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Trump a choisi son docteur Mabuse, et il est… français !

C’est CNN qui a révélé la décision et surtout la manière dont elle s’est faite, fort révélatrice du système Trump et ses manières cavalières de faire (pour ses propos irresponsables, on suppose que vous êtes au courant (1)). L’administration américaine, sous la férule de l’agité orangé, lors d’un rapide tour de table à propos de comment lutter contre le Covid-19, a décidé en effet à la mi-mars d’accorder 483 millions de dollars à un laboratoire qui a ce jour n’a rien produit comme vaccin ou qui ait été mis sur le marché. En France, on avait déjà notre docteur controversé en la personne du professeur Raoult, Trump a trouvé le sien, et le gag, c’est que c’est aussi un français ! Enquête sur un énième emballement de la baderne de la Maison Blanche… et sur un patron de laboratoire aux dents bien longues, qui inquiète plutôt qu’autre chose, comme l’avait écrit Courrier International.

La scène est parfaitement décrite dans ce long article de CCN, que je vous recommande de lire. C’est celle de la réunion express tenue début mars  la Maison Blanche entre Trump, des membres de son  administration et un panel de chefs de laboratoires américains convoqués par Donald, qui venait enfin de s’apercevoir que le virus n’allait pas disparaître comme par magie au printemps, comme il l’avait pourtant prédit... avec son sens de la formule à côté de la plaque : « We have it totally under control”; « “It’s one person coming in from China, and we have it under control. It’s going to be just fine.” » Working closely with China and others on Coronavirus outbreak » (ce n’est plus du tout ce qu’il dit aujourd’hui vous l’aurez noté au passage !) . « Only 5 people in U.S., all in good recovery.“USA in great shape!”, “I think it’s going to work out fine. I think when we get into April, in the warmer weather, that has a very negative effect on that and that type of a virus.” (pas la peine je pense de traduire pour une fois !). Au moment même, fin janvier déjà, où il venait d’être averti d’un possibilité de 1 à 2 millions de morts aux USA si rien n’était décidé ! “We’re going to be pretty soon at only five people. And we could be at just one or two people over the next short period of time » avait-il dit le 26 février, pour ajouter le lendemain  » It’s going to disappear. One day it’s like a miracle, it will disappear.” Ça, ou sa conclusion habituelle de “Fake news”, avant de virer de bord à 180 degrés et de déclarer une urgence nationale le 12 mars seulement, après avoir attendu deux mois pour réagir et aller jouer au golf ou se rendre en meeting électoral, que sa mémoire flanchante a déjà oublié (des meetings dans lesquels il avait clamé avoir « prédit » l’arrivée de la pandémie, un comble !). Alzheimer n’est pas loin de la Maison Blanche en effet ! Il n’est pas le seul à savoir minimisé la pandémie : le Dr. David Agus, un expert médical intervenant sur CBS News, avait dit le 8 janvier que le  le « Coronavirus ne ferait pas de dégâts aux Etats-Unis ». Depuis, lui aussi à changé de cheval et il est devenu un ardent défenseur de l’usage de l’hydroxychloroquine du docteur français !

Le tour de table qui vire à la farce

Revenons au fameux tour de table : il débute avec un Trump en pleine forme, c’est à dire que ce sera rondement mené, car ce dernier va en effet vite passer sur les réponses à sa question fondamentale (quel temps faut-il donc pour développer un vaccin) qui ne le satisfont pas ou pas assez à ses yeux. En résumé, Trump, qui a perdu bien trop de temps et il le sait, veut faire vite avant tout, quelqu’en soit le coût il s’en fiche :  c’est sa survie politique qui est en cause et il le sait (attaquer la Chine comme « responsable » de la pandémie est du même acabit chez lui, cet irresponsable majeur au vocabulaire d’enfant de 5 ans). Sa gestion de la crise tourne déjà au désastre, et il lui faut trouver un moyen de rassurer son électorat… Le premier à lui répondre se fera vite éjecter du tour de table ; c’est John Shiver, à la tête de la recherche des vaccins Sanofi Pasteur qui lui dit sans ambages qu’il lui faut « au moins un an pour en développer un » et « plusieurs années pour le mettre en œuvre« . Boum, comme dirait Trump, éjecté façon The Apprentice  » You’re fired « ! Le second à parler est alors Lenny Schleifer, le président fondateur de Regeneron qui annonce que ses labos peuvent s’y coller en juillet-août « si tout va bien » mais que « ça prendrait des semaines ou des mois ». Boum, éjecté, lui aussi et Trump passe au suivant : celui-là, qui s’appelle Bancel, saute sur l’occasion car il a bien vite vu que la seule chose qui intéresse alors Trump est le TEMPS. Il énonce donc cette phrase surprenante : (qu’il est..) « très fier de travailler avec le gouvernement américain et d’avoir déjà envoyé, en seulement 42 jours à partir de la séquence du virus, notre vaccin à l’équipe du Dr Fauci au NIH. » Et qu’à partir de là il n’y avait « plus qu’à faire des tests cliniques » et que ça « prendrait quelques mois seulement« . « Alors vous parlez au cours des prochains mois, vous pensez que vous pourriez avoir un vaccin? »  Trump lui demande alors, selon CNN.. « Exact. Exact, » dit Bancel, levant une main pour reconnaître Fauci se déplaçant sur sa chaise en  travers de la table. « Avec la phase deux », a précisé Bancel, juste avant l’intervention de Fauci, auprès de Trump: « Vous n’aurez pas de vaccin. Vous aurez un vaccin à tester. » Tactiquement c’était bien joué au yeux de Trump, qui ne comprend rien à rien mais a quand même entendu que les deux autres avant lui n’avaient rien à proposer tout de suite à l’inverse du troisième (il n’a retenu que le temps, et pas la qualité du produit final !). Même si Fauci avait tout de suite senti la roublardise du propos !!! Banco pour lui, donc : Moderna Inc, le laboratoire gagnant, c’est son nom, sort ce jour-là de la réunion avec un chèque en blanc de 483 millions de dollars signé Trump (enfin de la Biomedical Advanced Research and Development Authority) ! Le jackpot, façon casino Trump période Taj Mahal florissant (je ne pense pas que ça ait pu se faire une seule année avec son casino foireux) ! L’heureux élu de la réunion de Casino à la Maison Blanche est en fait Stéphane Bancel (ici à gauche ce jour-là). C’est un français, comme son alter-ego marseillais controversé ! Et lui aussi est marseillais d’origine !!!

Vendeur de vent ?

Le problème est qu’à ce moment là, comme aujourd’hui d’ailleurs, Moderna Inc n’a pas encore produit un seul vaccin de son existence. « Le 3 mars – au lendemain de la table ronde – le produit Moderna choisi par la FDA pour essai, ce qui en fait le premier candidat-vaccin à passer à la première phase d’une étude clinique, dans laquelle un vaccin non encore approuvé est injecté dans les bras d’un petit groupe de 45 volontaires humains. Créée en 2010, Moderna n’a jamais mis un produit sur le marché, ni obtenu que l’un de ses neuf vaccins candidats soit approuvé par la FDA. Il n’a également jamais amené un produit à la troisième et dernière phase d’un essai clinique« … Et il n’y pas que la société qui est cause, cette sorte de bulle médicale créée sur le modèle des bulles de stratégie-up informatiques ou de services qui se sont vite effondrées depuis, faute de résultats, ou pour certaines d’organisation, voire de management. Parlons-en tiens, justement  du management de Stéphane Bancel. Un organisme d’études scientifiques US, appelé STAT, l’avait étrillé littéralement en 2016, une descente en flammes – que Courrier International avait ainsi décrit comme  » l’homme dévoré par l’ambition et obsédé par le secret décrit par le très sérieux magazine américain. Dès 2012, des employés de l’entreprise ont commencé à critiquer leur dirigeant publiquement. Face aux critiques et aux questions sur l’avancée des recherches, Stéphane Bancel, 44 ans, se contente d’affirmer que, lorsque le but recherché par Moderna Therapeutics sera atteint et que celui-ci sera rendu public, les médicaments mis au point vont simplement “changer le monde”. Bref une sorte de gourou messianique emportant tout sur son passage : « nos entretiens avec 20 employés ou associés actuels ou anciens de Moderna Therapeutics suggèrent que Bancel a entravé la réussite de l’entreprise en raison de son ego démesuré, de son besoin d’exercer le contrôle et de son impatience à l’égard des revers qui sont pourtant une part inévitable de toute démarche scientifique.” L’enquête de STAT décrit un management brutal : plus d’une dizaine de cadres virés ces douze derniers mois, des programmes abandonnés du jour au lendemain, des scientifiques maison écartés, etc. Autre source d’inquiétude selon le magazine : le discours quasi messianique de Bancel quant à la technologie développée et son manque de bagage scientifique ».  Un « messianique » « brutal » ?  un gourou ? On est loin de la science, là !!!

A bonne école chez Lilly

Aie, le mot est lancé : Bancel qui est se présente aussi comme semi-marathonien (ça fait plus moderne) est certes diplômé en en chimie biomoléculaire, il est sorti de Centrale, et possède un MBA de la Harvard Business School. Mais il n’a jamais été lui-même chercheur, c’est là où le bât blesse. Son métier il l’a appris avant tout chez Eli Lilly, une entreprise américaine, aujourd’hui la 10 eme dans le monde spécialiste de l’insuline … mais aussi controversée, celle qui produit le Prozac, notamment, celui des troubles de l’anxiété, ou du « trouble obsessionnel compulsif » que Trump pourra prendre pour lui éviter de dire à tout bout de champ ‘Fake News, par exemple. En 2009, Eli Lilly a été ainsi condamné à une très lourde amende de 1,4 milliard de dollars aux États-pour son Zyprexa (l’olanzapine), proposé pour le traitement de la démence, de l’agitation, de l’agressivité. Un médicament que ne prenait donc pas Donald Trump, qui présente pourtant tous les symptômes ! Une société un peu spéciale, qui a connu comme dirigeant un retraité de la CIA appelé G.H.Bush, qui s’est beaucoup investi pour défendre les intérêts des grands groupes pharmaceutiques aux USA, quel curieux hasard. Bancel a été à la bonne école, celle d’une grande firme pharmaceutique moissonneuse d’argent, donc, avant d’être catapulté responsable (directeur général délégué) en France de bioMérieux… dont la spécialité est le diagnostic in vitro on le rappelle. On le voit, pas de recherches ni d’études dans toute sa carrière sur les vaccins, voilà qui commence sérieusement à étonner. A droite c’est le Twitt de Holy Marie Combs, actrice de la série « Charmed » qui au décès de son grand-père du coronavirus a traité Trump de « honte pour l’espèce humaine ».

Le loto gagné à la Maison Blanche, il l’a en plus gagné deux fois, notre patron de labo :  rien qu’à l’annonce faite de l’inoculation du premier patient, à la mi-mars, l’action côté en Bourse de sa société à aussitôt bondi : « Wall Street applaudit la nouvelle. Le titre Moderna, déjà en hausse de 45% depuis le début de l’année à clôture lundi, s’envole de 17,8% à 31,20 dollars après deux heures de cotations, dans un marché qui tente de se remettre de sa pire séance depuis octobre 1987. La valorisation boursière de la biotech américaine -dirigée depuis 2011 par le français Stéphane Bancel- dépasse désormais les 11 milliards de dollars » écrit BFM le 17 mars . Baucel possédant 9% de sa société, il faut le savoir. Le 15 avril, Business Insider, faisait pourtant légèrement infléchir la bien belle courbe ascendante de la super-entrepris qui allait révolutionner le monde de la médecine en écrivant que « Moderna espère que le vaccin sera prêt d’ici l’automne 2020 pour une utilisation d’urgence, qui pourrait inclure une utilisation pour les professionnels de la santé, a déclaré Bancel. » L’urgence, reportée à l’horizon « de la rentrée« , voilà qui douche un peu les espoirs impatients de Trump, il me semble … déjà !!!

Des excuses un peu faciles pour dissimuler un échec à venir ?

Ce n’est qu’en 2010, en effet, qu’il était parti aux Etats-Unis pour créer Moderna Therapeutics, qui s’est installé à Cambridge, près de Boston, dans le Massachusetts, avec comme projet de créer des soins à parti de l’acide ribonucléique messager (ou ARNM). Tout s’est alors très vite emballé à partir de là il semble bien, pour Bancel surtout : « en 2017, il est une des stars du « First Paris-Boston Biotech Summit ». En 2018, il encaisse une des rémunérations les plus élevées de l’industrie pharmaceutique. La Big Pharma veut signer des accords à la chaîne ». Mais dès la fin du mois de mars de cette année 2020, des signes de craquelures apparaissent dans le discours pompeux et qui se veut surtout rassurant de Moderna depuis des années: Bancel annonce en effet une « pause » de Moderna dans les essais autres que le Covid-19… tout ne marche pas comme prévu il semble bien, annonce le 30 mars dernier le site spécialisé Fierce Biotech :«  l’entreprise de biotechnologie, qui dirige les efforts pour développer un vaccin au COVID-19, suspend le recrutement dans certains essais sur les maladies infectieuses et rares tout en continuant d’essayer d’ajouter des patients à ses études sur le cancer. Avant de devenir l’enfant vedette de la lutte des biotechnologies contre COVID-19, Moderna se concentrait sur une série d’essais cliniques destinés à évaluer l’application de sa plateforme d’ARNm à une gamme de maladies rares, de maladies infectieuses et de cancers. Comme cela se produit dans l’industrie du développement de médicaments, la pandémie et les efforts pour la contenir ont un impact négatif sur les études de Moderna en dehors de COVID-19. Moderna a cessé de recruter de nouveaux patients dans deux essais de phase 1 qui testaient l’ARNm-3704 et l’ARNm-3927 pour, respectivement, l’acidémie méthylmalonique et l’acidémie propionique. La biotechnologie doit encore être dosée sur un patient dans les deux essais. Moderna a également marqué une pause dans un essai sur son vaccin respiratoire pédiatrique ARNm-1653. En expliquant la décision, Moderna a souligné «les préoccupations particulières pour la sécurité et la santé des patients pédiatriques et de leurs soignants, et les risques de perturber l’intégrité des essais de COVID-19».

Certaines phrase énigmatiques énoncées ce jour-là par le docteur sonnent bizarrement comme des excuses et ne ne laissent entrevoir rien de bon pour l’avenir de l’ensemble du procédé :« avant la perturbation du COVID-19, Moderna avait terminé l’inscription à ses essais sur le cytomégalovirus et Zika. Pourtant, certains participants n’ayant pas encore reçu toutes les doses prévues des vaccins, Moderna a averti qu’il pourrait être impossible d’administrer les injections à temps, voire pas du tout. Cela augmente le risque que les essais et leurs résultats soient compromis. Moderna évalue l’impact de la perturbation sur l’intégrité des essais cliniques ». En somme, Moderna a été incapable de mettre en place totalement des essais cliniques sur deux de ses recherches phares, dont elle s’occupait depuis longtemps, et on voudrait que ça fonctionne parfaitement pour celles sur le Covid-19 en un délai très bref ? On rêve ou quoi là ? Chez Moderna, le programme « perturbant » du Covid-19  qui bouscule certes toutes les stratégies en place n’est-il pas aussi le bienvenu pour détourner le regard de ce qui marque le pas, avec la technique « révolutionnaire » du « messager ADN », qui à ce jour n’a strictement toujours rien donné d’efficace ?

Une simple histoire d’argent ?

Tout cette effervescence montée en mayonnaise, digne de celle de la bulle des start-ups informatiques en leur temps, par un patron certes discret mais qui soigne sa communication, a fait des envieux. Les premiers étant les investisseurs qui, justement ces derniers temps, commençaient à la trouver saumâtre avant l’annonce des recherches covid-19… ainsi avec le soubresaut boursier de la seule journée du 27 février dernier par exemple pour Moderna : « alors que le stock de MRNA (Moderna) est monté en flèche, s’est arrêté, puis a plongé en quelques heures. En bourse aujourd’hui, l’action MRNA a chuté de 10,3%, à 26,16. Mais tôt le matin, les actions de la société de biotechnologie avaient grimpé en flèche de plus de 23% pour atteindre un nouveau sommet à 36. Peu de temps après, le stock d’ARNm a été arrêté, puis a chuté comme une pierre. Les actions ont chuté de leur niveau record, plongeant jusqu’à 21% depuis la clôture de mercredi Le mouvement erratique a jeté un coup d’œil aux investisseurs et aux adeptes des actions MRNA. « Que se passe-t-il, Moderna? » a demandé l’un d’entre eux sur Twitter. Les représentants de Moderna n’ont pas retourné les demandes de commentaires de Investor’s Business Daily à la clôture de la bourse. À la clôture de mercredi, les actions de l’ARNm avaient atteint un gain de 60% pour la semaine suivant l’annonce de l’envoi du premier lot d’un vaccin contre les coronavirus à l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses. La nouvelle a fait grimper les stocks de MRNA de près de 28% lundi. Ce test de phase 1 aurait lieu chez environ deux douzaines de volontaires sains. En cas de succès, la société de biotechnologie devrait passer à des tests ultérieurs. » Le yoyo boursier risque fort de se reproduire dans les semaines à venir si les recherches n’aboutissent pas en effet ! En ce moment ça reste très haut : trop haut, disent les connaisseurs de la Bourse qui craignent un effondrement rapide si rien de tangible, qui soit rassurant, n’est annoncé dans les mois à venir (or plusieurs programmes étant en stand-by c’est le cas !) … les premiers déçus pouvant être tout autres en fait : les militaires bien sûr, car Moderna a reçu en 2013 de la DARPA (Agence des projets de recherche avancée de la Défense américaine) une subvention croquignolette de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement… d’armes bactériologiques (les militaires appelant ça lutter contre les armes bactériologiques bien sûr (2) !). Bancel en définitive, ressemble pas mal à Trump dans le sens où il présente des défaites comme des victoires ou des pertes, en l’occurrence, comme des réussites entrepreneuriales : en 2019, Moderna avait en effet fini l’année avec une perte abyssale de 514 millions de dollars, on semble l’avoir oublié !!! Remarquez, Trump s’était bien relevé de l’épisode Taj Mahal (deux ans après le Trump Plaza !):  fermé en 2016, juste avant d’être élu, après 25 années de pertes consécutives (ça, c’est de l’entreprenariat version « génie stable » !!!)

Pourtant on avait été prévenus… en 2017 déjà 

Une société d’investissement US réputée avait pourtant prévenu il y a trois ans  déjà : selon elle, Moderna était déjà surcotée à l’époque en Bourse, et elle n’avait pas hésité à baisser sa note d’appréciation. « La dépréciation de Fidelity fait suite à une période difficile pour Moderna. Des problèmes de sécurité inquiétants ont forcé l’entreprise à abandonner ses projets les plus avant-gardistes – et potentiellement lucratifs – et à se concentrer plutôt sur le domaine surpeuplé et banalisé des vaccins. Dans le même temps, une escalade de la lutte juridique menace la capacité de Modern à gagner un seul dollar à partir de son travail le plus avancé. On ignore si ces facteurs ont pesé sur la décision de Fidelity. La firme ne fait généralement pas de commentaires sur des investissements spécifiques, a déclaré un porte-parole. Dans des documents déposés auprès de la Securities and Exchange Commission, Fidelity indique qu’elle utilise une multitude de facteurs lors de l’évaluation de ses investissements, notamment les tendances du marché et les risques spécifiques à l’entreprise. Le mouvement Fidelity ne change rien de tangible pour Moderna à court terme, et il n’affectera pas le montant de trésorerie que l’entreprise a déjà en main. Mais cela suggère que les investisseurs de Moderna pourraient perdre confiance dans l’avenir de la société – et cela pourrait affaiblir les perspectives de Moderna pour les débuts à succès de Wall Street auxquels elle semblait autrefois destinée. L’augmentation rapide de Moderna est basée sur un argumentaire simple: en utilisant des brins d’ARN messager ou ARNm personnalisés, la société promet de transformer les cellules du corps en usines de médicaments déléguées, produisant les protéines nécessaires pour traiter un éventail de maladies. Stéphane Bancel, PDG charismatique et diviseur de Moderna, a promis de fabriquer des centaines de médicaments avec la technologie de son entreprise, vantant son potentiel dans le cancer, les maladies rares et les virus mortels. Mais les choses n’ont pas fonctionné de cette façon jusqu’à présent… » en bref, en 2017, ça ne fonctionnait déjà pas… comment y parvenir en 2020 ?

L’argent ne serait-il donc aussi le seul moteur caché de la formidable ascension de celui qui aurait gagné s’il s’était présenté devant Trump à The Apprentice ? (Bancel pesant à lui seul un milliard de dollars depuis l’annonce de Trump !). Les gens de STAT le laissent beaucoup entendre, en signalant à la fin de leur rapport au vitriol que  “bien qu’il n’ait jamais travaillé avec les molécules ARNm, Bancel se vante d’avoir, dès le début de son arrivée à Moderna, rêvé de nouvelles expérimentations dans le domaine. Il est, de fait, listé comme un co-inventeur de plus de 100 demandes de brevet, ce qui est tout à fait inhabituel pour un PDG qui n’est pas un scientifique doctorant”, s’inquiétait STAT. »… L’ego de son confrère marseillais controversé comme lui paraissant bien petit tout à coup…

 

 

(1) Trump, on croît rêver, a même eu des gens pour supporter ces propos débiles et dangereux. Je ne parle même pas de sa énième porte-parole (la précédente n’avait jamais pris le micro devant les journalistes!) qui a ramé tant qu’elle a pu pour tenter de faire croire qu’il avait été « mal interprété », mais d’un abruti complet, responsable d’un obscur talk show à la Alex Jones Prison Planet/info Wars, de l’autre sans cervelle devenu star aux USA depuis qu’il appuie tout, mot à mot et vraiment tout ce que dit le fou qui habite à la Maison Banche.  Jones, on peut le noter a été aperçu (ici à droite) dans un véhicule blindé noir portant un mégaphone, lors de manifestations au Texas pour la réouverture et l’arrêt du confinement, ce qui ne surprend pas non plus… Trump vient de réaffirmer par Tweet son soutien à ce mouvement au Michigan, alors que les protestants sont des gens armés : il est sur le point de fomenter une guerre civile, ce dément ! Notre homme s’appelle lui Bill Mitchell (en haut à gauche, à ne pas confondre avec le designer de voitures US), il est aussii givré que celui qu’il admire, voici en effet ce qu’il a tweeté quelques minutes après l’incroyable saillie de Donald :

Mitchell, quand il est apparu sur le net, n’était qu’un obscur homme de radio, mais sa propension à soutenir tout ce que disait Trump l’a amené aux première loges, poussé par les soutiens d’extrême droite de Trump et les sites conspirationnistes. Il a abusé également de ses propres auditeurs, en demandant de l’aide pour déménager sa radio à Washington, l’encaisser et rester à Miami. Il a multiplié ces derniers temps les attaques en les concentrant sur le docteur Fauci qui, par sa compétence, est devenu l’ennemi juré des trumpiens qui n’écoutent que des sirènes hurler dans le vide et hurlent en chœur avec elles. Son soutien sans faille lui a valu bien sûr d’être cité par Donald en personne, qui n’a pas bien sûr précisé qui il était : on aurait pu croire à un sénateur républicain en effet lors de ses réponses !!! Un soutien qui tient au ridicule (il l’a toujours été ; au débit de sa carrière des journalistes comme ceux ici de Buzz Feed on crû que c’était une caricature, tant il était grotesque et le reste encore aujourd’hui !). Notez ici sa sortie sur le seuil des 60 000 morts, qui selon son mentor aurait dû être la culmination de la courbe des décès aux USA… alors qu’elle a déjà été franchie… pour dépasser depuis le nombre de morts au Viet-Nam, et c’est loin d’être terminé !

(2) ce qui donne une image encore plus ridicule d’un Trump affirmant en dehors de toute analyse scientifique -qui dit le contraire- que le virus serait sorti d’un laboratoire chinois (3) alors qu’il vient de signer un chèque à un laboratoire US qui fait dans la recherche bactériologique pour l’armée !!!

(3) les chinois lui ont répondu avec des Legos…

 

 

 

nota : les deux illustrations de début et de fin sont extraites d’un numéro de Popular Mechanics, magazine américain, sur comment lutter contre une attaque aux gaz dans une école en 1916. Contre Trump, on peut aussi entonner ça, ce très drôle détournement textuel en chanson :

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

 

 

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