avec des maisons de vente aux enchères. Ils peuvent essayer les ventes privées – comme ce fut le cas avec  ses acquisitions en 2008 – pour vendre quelque chose à voix basse ». Autrement dit, sous le manteau !  Wilbur Ross est un exploiteur, mais vraiment dans l’âme !!!  Un vautour, un vautour vous dis-je…

(1) selon la Manifeste surréaliste de 1924, le «surréalisme» décrit les processus de pensée qui se produisent «en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, exempt de toute préoccupation esthétique ou morale».

(2) Il déclarera ne posséder qu’entre 337 et 687 millions de dollars, dont sa collection de tableaux à 50 millions alors que Bloomberg estimait son revenu annuel à 2 milliards de dollars… !!!

(3) « Le penthouse de M. Ross est situé dans l’un des bâtiments les plus prestigieux du centre-ville de Manhattan. Il a acheté l’unité auprès du milliardaire financier Andrew Farkas, et d’autres résidents de haut niveau du bâtiment, dont le directeur de la marine marchande grecque, Spiros Milonas, ont indiqué, selon les registres de la propriété. L’unité de M. Ross est de loin la plus chère de l’immeuble, où les appartements se négocient généralement entre 2 et 4 millions de dollars, selon les registres de la propriété.  Le penthouse en duplex dispose de cinq salles de bains et demie et d’un plafond de salon voûté de plus de 19 pieds, selon la liste, qui décrit également l’appartement comme étant « de style européen ». Selon la liste, cette maison de 5 570 pieds carrés est dotée de systèmes de CVC et d’éclairage à la pointe de la technologie, qui contribueraient à accueillir une collection d’art dernier cri. En effet, M. Ross a un certain nombre d’œuvres surréalistes suspendues dans l’entrée du penthouse, y compris ce qui ressemble à deux peintures de René Magritte et une photo sur la table du même artiste peignant « La Clairvoyance ». La perte potentielle de son domicile à Manhattan n’a pas dissuadé M. Ross d’abandonner des millions de son nouveau domicile à Washington, DC. En décembre, il a acheté un manoir de style Beaux-Arts à Massachusetts Avenue Heights pour 12 millions de dollars. Lui et sa femme possèdent également des domaines de plusieurs millions de dollars à Southampton, dans l’État de New York, et à Palm Beach, en Floride ».

(4) « Un homme d’affaires russe peu connu, originaire de Saint-Pétersbourg, a fourni des biens immobiliers à plusieurs femmes partageant le même thème: le président Vladimir Poutine. L’une des femmes est la fille cadette de Poutine; deux sont des proches parents d’une femme. Les médias russes ont rapporté qu’elle était la petite amie de Poutine – bien que le président ait fermement nié toute relation. Et un quatrième est un étudiant qui a posé pour un calendrier célébrant l’anniversaire du président. Les archives publiques indiquent que Grigory Baevsky, un associé de 47 ans d’un vieil ami de Poutine, a vendu ou transféré les propriétés à trois des femmes. Dans l’autre cas, Katerina Tikhonova, la plus jeune enfant de Poutine, a utilisé l’adresse d’un appartement appartenant à Baevsky comme sienne lors de l’enregistrement d’une nouvelle entreprise ».

 

(5) Parfois, Ross s’est fait doubler. En novembre  2018 à Sotheby, le tableau Le Principe du Plaisir (1937) était à vendre.  « Il a atteint 23,5 millions de dollars, soit 26,8 millions de dollars avec honoraires, brisant de plus de 5 millions le record de la précédente vente aux enchères du maître surréaliste. James Mackie, responsable du département des arts impressionnistes et modernes de la maison de vente à Londres, a remporté l’offre gagnante, au nom d’un client au téléphone. Il a battu un groupe de spécialistes de Sotheby’s manipulant leur téléphone, parmi lesquels Patti Wong, président de Sotheby’s Asia; August Uribe, responsable du département des arts impressionnistes et modernes de Sotheby’s à New York; et Simon Shaw, coresponsable des arts impressionnistes et modernes chez Sotheby’s. Les enchères ont rapidement dépassé l’estimation basse de l’œuvre de 15 millions de dollars (qui, comme toutes les estimations effectuées avant la vente, ne comprennent pas les frais), avant d’écraser l’estimation élevée de 20 millions de dollars avant d’atteindre un nouveau record d’artiste. Wilbur Ross, secrétaire au commerce de Donald Trump, dont la collection d’œuvres de Magritte est évaluée à 100 millions de dollars, a été vu dans une liaison vidéo à distance en attente d’un représentant de Sotheby’s et il est parti après avoir échoué à remporter le lot »...

 

pour ne pas oublier les mineurs sacrifiés de Sago :

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