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Syrie – arch?ologie : le compte ? rebours pour la France a commenc? ? ? l?insu de son plein gr? ?

 

La m?taphore de la pierre

  • ??De l?arch?ologie au Moyen Orient et de son application en temps de guerre en Syrie?? (1).
  • ?La tradition, c?est de nourrir les flammes et non de v?n?rer les cendres?-Gustave Mahler.

Paris- L?arch?ologie, c?est le pass?. C?est la mort? Non pas vraiment. L?arch?ologie, c?est la vie. Le d?roul? de la vie. Une occasion de se livrer ? une introspection par une r?trospective.

Si l?arch?ologie se d?finit comme une discipline qui a pour objet la connaissance et l??tude de l?antiquit? et qu?elle renvoie syst?matiquement, dans le langage courant, ? la notion d?antiquit??.?L?antiquit? n?est pas, loin s?en faut, un archa?sme. Dans son sens usuel, il s?agit d?une science qui a pour objet l??tude des civilisations humaines pass?es ? partir des monuments qui en subsistent. Il rel?ve donc du patrimoine d?un pays et de son h?ritage. C?est un ?l?ment pr?cieux de connaissance de notre pass? et donc de notre pr?sent.

L?arch?ologie, en fait, est ? un pays ce que la g?n?alogie est ? une famille, ce que la g?ologie est ? l?auscultation du corps en ce qu?elle induit une lecture fractale du pays par l?analyse des diverses couches de s?dimentation. Mais si la g?ologie est un voyage dans les entrailles du pays, l?arch?ologie porte t?moignage d?un pays, de son histoire, de sa place dans l?histoire. Toutes ses disciplines sont compl?mentaires en ce que la pluridisciplinarit? est n?cessaire pour la compr?hension d?un pays et concourt ? la compr?hension de la g?osph?re culturelle et humaine du pays, pr?alable ? la d?finition d?une strat?gie en sa direction.

L?arch?ologie du discours

Le terme est emprunt? ? Michel Foucault qui estime que ?L?arch?ologie n?entreprend pas de traiter comme simultan? ce qui se donne comme successif?. ?A l?image des strates en g?ologie. ?Elle n?essaie pas de figer le temps?. ?De substituer ? son flux d??v?nements, des corr?lations qui dessinent une figure immobile? et que ?Pour constituer une histoire arch?ologique du discours, il faut se d?livrer du mod?le lin?aire de la parole o? tous les ?v?nements se succ?dent les uns aux autres, sauf effet de co?ncidence et de superposition?.

L?individu n?est pas un moulin ? paroles. Les mots ont un sens et ne constituent pas une enfilade de paroles verbales. Les mots ne sont pas neutres, ni innocents. Les mots tuent parfois. Cela est encore plus vrai pour les Etats, particuli?rement en p?riode de guerre. Guerre psychologique autant que guerre s?mantique, la guerre m?diatique vise ? soumettre l?auditeur r?cepteur ? la propre dialectique de l??metteur, en l?occurrence la puissance ?mettrice en lui imposant son propre vocabulaire, et, au-del?, sa propre conception du monde. Dans ce contexte, le langage est un marqueur d?identit? culturelle de la m?me mani?re que les empreintes digitales, le code g?n?tique, les mesures anthropom?triques sont des marqueurs biologiques et physiques. Sous une apparence trompeuse, des termes g?n?raux, lisses et impersonnels, le langage est codifi? et pacifi?. Il devient alors un redoutable instrument de s?lection et de discrimination.

Le langage est connot?. A l?instar du Syllabus papal du XIX me si?cle, qui prohibait l?usage de certains termes tels la?cit? ou s?paration Eglise Etats, le seul langage licite ? l??poque contemporaine est le LQR ?Lingua Quintae Respublicae?, le langage en vogue sous la V?me R?publique Fran?aise, homologu?, estampill?. Gare ? quiconque recourt ? un langage personnalis?, forg? dans un vocabulaire qui lui est propre. L?homme risque l?ostracisme, aussit?t mis ? l?index, affubl? d?une tare absolue, irr?m?diable: ?ringard?, ?tricard?, ?complotiste?, ?n?gationniste? et dans le cas de la France, un ?anti fran?ais? d?s lors que la personne ne souscrit pas aveugl?ment ? la doxa officielle. Selon que vous utilisez un terme ou l?autre vous serez class? ?moderne et dynamique? ou ?ringard?.

Si la diffusion hertzienne est la moins polluante des armes sur le plan de l??cologie, elle est, en revanche, la plus corrosive sur le plan de l?esprit. Son effet est ? long terme. Le ph?nom?ne d?interf?rence op?re un lent conditionnement pour finir par subvertir et fa?onner le mode de vie et l?imaginaire cr?atif de la collectivit? humaine cibl?e. Nulle trace d?un d?g?t imm?diat ou d?un dommage collat?ral. Point besoin d?une frappe chirurgicale ou d?un choc frontal.

Dans la guerre m?diatique r?gne le domaine de l?imperceptible, de l?insidieux, du captieux et du subliminal. Qui se souvient encore de ?Tall Ar-Rabih? (La colline du printemps)? Pr?s d?un si?cle d??missions successives et r?p?titives a dissip? ce nom m?lodieux, synonyme de douceur de vivre, pour lui substituer dans la m?moire collective une r?alit? nouvelle. ?Tal AR-Rabih? est d?sormais mondialement connu, y compris au sein des nouvelles g?n?rations arabes, par sa nouvelle d?signation h?bra?que, Tel Aviv, la grande m?tropole isra?lienne. Le travail de sape est permanent et le combat in?gal. Il en est de m?me des expressions connot?es.

A-G?nocide et Shoah:?L?imposition d?un terme est une marque de sup?riorit? de l??metteur et de subordination du r?cepteur. L?extermination d?une population en raison de ses origines s?appelle en fran?ais ?g?nocide?. Il en est ainsi du g?nocide arm?nien en Turquie, comme du g?nocide des Tutsis au Rwanda. Lui pr?f?rer l?expression h?bra?que du terme biblique de ?Shoah? (holocauste) signe son appartenance au camp pro-isra?lien.Isra?l n?a jamais reconnu le caract?re de ?g?nocide? aux massacres des Arm?niens en Turquie au d?but du XX me si?cle, sans doute pour marquer le caract?re unique des pers?cutions dont les Juifs ont ?t? victimes en Europe. D?abord en Russie, les ?pogroms? de la fin du XIX me si?cle, puis en Allemagne et en France durant la Seconde Guerre mondiale (1939-45).

B ?Tsahal:?Il en est de m?me du terme Tsahal. Etymologiquement arm?e de d?fense, alors que l?arm?e isra?lienne est, selon, soit une arm?e d?occupation au regard du Droit International, ou une arm?e offensive, une arm?e d?offense en songeant aux guerres pr?emptives de 1948, 1956 et 1967, une arm?e offensante en songeant ? ses maltraitances ? l?encontre des Palestiniens, et au traitement de la Cisjordanie, un vaste camp de concentration ? ciel ouvert avec 700 barrages militaires et pr?s de 11.000 prisonniers palestiniens.

C-J?rusalem et Tel Aviv:?D?signer Isra?l par J?rusalem signe l?alignement pro isra?lien du causeur en ce qu?il revient ? souscrire, pour beaucoup explicitement, et, pour beaucoup d?autres, soit par ph?nom?ne de mode, soit par effet d?entrainement d?un esprit gr?gaire, ? l?annexion de la totalit? de la ville sainte ? Isra?l, y compris le secteur arabe et la Mosqu?e Al Aqsa, 3eme haut lieu de l?Islam. Le d?signer par tel Aviv, signe son respect ? la l?galit? internationale et son refus de l?annexion de la ville sainte par les autorit?s d?occupation isra?liennes.

D-Apartheid:?Terme tabou absolu. Sugg?rer qu?Isra?l du fait de sa politique discriminatoire est un pays de s?gr?gation raciale, le mettre en garde contre les effets pervers d?une annexion compl?te de la Palestine ? l?effet de le transformer en ?tat d?Apartheid, pourrait valoir ? son auteur, quelle que soit son autorit?, quelle que soit son degr? d?amiti? avec Isra?l, les foudres de la bien-pensance avec ? la cl? la sempiternelle accusation d?antis?mitisme. John Kerry, secr?taire d??tat am?ricain, en a fait les frais derni?rement. Auparavant l?ancien pr?sident Jimmy Carter, quand bien m?me la mise en garde provient d?un des p?res fondateurs de l?Etat h?breu, David Ben Gourion:??Lorsqu?il a fallu?choisir?entre toute la terre sans Etat juif et un Etat juif sans toute la terre, c?est cette seconde option que nous avons choisie?.David Ben Gourion pr?cisait alors que la conqu?te de la totalit? de l?ancienne Palestine mandataire aurait impliqu? en effet que la population?juive devienne minoritaire en cas d??lections.

Le terme apartheid a un effet terrifiant sur la psychologie isra?lienne en ce qu?il renvoie ? l?Afrique du sud, son partenaire de la p?riode coloniale, dont le r?gime d?apartheid a ?t? vaincu par le boycott, un cauchemar que l??tat h?breu et ses nombreux soutiens dans le monde veulent ? tout prix ?carter de leur imaginaire. Dans le m?me ordre d?id?e, le ?Mur d?apartheid? doit ?tre banni du lexique international en ce qu?il renvoie au Bantoustan palestinien. La barri?re de b?ton qui enferme Isra?l dans un ghetto est d?sign?e par les communicants isra?liens de ?ligne de d?marcation?, comme s?il s?agissait ?une ligne de d?limitation d?un terrain de jeu.

Nul ne doit douter qu?Isra?l, ?l?unique d?mocratie du Moyen Orient? est un pays de blanches colombes, non de colons, que son arm?e est guid?e par le principe de la ?puret? des armes?, quand bien m?me il enfreint syst?matiquement le droit humanitaire internationale; un pays dont bon nombre de dirigeants use d?un bestiaire ?pouvantablement raciste ? l??gard des Arabes et Palestiniens -?des cafards?-; un pays qui ne s?interdit pas de st?riliser les femmes Falachas, les juives ?thiopiennes. Pour pr?server ?la puret? de la race?? Un pays qui n?a enfin que compassion pour les Palestiniens, ? qui il fait r?guli?rement des ?offres g?n?reuses? de paix, ? l?instar d?Ehud Barack, mais que ceux-ci rejettent par ingratitude.

Autre rengaine, les termes antis?mitisme et antiracisme. Arabes et Juifs sont des s?mites, mais l?antis?mitisme ne concerne que les Juifs, pour se distinguer des autres, alors que l?antiracisme englobe Arabes, Noirs, Musulmans, Asiatiques, Peaux-rouges, etc. Le Pr?sident Jacques Chirac, lui-m?me, en fustigeant ?l?antis?mitisme et le racisme? dans son discours d?adieu, le 27 mars 2006, a consacr? dans l?ordre subliminal un racisme institutionnel.

La captation de l?imaginaire: Le contr?le du contenant et du contenu

Le bloc occidental maitrise non seulement le contenant (les vecteurs) mais ?galement le ?contenu (le langage) de sorte que la libert? d?information, un des fondements de la d?mocratie, existe, mais uniquement pour ceux qui en maitrisent les codes. La bataille de Syrie en apporte quotidiennement la preuve.

De l?importance de l?arch?ologie

Au-del? des consid?rations touristiques, la restauration des sites antiques constitue un imp?ratif national pour les pays de grandes civilisations. Egypte, Gr?ce, Italie, M?sopotamie, Syrie. Et l?UNESCO participe ? la pr?servation des sites antiques en les d?cr?tant ?Patrimoine mondial de l?humanit??. Les peuples puisent dans le pass? les raisons d?esp?rer dans leur avenir? et de ne pas d?sesp?rer de son pr?sent, sous r?serve que ce recours ne fasse pas l?objet d?une fixation g?n?ratrice d?un immobilisme.

Les grandes c?l?brations participent de cet objectif. La c?l?bration de la prise de la bastille le 14 juillet, l???Independance Day? aux Etats Unis, le 4 juillet, sous-tendent une volont? d?exalter la fiert? nationale et la coh?sion de la soci?t?, par la position du pays vis-?-vis de son environnement international.

La France a scand? son entr?e vers le III me mill?naire par la c?l?bration de ses ?v?nements historiques. C?est le trait constant de la derni?re d?cennie du XX me si?cle. Jamais pays n?a paru plus soucieux de magnifier son pass?. Toutes les d?clinaisons du calendrier ont d?fil? en comm?moration: 1500 me anniversaire de la proclamation de l??dit de Nantes (1598), qui a mis fin ? la guerre religieuse entre Catholiques et Protestants; Mill?naire du bapt?me de Clovis (1996), qui marque le ralliement de la France ? la Chr?tient?, Bicentenaire de la R?volution Fran?aise (1989); Cent cinquanti?me anniversaires de l?abolition de l?esclavage (Mai 1998), Centenaire du manifeste accusateur d??mile Zola contre la s?gr?gation politico?religieuse (?J?accuse?, Janvier 1998), Cinquantenaire de la lib?ration de la France, Quaranti?me anniversaire de la V?me R?publique; Enfin trenti?me anniversaire de la r?volte ?tudiante de Mai 1968.

La France a-t-elle voulu ainsi compenser son repli frileux sur elle?m?me ou puiser dans sa gloire pass?e l?esp?rance de son avenir? La question se pose ? en juger par les politiques publiques men?es depuis un demi-si?cle?par la classe dirigeante. Cette succession de c?l?bration correspond en arch?ologie ? une datation des p?riodes. De petits cailloux du petit poucet qui permettent les rep?res de la m?moire. P?riode m?rovingienne, carolingienne, la renaissance, la r?volution, le consulat et l?empire, la restauration, la R?publique; autant de d?clinaisons qui constituent des variations de la France. L?arch?ologie illustre dans la pierre la th?orie de la succession d?Etat et de la continuit? juridique de l?Etat. La France assume ainsi son histoire.

Mais pour ?tre salutaire, l?exercice se doit de ne pas occulter les pages honteuses de sa propre Histoire.

Pour que la d?monstration soit compl?te, il incombe que le devoir de m?moire ne soit pas s?lectif. Bien que les peuples du tiers-monde n?aient jamais cultiv? une id?ologie victimaire, et que leurs ressortissants en France n?en aient jamais fait usage dans leur combat pour leur acceptation, la repentance devrait englober les victimes muettes, les alli?s de la p?riode coloniale, les peuples colonis?s d?Outre?mer, lesquels, paradoxalement, ? deux reprises en un si?cle, ont fortement contribu? ? la lib?ration de leur colonisateur dans des guerres qui leur ?taient totalement ?trang?res,??les deux guerres mondiales (1914?18, 1939?45), avant d??tre s?rieusement r?prim?s ? S?tif (Alg?rie), au camp de Thiaroye (S?n?gal) et ? Madagascar, sans doute ? titre de r?tribution pour leur concours ? l?effort de guerre fran?ais.

Certes l?ingratitude est la loi des peuples pour leur survie, mais la grandeur d?une nation r?side dans son courage ? revendiquer ses actes et ? sa capacit? ? assumer ses responsabilit?s. Nonobstant le pass? s?gr?gationniste de son pays, le Pr?sident Bill Clinton a assum?, en Avril 1998, l?h?ritage am?ricain, assurant lors de la premi?re tourn?e d?un pr?sident am?ricain sur le continent noir depuis 20 ans que ?l?Afrique a constitu? le plus beau cadeau fait aux ?tats?Unis?. Une position en contrechamp de celle de la France. Sans djemb?s ni Mallettes ni r?flexions d?sobligeantes selon lesquelles ?l?Afrique n?est pas encore entr?e dans l?Histoire?.

De l?arch?ologie au Moyen Orient

Berceau des trois grandes religions monoth?istes, le Moyen-Orient est un lieu charg? d?histoire, tant au niveau religieux (J?rusalem, Bethleem, Nazareth, La Mecque, M?dine, Nadjaf, Qom, Kerbala, Ur) que sur le plan historique (Le Sphinx, les Pyramides, les Colonnes de Baalbek, Petra, Palmyre, le Krach des Chevaliers, la Mosqu?e des Ommeyades, Babylone).

La bataille dans l?ordre symbolique sous-tend un objectif plus ambitieux: La r?appropriation des lieux et la l?gitimation de cette r?appropriation. Ce qui explique sa virulence. L?h?bra?sation des noms des localit?s arabes de la Palestine du mandat britannique en est t?moin: Tel Aviv (Tall Ar Rabih, colline du printemps/ Beersheba ? Bi?ir As Sabeh, le puits de l?Ours/ N?guev-An Naqab) rel?vent de cet objectif. De m?me que l?incendie de La Mosqu?e Al Aqsa, en 1969, qui enflamma le Monde musulman et donna, par ricochet, naissance ? l?Organisation de la Conf?rence islamique, premier forum du monde musulman de l??poque contemporaine, groupant 55 pays et 1, 5 milliards de fid?les. Toutefois cette l?gitime col?re aurait eu valeur d?exemple ? l?effet de capitaliser la sympathie de l?opinion internationale, et la sph?re arabo musulmane gagn? le respect du Monde, si elle avait fait preuve de davantage de coh?rence. L?incendie d?Al Aqsa a ?t? neutralis? par la destruction des Bouddhas de Bamyan et des st?les de Tombouctou.

De la France en Syrie: Le compte ? rebours a commenc? pour la France, ??? l?insu de son plein gr?.

Le fait est historique: La France a une pr?sence mill?naire en Orient, remontant ? la p?riode des Croisades, confirm?e par l?alliance entre Fran?ois I et Soliman le Magnifique, consolid?e par de prestigieuses r?alisations de Jean de Champollion (la d?couverte des hi?roglyphes) et Ferdinand de Lesseps (percement du canal de Suez), prolong?e par le Mandat fran?ais sur le levant (Syrie Liban), vivifi?e par une pr?sence culturelle active avec l?Institut Fran?ais du Proche Orient, h?ritier de l?Institut d?Arch?ologie de Damas, les fouilles fran?aises en Syrie, et le Cermoc ? Beyrouth. Au point que la France est cr?dit?e d?une expertise reconnue au Liban et en Syrie, les deux points d?ancrage traditionnel de son influence dans la zone.

La Syrie regorgent de sites arch?ologiques vestige d?une grande civilisation Palmyre, le Krak des Chevaliers, le souk des Omeyyades, celui d?Alep?souvent mis en valeur par des Fran?ais. C?est en Syrie (? Deir Ez Zor) qu?a ?t? ?difi? le?m?morial du g?nocide arm?nien. C?est Damas qui abrite la Mosqu?e des Omeyyades et le si?ge des patriarcats des Eglises d?Orient, ? l?exclusion de l?Eglise maronite, situ?e, elle, au Liban. C?est la Syrie enfin qui a donn??l?exemple du combat nationaliste avec la m?morable posture de Youssef Al Azmeh, ministre de la d?fense, tu? les armes ? la main, face aux envahisseurs fran?ais,?dans la bataille de Maysalloun, acte fondateur du nationalisme syrien contemporain.

Or, paradoxalement, c?est avec la caution silencieuse de la France que le souk d?Alep a ?t? incendi?. Des actes de vandalisme op?r?s dans les lieux de culte, des conversions forc?es au wahhabisme ? l?encontre des Musulmans (conversion forc?e de 18 villages druzes); l?appareil productif syrien, notamment de la r?gion d?Alep, d?mantel? par les djihadistes et transf?r? en Turquie en guise de compensation ? l?hospitalit? turque pour le droit de passage des djihadistes. Et surtout Maaloula, bourgade chr?tienne de la banlieue de Damas, dont les habitants parlent la langue aram?enne, -la langue du Christ- o? 17 religieuses ont ?t? prises en otage.

Alors que partout dans le monde la pr?servation du patrimoine constitue une pr?occupation, la sph?re arabo musulmane, du fait d?une interpr?tation rigoriste des textes religieux, s?applique ? d?truire les vestiges des civilisations?. dans le silence complice des pays occidentaux, indiff?rents aux d?g?ts de leurs propres d?rives. Il en est ainsi de l?opposition syrienne off-shore dont l?existence m?me constitue un contresens historique, qui traduit un d?ni de la r?alit?: un pur mercenariat.

Toute opposition n?est pas l?gitime d?s lors que cette opposition est le fait d?un mercenariat commandit? par des puissances r?gionales et extra r?gionales en vue de faire office de contre r?volution, et de contrefeux ? leurs propres turpitudes. Et le devoir d?un bi national est de servir de passerelle, non de suppl?tif, l?arabe de service en somme de son ancienne puissance coloniale. Malsain de justifier les d?rives terroristes du combat au pr?texte de combattre une minorit? (les Alaouites en Syrie), tout en justifiant ces m?mes d?rives d?un pouvoir minoritaire sunnite combattant la majorit? chiite au Bahre?n.

Cent ans apr?s Sykes-Picot qui am?nagea le partage du Moyen?Orient en zone d?influence des deux grandes puissances coloniales de l??poque, le Royaume Uni et la France, les ordonnateurs de ce d?membrement ont c?d? le pas ? de nouveaux venus de la sc?ne internationale et r?gionale (Etats Unis, Russie, Chine, Iran, Isra?l, Turquie, Arabie saoudite), perdant la maitrise absolu du jeu. Si le Royaume Uni a r?ussi ? pr?server ses positions, particuli?rement dans le golfe p?tro monarchique anglophone, la France, elle, est r?duite ? sa portion congrue.

Cent ans apr?s Sykes-Picot, que reste-t-il du Mandat Fran?ais au Levant? Une Syrie d?sarticul?e du fait franco turc, un Liban gangr?n? par le confessionnalisme, du fait fran?ais? la Rue Gouraud, dans la r?duit chr?tien de Gemayzeh dans le p?rim?tre d?Achrafieh, (Est de Beyrouth), dernier r?sidu d?une pr?sence antique, soutenue par deux b?quilles, le clan Hariri au Liban et l?attelage des binationaux de l?opposition off-shore, pour la Syrie, ainsi que les d?chets du r?gime baasiste rejet?s vers Paris:

Les deux anciens vice?pr?sidents de la R?publique syrienne, Rifa?at Al Assad, propre oncle du pr?sident syrien et bourreau de Hama, en 1982, et Abdel Halim Khaddam, la caution baasiste de l?affairisme syro libanais du temps de la mandature de l?ancien premier ministre libano-saoudien Rafic Hariri ? Beyrouth, ainsi que Moustapha Tlass, ancien ministre de la d?fense et son fils Manaf, ancien chef de la garde pr?sidentielle de son ancien camarade de jeu, Bachar Al-Assad.

Le ravalement cosm?tique du patrimoine immobilier d?un pays, ? l?instar de la chirurgie esth?tique d?une personne, rel?ve de l?artifice. L??cume des mers. Tout comme les strat?gies de communication rel?vent de l?enfumage. Ils ne sauraient masquer la r?alit?. Nombre d?hommes et de ?Grands hommes? se sont dissip?s dans la poussi?re de l?Histoire. La pierre pas. La pierre authentique. La pierre ne ment pas.

Plut?t que de r?clamer la v?rit? sur la Syrie, il importe que la France emprunte un langage de v?rit? pour se p?n?trer de sa v?rit? vraie et non de sa v?rit? sublim?e. Comme en Indochine, en Alg?rie (S?tif), au S?n?gal (Thiaroye), au Cameroun, ? Madagascar, ? Alexandrette, ? Suez ou ailleurs.

?La France n?aime pas qu?on lui pr?sente la facture de son histoire. Elle pr?f?re se pr?senter comme l?oie blanche innocente qu?elle n?a jamais ?t?. Ce n?est pas ainsi que perdure une grande nation, mais en respectant ses valeurs. Le dire, c?est servir son pays. Le nier c?est l?offenser?, Noel Mam?re dixit.

Plut?t que de se pr?occuper de savoir si tel continent est entr? ou non dans l?histoire, il parait plus imp?rativement judicieux de savoir si la France n?est pas en train de sortir de l?histoire.

L?arch?ologie ne pardonnera pas la destruction programm?e des vestiges de la Syrie, par les hordes barbares, sous parrainage occidental, particuli?rement fran?ais. Le fait de r?duire ? l??tat de pierre son environnement imm?diat rel?ve d?une politique d?empoussi?rement?de courte vue. Il est ? craindre que les vents contraires ne repoussent vers l?ordonnateur de ce saccage la poussi?re toxique de ce d?sastre.

Le compte ? rebours a commenc? pour la France, ??? l?insu de son plein gr?. La sortie de sc?ne d?un des t?moins majeurs de cette s?quence, le cornac fran?ais de l?opposition off-shore, ?ric Chevallier, est d?j? programm?e (3), ? l?instar de celle de Robert Ford et de Bandar Ben Sultan, ses comp?res am?ricain et saoudien?.

Trois ans apr?s le d?clenchement de la guerre de Syrie, Basma a perdu le sourire et Bourhane n?a jamais constitu? une preuve dirimante et irr?fragable. L?Histoire ne pardonne pas ? ceux qui l?insultent. L?Histoire est impitoyable avec les perdants.

Pour aller plus loin

1 ? Sur la probl?matique syrienne

2- Sur la destruction du patrimoine syrien:

3 ? A propos des d?rives de la France dans le conflit syrien

4 ? A propos de l?opposition syrienne ? Paris

Au-del? du duo des s?urs Kodmani, Basma Kodmani et sa s?ur Hala, qui monopolise les ondes fran?aises, en tandem avec Bourhane Ghalioune, le premier pr?sident de l?opposition off-shore, un trio sans la moindre l?gitimit?, plusieurs associations syriennes d?mocratiques op?rent en France, hors circuit de l?opposition off-shore, une structure coparrain?e par l?alliance atlantique et les p?tromonarchies, sans acc?s de ce fait aux pouvoirs publics fran?ais.

Le plus connu et le plus ancien dans le domaine de la lutte d?mocratique est naturellement Haytham Manna, opposant syrien notoire, et responsable pour la diaspora syrienne du Comit? de Coordination nationale pour le changement d?mocratique (CCNCD-opposition syrienne non arm?e), il s?oppose avec force ? toute intervention ?trang?re contre son pays et pr?ne un r?glement politique. Pr?sident de ?The Scandinavian Institute For Human Rights (Institut Scandinave des Droits de L?homme (SIHR), Haytham Manna vit en exil en France depuis 35 ans. Titulaire d?un dipl?me sur la m?decine psychosomatique de l?universit? de Montpellier, il a exerc? au sein de l??quipe m?dicale du professeur Philippe Castaigne au Laboratoire du Sommeil (D?partement de neurophysiologie) du groupe hospitalier Piti? Salp?tri?re ? Paris. Haytham Manna si?ge au comit? directeur de Justicia Universalis et de l?Institut ?gyptien des ?tudes des droits de l?homme, titulaire des plusieurs distinctions honorifiques dans le domaine des droits de l?homme: Medal of Human Rights-National Academy of Sciences-Washington (1996), Human Rights Watch (1992). Deux associations groupant plusieurs centaines d?intellectuels, des membres professions lib?rales (chirurgien, scientifique etc..), de toutes confessions, de toutes les r?gions de Syrie de la diaspora ?uvrent pour la promotion des relations franco syriennes, dans l?ignorance totale des m?dias fran?ais et sans le moindre acc?s aux pouvoirs publics fran?ais. Une 3 me structure est dirig?e par Samir Aita, polytechnicien, directeur de la version arabe du Monde diplomatique, pr?sident de l?association ?Entraide et d?mocratie?.

Pour aller plus loin voici les liens

L??lectorat syrien en France, captif de l?arbitraire gouvernemental fran?ais.

Le Collectif pour la Syrie regrette la d?cision de la France d?interdire aux R?sidents Syriens d?user de leur droit de vote aux prochaines ?lections syriennes http://sana.sy/fra/51/2014/05/11/543811.htmCOLLECTIF?pour la?SYRIE??La violence est le dernier retranchement de l?incomp?tence? (I. Asimov) Association loi du 1er?juillet 1901- J.O. du 26 mai 2012??www.collectif-pour-la-syrie.org

REN? NABA

 

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