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T?moignage: PAXIL : le sevrage

Par suzanne

Image Flickr par ~!

Aujourd?hui je vous propose de lire le t?moignage touchant de Laurence, une femme de Montr?al qui a tent? un sevrage du m?dicament Paxil, sans succ?s. Jugez par vous-m?me:

Paxil

Je sais que je ne suis pas seule ? vivre d?abominables sympt?mes de sevrage par contre, ici ? Montr?al, je me sens dans un ?tat d?isolement total.

Il y a pr?s de 20 ans, ? ma demande, un m?decin m?a prescrit Prozac, puis plus tard Paxil (20mg) en remplacement, pour traiter de petites attaques de panique et de claustrophobie. Je tiens ? pr?ciser que les paniques que je vivais ?taient de courte dur?e mais me rendaient tr?s vuln?rable. J?avais tent? d?autres approches (relaxation, th?rapie) mais sans succ?s.

Paxil m?a tr?s rapidement sortie de ces probl?mes invalidants et j?ai v?cu 20 merveilleuses ann?es dans un ?tat d??quilibre psychologique qui d?passe certainement la moyenne. Cependant?

 

L??t? dernier, j?ai pens? qu?il ?tait plus que temps que je proc?de au sevrage de ce m?dicament qui m??tait prescrit machinalement depuis des ann?es. C?est ? ce moment que les probl?mes ont surgi. Je n?avais alors plus de m?decin de famille. ?tant au courant des difficult?s qu??prouvent certains individus lors du sevrage de cet antid?presseur j?ai donc d?cid? de diminuer mes doses tr?s, tr?s progressivement. Au d?but, mis ? part les ?tourdissements intenses, je pouvais tr?s bien survivre. Mais quatre mois plus tard, je me retrouvais ? l?urgence pour une premi?re fois: naus?es, insomnie, r?ves terrifiants, tremblements, sensation de froid intense, ?tourdissements, douleurs violentes dans la poitrine, palpitations cardiaques, crises de larmes et j?en passe.

Le m?decin rencontr? ? l?urgence ?tait tr?s compatissant, par contre il n?avait aucune id?e d?un protocole d?aide concernant ce probl?me. C?est alors qu?il a d?cid? d?ajouter ? mon Paxil deux autres antid?presseurs (Prozac et Mirtazapine) ainsi qu?un somnif?re. Il m?a de plus fait un calendrier de diminution des doses. Je n?ai pris Mirtazapine que pendant trois semaines puisqu?il m?apportait des effets secondaires au niveau cardiaque.

J?ai suivi le protocole sans toutefois pouvoir diminuer Paxil aussi vite que souhait? ?tant toujours aussi malade lors de la descente de 1mg. Lorsque j?ai termin? l?ordonnance de Prozac, ?a a ?t? la d?bandade totale : trois fois ? l?urgence dans le m?me week-end. Je croyais r?ellement que j?allais mourir : attaques de panique pouvant durer pendant plus de cinq heures d?affil?e, sensation de froid intense, engourdissements des mains, crampes abdominales.

L?urgentologue, apr?s m?avoir fait passer un ?lectrocardiogramme et des analyses sanguines m?a envoy? consulter le psychiatre de l?urgence. Alors que je croyais enfin pouvoir obtenir un soutien dans mon sevrage et des conseils judicieux pour arriver ? survivre ? cette ?tape infernale, le psy m?a conseill? de revenir ? une dose de 15mg de Paxil (!) et de suivre une th?rapie pour l?anxi?t? (!). Il m?a ?galement offert un nouvel antid?presseur. J?ai tout de m?me quitt? l?h?pital avec une bonne quantit? de Clonaz?pam pour amoindrir les effets des attaques de panique quasi quotidiennes.

Entre-temps, j?avais trouv? un nouveau m?decin de famille et je me sentais privil?gi?e. Mais d?ception totale. Ce m?decin n?avait aucune connaissance sur le sevrage de Paxil et au bout de quatre mois il m?a manifest? son agacement parce que selon lui j?aurais d? en avoir fini depuis longtemps avec ce sevrage. Il ne semblait pas admettre? que je puisse vivre encore des effets secondaires et, toujours selon lui,? je souffrais simplement d?anxi?t?, je ? m??coutais trop ? et il s?est adress? ? moi avec une grande condescendance. Il m?a dit que, manifestement, j?avais besoin d?antid?presseurs et d?une th?rapie. J?en suis ressortie tr?s abattue et d?prim?e.

Jusqu?? ce jour, tout le support que j?ai pu trouver concernant le sevrage de Paxil m?est venu d?Internet, de deux sites en particulier : www.benzo.org? et www.paxilprogress.org?. Il y a ?galement le site QuitPaxil.org? qui est tr?s aidant. Mais Internet ne remplace pas l?aide et le suivi personnalis?s d?un th?rapeute comp?tent?

Il appara?t clairement que le sevrage de Paxil peut s?av?rer tr?s long et durer jusqu?? 4 ans chez certains individus.

De plus, tant que le sevrage n?est pas termin? les sympt?mes ?prouv?s ne peuvent pas ?tre attribu?s ? un retour du trouble initial. Manifestement, les m?decins que j?ai rencontr?s ne sont pas au courant et ont malheureusement une attitude plus nuisible qu?autre chose.

J?ai la grande chance d?avoir un conjoint aimant et compatissant qui ferait tout pour m?aider. Malgr? le fait que j?aie l?impression d??tre en mode survie ? chaque jour et que je me sente plus morte que vivante, je continue de travailler ? plein temps. De plus, je marche beaucoup et fais de la natation. Je vis des journ?es atroces, par contre ? l?occasion d?autres sont meilleures. Je me dis que je vais probablement passer au-travers de cette tr?s mauvaise exp?rience, par contre j?y aurai laiss? bien des plumes? Je me sens aussi bien am?re.

En cette semaine de la sant? mentale, je vis une exp?rience qui me fait beaucoup r?fl?chir ? l?isolement que vivent les gens en d?tresse. Mon probl?me personnel ne concerne heureusement que ce sevrage ? Paxil, par contre depuis quelques mois je me suis beaucoup isol?e du fait que je n?ai simplement pas la forme pour socialiser. De plus, je vis une situation que je ne peux pas partager avec mes coll?gues de travail et il n?y a que deux amies tr?s proches qui sont au courant de ce que je vis actuellement.

La d?tresse qu?engendre le sevrage ? cette cat?gorie d?antid?presseurs est tellement grande qu?elle peut facilement para?tre exag?r?e aux yeux de ceux qui ne l?ont pas v?cue.

Je sais qu?aux Etats-Unis il existe des groupes d?entraide. J?ai fait beaucoup de recherches pour trouver des ressources ? Montr?al et jusqu?? ce jour je n?ai rien trouv?. Je trouve vraiment d?solant de ne pouvoir b?n?ficier d?aucun suivi appropri?. Et de me retrouver aussi isol?e?

Trop de souffrance pour une seule personne

Ne voulant pas risquer d?y laisser totalement ma sant? et aussi de compromettre ma vie de couple, j?ai d?cid? de reprendre Paxil. Ce n??tait pas une d?cision facile. J?ai, auparavant, tent? quelques autres d?marches dont un appel t?l?phonique dans un h?pital de Montr?al sp?cialis? en psychiatrie. J?ai ?nonc? mon probl?me et demand? si je pouvais me rendre ? l?urgence pour obtenir de l?aide. La r?ponse a ?t? ??non??. On ne s?occupe pas des sevrages probl?matiques ? la Parox?tine ? cet endroit?

O? diable, faut-il aller ???

Voil? ! J?ai amorc? la remont?e de Paxil la mort dans l??me. Cela ne se fait pas sans effets secondaires et je ne re?ois toujours aucune aide ad?quate.

Pour terminer, cela me ram?ne ? un constat que j?avais fait en 1982 : le d?bordement des urgences et la difficult? de trouver un m?decin de famille. H?las, rien n?a chang? !

Laurence Pinsonnault, 21 mai 2011

R?f?rences pour ce billet

  1. http://www.benzo.org.uk/healy.htm
    http://www.benzo.org.uk/healy.htm
  2. http://www.paxilprogress.org/forums/showthread.php?t=8665
    http://www.paxilprogress.org/forums/showthread.php?t=8665
  3. http://QuitPaxil.org
    http://QuitPaxil.org

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3 Commentaire

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    @Laurence

     » Paxil m’a très rapidement sortie de ces problèmes invalidants et j’ai vécu 20 merveilleuses années dans un état d’équilibre psychologique qui dépasse certainement la moyenne. Cependant…

    L’été dernier, j’ai pensé qu’il était plus que temps que je procède au sevrage de ce médicament qui m’était prescrit machinalement depuis des années « 

    Vous n’aimerez pas ce que je vais vous dire. Vous avez déjà vu des médecins et des psychiatres. N’y en-a-til pas eu UN pour vous demander POURQUOI vous vouliez quitter une médication qui venait de vous donner 20 ans de bons résultats ?

    Si vous avez décidé sans raison, par vous-même et n’y connaissant rien qu’il « était plus que temps de vous sevrer », considérez que la vie vient de vous donner une leçon d’humilité que vous devriez accepter.

    Si, comme il arrive souvent, c’est une autre personne qui vous a mis cette idée en tête sans y connaitre non plus quoi que ce soit, je vous suggère de rayer cette personne de vos relations. Elle est dangereuse, nuisible, stupide ou envieuse et mériterait une paire de baffes.

    Je suis heureux que vous ayez eu la chance de rencontrer un psy qui vous ait conseillé de revenir à la médication qui vous gardait en bonne condition. C’est sans doute ce que vous aurait dit Hippocrate. Ce que vous dirait aussi n’importe quel réparateur illettré de bicyclette dans un bled du tiers monde: I it ain’t broken, don’t fix it

    Pierre JC Allard

  2. avatar

    A Suzanne Bissonette.

    Je me sens coupable d’avoir exprimé aussi crûment mon opinion. j’ai réagi en ne pensant qu’au bien de Laurence qui m’est apparue comme une personne en danger. Je reviens sur un autre plan, vous féliciter comme auteur d’avoir touché ce thème qui est d’une extrême importance et d ‘avoir permis a Laurence d’exprimer ses sentiments.

    Je suis parfois assez féroce avec une médecine qui surmédicamente et essentiellement d’accord avec les articles de Pierre Biron qui le dénonce. Si j’ai réagi promptement, ce n’est pas amour des tranquilisants… mais parce que le SEVRAGE est DANGEREUX et dans ce cas je serai surpris qu’un médecin ne juge pas le remède plus nefaste que l’assuétude qu’on prétend guérir. Cela dit, j’ai tout d meme été surpris de ne pas être contredit au moins un peu…

    Pierre JC Allard

  3. avatar

    Il y a 10 ans j’ai vécu ma première dépression majeure. Je n’arrivais tout simplement plus à composer avec les émotions difficiles et envahissantes causées par de nombreux événements qui avaient frappé ma vie.

    J’avais beaucoup de difficultés à croire que j’étais ‘vidée’ sur le plan émotionnel et physique car je faisais partie de celles qui croyaient être invincible. Quel choc!!!

    Cela n’est pas arrivé du jour au lendemain: Un sentiment d’échec et d’avoir perdu le contrôle sur ma vie se sont installés. Vint ensuite la peur accompagnée de crises de panique, d’angoisse et d’une sensation de vide douloureux.

    Je n’ai pas consulté, je me suis dit que ça allait passer. Mais ça n’a pas passer et c’est allé de mal en pire jusqu’au jour où je me suis retrouvée par un beau matin ‘vidée’ et souffrante comme je n’avais jamais connu dans ma vie.

    J’ai vu un médecin qui m’a prescrit du Paxil et recommandé de consulter un psychologue et c’est ce que j’ai fait pendant un an.

    Après environ 4 semaines de traitement au Paxil, j’ai commencé à sentir un bien-être au niveau émotionnel. La panique, les peurs et angoisses paralysantes ont alors cessé et j’ai pu ainsi entreprendre une longue cure de repos que j’avais inévitablement besoin pour remonter la pente sur le plan physique et guérir mon corps qui avait aussi été frappé par une grande faiblesse ainsi que des douleurs musculaires invalidantes.

    Avec la thérapie professionnelle, j’ai compris que j’avais ‘brûlé la chandelle par les deux bouts’ pendant trop longtemps parce que j’étais mal équipée pour prendre soin de moi sur le plan affectif et que mon manque d’estime personnel m’avait prédisposé à la descente aux enfers que j’ai vécu.

    J’ai pris pendant une année du Paxil, cela m’a fait un bien incroyable parce qu’en me permettant de mettre la ‘switch à off’ de mon ‘hamster intérieur’ j’ai ouvert mon esprit afin de mieux me comprendre et prendre soin de moi. Et lorsque j’ai entrepris le sevrage au bout d’un an, en suivant le protocole de sevrage graduel, je n’ai pas eu de problème et tout s’est bien déroulé.

    Cependant, apres m’en être sortie la première fois, je savais que je devais opérer des changements majeurs dans ma façon d’être et de penser. Mais je voulais aussi faire un petit bout de chemin sans réfléchir, juste vivre un petit bout….

    Il y a 2 ans, après avoir été surexposée sur le plan émotionnel par d’autres événements difficiles de la vie, plus une carrière dans laquelle je n’étais pas bien et un conjoint qui n’était pas fait pour moi, les symptômes d’une autre descente se sont profilés. Crises de panique, sentiment d’échec et sentiment de perte de contrôle sur ma vie. Mais là la sonnette d’alarme s’est fait retentir! et je n’ai pas attendu d’être rendue trop loin pour intervenir.

    J’ai consulté un médecin spécialisé en santé mentale qui sachant que le médicament avait donné de bons résultats antérieur, m’a prescrit à nouveau le Paxil, et dirigé fortement vers un processus de réabilitation par une thérapie de groupe et des activités de soutien qui m’ont permis d’évoluer par le contact de d’autres personnes qui avaient des problématiques similaires aux miennes.

    Cela m’a fait beaucoup de bien et j’ai compris que lors de ma première épisode de dépression je n’avais fait qu’entammer un travail de reconstruction personnelle qui avait ensuite été laissé de côté.

    J’ai encore appris à mieux prendre soin de moi, de me protéger davantage sur le plan affectif, d’accepter qui je suis, avec mes forces et mes faiblesses. D’apprendre à trouver des moyens d’être bien. Je suis retournée aux études, j’ai changé de carrière et mis un terme à ma relation de couple.

    Après cette fois-ci d’une prise de Paxil pour une période de 2 ans recommandée par le médecin, Je suis maintement en processus de sevrage du paxil depuis plusieurs mois. J’ai pas eu beaucoup d’effets secondaires mis à part un peu de fatique et quelques chocs électriques passagers au cerveau à chaque diminution de dose. Cependant j’ai fait erreur de tenter de passer de 10 mg à zéro et je me suis sentie malade comme un chien; nausées, étourdissements, chocs électriques au cerveau continuels et douleurs abdominales et musculaires. J’ai contacté le pharmacien qui m’a conseillé après 4 jours de cessation complète de reprendre mon sevrage à 10mg pour 2 semaines et ensuite descendre graduellement à 5mg pour un mois si tout va bien, et peut-être même à 2.5mg après…. L’important c’est que cela se fasse en douceur pour ne pas brusquer et ainsi éviter les symptômes désastreux…

    Bref je ne blâme pas le médicament car il m’a aidé beaucoup sur le plan physique. Et comme toute médication, rien n’est miraculeux…. La guérison se fait d’un tout: le travail du médicament et celui de la personne….et malheureusement parfois il y a des effets secondaires.

    Montcalm – bon courage!