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Emploi d'armes chimiques en Syrie

Texte paru en 2014 : A l’origine des attaques au gaz en Syrie… la guerre Iran-Irak (b)

Voici donc le second épisode, celui qui est désormais introuvable dans les archives de Cent Papiers, plusieurs fichiers ayant été abîmés lors du transfert de site… Une question taraudait tout le monde à l’époque, depuis que les vidéos sur les armes « nouvelles », ou surprenantes, vues en Syrie, étaient apparues : celle de la provenance exacte des missiles contenant du gaz sarin ou aux effets thermobariques. Serait-elle indigènes, les engins étant fabriqués ou bricolés sur place par l’armée syrienne, ou importés d’Iran ou d’autres officines ? Plusieurs phénomènes laissent penser que la seconde solution est possible, par le seul fait de l’Histoire (la rusticité de ses engins les rendant facilement copiables à l’infini sous des tas de variantes, seuls les plus petits, ceux vus emmagasinés et livrés dans leurs boîtes de bois siglées, auraient été en ce cas importés). Car on semble l’avoir beaucoup oublié, mais le principe du « volcano » le surnom donné à ces lourdes roquettes à faible portée tirées comme des mortiers, ne date pas d’aujourd’hui. Et mieux encore : leur inventeur n’est ni iranien… ni russe. Vous allez voir, ce qui est surprenant en effet, et cette découverte expliquerait beaucoup de choses sur la Syrie, dont l’extrême prudence des américains à mettre le nez dans le bourbier syrien. Car ces engins, il les connaissent en fait très bien !

Iran-IL76-2b806Mais avant cela, revenons plutôt en arrière, à la fin notamment d’une guerre méconnue qui avait fait revivre les tranchées de Verdun et les attaques aux gaz à deux bélligérants emportés dans un conflit sans fin : l’Irak et l’Iran. Les deux pays, après des années de guerre, sont exsangues financièrement : le « Consortium européen de la poudre noire » (1) qui s’est tellement moqué d’eux, leur a vendu à profusion de quoi s’exterminer sans avoir recours aux armes ultimes. Le conflit durant, Saddam Hussein, notamment, a été fort tenté de réduire le temps de guerre par des moyens plus expéditifs, grâce aux stocks incensés de gaz moutarde que lui avaient aussi vendu les européens, dont notamment les anglais (et les allemands, pour le gaz moutarde). Dans les marais de Bassorah, on a donc rejoué un Verdun noyé sous des mètres d’eau. Des milliers d’hommes sont morts gazés. Et comme les troupes de Saddam ne semblaient pas bien maîtriser leurs obus (la première attaque a tué plus d’irakiens que d’iraniens, à cause… du vent !), d’aucuns sont venus discrètement les aider…

30-iran-sur-le-front-de-la-guerre-avec-lirak-bassorah_-1984-1417fEt ces bons samaritains qui aident aussi Saddam, mais un peu moins que les iraniens, s’appellaient les USA : « quant aux Etats-Unis, ils sont officiellement pro-irakiens et leur versent 187,2 millions d’euros. Mais, en réalité, ils livrent des équipements militaires au régime iranien honni, d’une valeur de 486,7 millions d’euros. Cette assistance a laissé un nom dans l’histoire : « l’Irangate » rappelle le Monde à l’occasion de la sortie d’un bouquin indispensable. Au bout de huit années de guerre, on en est arrivé à des adjuvants : les canons sont trop chers ou fatigués, les obus devenus trop chers également pour envoyer les gaz sur l’adversaire, et en plus, comme on l’a vu, les Irakiens ne savent pas trop bien comment faire pour les envoyer : heureusement, il y a… la CIA. Une CIA qui va prêter assistance aux irakiens, dans plusieurs domaines ; dont les ressources photographiques de leurs satellites « Keyhole », ou les vues prises par leurs SR-71, pour indiquer les concentrations de troupes iraniennes, mais aussi une aide météo, indispensable lors de la dissémination de gaz asphyxiants… et aussi une aide technologique… Et ça on ne l’a appris que récemment ! « « Les Irakiens ne nous ont jamais dit qu’ils comptaient utiliser des gaz neurotoxiques. Ils n’en avaient pas besoin. Nous le savions déjà », a confié à Foreign Policy le colonel retraité Rick Francona, spécialiste du Moyen-Orient pour les renseignements américains. » Les Etats-Unis ont ainsi fourni des informations sur les mouvements des troupes iraniennes nécessaires aux frappes, sans ignorer que l’Irak possédait un tel arsenal et avait toutes les chances de l’utiliser, révèle Foreign Policy.. Pour empêcher la chute de Bassorah, qui aurait été catastrophique, la CIA va donc aider les irakiens à gazer les iraniens !!! En sachant que les attaques seraient des attaques variant la nature des gaz, les irakiens variant les plaisirs, en testant aussi bien le gaz moutarde ou la maladie du charbon, que l’anthrax, le sarin ou le VX, ce terrible gaz bloquant le système nerveux (que les américains connaissaient bien pour l’avoir testé et utilisé au Viet-Nam !). Chez eux, c’était la bombe BLU-80/B Bigeye qui se chargeait d’en disséminer 80 kilos…

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saddam_wmd_UN-6c091Les américains, on le sait, sous G.W.Bush avaient accusé Saddam Hussein de posséder des armes interdites : ils le savaient très bien, en fait, car il lui en avaient fourni en masse, dont voici le répertoire et les dates de livraison :

-Le Département du Commerce des États-Unis accorde 70 licences d’exportations biologiques à l’Irak , entre mai 1985 et 1989 , dont au moins 21 lots de souches mortelles de la maladie du charbon.

Sadam Hussein meets Donald Rumsfeld in 1983.
Sadam Hussein meets Donald Rumsfeld in 1983.

– Mai 1986. le Département du Commerce des États-Unis approuve l’expédition de poison botulique de qualité militaire pour l’Irak (à droite, la rencontre Rumsfeld-Hussein de 1979)

– Avril 1988 . Le Département du Commerce des États-Unis approuve l’expédition des produits chimiques utilisés à la fabrication de gaz moutarde .
– Septembre 1988. Le Département du Commerce des États-Unis approuve l’expédition d’anthrax de qualité militaire et de germes botuliques en Irak .
guerre_irak-iran-d3c3eun vaste programme, donc qui s’est nettement renforcé en 1988. Mais il n’y a pas eu que la fourniture du matériel, nous disent les archives aujourd’hui consultables. « Et ce qui était encore plus surprenant, c’est les troupes d’élite de Saddam Hussein ont reçu l’instruction de cette guerre non conventionnelle à Fort Bragg en Caroline du Nord, au États-Unis. » L’idée était que, dans le cas d’ une victoire iranienne, les soldats irakiens seraient en mesure de mener une lutte de guérilla contre les forces d’occupation iranienne. » Le 25 mai 1994, la commission bancaire du Sénat américain a publié un rapport dans lequel il est dit que des virus » pathogènes » (qui signifie « production de maladie) , »toxicogènes » (qui signifie  » toxique ») , et d’autres matériaux de recherche biologique ont été exportés vers l’Iraq , conformément à la demande et l’octroi de licences par le Ministère du Commerce  » qui a aussi ajouté : « Ces matériaux biologiques exportés n’ont pas été atténués ou affaiblis et étaient capables de se reproduire « . Le rapport détaille ensuite 70 livraisons (y compris celui de « Bacillus anthracis ») des États-Unis aux agences du gouvernement irakien sur trois ans et conclut « Il a appris plus tard que ces micro-organismes exportés par les États-Unis étaient identiques à ceux que les inspecteurs de l’ONU ont trouvé et récupéré en Irak dans son programme de guerre biologique ». On sait donc ce qu’avait trouvé David Kelly et pourquoi il a disparu « suicidé !!! Habile, Saddam avait transféré ses armes-là ailleurs, après sa défaite de la première guerre du Golfe que Bush père n’avait pas voulu terminer en marchant jusque Bagdad kurdes-3a759(de peur d’y découvir ses propres armes de destruction massives, offertes à un dictateur pour s’en prendre à l’Iran, qui était devenu un excellent client pour les armes, pourtant. Certains ont évoqué un détour particulier pour cet arsenal trouble, qui aurait mené… en Syrie !!! Un arsenal que Saddam n’hésitera pas à utiliser à plusieurs reprises. A Halabja, ville de 60 000 inhabitants du Kurdistan, à la frontière de l’Iran, le 15 mars 1988, la ville tombée aux mains des Peshmerga du Jalal Talabani’s Patriotic Union of Kurdistan, aidé par les iraniens, est en effet gazée en représailles par ce qui reste de l’aviation irakienne d’attaque au sol ; en réalité des Pilatus d’entraînement fraichement rachetés… à la France ! Comment donc Saddam Hussein aurait pu faire, en ce cas, pour s’en prendre à l’armée iranienne munie de DCA, enfoncée dans le territoire jusque Bassorah ? Pas avec son aviation en déconfiture en tout cas !!!

gas_attack-31f6eCar les attaques vont être massives et répétées. « En 1988, quatre attaques chimiques irakiennes ont été menées contre les Iraniens. Des assauts décisifs, qui causèrent des milliers de morts au sein des troupes ennemies. La dernière des quatre attaques menées par Saddam Hussein, en avril 1988, a déployé dans les airs la plus grande quantité de sarin jamais utilisé par les Irakiens. » Pendant un quart de siècle, aucune attaque chimique n’a égalé l’ampleur des assauts illégaux de Saddam Hussein« , souligne Foreign Policy : des attaques où l’aviation irakienne déjà mal en point, a assez peu participé. Comment Saddam a-t-il alors procédé ? C’est simple, comme un coup de main de la CIA, pourrait-on dire. Une CIA qui avait des armes nouvelles à sa disposition, qui pouvaient très bien faire l’affaire en Irak. Au Viet-nam, dans les années 70, les USA avaient commencé à larguer des bombes d’un nouveau genre : des « fuel-air explosives » (FAE), à savoir des bombes qui larguaient un gaz, qui en s’enflammant, après être rentré par tous les interstices , détruisait tout sur leur passage. La bombe était simple à fabriquer  ; c’était un cylindre contenant un liquide avec au milieu un détonateur classique à poudre actionné par un contact à l’impact . Bien entendu, des essais avaient été faits par la CIA pour que le nuage de gaz que l’engin dispersait puisse contenir autre chose : des germes, par exemple, ou des gaz neurotoxiques. basra-68ee4 Selon l’enquêteur David Kelly (on se doute pourquoi il est mort),  » l’Irak avait acheté 8 souches d’anthrax aux États-Unis en 1985 Kelly. obus_iraq-7dbfbL’armée irakienne avait choisi l’American Type Culture Collection souche N°14578 comme souche exclusive pour l’utilliser omme arme biologique. » Le premier modèle du genre de bombe à enflammer l’air, avait été utlilisé pendant la guerre du Viet-Nam, sous la forme d’un long cylindre accroché sous l’aile d’un avion Skyraider (avec de l’autre côté un réservoir pour faire contrepoids, voir photo ci-dessous), dont le gaz enflammable n’était autre que du propane. C’est la BLU-72 (2) ici en version plus récente). Ici également la démonstration de son évolution BLU-96, avec la répartition du nuage, puis son embrasement et ensuite la surpression créée qui ici volatilise le bâtiment... Très impressionnant ! Des tests avaient aussi était menés à Hurlburt Field, en Floride. La bombe à propane y était appelée « Pave Pat ». Le nom de « Pave Paté étant aussi donné à la charge cylindrique des BLU-73 décrites comme étant celles des roquettes « Zuni » du système SLUFAE.

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armes-7-ee32aEn fait, personne n’avait alors envie (chez les vendeurs d’armes) que cette guerre rémunératrice pour eux se termine. Et Saddam Hussein étant aors en difficultés au milieu des années 80, les USA avaient alors décidé de l’aider à décimer un peu plus les rangs adverses, histoire de rétablir l’équilibre, sans doute. Et de faire perdurer le massacre des deux cotés ! Et le seul moyen, selon la CIA, de faire face à des troupes fanatisées qui attaquaient en masse en kamikaze était d’avoir recours à une arme de destruction massive connue : les gaz. Les tranchées déjà présente des deux côtés on allait attaquer au gaz moutarde dans un sinistre revival des grandes attaques de 1915 sur la Marne ou celle de la bataille de Loos.« Trois phrases, trois phrases terribles. Guy Chevallier, Français, dirigeant de la SNPE, secrétaire général du Cartel des poudres, à Mats Lundberg, le 4 février 1984 : « Les commandes en RDX sont complètes pour 1983 et il y a des commandes pour 1984. Mais il y a des risques politiques, c’est-à-dire que la guerre se termine. » Manfred Leder, responsable du secteur Iran chez Fritz Werner : « Espérons qu’ils ne vont pas arrêter la guerre. » Henry Kissinger : « Il serait vraiment dommage que l’un des deux pays perde la guerre. » Il faut s’y faire : la guerre Iran-Irak continue parce que tel est le bon vouloir des marchands de canons. Faute d’armes, de munitions, d’explosifs, le combat ne finirait-il pas par cesser ? C’est entendu : la paix ne fait pas l’affaire des industries d’armement occidentales. Il faut écouler, vendre, et donc tuer. En ces temps de réalisme, même les gouvernements socialistes les plus hostiles aux ventes d’armes en sont venus à composer : la France et le Portugal socialistes ont vendu, fourni ; négocié sans grands états d’âmes ». Tout le monde y a participé (3), notent plutôt amers Walter de Bock et Jean-Charles Deniau dans leur livre fondamental. En France, l’affaire Luchaire (4) sera un des éléments révélateurs de ce scandale. Ci-dessous l’un des Pilatus de Saddam Hussein, présenté comme avion d’entraînement (ici un modèle le patrouille ECCO)... sur ce cliché, on en découvre cachés derrière un petit Bravo AS2002, dans un hangar arborant un portrait du dictateur.

SVENDBORGSUND-70ff1-4d9c7Toute le monde avait (lâchement ?) profité de l’affaire du siècle, vous avais-je raconté en janvier 2012 : « L’étonnant, c’est qu’il a plus de 23 ans maintenant, un livre sorti en 1988 nous expliquait tout : rien n’a changé depuis : les armateurs, les circuits, les pavillons opaques de complaisance, le système dilué par actionnariat des propriétaires véritables des navires, qui rendent les enquêtes et la justice impossibles, bloquées par l’inextricabilité dans le domaine du Droit entre pays de lois internes différentes : le système Viktor Bout, mais appliqué à de petits cargos : »Trente-quatre petites sociétés danoises sont propriétaires des quarante navires en question, en général des petits coasters de faible capacité, mille tonnes maximum, agréés IMO, une norme des Nations unies pour le transport des marchandises à haut risque. Les sociétés spécialisées qui louent les navires sont pour la plupart domiciliées dans des paradis fiscaux antillais. Le plus bel exemple est celui de la Sandy Beach Shipping, une entreprise dont le siège officiel se trouve aux îles Turk et Caicos, un archipel au sud-est des Bahamas. Les actionnaires de ces sociétés propriétaires sont curieusement des médecins, des avocats, des industriels, qui placent leur argent dans ce secteur du transport maritime, car, à ce titre, ils bénéficient au Danemark de réductions d’impôts. Même les étapes du transport étaient déjà connues et balisées par nos deux auteurs : « les ports européens spécialisés dans le chargement des armes et des munitions ne sont pas très nombreux. Hambourg (RFA), Zeebrugge (Belgique), Cherbourg (France), Talamone (Italie), Santander (Espagne), Las Palmas (Canaries) et Setûbal (Portugal). Les marins danois de ces navires y ont vu charger des pièces de canons, des obus de 105 et 155 mm, des missiles, des armes individuelles et des explosifs. La plupart ont assisté au débarquement des marchandises par les militaires iraniens ». Tout le monde s’était goinfré sur le malheur de deux nations qui se faisaient une guerre atroce ; comme l’avait expliqué en détail Pierre Abramovici dans son artidle « Les combines des marchands de canon », (l’Officiel Hommes septembre 1988, voir ici*****). Une guerre sans fin, où on avait fini par ressortir les armes ultimes du début du siècle : les gaz asphyxiants.

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Image_55-861fa-e1a12Aux Etats-Unis, les militaires irakiens avaient été effectivement « invités » à des démonstrations de la manière de répandre des gaz ou des bacilles à Fort Bragg et avaient même assisté à une démonstration en plein désert : « il existait bien ce camion, mais il n’avait rien d’Irakien. Un très étonnant rapport signé Charles A.Primermann, du Lincoln Laboratory, en date du 1er novembre 2000, visible icile décrivait en effet avec dans le détail le matériel nécessaire pour disséminer des bactéries … On y distinguait dans ce rapport alarmiste un superbe « bacteria disssemination truck », un superbe camion… Ford de 1992 qui n’avait donc rien d’Irakien. Les tests avaient été menés dès 1997 à Dugway Proving Grounds, dans l’Utah près de Salt Lake City. L’endroit de tous les tests biochimiques US depuis fort longtemps :1941, date de la création en urgence de la base. Il aurait pu aussi quand même être irakien, remarquez ce camion après tout : un document effarant sorti en janvier 2003 annonçait que de 1957 à 1967, 19 officiers irakiens avaient été entraînés à la guerre bactériologique sur le territoire même des Etats-Unis ! L’Irak à l’époque s’entendait parfaitement avec les USA, qui ont donc clamé au début de l’invasion que Saddam Hussein devait avoir des armes chimiques car c’étaient…. les leurs  ! » avais-je écrit ici en 2009 déjà (comme quoi les intuitions ça existe aussi).

 

tour-4-fce9c D’autres aussi les avaient aidés : ceux qui sont les plus silencieux, en ce moment, sur la Syrie, quel drôle de hasard. Les allemands, cités ici dans le rapport au vitriol du MERIP. « L’Allemagne a été également la source de la provenance de 200 milligrammes de mycotoxines T- 2 et HT- 2 vendues à l’Irak en 1986. Par l’usine « Pilot », une société basée dans la ville ouest-allemande de Dreieich qui construit six usines chimiques en Irak, y compris à Samarra, qui possédaient tous des armes chimiques ou potentiellement capables de produire des produits chimiques précurseurs. Au moins une de celles-ci, a été construite à partir de 1981 ; et a été décrite comme une usine de gaz toxique. La société H + H Metalform de Drensteinfurt a aidé l’Irak à accéder à la technologie nucléaire et à son développement de missiles et de leur production. reservoirs-f5d25En 1987, cette même société a offert de vendre des réservoirs spéciaux en Irak qui auraient pu être utilisés pour déposer les armes chimiques à partir d’avions (…) Un bon exemple est Saad 16, le complexe militaire de l’Irak, près de Mossoul. Ce complexe, officiellement rattaché à l’Université de Mossoul, comprenait des installations de développement de missiles et d’armes chimiques, des installations d’essai pour un  » supercanon », un laboratoire d’ électronique, mustard-882e0des souffleries et des centres de tir souterrains. L’entrepreneur principal était la société ouest-allemande Gildemeister Projecta de Bielefel, tandis que le principal fournisseur de technologie était Messerschmitt -Bölkow- Blohm ( MBB ) de Ottobrunn / Munich. MBB est un fabricant clé de haute technologie, et d’armes allemandes et un entrepreneur du Département américain de la Défense, parmi beaucoup d’autres. MBB est maintenant détenu par Daimler-Benz. (le Koweït possède 14% de Daimler -Benz.) ». Aux dernières nouvelles, l’Allemagne s’est proposée pour… récupérer les stocks de gaz syriens, encore un hasard, sans doute. En photo, un des inspecteurs de l’ONU de 1998 en train de traiter une roquette de 122 m susceptible de contenir du sarin.

 

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Projomark-f94d9 Mais le manque d’avions de bombardement (l’Irak a des Tu-22 Blinder qui se font rattraper trop facilement par les Phantoms ou Tomcat iraniens) oblige à trouver une autre solution. Les américains songent à leur roquette M55 de 115-mm qui peut contenir du VX ou du sarin (chacune en contenant 5 kilos), où aux roquettes classiques de type GRAD, dont les israéliens ont fait aussi grand usage près leur capture en masse en 1967 (des BM-24-12 sur camions ZIL-151. Mais le produit n’est pas au point : peu de temps après la mise en production, l’aluminium de l’enveloppe de leurs roquettes a commencé à fuir. Pour les plus gros envois, les USA ont déjà testé leur roquette géante Honest John, dont la tête est remplie de sphères elles-mêmes remplies chacune de sarin : évidemment pas le genre d’engin à déplacer discrètement et son utlisation serait vite la preuve d’une ingérence américaine. Reste l’obus spécialisé de 90 kilos, le M426 de 203mm, devenu le M121A1, dont la charge peut être du gaz asphyxiant. Il est tiré d’un canon de type Howitzer classique dont l’Irak s’est doté en masse (via ses clones russes dont les pièces d’entretie sont acheminées par… les américains). WhiteRiver1-08c0eMais là, ce sont les quantités nécessaires et le sol spongieux visé (des marais) qui repoussent le choix de l’arme par la CIA. On pense alors à des roquettes, toutes issues de la fameuse PR-3 anglaise qui avait équipé les Typhoons ou les Mosquitos à la fin de la guerre. L’engin avait été utilisé intensivement en aviation en 1945 mais avait vu aussi deux déclinaisons intéressantes : une côté US sur char Sherman, devenu ‘Tulip« , les américains les ayant adoptées également dans la Navy pour leurs navires d’assaut de plages avec des dzaines de roquettes en batteries comme ici sur le White River (ici son chargement en roquettes). skyhwk_FAE-f0535-1L’armée anglaise déclinera l’engin elle aussi en en faisant un bidule remorqué appelé Land Mattress et testera même un fagot de 3 reliés ensemble devenu ensuite « ad monitor » avec 7 tuyères enserrées dans un gros tube pouvant enporter 113, 4 kilos d’explosifs au lieu de 27 sur une PR-3 de 76,2 mm, devenue classiquedite de 60 livres (ici à droite). Les américains développant en fin de guerre la Tiny Tim, inventée par CalTech, roquette plus imposante testée à China Lake. Le musée de China Lake résumant les engins testés. China Lake testera intensivement les roquettes FAE à la fin des années 60, sur Skyhawk comme sur hélicoptères Huey (c’est l’usage au Viet-Nam qui prime), combinant les essais avec une bombe cluster, la CBU-10(qui deviendra la Mk-20 Rockeye II. Ici en photo une Blu-73 accrochée à un Bell Iroquois.

 

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suflae_char-7009fLa CIA songe alors pour résoudre son problème irakien à un engin beaucoup plus… discret, dont la technologie simplissime est proche de la traditionnelle roquette de 1945. Il a été inventé une dizaine d’années auparavant : c’est le SLUFAE (pour « Surface-Launched Unit, Fuel-Air »), en réalité, un lance-roquettes à faible portée, mais à bas prix. Son but initial était de vouloir supprimer les mines par la pression exercée sur elles par l’explosion d’un nuage d’éthylène enflammé subitement. C’est en fait l’adaptation de la bonne vieille roquette « Zuni » de 127 mm, non guidée, issue de la FFAR de 3, 5 pouces, ou de 5 pouces (ici préparée pour attaquer Okinawaau tir totalement imprécis mais envoyé par rafales pour saturer une zone, la descendante directe de 5 pouces de la roquette anglaise de 3 pouces, la fameuse PR-3 des « Typhoons » ou des « Beaufighters », avion qui a lui seul pouvait couler un cuirassé. L’engin a été testé dans les années 70, mais son faible rayon d’action l’a fait rejeter des registres officiels de l’armée : voilà qui en fait une recrue de taille pour une opération clandestine de la CIA. nebelwerfer-7fa1dSa portée méliorée, elle devient en effet le sujet idéal pour des attaques au gaz visant de larges zones. Sa roquette XM130 de type SLUFAE est plutôt rustique : c’est une sorte de tonneau fixé au bout d’une roquette de type Zuni, qui présente une queue stabilisatrice circulaire. Le bidon à l’extrémité comme les ailettes arrière font 345 mm, l’engin fait 2,38 m long, et ne pèse que 45 kg. L’ensemble fixé sur un véhicule blindé ressemble fort au Nebelwerfer allemand de 158 mm (le Nebelwerfer 41 étant fort proche des lance-roquettes actuels, une version ayant été montée sur un halftrack blindé Maultier ici sa roquette). Le problème, c’est quand on compare cette invention… aux engins découverts récemment en Syrie ; il y aurait comme qui dirait un air prononcé de famille entre les deux :

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En vidéo, c’est encore plus flagrant : c’est bien le même principe… au parachute final près. Pour ce qui est du modèle, pas de problème : son brevet a été déposé, le 18 juin 1981 (« Minefield clearing device », EP 0360234 A1). En voici quelques images saisissantes :

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Il n’y a plus avec ça qu’a attaquer Bachar el-Assad pour violation de brevet US, car tout y est, dans sa… copie !

 

slufae_large-54156Une étude menée par un spécialiste, Richard M. Lloyd Warhead Technology Tesla Laboratory Inc ; en fait depuis longtemps un consultant de l’armée américaine n’a donc eu aucun mal a retrouver chez les engins écrasés en Syrie les caractéristiques d’une invention américaine d’il y a plus de 30 ans. Ses conclusions sur sa comosition ou ses effets, surtout, sont à relire :

 

rbk-250-4bc23-Les charges utiles de fusées contiennent des ports de remplissage chimiques que l’on trouve sur les armes chimiques et non sur les armes explosives à forte déflagration.. 

– Des animaux morts ont trouvé jusqu’à 50 mètres de la fusée. 

– Du Phosphore blanc (WP) ou de chlore auraient pu être utilisés dans ces armes.

 – Les charges explosives et chimiques élevées semblent être interchangeables avec des modifications mineures (comme sur les RBK-250 Agit, russes, qui passent des sous-munitions au FAE ou à l’explosif classique sans problème….(voir ici à droite, elle a aussi été larguée à Alep). Ici encore la configuration en cluster. Et ici les engins retrouvés en Syrie.

thermobaric_effect-ea959– Les dommages au sol de la fusée sont minimes et ne correspondent pas à une arme qui aurait fait exploser des centaines de kilos d’explosifs. 

-Les petits cratères sur le terrain ne correspondent pas à de grosses charges utiles d’explosifs. 

-La rouille a été trouvé sur un des ogives qui signifie qu’elle est en acier tandis que les armes chimiques pures sont généralement en aluminium. 

Des sous-munitions chimiques ou des sous-munitions explosives pourraient être déployées à partir de ce type d’arme, mais les orifices de remplissage ne ​​seraient pas utilisés.

L’auteur n’oubliant pas de brouiller les pistes, ou plutôt de ne pas rappeler le modèle déposé jadis, en glissant subrepticement dans son texte une phrase sybilline : « les roquettes syriennes sont propres à la Syrie et inconnues dans le monde »… alors que son titre d’ingénieur au Tesla Laboratory comme spécialiste des armes de guerre ne peut lui laisser ignorer l’existence du brevet de 1981… SLU_Rocketeer-91bedl’heure est venue de charger Assad, aux Etats-Unis, mais pas encore de rappeler les turpitudes d’un Donlad Rumsfeld ou d’un Robert Gates…. on comprend soudain beaucoup mieux maintenant les réticences américaines à s’intéresser de plus près à ce que lancent depuis des mois l’armée syrienne !!! Le SUFLAE avait été effectivement testé secrètement sur la base de China Lake, comme le montre ce cliché rarissime de sa présentation le 21 juillet 1978 à A. J. Whittle, Jr., (au centre) donné par le responsable du projet, Larry Josephson. A cet endroit on avait testé les roquettes classiquescomme les plus grosses roquettes de 11,75 pouces (les Tiny Tim) ou HVAR (High Velocity Aircraft Rocket, ou HVAR, ayant comme surnom « Holy Moses« ) Une roquette FAE avait été envoyée contre un navire cible, l’USS McNulty.

William-J-Casey-ex-CIA-DIR--55ce5Car il y a bien mieux encore. C’est en effet l’implication directe dans l’affaire irakienne de Robert Gates, qui reprendra pourtant du service chez Obama comme on l’a vu, en passant de la Défense… à la CIA. Dans un terrible témoignage du 3 janvier 1005 sur l’Iran-Gate signé du responsable du (National Security Council ou NSC (qui est une organisation administrative dépendante directement du président des États-Unis) Howard Teicher on a l’aveu de fournitures de matériels de ce genre à l’Irak de Saddam Hussein : « j’ai personnellement assisté à des réunions où W. Casey ; le directeur de la CIA (ici à gauche avec Reagan dont il a dirigé la campagne au cours de l’élection présidentielle de 1980) ou son Directeur adjoint R.Gates ont souligné la nécessité pour l’Irak d’avoir certaines armes telles que les bombes à fragmentation et de pénétration anti-blindage afin de conjurer les attaques iraniennes. Quand j’ai rejoint l’équipe de la NSC au début de 1982, le directeur de la CIA, W.Casey a insisté pour que les bombes à fragmentation soient un parfait « multiplicateur de force » qui permettrait aux Irakiens de se défendre contre les « vagues humaines » des attaquants iraniens. J’ai enregistré ces observations au procès-verbal de la sécurité nationale lors des réunions du Groupe de planification (« NSPG ») dans lequel Casey ou Gates ont participé. La CIA, y compris à la fois directeur de la CIA Casey et son directeur adjoint Gates, connaissaient, ont approuvé, et ont aidé à la vente d’armes et des munitions et des véhicules non américaines à l’Irak. Mes notes, mes mémorandums et d’autres documents dans mes fichiers de la NSC montrent ou tendent à montrer que la CIA savait et a approuvé, et a contribué à la vente de d’armes, de munitions et de véhicules étrangers aux USA à l’Irak. » Parmi les étranges circuits fabriqués par les USA pour masquer leur aide militaire aux deux bélligérants, celui de… l’Allemagne selon le MERIP, qui aurait joué un rôle fondamental entre l’Egypte et l’Irak : « MBB également aidé à élaborer un nouveau et extrêmement puissant système d’armes de l’Egypte, le carburant aérien explosif (FAE). Officiellement MBB s’est retiré du projet en 1988, mais l’Egypte a offert sa technologie dans son intégralité à Bagdad. Irak pourrait être le premier pays du tiers monde à posséder une bombe FAE, alors que la Chine, Israël, les États-Unis, l’Union soviétique et la France ont également des programmes FAE ». Les étranges roquettes SLUFAE de China Lake auraient-elles fait l’objet du voyage ?
condor1-58708Et là ça devient intéressant, car c’est en effet écrit noir sur blanc dans un ouvrage rare : « Nasser and The Missile Age in the Middle East », d’Owen L.Sirrs. Le programme Condor (le nom d’un missile plus grand) était engagé dans une variété de projets d’acquisition de missiles sensibles. En Mars 1984. un employé de l’IFAT a approché la firme Honeyweli et a proposé plusieurs projets conjoints avec les États-Unis. Le premier serait d’évaluer les charges utiles possibles pour un missile balistique , tandis que le second serait une « étude de pré-conception » d’ogive pour un missile balistique en air-carburant explosif (FAE). Décrit par Timnierman comme étant meilleure quand il décrit qu’une bombe de type FAE emporte un mélange de combustible liquide sous pression , qui est allumé dans les airs par deux charges pyrotechniques. swingfire2-1a79cLa première dispense le carburant dans l’air … une seconde charge l’enflamme (c’est bien la description de la roquette Slufae !). Le Condor Il avait une charge utile de 500 kg, une relativement faible capacité par rapport au Scud, qui pouvait emporter 1 000 kg et le Condor II était une plate-forme de livraison chère pour délivrer des explosifs conventionnels. Ces restrictions coût / charge utile, avec la plus grande puissance destructrice de la FAE aide à expliquer pourquoi le Caire avait été chargé de la mission de l’obtention de technologies FAE aux Etats-Unis ( … ) La même année, l’IFAT, a proposé à  l’armée égyptienne d’acheter quelque 9.000 bombes BLU – 72 à air-carburant datant de l’ère du Viet-Nam, extraites d’un stock du Nevada. Le Ministère de la Défense égytien a dit qu’il avait besoin de ces armes pour effacer les champs de mines et pour étayer son cas, il a fourni des cartes des régions (…) Même si le 12 août 1985, le Bureau du Département d’Etat américain de contrôle des munitions s’est déclaré contre la vente, on na plus jamais entendu parler en public de la quête de l’Égypte pour les armes ‘FAE et leur technologie ».swingfire-4e7d8 Les égyptiens produiront donc, avec l’aide des savants allemands, dont certains anciens nazis, les toutes premières bombes de ce genre, copiées sur le principe de bombes américaines achetées en masse. Et ce sont ces modèles qui seront plus tard fournis à Saddam Hussein par la CIA (en photo, le dernier modèle égyptien est en fait une jeep munie de missiles anglais appelés « Swingfire » de chez BAE, ici tiré du sol). Le programme « discret » pour remplacer des pièces défectueuses d’engin russes achetés par les irakiens, et fabriquées à la demande des USA en Egypte ou même en Afghanistan (?) avait été appelé « Bear Spares« .

On n’en a pas encore terminé avec ce dossier. Un autre homme va entrer en scène pour aider la CIA et Saddam. Et ce dernier constitue une autre cas sidérant, comme vous allez le découvrie dans l’épisode suivant…

livre-15-cc884(1) l’appellation d’une entente (illicite) des marchands de canon européens pour se goifrer à plusieurs sur le dos des deux demandeurs en armement, l’Irak comme l’Iran. Les avions de Viktor Bout en on acheminé des tonnes... Le détail figure dans l’ouvrage cité de De Bock et Deniau, plus celui-ci à droite.

(2) le modèle suivant est du même principe : « La BLU-73 / B est une bombe FAE (Fuel / Air Explosive) contenant 33 kg (72 lb) d’oxyde d’éthylène (à droite sa charge explosive… un cylindre rempli de gaz, ici a « pointe » déclencheuse !). Elle est destinée a être larguée par avion, et est équipée d’un parachute de freinage de ralentissement et de stabilisation. Une fusée de proximité explose la charge initiale à environ 9 m (30 pieds) au dessus du sol pour former le nuage d’aérosol de carburant. blu-73-1-5cacbQuand la pointe d’1,22 m (4 pieds) de la longue sonde de nez extensible de la BLU-73 / B touche le sol, une seconde charge enflamme le mélange air / carburant. La variante opérationnelle de la bombe a été désigné BLU-73A / B, mais aucune information sur les différences avec la base BLU-73 / B n’est disponible. La bombe a été utilisée au Vietnam pour le déminage (détoner les mines par la surpression de l’explosion de l’EAF) et comme une arme anti-personnel. La bombe BLU-98 / B est identique extérieurement à la BLU-73 / B.

(3) les français les premiers.

(4) « Révélée le 16 janvier 1987par la publication dans L’Express du rapport du contrôleur général des armées, Jean-François Barba, elle avait déjà été évoquée en février 1986 dans « La Presse de la Manche ». Le ministre de la Défense Paul Quilès avait alors porté plainte contre X pour infraction à la législation sur le commerce des armes de guerre. Mais c’est son successeur, André Giraud, ministre de la Défense du Premier ministre Jacques Chirac, qui lui donne une tout autre dimension, en commandant un rapport à Jean-François Barba. Lequel rendra ses conclusions après trois semaines d’enquête. Elles sont accablantes pour Charles Hernu et Jean-François Dubos ; elles le sont aussi pour Daniel Dewavrin : celui-ci a bien exporté, de 1982 à 1986, 450 000 obus vers l’Iran, grâce à des « end users » bidon (attestations certifiant que l’Etat acheteur est bien destinataire du matériel). Le Pérou, la Thaïlande, le Brésil et la Yougoslavie avaient servi de faux clients. Le rapport Barba révèle aussi que ces ventes illicites d’armes n’ont pu se dérouler qu’avec la complicité bienveillante des plus hautes autorités du ministère de la Défense, qui auraient laissé faire, sur ordre du cabinet de Charles Hernu, notamment de Jean-François Dubos. Le coup de grâce enfin : selon Barba, qui s’appuie sur le témoignage d’Armand Wautrin, directeur de la protection et de la sécurité défense, ce trafic aurait alimenté les caisses du Parti socialiste. »

http://www.centpapiers.com/texte-paru-2014-a-lorigine-attaques-gaz-syrie-guerre-iran-irak-a/

Le rapport de l’ONU sur les bombardements chimiques en Syrie :

https://unoda-web.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/2013/12/report.pdf

les photos :

http://imgur.com/a/1nziC#IBMoG0v

l’analyse comparative

http://whoghouta.blogspot.fr/2013/09/umlaca-simulation.html

le rapport de Richar M.Lloyd

http://graphics8.nytimes.com/packages/pdf/world/syria/Lloyd_warhead.pdf

Les essais menés à China Lake

http://www.chinalakemuseum.org/history/weaponsdigest.htm

l’annonce de l’ingérence de la CIA auprès de Saddam Hussein

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/08/26/secret-defense-la-cia-a-aide-sadam-hussein-a-gazer-les-troupes-iraniennes/

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