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« Tintin au Congo » et l’homme Africain entra dans l’histoire

Et si Hergé, sans le faire exprès, avait participé à l’entrée dans l’histoire de l’homme Africain. N’en déplaise au fils d’un émigré Hongrois. Alors que le CRAN intervenait le 8 décembre pour imposer un bandeau d’avertissement dans l’album de « Tintin au Congo », considéré comme toxique et raciste.

S’il n’est jamais inutile de rappeler l’histoire de la colonisation, entre autres celle du Congo belge et des « mains coupées » de Léopold II, ni de dénoncer l’esclavage et la marchandisation de l’humain traité pire qu’une bête. S’il est sain de combattre le racisme, il n’est pas nécessaire cependant de le signaler s’il n’était sur le fond qu’un reflet naïf de la société très éloigné de la réalité. Hergé, pour éviter la polémique, modifia toutefois son oeuvre ainsi que d’autres en 1946. Il est peut-être également temps que le Conseil Représentatif des Associations Noires, change son logiciel. Et s’il faut absolument un bandeau d’avertissement pour les lecteurs de 7 à 77 ans et plus, alors pourquoi pas, comme le disait l’auteur des aventures de Tintin, se contenter de signaler que l’album est une bande dessinée destinée à la jeunesse qu’il faut situer dans son contexte historique.

Ci-dessous et dans un but d’apaisement, une des modifications de Hergé.

 

Je reviendrai sur la tentative d’interdiction de « Tintin au Congo » dans la patrie d’origine du petit reporter. Plus intéressante est l’histoire de la naissance du deuxième ouvrage de Hergé, le premier étant « Tintin au pays des Soviets » (1930). Et c’est là que Tintin et son créateur, ainsi que le quotidien Le Vingtième Siècle et son supplément Le Petit Vingtième où apparaît notre héros en culotte courte, deviendra un outil politique ; ce qui n’est pas très nouveau pour un média me direz-vous. Par contre qu’un prêtre journaliste dirige la publication, l’est moins.

En effet à cette époque, le Congo n’attirait guère les jeunes Belges, sauf les missionnaires, or le pays avait un urgent besoin « d’ingénieurs des ponts et chaussées, ingénieurs civils, géologues, ingénieurs des mines, médecins, instituteurs, architectes, machinistes » ect. Le ministère belge des colonies avait donc demandé à l’abbé Wallez de l’aider à promouvoir les carrières coloniales avec l’aide de son journal.

C’est ainsi que Tintin se retrouva en Afrique, alors qu’il était prévu qu’il découvre l’Amérique. Car « Après la critique du système bolchévique, il s’agissait de montrer les travers du capitalisme à l’américaine. » Eh oui, comme tout bon journaliste qui se respecte, Tintin faisait aussi de la politique selon le site tintin.com.

Déjà en 2007, un résidant Congolais nommé Bienvenu Mbutu, tenta inutilement de faire interdire la publication de l’album sulfureux. Il y voyait une image « dégradante » et « offensante » de l’homme noir. Le Bien connu, ou mal connu, c’est selon, Me Gilbert Collard, reprit le flambeau de la révolte antiraciste en 2009 et essaya d’effacer devant les tribunaux les noirs desseins xénophobes cachés derrière les dessins d’Hergé. Les juges haddock ; eux-mêmes jeunes lecteurs assidus dans le passé, étouffèrent sa flamme vengeresse sans crier Gard.

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