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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
24 juin 2010 |
6 commentaire(s) |
vu 1 780 fois Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n’avoir pas à discuter avec la maréchaussée – Georges Brassens
Le deal était pourtant simple : tu joues le jeu et tout ira bien pour toi. Bon, d’accord, peut-être que j’ai pris un malin plaisir à tirer sur ma longe, à toujours tacler à la limite du hors jeu, à racler un peu sous la clôture… à toujours chercher la tangente qui fait qu’on n’a pas l’air de… mais soyons sérieux deux minutes, cela à toujours été dans les limites précises et bien délimitées de la digression autorisée, celle qui donne de petits frissons de rebelles à bon prix, mais qui ne file même pas de petits coups de coupe-ongles pour bébés dans le fameux contrat social.
Le contrat social… Il y a plein de gars (hé oui, la philo, c’est comme toutes les choses vaguement intéressantes, c’est avant tout une affaire d’hommes !) qui ont gentiment théorisé dessus, mais avant même d’avoir quitté la maternelle, le moindre morpion a déjà une conscience assez nette de la nature de cet accord tacite que personne ne signe et que pratiquement tout le monde respecte. En gros, ce qui motive les gens à s’arrêter au feu rouge, c’est leur adhésion intime au principe qu’il est mieux pour leur gueule de se conformer aux règles et aux usages communs que de chercher la merde en faisant n’importe quoi. Ce n’est donc pas la peur du gendarme ou de la sanction qui garantit le mieux la paix civile, c’est l’intime conviction qu’il est plus profitable de traverser dans les clous que de jouer les aventuriers.
Une société fonctionne surtout selon un principe de libre adhésion et de quelque chose qui est de l’ordre de la foi. J’accepte les contraintes inhérentes à la vie en société parce qu’en échange, la société m’offre des possibilités de vivre correctement en son sein. Même si je suis le dernier des libertaprouts individualistes, je sais, qu’en moyenne, j’ai plus intérêt à jouer collectif que franc tireur. Je donne mon temps, mes compétences et un peu de ma liberté et je reçois le prix de mes efforts, la sécurité du groupe, les moyens de ma subsistance.
Bien sûr, il y a toujours la tentation puissante d’en prendre un peu plus que sa part, mais en moyenne, les règles, les usages et les lois se construisent au fur et à mesure des pratiques et ont pour objet réel de maintenir l’équilibre entre tous les acteurs en présence, à garantir la cohabitation plus ou moins pacifiste de tous avec tous. Un fichu travail d’équilibristes, en partie voulu et pensé, en partie collectivement élaboré autour d’un modèle plus ou moins impossible à attendre, mais vers lequel tendent la plupart des pratiques individuelles et collectives.
Cependant, il arrive qu’au sein des forces en présence, c’est-à-dire entre les différents groupes plus ou moins homogènes qui composent le tissu social, il y en ait certains qui parviennent enfin à prendre le dessus contre tous les autres et à maintenir et bétonner cette position de domination. La machine sociale se met alors à ne plus satisfaire tout le monde et le maintien de la cohésion sociale demande quelque chose d’un peu plus musclé que la simple adhésion librement consentie de tous les membres de la société. C’est le moment précis où la machine devient folle et produit des inégalités qui ont ceci de remarquable qu’elles se voient comme une pustule sur le front de Marianne et qu’elles deviennent de plus en plus insupportables et inacceptables du point de vue de ceux qui sont spoliés. Et donc, plus la machine produit des inégalités et plus il devient nécessaire de mettre en place des dispositifs de plus en plus coercitifs pour maintenir une paix sociale trompeuse.
C’est un peu le point où nous en sommes. De plus en plus de gens ont du mal à satisfaire leurs besoins élémentaires pendant qu’une poignée d’autres affiche un luxe outrancier. Le contrat social a été piétiné de manière unilatérale et il convient d’agiter un gourdin de plus en plus gros pour maintenir les gueux à leur place, pour les forcer à respecter des règles qui, manifestement, n’ont plus pour objectif que de protéger ceux qui profitent du système tout en écrasant la gueule de ceux qui oseraient relever le front. Il suffit de voir quelles sont les préoccupations législatives de notre gouvernement, mais aussi de l’ensemble des gouvernements de la planète, pour comprendre que le but, c’est de criminaliser les victimes du système tout en garantissant l’impunité des profiteurs. Ce qui s’appelle donc de l’oppression.
C’est un assez mauvais calcul à moyen terme. Parce que les tensions créées par les déséquilibres grandissants et cumulés finissent toujours par exploser, violemment, sans que jamais il ne soit possible de prévoir où, quand, comment et pourquoi. Mais bon, tant que la peur réussit à maintenir de force ce que la libre adhésion consolidait en des temps plus rieurs, pour les quelques margoulins qui ont décidé de tout garder pour eux, ce sont plutôt des temps intéressants que nous vivons!
En attendant le bon gros retour de balancier, je sens juste la pression interne qui monte. La frustration intense d’avoir tant que choses à faire, à créer, et si peu de possibilités d’y parvenir. La colère d’être finalement reléguée, non pas à la marge du système, ce qui sous-tendrait l’idée intéressante qu’il est possible de vivre en dehors, mais dans son cul de basse-fosse, à devoir déployer des efforts démesurés pour juste gratter quelques miettes de survie. Dépendre sans cesse du bon vouloir des dominants, être sanctionnée immédiatement quand on n’a pas l’heur de leur plaire.
Commencer à comprendre ceux qui ont cessé de faire semblant, ceux qui sont en rupture de ban, ceux qui ont cessé d’implorer, de supplier, de quémander et qui ont décidé d’aller directement se servir.
Et quand des gens aussi convaincus que moi de la supériorité de la société sur la jungle en viennent à penser que notre contrat social ne vaut même pas le papier cul sur lequel il aurait pu être imprimé, c’est que, finalement, l’heure de la délivrance n’est peut-être plus très loin.
Monolecte
Ce texte a d’abord été publié par Monolecte sous le titre « Rage against the machine »
Très bon texte. Plaisant à lire
«Et quand des gens aussi convaincus que moi de la supériorité de la société sur la jungle en viennent à penser que notre contrat social ne vaut même pas le papier cul sur lequel il aurait pu être imprimé, c’est que, finalement, l’heure de la délivrance n’est peut-être plus très loin.»
Je ne suis pas si certain que cela. Cette heure de délivrance devra attendre que nous atteignions une quelconque paralysie socio-économique. (Celle-ci n’est pas très loin…)
Suite à celle-ci s’offrira deux options: un monde plus libre ou un monde avec un gouvernement totalitaire.
L’histoire nous démontre que suite à l’échec du système en place, c’est plus souvent qu’autrement un monde encore moins libre qui est essayé en premier.
La délivrance ? Le chemin est loin d’être tracé.
01:36, le Jeudi 24 juin 2010Beau texte, mais y a-t-il un rapport a la photo, sauf qu’elle soit aussi très belle ? Où a-t-elle été prise ?
10:54, le Lundi 28 juin 2010À MONIQUE B:
La photo est du Vercors. Haut lien de la résistance française aux Nazis. l’allusion est claire à ceux qui ont dit merde, au lieu de marcher dans les clous posés par l’Occupant…
Il y a aussi des messages, dont chacun prendra ceux qu’il veut, sur les stratégies à suivre quand on s’insurge contre une force supérieure… et qu’on a des « amis » qui veulent vous instrumenter.
Votre éditeur
12:28, le Lundi 28 juin 2010Un texte qui porte à réfléchir encore plus sur les moyens à prendre, contrairement aux Libertaprouts qui se contentent de le trouver plaisant à lire et d’effaçer du revert de la plume toute la profondeur du malaise mondial social.
Le papier cul s’utilise après la délivrance, suite à la constipation bourgoise.
Le gouvernement totalitaire et libertarien espéré par les nouvelles factions à la mode désirant un monde plus libre d’exploiter les autres sans payer redevance sociale, devra faire face à la guillotine populaire. Cette dernière s’opèrera en premier lieu envers les quignols égoistes qui protègent et défendent idéologiquement ce Sytème. Une révolution inversée, où les nouveaux Marat réclameront chacun 100,000 têtes de collaborateurs avant même celle de leur gouvernance. Ce qui surprendra.
- C’est une menace?
- Une promesse.
Aujourd’hui, RIEN. (journal personnel de Louis XVI, le 14 juillet 1789)
Créer c’est résister, résister c’est créer!
Appel du Conseil National de la Résistance : Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Georges Séguy, Maurice Voutey.
14:07, le Lundi 28 juin 2010Cher M. Gélinas,
Si vous ne voulez pas me parler parce que vous me considérer si bas, soit, je respecte cela.
Mais au moins abstenez-vous alors de commenter sur ce que j’écris.
Présentement, vous avez l’air d’un enfant qui crie des bêtises de loin parce qu’il se sait hors de porté.
ref: «Un texte qui porte à réfléchir encore plus sur les moyens à prendre, contrairement aux Libertaprouts qui se contentent de le trouver plaisant à lire et d’effaçer du revert de la plume toute la profondeur du malaise mondial social.»
23:42, le Mardi 29 juin 2010@François J
Vous déformer mes propos, et ceux des personnes qui ont la patience d’apporter des arguments à vos commentaires.
J’ai déclaré que je ne répond pas aux anonymes ici sur ce journal. C’est mon droit et mon choix. Alors je ne vous considère aucunement si bas, ni même bas. Vous avez la persévérence et le courage d’émettre vos opinions. Celles-ci sont visées et non votre personne. Libertapout est le nom que Monolecte a donné dans ce billet à la faction qui représente les idées que vous véhiculez et non vous même.
Le temps des joutes intellectuelles est terminé. Malheureusement vous êtes en retard de 4 ou 5 ans sur le net, (les informations sont encore disponible pour le moment « L’Internet kill switch » vient tout juste de passer au Sénat américain et va de l’avant) et l’heure est maintenant à choisir son camp.
Regardez les évènements mondiaux actuels et je suis certains que vous comprenez l’urgence de bien choisir entre traverser les clous … ou merde. Tel est le propos de ce billet.
Je ne me cache pas, vous avez mon nom, ma photo récente et même un apperçu de mon parcours proffessionel ailleur dans d’autres commentaires publiés ici et là.
02:37, le Mercredi 30 juin 2010Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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