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Trois Rivi?res avant Montr?al !

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ANDR? LEFEBVRE

Voici encore quelques personnages qui v?curent ? Trois-Rivi?res, dont certains, avant m?me l?arriv?e de Paul Chomedey de Maisonneuve ? Montr?al?:

Christophe Crevier?: (1639) Boulanger ? son arriv?e en Nouvelle-France. Premi?re mention en Nouvelle-France en 1639. Il s’?tablit presque aussit?t ? Trois-Rivi?res dont il est un des premiers r?sidents.

Claude Poulin?: (1640) Claude-Basile-Joseph ? son bapt?me. Il signe Poullain mais l’orthographe Poulin commencera ? s’imposer chez ses descendants d?s la seconde g?n?ration.

Charpentier ? son arriv?e en Nouvelle-France. Il sera un temps marguiller de Sainte-Anne-de-Beaupr?.

Premi?re mention en Nouvelle-France en 1636. On le retrouve bri?vement ? Trois-Rivi?res vers 1640. Il retourne en France avec sa famille quelque part entre 1641 et 1644 mais revient au pays en 1647. Il figure parmi les pionniers de la C?te de Beaupr?. Il est d’abord fermier pour les seigneurs de Beaupr? ? Cap-Tourmente en 1647 et se voit conc?der une terre ? Sainte-Anne-de-Beaupr? en 1651.

 

?tienne Lafond?: (1641) Sa premi?re mention en Nouvelle France est lors de l?achat d?un habit de Jean Nicolet qui s??tait noy? en octobre 1642. Son nom est ?cris Etienne Delafons ? son mariage avec Marie Boucher en 1645; Etienne Delafond dans le contrat de mariage de sa fille Genevi?ve; Etienne Lafonds dans le contrat de mariage de sa fille Fran?oise; ?tienne Delafont dans le contrat de mariage de son fils Jean.

Il s’?tablit ? Trois-Rivi?res d?s 1641. Il est ??charpentier de navire?? et devient le beau-fr?re de Pierre Boucher qui ?tablira ?ventuellement ?Boucherville. Il est tr?s li? ? la famille de Guillaume P?pin; il est tr?s possible que celui-ci soit son fr?re a?n? (les deux personnes portent le nom de P?pin-Lafond).? Sa deuxi?me fille Genevi?ve ?pouse J.B. Trottier et ils viennent s?installer ? Batiscan. Son deuxi?me fils, Pierre Lafond dit Mongrain, ?poux de Madeleine Rivard, deviendra l?un des grands voyageurs r?put?s de Batiscan (36 voyages) o? il s?est ?tabli comme sa s?ur Genevi?ve. S?pulture: 15 septembre 1665. Son ?pouse Marie Boucher d?c?de ? Batiscan en 1706 ?g?e de 77 ans.

 

Pierre Garemand?: (1642) Il s?journe quelques temps ? Trois-Rivi?res vers 1642

Pris par les Iroquois, avec son fils Charles en 1653, il fut probablement brul? par eux. Son fils v?cu chez les Iroquois pendant 14 ans. En 1660 l??pouse de Pierre Garemans est captur?e par les Iroquois avec quatre enfants. Elle est dangereusement bless?e. Huit ??Canayens?? avec 20 Montagnais, poursuivirent les fugitifs et d?livrent les cinq prisonniers.

Apr?s v?rification, on d?couvre qu?au moins 150 colons peuvent ?tres consid?r?s comme la source primitive des ??Canayens?? de Trois-Rivi?res, Cap de la Madeleine, Champlain et Batiscan pendant les ann?es de 1635 ? 1665. Plusieurs de leurs enfants prirent ensuite part ? l??tablissement de d?troit, du Mississipi et aux d?couvertes du Nord-Ouest. En r?alit?, cette r?gion est la source principale des ??coureurs de bois??.

? partir de cette date de 1642, Maisonneuve fonde Ville-Marie. Historiquement, la future ??Montr?al?? prendra le pas sur Trois-Rivi?res et sa r?gion, non pas parce qu?elle est plus importante, mais parce que les autorit?s ?conomiques s?y installent, comme le font, ? Qu?bec, les autorit?s civiles. Trois-Rivi?res et sa r?gion n?est pas le ??secteur?? o? les autorit?s sont ? l?aise. Les habitants y sont encore plus ??ind?pendants?? et ??incontr?lables?? qu?? Montr?al.? On les laisse donc faire leur vie et leur ??commerce?? sans trop s?en m?ler. La r?alit? c?est que la r?gion de Trois-Rivi?res est le berceau du ??Canayen?? libre, amical, courageux et honorable. Les enfants de ces hommes viennent s?installer autour de Montr?al parce qu?ils sont des ??coureurs de bois?? et sont attir?s par les marchands de fourrures qui les engagent.

C?est ainsi que les caract?ristiques du ??Canayen?? se r?pandront dans toute la colonie et toute l?Am?rique du Nord. La fa?on officielle de traiter notre histoire produira le qui pro quo actuel sur notre ??identit?. Certains Qu?b?cois chercheront ? mettre le doigt sur cette identit? pour la faire conna?tre; comme dans ce texte ?crit dans le journal?: Le Devoir, en 1998?:

 

?On est Canayen ou ben on l’est pas?

Canadien fran?ais ou Qu?b?cois: l’obsession de la distinction a toujours exist?

Roger Chartrand
Ing?nieur forestier ? la retraite

Lettre publi?e dans?Le Devoir?du 7 janvier 1999.


Pour faire suite ? l’article de Richard L’Heureux, ?Qu?bec, la province la plus canadienne?? (Le Devoir,?27 novembre 1998), je ne trouve pas du tout ?tonnant que, contrairement aux autres Canadiens, pour un tr?s grand nombre de Qu?b?cois d’expression fran?aise l’origine ?canadienne? serait la r?ponse la plus courante ? la question: ?A quel(s) groupe(s) ethnique(s) ou culturel(s) les anc?tres de cette personne appartiennent-ils??

C’est d’abord d? au fait que, pour la majorit?, leurs origines fran?aises sont tr?s lointaines et que, d?s leur arriv?e en Nouvelle-France, nos anc?tres se consid?raient d?j? comme ?Canadiens?, alors que les autochtones ne portaient pas cette appellation. Il y avait la milice canadienne et l’arm?e fran?aise, les colons, paysans ou coureurs des bois canadiens et l’administration fran?aise. Les Fran?ais partis, il ne restait plus que les Canadiens qui, sans renier leur langue, ?taient fiers de l’?tre.

M?me les Anglais, apr?s 1760, ne se consid?raient pas Canadiens, laissant aux seuls francophones cette fa?on de s’identifier. Et ce, jusqu’au milieu du vingti?me si?cle. D’ailleurs, ces derniers en gardaient l’exclusivit?, alors que les sujets de Sa Majest? tenaient avant tout ? la citoyennet? britannique. Le God Save the King ?tait bien leur hymne national, alors que nous chantions le 0 Canada et non La Marseillaise. Et ils arboraient l’Union Jack. Qu’on se rappelle l’Am?rique britannique du Nord, l’?poque des Dominions et, plus r?cemment, le Conseil priv? de Londres.

Au r?f?rendum de 1980, Pierre Elliot Trudeau a eu cette boutade dans son plaidoyer pour le NON: ?Rappelez-vous quand nous ?tions jeunes! Nous chantions: « On est Canayen ou ben on l’est pas ».? C’?tait un peu cynique de sa part car, lorsque j’?tais enfant ou adolescent, j’ai eu l’occasion moi aussi d’entendre le m?me refrain, mais il n’avait pas du tout la connotation que lui pr?te l’ancien premier ministre; les Qu?b?cois francophones d’alors en gardaient l’exclusivit? pour les Canadiens d’expression fran?aise. Durant cette p?riode de notre jeunesse, soit dans les ann?es quarante, j’ai maintes et maintes fois entendu des conversations du genre: ?t’as un nouveau voisin?… C’est-y un Canadien? – Non, c’est pas un Canadien. C’est un Anglais.? Pourtant la famille de cet anglophone pouvait vivre ? Montr?al depuis quatre g?n?rations!

Les Canadiens de langue fran?aise s’appuient sur des racines ancestrales canadiennes tr?s profondes, (douze ou m?me treize g?n?rations), alors que les autres Canadiens, m?me ceux d’origine anglo-saxonne, ne se reconnaissent comme tels que depuis deux ou trois g?n?rations.

Or, il ne faut pas confondre anc?tres et arri?re-grands-parents. Difficile de consid?rer son arri?re-grand-m?re comme son anc?tre. Un descendant de Polonais ?tablis en France sous le r?gne du Roi-Soleil, dira sans doute que ses anc?tres sont Fran?ais, alors que celui dont l’arri?re-grand-p?re immigra de Varsovie vers l’Hexagone en 1920 r?pondra que ses a?eux ?taient Polonais.

On peut donc en conclure que, si la r?ponse des francophones au questionnaire peut para?tre paradoxale de prime abord, du fait que de plus en plus de ces derniers s’identifient avant tout comme Qu?b?cois, il n’en demeure pas moins que leurs anc?tres ?taient bien Canadiens et les seuls ? l’?tre: Les Anciens Canadiens, Un Canadien errant, 0 Canada, mon Pays, mes amours… et la liste pourrait ?tre longue.

Enfin, notre obsession d’?tre distincts a toujours exist?. C’est ainsi que, m?me si au milieu du vingti?me si?cle nous r?vions encore, dans notre subconscient et contre toute logique, d’?tre les seuls Canadiens, il y avait belle lurette que nous sentions cette exclusivit? nous ?chapper. D’o? est n?e, au si?cle dernier, cette curieuse expression de ?Canadien fran?ais?, pour ?tre s?rs que nous resterions distincts. Expression difficile pour un Fran?ais, plus enclin ? nous appeler Fran?ais d’Am?rique ou du Canada. A-t-on d?j? entendu parler d’un Br?silien portugais, d’un Mexicain espagnol (pour se distinguer d’un Azt?que, peut-?tre?) ou, encore mieux, d’un Am?ricain anglais? Pour plus de s?ret?, nous avons invent? les ?Canadiens anglais?. J’entends pourtant ceux-ci s’identifier comme ?Canadians? et, ? moins de me tromper, non pas comme ?English Canadians? et encore moins comme ?British Canadians?. Mon ?dition du Harraps Dictionary et celle de l’Encyclopedia of Canada parlent bien des ?French Canadians? (nous avons tellement insist? pour l’?tre), mais jamais des ?English Canadians?.

Malgr? mon attachement ? la France, je ne suis pas Fran?ais. Je suis un Qu?b?cois de culture et de langue fran?aise et dont les anc?tres sont ind?niablement des Canadiens.

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On aurait d? corriger le premier ministre Pierre Elliot Trudeau, car lorsque j??tais jeune, on ne chantait pas?: ??On est Canadiens ou ben on l?est pas!?? mais plut?t?: ??On est Canayen ou ben on l?est pas!??.

Comme on peut le deviner, l?auteur sait tr?s bien que ses anc?tres sont ??Canadiens??, mais il les circonscrit ? l?int?rieur du Qu?bec. La r?alit? est que les ??Canayens?? (ce sont les Canadiens dont il parle), forment une nation qui s?est install?e partout en Am?rique du nord avant m?me l?entr?e de Wolf dans le Golfe St-Laurent en 1759. On ne peut reprocher ? l?auteur de ce texte de ne pas conna?tre? l?histoire de ses anc?tres, parce que les autorit?s en place ont toujours eu un int?r?t politique ? ne pas la lui faire conna?tre. Si elle ?tait connue, les Anglais nord-am?ricains en perdraient du prestige et leur propre histoire en serait chamboul?e. Quant aux autorit?s ??canadienne-fran?aises??, elles pr?f?rent la s?curit? ??sous la jupe de la France?? face aux anglo-saxons, plut?t que l?assurance d?montr?e par leurs anc?tres face ? tout ce qui se trouvait devant eux; que ce soit l?autorit? de la France, celle de l?Angleterre, des USA ou encore cette assurance de l?amiti? et du respect des Am?rindiens, premiers propri?taires de l?Am?rique. Ceux-ci nous ont accueilli comme des fr?res et nous ont propos? de former un nouveau peuple avec eux. Ils ne l?ont offert ? personne d?autre; ni aux Fran?ais, ni aux Anglais et ni aux Am?ricain. Ils devaient bien avoir une raison pour le faire. Malheureusement nous avons oubli? cette proposition fraternelle.

C?est donc dans l’espoir de rectifier quelque peu l?histoire de l?origine de MA NATION que j?ai r?dig?, depuis plusieurs mois, tous ces articles au sujet de nos anc?tres; esp?rant ?veiller notre vraie nature et participer ? en r?tablir la fiert?. Ce dont nous pouvons ?tre le plus fier est cet inclinaison chez nous, ? respecter les diff?rences tout en gardant notre dignit?, qui nous a ?t? inculqu?e par nos fr?res am?rindiens. Cette caract?ristique devrait rassurer ceux qui viennent adopter notre nationalit? qu?ils peuvent ?galement acqu?rir fi?rement pour enrichir de leurs propres caract?ristiques cette nation incomparable.

Il faut ?tre cependant tr?s conscient qu?actuellement, le gouvernement f?d?ral est en train de faire dispara?tre cette ??renomm?e canadienne?? tir?e de l?esprit de nos anc?tres, pour nous faire conna?tre mondialement comme des d?fenseurs inconditionnels de l?imp?rialisme ?conomique occidental. Ni Louis St-Laurent, ni m?me son bras droit Lester B. Pearson prix Nobel de la Paix en 1958, n?auraient jamais fait une chose pareille. Ces deux premiers ministres du Canada auraient, dit-on, fait ?viter une guerre nucl?aire ? leur ?poque. Ce fait fut reconnu mondialement lors du prix Nobel de 1958 mais vite oubli? lorsque John F. Kennedy fit sa mise en sc?ne navale au sujet de Cuba. Kennedy ne re?u pas, cependant, le prix Nobel de la Paix.

Finalement, le point important qui ressort de tout ce que j?ai ?cris est qu?aussi longtemps que nos historiens, et m?me tous les historiens, ne prendront pas en consid?ration ??l??tat r?el des choses?? au sujet de notre histoire, ils ne pourront jamais enseigner ??l?histoire du Canada??. Ils continueront d?enseigner l?histoire des Anglais et des Fran?ais qui sont venus coloniser l?Am?rique. Ce qui n?est pas du tout la vrai histoire du Canada, ni celle des USA.

La r?alit? est qu?? l?arriv?e des ??Fran?ais?? en Am?rique du nord, un nouveau peuple qui s?appelle les ??Canayens?? est apparu dans l’histoire mondiale.. ? l?arriv?e des Anglais en 1759, les ??Fran?ais?? sont retourn?s en France et il nous est rest?, en Am?rique du Nord, des Anglais et des ??Canayens??. Lors du rapport Durham en 1838, celui-ci fait mention, au bas-canada, d?un peuple ??fran?ais?? qui doit ?tre ??assimil? ?ventuellement au peuple?anglais.

Il confirme, de cette fa?on, qu?au Canada ? cette ?poque,?il n?y avait pas?de ??Canadiens Anglais??, mais bien seulement des « Brittaniques », incluant ceux qui avaient fuit la r?volution am?ricaine, quoi qu?en dise M. Harper au sujet de la guerre de 1812. De plus, lord Durham ne connaissait pas du tout un peuple ??Canadien fran?ais??. Pour lui, ceux qui parlaient fran?ais au Canada ?taient des ??Fran?ais?? qu?il fallait assimiler. Il n’ose pas parler des « Canayens » qui, de par leur nationalisme « Canayen » et leur « patriotisme » envers le Canada, devenaient un peuple impossible ? « assimiler » pour des?Britanniques?d’Angleterre.

La vision officielle de notre histoire est compl?tement fausse et surr?aliste; et tous nos probl?mes actuels viennent de cette fausse notion qui fut d?fendue, et par les Anglais, et par les Fran?ais. Ce peuple, qualifi? ??sans histoire?? par Durham, est le peuple qui poss?de la plus belle et la plus honorable histoire depuis celle des Gaulois et des Saxons. ?videmment, en ?liminant cette histoire, on fait du peuple en question, un peuple ??sans histoire??.

C?est ? nous d?y rem?dier quoi qu?il en co?te. Personnellement, j’ai fait ce que j’ai pu et je vous remercie de m’en avoir donn? la possibilit?.

Andr? Lefebvre

 

 

 

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