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Syndicat en Algérie: Arithmétique de la démocratie et notion de Légalité

coluche-tord-raison Comme beaucoup de concitoyens, j’ai appris, par les médias et les réseaux sociaux, que le 5e congrès du CNES (Conseil National des Enseignants du Supérieur) s’est tenu à Constantine, en décembre 2016, et qu’une nouvelle Direction –nouveau bureau national et nouveau coordinateur national- en est sortie. Auparavant, j’avais lu qu’il allait se tenir au lieu et à la date ci-dessus.

 

1- Une illégalité introuvable !
Dans un 2° temps je lis que ledit congrès serait illégal, que le légal allait se tenir en janvier 2017 et que le 1° Responsable du CNES demeurait celui qui est à sa tête depuis près de dix ans. Ceci étant, et probablement comme de nombreux collègues, je passe des jours à attendre qu’on publie le détail des illégalités commises par les congressistes de Constantine, qu’on les nomme et qu’on les expose.
Dans un 3e temps, on m’explique que les preuves de la violation de la loi consistent dans le fait que le congrès en question aurait été dénoncé dans trente (30) déclarations ! Pour une réaction à la mesure du choc : Soyons sérieux et n’apportons pas plus d’eau au moulin de ceux pour lesquels, depuis longtemps déjà, le niveau de notre Université (en terme de compétence et de savoir) évolue comme une courbe qui ne se prolongerait qu’en regardant de plus en plus vers le bas. Soyons dignes du métier d’enseignant-chercheur, et, dans les discussions sérieuses, n’utilisons que les mots que nous réussissons à ne pas totalement vider de tout contenu conceptuel !
Depuis quand dire que tel acte est légal, ou non, dépend-t-il du nombre de ceux qui le soutiennent ou le dénoncent ? Depuis quand le principe de légalité est-il entré dans les urnes ? Nous pourrions être quarante millions contre un seul, à dénoncer …sans que, le moins du monde, la chose dénoncée soit entaché d’un seul grain d’illégalité. Le fait est que les urnes concernent la démocratie …alors que la légalité relève du Droit !
Maintenant, si nous n’avons aucune illégalité à relever, aucune qui puisse servir à renverser les congressistes de Cirta, et que, malgré tout, trente sections seraient contre la nouvelle Direction, alors parlons d’illégitimité ! Dénonçons un manque de démocratie ! Toutefois ……

 

2- Une démocratie contre la légalité !
Pourquoi les sections qui ont rédigé des déclarations de dénonciation, après le congrès, ne se sont-elles pas présentées à ce dernier ? Pourquoi ne l’ont-elles pas fait, alors qu’à trente elles avaient tout pour dominer la rencontre et en sortir triomphantes ? Ces questions sont d’autant plus pertinentes que la nouvelle direction accuse l’ex coordinateur d’avoir crée des sections-fantômes après ledit congrès et afin, précisément, de le faire annuler !
Par ailleurs, le 5e congrès n’était-il pas prévu en décembre, depuis au moins septembre ? Plus encore, ne fallait-il pas le faire dès juin 2016 ? Ne serait-il pas scandaleux qu’un Chef d’État, à la veille de lancer une nouvelle élection présidentielle, décide de tout bloquer …et de prolonger son mandat ? Le mandat du Coordinateur national qui a décidé de faire un 5e congrès BIS, en janvier 2017, n’est-il pas lui-même illégal depuis juin 2016 ? A la limite, tant qu’on y est, le Général Liamine Zeroual aurait dû, après l’élection présidentielle d’avril 1999, préparer une élection BIS, et F. Hollande devrait y penser en cas de victoire de F. Fillon ! D’autant plus que ni Zéroual n’a été candidat en avril 1999 ni Hollande ne le sera en avril 2017 !

 

3- De la démocratie au CNES …et non en Amérique !
S’il y a quelque chose à dénoncer est-ce le congrès de décembre ou le fait que le CNES ait continué à être dirigé par une personne dont le mandat s’est achevé depuis juin ? Ne faudrait-il pas, au lieu de s’opposer aux congressistes de Cirta, les remercier d’avoir mis un terme à une situation non conforme à la loi ? En vérité, il faudrait les remercier, aussi, pour avoir laissé plusieurs mois à l’ex n° 1 –après la fin de son mandat- afin qu’il prépare le congrès et les élections qui le concluent ! Maintenant, comment peut-on expliquer que jusqu’en décembre ce n° 1 n’ait toujours pas organisé la rencontre –double bilan et élection- censée se tenir dès juin ?
Pour y répondre il suffit de se rappeler que le 4e congrès s’est tenu avec trois ans de retard ! La durée de tout un mandat ! Deux mandats en un ! Un mandat offert pour un mandat acheté ! Que les Chefs d’État du monde entier prennent exemple sur le 1e représentant syndical de l’élite intellectuelle de cette République nommée « Algérie » ! Qu’à la veille de chaque élection présidentielle où ils craignent de ne pas être réélus, ils imposent un mandat sans urnes ! Et qu’ils fassent de même à chaque fois qu’ils risquent, au cas d’une non-réélection, de se retrouver devant la Justice ! Si N. Sarkozy, vu tous ses soucis judiciaires, avait été informé de cette rupture épistémologique réalisée par le syndicaliste algérien (dès juin 2010), il aurait probablement –en avril 2012- décrété le concept du « Deux quinquennats en un » !
Après avoir réussi à pousser juin 2010 jusqu’en juin 2013, rien n’est plus normal que le fait qu’un Dirigeant élu organise une élection pour sa propre succession, sept mois après la clôture de son mandat et plus d’un mois après l’élection d’un nouveau dirigeant !
Il est peut-être temps, de se mettre à écrire  »De la démocratie au CNES » ! Une fois terminé et publié, un tel ouvrage fera, certainement, entrer le 1e nom d’un chercheur algérien dans l’histoire de la philosophie politique. En même temps, on pourra jeter aux poubelles de l’histoire intellectuelle, l’archaïque –mais toujours si dominant-  »De la démocratie en Amérique » qu’Alexis de Tocqueville fit paraitre dès 1835. Avec un peu de chance la communauté académique, au centre du monde, ne tardera pas à avouer : « Voici enfin découverte par un chercheur du syndicat algérien CNES, la boule de cristal que voici plus de cinq cents ans le célébrissime florentin, Nicolas, a cherché …en vain ! ».

 

4- Pour conclure sans rancune.
Les princes de demain dirigeront sans machiavélisme et, dans leurs cours, les courtisans seront remplacés par des savants -physiciens spécialistes du temps et chercheurs-artistes investis dans la science du marché, celle popularisée sous le nom de « marketing ».
Les derniers auront à trouver les conditions auxquelles les électeurs accorderont deux mandat (ou plus) pour le prix d’un. Les 1° s’attèleront, à la veille de chaque rendez-vous électoral, à contracter le temps, à serrer la durée (celle du mandat), à la serrer si fort qu’elle finit par se réduire à l’infinitésimal nommé « instant ». En termes plus communs, il s’agira de faire disparaitre des espaces entiers de temps, ou d’ordonner, tel Lamartine au XIX° siècle, « Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours ». C’est ce qui a été accompli lorsque le CNES a réussi à faire disparaitre la durée juin-2010 / juin-2013, et à réaliser l’élection de 2010 en 2013. La recherche pourrait aussi consister à dilater l’instant, à faire tendre l’infiniment petit (l’instantané) vers une durée de plusieurs années. Le résultat en sera le même, trois années se ramenant à une durée sans nulle épaisseur. Toutefois, le risque est grand, ici, que les chercheurs perdent tout contrôle sur ladite tendance …et que ça glisse vers l’infiniment grand -auquel cas, le n° 1 du CNES sera toujours sur Terre à l’heure du Jugement dernier.

 

Remaoun

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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