Survivre en forêt

 

Pour ceux qui n’en ont pas encore pris conscience, plus de 75% du territoire que nous habitons est strictement forestier. Parfois, un événement impromptu peut nous y circonscrire. Il est préférable de savoir comment s’y comporter, car les rencontres avec des « indiens » qui pourraient nous aider à y survivre sont, aujourd’hui, assez rares.

Il m’arrive souvent de visionner, à la télé, des reproductions d’épreuves de survie, vécues lors d’accidents de toutes sortes. On nous y raconte comment certains participants sont morts pendant que d’autres ont pu survivre à leur « épreuve ». À chaque fois, je suis étonné par le manque de pragmatisme des intervenants. Pas un seul d’entre eux ne prend conscience, lors de ces accidents, que les hommes n’ont pas seulement survécu, mais même vécu très à l’aise dans les forêts de toutes sortes, durant des millénaires.  Ce qui signifie que de se retrouver perdu en forêt n’a rien de bien catastrophique (en fait, personnellement, il me semble être plus difficile de survivre, dépourvu, dans une ville qu’en forêt).

Mais quelle que soit la situation, nos ancêtres ont toujours trouvé un moyen d’y remédier pour assurer, sinon leur bien-être, du moins, leur survie. En réalité, il existe des solutions faciles à toutes situations susceptibles de se présenter ; car elles ont toutes été expérimentées par nos prédécesseurs qui ont su y survivre facilement. Il ne suffit que de posséder quelques informations de base et de choisir la solution adéquate pour subvenir aux besoins du moment.

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Ces informations de base sont très peu nombreuses; à savoir :

1-La chaleur du corps se perd par la tête et par le cou. Pour vous tenir au chaud, lorsque vous êtes sans bouger ou lorsque la température est froide, il vous faut donc couvrir ces parties de votre corps. Un couvre-chef, sinon, un capuchon improvisé s’avère donc indispensable.

2-Vous pouvez « geler » en-deçà d’une heure, et même moins, si vous êtes trempé (e); que ce soit par la pluie ou par votre sueur. Il faut donc gérer ses efforts pour limiter la sueur.

3-La pluie peut vider votre corps de sa chaleur assez rapidement selon la saison; le seul moyen pour l’éviter est de s’abriter le mieux possible sous un arbre très feuillu ou un abri sous roche. Si vous êtes trempé (e), il faut essorer votre linge en attendant de pouvoir faire un feu. Laissez les éclairs découvrir sous quel arbre vous vous êtes caché dans la forêt; ils n’ont pas beaucoup de chance de vous trouver. Évidemment, sous un arbre seul au milieu d’une prairie, leurs chances sont meilleures; à vous de décider.

4-Vous pouvez survivre assez facilement pendant quelques semaines sans absorber de nourriture, du moment que vous avez de l’eau à votre disposition. Et pour ne pas pouvoir trouver de nourriture en forêt, pendant toute une semaine, il faut s’y dédier avec détermination. Le manque de nourriture n’est donc pas un problème immédiat lors de l’accident. Par contre, les blessures, s’il y en a, sont à être soignées rapidement selon les moyens à notre disposition. Les saignements doivent être arrêtés le plus rapidement possible et la plaie nettoyée et protégée des moustiques. On peut très bien se servir de mousse ou de feuilles d’arbre (et non de fougères) mélangée à de la glaise si on n’a rien d’autre. Si les moustiques nous « mangent », de la glaise répandue sur la peau exposée protège assez bien.

Il découle de ces informations, qu’au moment de la prise de conscience de la situation critique où l’on se retrouve, la première chose à faire est de choisir un emplacement acceptable (le plus possible à l’abri du vent du nord et, s’il vous plaît, pas dans un creux de terrain où l’eau de pluie peut s’accumuler) et de se faire un feu pour garantir la chaleur indispensable à la survie. Il faut ramasser une assez grande provision de bois pour entretenir le feu de camp durant 24 heures. Si nous sommes sans armes, toute « perche » droite et rigide d’environ deux mètres doit être mise de côté pour y faire une pointe avec le feu; en avoir cinq ou six n’est pas un excès. Toute tige solide ayant un gros bout, pouvant servir de massue, doit également être mise de côté. Ce sont des « armes » qui ont très bien servi aux primitifs et qui peuvent encore s’avérer nécessaires. Un bout de tissu résistant, attaché à deux longueurs de « corde » de soixante centimètres, s’avère être une fronde efficace pour le petit gibier, si vous savez la manier. Avec la pratique vous y parviendrez rapidement.

Pour faire votre feu, il vous faut creuser le sol non rocheux, d’environ un pied sur un assez grand diamètre et couvrir le fond de pierres les plus plates possible. Si vous disposez de gravier ou de sable, en couvrir le fond avant de mettre les pierres. Certains sous-sols sont très végétatifs et peuvent brûler en profondeur durant la nuit; surtout si vous êtes sur une île. Il est préférable de faire un muret de pierre autour du trou à partir du fond (si on n’a pu creuser, on installe le tout en surface). L’avantage de faire un feu le plus tôt possible est de faire disparaître le stress qui aurait pu s’installer dans notre esprit. Un feu de camp bien fait est, inconsciemment, très sécurisant. De plus, cela nous permets de nous asseoir et réfléchir posément et pragmatiquement  à notre situation. Une chose est certaine; c’est que, où que vous soyez en forêt, le paysage est magnifique. Les arbres, les rochers, les fleurs, les broussailles, sont toujours beaux; même sous la pluie ou la neige.   Il est important de le constater rapidement lors d’une telle épreuve. C’est encore une question de fortifier son moral. Ce constat établi, certaines autres questions très importantes doivent être, maintenant, abordées, assis devant le feu. Et ce, que l’on soit seul ou en groupe.

1-Combien de temps nous reste-t-il avant la tombée de la nuit?

2-Qu’avons-nous comme inventaire à notre disposition?

3-Où sont les quatre points cardinaux?

La réponse à la première question nous indique combien de temps nous disposons pour nous faire un abri. Évidemment, si vous avez un canot, le problème est assez simple. Le canot renversé face à un feu, devant un gros rocher qui nous abrite du vent « nordais », est un excellent abri. On peut s’étendre dessous, les pieds en direction du feu de camp placé entre le rocher et le canot et dormir très à l’aise. Sans canot, si vous n’avez pas un muret derrière vous, le feu vous sera insupportable en façade et vous gèlerez dans le dos. L’hiver, il faut creuser la neige, se construire un abri de branchages (si l’épaisseur de la neige est suffisante, simplement ajouter un toit de branches de sapin), toujours devant un gros rocher, en laissant suffisamment d’espace pour y placer notre feu de camp devant l’entrée de l’abri, mais plus près du rocher (assurez-vous qu’il n’y a pas de neige au-dessus du feu; sa chute l’éteindrait d’un seul coup). La chaleur sera ainsi réverbérée par le rocher vers l’abri et la fumée s’élèvera le long du rocher. Ne pas oublier de renforcer les murs de neige qui vous entourent avec des branches de sapin. S’il neige, installer un support traversant le toit de branches pour éviter l’affaissement sous le poids de la neige qui tombera durant la nuit.

Il va sans dire que lors d’un voyage en forêt (où au-dessus d’une forêt), même un non-fumeur devrait avoir en poche un briquet (ou des allumettes) placé dans un contenant étanche; sinon faire un feu devient une corvée assez difficile, mais tout de même possible par ceux qui possèdent une expertise suffisante.

-La réponse à la deuxième question nous permettra de déterminer les outils à notre disposition pour bien nous installer. En fait, si nous disposons d’un moyen pour faire du feu et que nous pouvons couvrir notre tête, nous sommes déjà en très bonne position. L’inventaire que nous possédons devra nous permettre, surtout, de nous assurer de trouver de la nourriture. Si notre situation actuelle est le résultat d’une expédition en forêt, il serait inconcevable de ne pas avoir en poche un rouleau de fil de laiton. Personne ne devrait se diriger vers une forêt s’en se prémunir de cet article. En fait, avant de s’aventurer en forêt, une personne tant soit peu intelligente, devrait se préparer une trousse de survie contenant un rouleau de fil de laiton, allumettes étanches, rouleau de fil à pêche solide avec, au moins, un hameçon, un canif et une couverture en papier d’aluminium vendue pour la survie. Si la trousse contenant ces articles peut servir de récipient, c’est d’autant mieux. Il s’agit d’une  simple petite trousse, étanche si possible, que l’on suspend à sa ceinture. Si cela vous gêne d’en parler, personne ne la remarquera. J’en ai toujours eu une de prête à la maison parce que j’aime souvent me promener en forêt. J’ai toujours la même, depuis plusieurs dizaines d’années.  Avec une telle trousse à sa disposition, la survie en forêt devient, pratiquement, une partie de plaisir.

La réponse à la troisième question est en prévision d’installer le campement dos au nord et d’avoir à se déplacer. Il est important de connaître l’orientation de nos déplacements pour pouvoir revenir au point de départ lors d’une virée « aux alentours ». Nous savons tous que le Soleil se lève à l’est; mais peux savent que si le croissant de lune se lève avant le coucher du soleil, son côté lumineux fait face à l’ouest. Si elle n’apparaît qu’après minuit, le côté lumineux fait face à l’est. On sait, également, que l’étoile polaire est au nord; donc apprendre rapidement à trouver cette étoile dans le ciel pourrait servir à l’occasion; alors pourquoi s’en priver? Lors d’une « virée », il est indispensable de s’installer des repaires indiquant toujours la même direction (flèche aller ou retour) que l’on élimine lors du retour. Si vous ne les enlevez pas, vous serez assez embrouillés pour revenir, après trois ou quatre randonnées dans « votre » domaine temporaire.

Comme vous pouvez le constater, il n’a pas encore été question, ici, d’être retrouvé par ceux qui pourraient nous chercher. Ce qui est assez logique, puisque ce sont eux, et non nous, qui ont à chercher. Donc, à chacun son métier et les chèvres de M. Seguin seront bien gardées.

Lorsque la chaleur et l’abri nous est assurée, il est temps de préparer un brasier pour obtenir beaucoup de fumée signalant notre position lorsque cela deviendra nécessaire. Il faut évidemment choisir un endroit qui ne mettra pas le feu à la forêt. Précisons que nous n’avons jamais à « courir ailleurs» pour trouver un site propice à un hélicoptère; puisque celles-ci sont équipées pour accéder, soit par atterrissage ou avec un câble, à tout endroit où nous pourrions nous trouver. Encore une fois, à chacun ses responsabilités. Si le temps nous le permet, il faut aller tendre quelques collets à lièvres aux endroits qui nous semblent propices; mais on doit revenir au camp avant la noirceur.

Une méthode simple existe pour calculer le temps qu’il reste avant la nuit : placez vos deux mains, en repliant les pouces, entre la ligne d’horizon et le soleil. Il suffit alors de compter combien de doigts les séparent. Une main correspond à une heure, donc, un doigt à 15 minutes. Si vous avez moins de deux heures avant le coucher du soleil, il est temps de commencer à construire un abri pour la nuit. Si vous avez plus de deux heures, il vous faudra les mains de quelqu’un d’autre pour connaître la durée exacte qu’il vous reste.

Si jamais vous devez vous fabriquer une corde, l’écorce de tilleul (bois blanc qui est lisse), coupée en lainière et tressée très serrée à la manière d’une tresse de cheveux (trois brins) fera merveille.

Aussitôt le soleil couché, cela ne sert à rien de s’éloigner. Assis près du feu de camp, il est important, maintenant, d’ouvrir nos oreilles. Tout comme avec les yeux qui « analysent » les environs lorsqu’on y voit clair, les oreilles doivent servir à « analyser » notre environnement et la noirceur est le moment le plus propice pour s’y mettre. On peut glaner énormément d’informations, le soir, avec nos oreilles. Le bruit de poissons qui sautent dans l’eau, le croassement des grenouilles, le bruit « infernal » des écureuils qui courent dans les feuilles, la chute d’un arbre grugé par un castor, etc. Tous ces bruits nous indiquent la nourriture disponible autour de nous, même si nous sommes sans arme. S’il n’y a aucun bruit, garder votre massue et vos lances à portée de la main; car ce n’est pas du tout normal.

La nuit sera difficile si vous ne préparez pas votre « couche » adéquatement. Il ne suffit que d’étendre une bonne épaisseur de « sapinage » (sans grosses branches) qui vous coupera de l’humidité du sol. Si vous disposez de quelque chose pour vous couvrir, vous serez bien pour dormir; surtout si vous avez pris la précaution d’enlever vos vêtements et de vous asperger d’eau froide en vous frictionnant énergiquement et vous asséchant près du feu avant de vous rhabiller. Le moment du « mouillage » est un peu difficile mais vous sera mille fois bénéfique pour la durée de la nuit; s’en priver est une erreur grave si vous voulez vous réveiller dispos et mentalement apte, le lendemain matin.

Il faut se couvrir la tête et le cou avant de s’endormir sous l’abri, les pieds dirigés vers le feu. Avant de fermer les yeux, il est indispensable de bien se convaincre de ne jamais faire un seul mouvement sans prévoir un accident; car si on se blesse, même d’une simple foulure, la survie est très contrariée. Toute action non réfléchie et mal planifiée peut devenir fatale. On s’obligera également à ménager son énergie. Restons toujours calme et posé dans nos actions puisque, pour une fois dans notre vie, rien ne presse vraiment. Nous attendons simplement du secours ou nous prenons le temps nécessaire pour planifier ce qui nous sortira de la situation.

Au réveil il est important de réactiver le feu. Après avoir bu de l’eau que l’on a fait bouillir si cela est possible, on prend notre massue et quelques « lances » que nous avons fabriquées et on part lever nos collets à lièvre ou en installer d’autres ailleurs. Dépendamment de la saison, le « trappage » s’avérera bon ou mauvais. Si la chance ne nous sourit pas, ce n’est pas très grave. Nous devons alors orienter notre traque de nourriture vers les bruits que nous avons entendus la veille; surtout si nous avons entendu des grenouilles qui sont très facile à capturer. Je vous conseille de vous limiter à n’en manger que les cuisses; je n’ai jamais eu à manger une autre partie de la grenouille et je ne crois pas que je l’aurais fait de toute façon. Les crapauds, je n’y ai jamais touché et faites comme moi; c’est préférable.

Une autre nourriture qui est assez abondante en forêt est le champignon. Je vous conseille d’apprendre à reconnaître au moins, les « bolets » qui sont faciles à trouver et reconnaître. Ils sont tous comestibles. Les meilleurs au goût se trouvent sous les conifères. Évidemment, avant de consommer un champignon, il faut vérifier si sa chair n’est pas « habitée » par des « intrus », même si le champignon que l’on a cueilli n’est pas « vieux ». La chair se trouve entre la « pelure » et la partie qui ressemble à de l’éponge chez les bolets et les lamelles chez les autres champignons. Ne consommez que les champignons que vous connaissez parfaitement; il n’est pas question de « prendre aucune chance » avec des champignons. Par contre, vu leur quantité importante en forêt, il est sage d’apprendre, aujourd’hui même, à reconnaître ces bolets. Vous pouvez même en ramasser et les goûter, à la maison, cuits avec du beurre dans la poêle. La majorité d’entre eux sont délicieux. On peut également se faire du « thé » avec des aiguilles de sapin. Cela manque un peu de sucre, j’en conviens; mais c’est assez bon. À noter qu’un contenant en écorce de bouleau rempli d’eau ne brûle pas au-dessus du feu et peut servir à la faire bouillir.

Si vous avez la chance de trouver des « vesses de loup » qui ont poussée durant la nuit, alors là, vous allez vous régaler. La vesse de loup est une boule blanche plus ou moins grosse. Ce champignon est comestible aussi longtemps que sa chair est blanche et solide. Assez rapidement (quelques jours) cette chair se transforme en poussière. Si vous en trouvez qui « explosent » au toucher, ce n’est pas la peine de les ramasser; mais vérifiez s’il n’y aurait pas de « nouveau-nés » dans la région. Elles viennent de toutes les grosseurs et il faut enlever la « pelure » avant de consommer.

Ne mangez que les baies que vous connaissez très bien; mais en cas de forces majeures, sachez  que la moitié des baies rouges sont vénéneuses, alors que les baies bleues ou noires sont généralement comestibles. En cas de doute, n’en mangez qu’une toute petite bouchée pour vérifier. Deux heures sont suffisante pour savoir. Si vous avez toujours des doutes n’en consommez pas.

L’écorce intérieure d’un arbre, la couche qui touche au bois, peut être mangée, crue ou cuite. Vous pouvez même faire de la farine avec l’écorce interne du bouleau, du saule, du pin et de diverses variétés de peupliers. L’écorce du pin est riche en vitamine C. Après avoir enlevé l’écorce externe, décoller l’écorce interne collées au tronc. On peut la manger fraîche, séchée, cuite ou réduite en farine. J’ajoute que la racine de quenouille est bonne à manger. Vous enlevez l’écorce de la racine, le blanc intérieur est ce qui est comestible; cru ou cuit.

À noter que le bouleau donne une sève abondante et désaltérante. S’il n’y a pas d’eau dans les environs, briser une branche de bouleau peut vous fournir à boire amplement de la sève qui est pure. Le bout brisé de la branche rattachée à l’arbre, coulera comme une champlure mal fermée. La sève des conifères est également comestible, soit en infusion ou en mâchant la « gomme » arrachée de l’écorce de l’arbre. Limitez-vous, par contre, à l’épinette, le pin ou le sapin. Mieux vaut, cependant, ne pas en abuser en une seule fois. À noter que l’If est toxique.

Il est évident pour tous que les limaces et les escargots sous les arbres tombés, sont comestibles; il ne s’agit que de se décider d’en consommer. Les escargots sont délicieux; quant aux autres, je vous les laisse si vous les voulez. À noter que les sauterelles sont également comestibles. En fait, elles sont délicieuses, croustillantes, rôties dans l’huile; bouillies dans l’eau, elles sont « mangeables ». Crues, essayez-les vous-mêmes.

Les perdrix sont faciles à capturer avec un collet attaché au bout d’une perche. Elles ne s’enfuient jamais loin et lorsqu’elles se cachent, la plupart du temps, elles ne bougent plus même si on s’en approche de très près. Vous comprendrez pourquoi lorsque vous la chercherez là où vous l’avez bien vu se cacher. Vous aurez de la difficulté à la voir même si elle est devant vos yeux, tellement son camouflage naturel est efficace.

Il faut se rappeler que lorsqu’on mange en survie, il est préférable de toujours manger en petite quantité, pour ne pas avoir de problème gastro-intestinal.

Si vous n’avez rien pour vous couvrir durant votre sommeil, de grandes écorces de gros  bouleaux, « attendries » au moyen d’un gourdin sur une bûche qui sert d’enclume, feront assez bien l’affaire. On peut également se servir de feuilles mortes et d’épines de conifères si on parvient à en faire sécher suffisamment; car elles sont toujours imbibées d’humidité.

Si, par malheur, on n’a pas de feu, on peut se fabriquer une « cache » adéquate assez facilement. On choisit une longue tige d’arbre rigide, de plus de deux mètres, que l’on soulève d’environ deux pieds (65 centimètres) à un seul bout en gardant un espace d’accès. Deux fourches inclinées pour supporter le bout de la tige font l’affaire. On couvre alors le sol, sous la tige, de petites branches de sapin. Ensuite on referme les côtés, le long de la perche, avec des bouts de branches sèches, de longueurs appropriées, appuyés le long de la perche, côte à côte, en laissant une largeur d’au moins deux pieds entre les bases des branches qui se font face au sol. Pour terminer le tout, il ne suffit que de couvrir l’ensemble de feuilles mortes et d’aiguilles de conifères d’une épaisseur d’environ un pied (30 centimètres). Si le vent menace, on recouvre le tout de branches de sapin. La partie soulevée de la grande perche est l’entrée de la « cache ». On y apporte un bon tas de feuilles suffisant pour boucher l’entrée une fois qu’on s’y est installé les pieds au fond. L’air de notre respiration suffit amplement à garder une température adéquate à l’intérieur du « dortoir » improvisé. Le lendemain il vous faudra trouver un moyen de faire du feu. Je vous conseille d’en apprendre une tecthnique avant d’en avoir besoin. Sinon la « cache » sera votre « nid douillet » durant toute votre « épreuve ».

Pour prendre du poisson, vous n’avez qu’à choisir une branche flexible d’arbrisseau poussant près de la rive, qui surplombe l’eau. Il suffit d’y attacher solidement (au bout et non au pied) votre ligne hameçonnée et lancer l’appât dans l’eau. Vérifiez à tous les matins ce qui se trouve au bout de la ligne. Aucun poisson ne pourra déraciner votre « canne à pêche ». Si vous disposez de plusieurs hameçons installez autant de lignes. Attacher un « flotteur » à la ligne est préférable. Cela empêche l’appât de descendre jusqu’au fond.

Si vous avez la chance de voir des « ailerons » de poisson se promenant au fil de l’eau, n’hésitez pas, ce sont des esturgeons. Entrez doucement dans l’eau et aller vous installer parmi eux. Ils ne fuiront pas. Lorsqu’un poisson viendra passer entre vos genoux, vous n’avez qu’à l’attraper et le lancer sur la berge. Assurez-vous, cependant, qu’ils ne sont pas trop gros car si c’est le cas, vous avez un combat très humide en vue. Capturez-en plusieurs (4 ou 5) car le lendemain ils ne seront plus là. Faites « fumer » le surplus pour le conserver.

Avec ces données vous parviendrez à survivre facilement en forêt. Vous pourrez même, probablement, recevoir adéquatement ceux qui viendront vous délivrer de « leur propres » cauchemars; en souhaitant qu’ils ont apporté du café.

Amicalement

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

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  1. avatar

    Et c’est reparti pour les thèses survivalistes…

    c’est quoi cette manie de laisser croire que l’humanité en est à ce point ?

    Car sous-jacent à ça, il y a bel et bien une notion de chacun pour soi : ce n’est pas un hasard si TOUS les survivalistes sont aussi des fachos en puissance, tous marqués extrême droite…

    on n’a pas besoin d’affoler les gens et de leur laisser croire que c’est comme ça qu’ils devront faire un jour : aux USA, il y a plein de maisons abandonnées avec dedans des bunkers remplis de poudre de lait ou de munitions : ils n’ont jamais servi, les russes n’ont jamais envahi les USA..

    Alors de grâce, non; sus à ces textes qui cherchent à faire croire que c’est INELUCTABLE.

    « Il m’arrive souvent de visionner, à la télé, des reproductions d’épreuves de survie, vécues lors d’accidents de toutes sortes. On nous y raconte comment certains participants sont morts pendant que d’autres ont pu survivre à leur « épreuve » »

    vous êtes donc bien embarqué dans leur DELIRE de « MOI seul je m’en sortirai ». Au lieu de se faire avoir par cette pensée malsaine, vous auriez pu penser avec deux sous de jugeote de plus que c’est ENSEMBLE qu’on s’en sort, et non en laissant derrière-soi des laisser-pour-compte… vous ne vous êtes même pas aperçu que vous devenez ainsi le chantre du chacun pour soi !!!! ce qui est bel et bien fascisant !!!

    vous venez de vous faire avoir et embarquer par une idéologie malsaine, tout simplement !!!

    relisez donc tout ça:
    http://ici.radio-canada.ca/regions/dossiers/2015/dans-la-tete-des-survivalistes/

    et vous tomberez aussi sur cet abruti-là :

    http://lesurvivaliste.blogspot.fr/2011/04/les-munitions-du-survivaliste.html

    et ça
    http://lesurvivaliste.blogspot.fr/p/le-stage.html

    et cet autre crétin des alpages :

    http://davidmanise.com
    https://www.stages-survie-ceets.org

    apprenez donc plutôt à ne pas vous perdre dans votre programme de télé avant de sortir en forêt…. et évitez les programmes fascisants, svp…

    • avatar

      Autant mettre un bémol car la notion de survivalisme n’est pas la même pour tous. On en a fait une mode bien qu’en plusieurs endroits, elle soit très peu pertinente.

      Il faut par contre savoir qu’au Canada par exemple, le développement se fait essentiellement au nord depuis 3 ou 4 ans. On parle de régions à peine structurées (routes, habitats, services publics presque inexistants à part quelques lieux de fortune construits au milieu de nulle part) et dès que l’on quitte les régions habitées qui se sont développées jusqu’à aujourd’hui (majoritairement celles au sud du pays), on doit composer avec un environnement essentiellement fait de vastes territoires forestiers (possiblement 80% du pays). C’est le cas pour le Nord du Québec, de l’Ontario, pour le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest mais aussi pour l’Alaska qui est enclavé au nord, vers qui de plus en plus de travailleurs convergent, bien que les conditions de vie soient complètement différentes et surtout difficiles. On parle de nature sauvage et pas de boisés. J’imagine qu’il vaut mieux s’y rendre en ayant quelques notions de survie en forêt. Le bus ne passe pas souvent:)

      Bonne journée!

  2. avatar

    Pourtant j’ai bien écris: « Parfois, un événement impromptu peut nous y circonscrire. » Il n’est donc pas du tout question d’un avenir irréductible pour tous.

    C’est quoi ton élucubration de voyageur en métro? Si jamais tu visites autre chose qu’une ville, il se peut que tu te retrouves en forêt et, crois-le ou non, tu pourrais t’y perdre. Relis mon article et tu sauras alors te débrouiller; par contre je plains ceux qui seront coincé avec toi; ils auront beaucoup de difficulté à s’en sortir. Parce qu’alors tu agiras exactement comme tu écris: « C’est moi qui ai toujours raison ». De là a arriver à ton « MOI seul je m’en sortirai « , il n’y a qu’un demi-pas.

    Si tu n’as pas remarqué, ce n’est pas une « thèse survivaliste » comme tu l’entends entre tes deux oreilles; ce sont simplement des conseils qui pourraient dépanner quelqu’un dans une telle situation. Comme par exemple, si tu te retrouvais dans l’un des multiples avions que tu décris s’être écrasé.

    « Car sous-jacent à ça, il y a bel et bien une notion de chacun pour soi : ce n’est pas un hasard si TOUS les survivalistes sont aussi des fachos en puissance, tous marqués extrême droite… »

    « Sous-jacent » signale simplement que c’est ce que tu trouves dans ton esprit comme « interprétation ». La réalité est que tu n’auras jamais le cran d’être aussi « à gauche » que moi. J’ai déjà rencontré des gens qui disent n’importe quoi, mais tu bats quatre As!

    Ceci dit; merci de m’avoir lu.

  3. avatar

    La réalité est que tu n’auras jamais le cran d’être aussi « à gauche » que moi.

    ah ah ah : t’en as une autre, dans le même genre ???

    Je le répète : d’écrire que « Il m’arrive souvent de visionner, à la télé, des reproductions d’épreuves de survie, vécues lors d’accidents de toutes sortes,  » est bien le fait de thèses survivalistes entretenues. J’ai même cité deux noms. ET elles sont bien INDIVIDUELLES et non collectives.

    T’est un marrant dans ton genre, l’homme des bois….

  4. avatar

    Il est vrai que de penser que la raison pourquoi j’ai écris cet article, pourrait être d’éventuellement aidé quelqu’un à se sortir du pétrin, peut difficilement effleurer votre esprit. Ce n’est pas du ressort de votre genre de « gauche ». Il ne me reste qu’à vous souhaiter que cette situation ne se présente jamais pour vous. Afin que vous puissiez continuer à vous marrer. J’espère que vous saisissez que cela m’importe assez peu; mais cela devrait vous être également très difficile à saisir, faisant partie d’un univers « spécial », qui possède une centre.

  5. avatar

    Ne tentez même pas de me faire passer pour quelqu’un qui n’a pas le souci des autres, mon vieux : c’est mesquin et ça révèle surtout un état d’esprit tortueux chez vous.

    Vous qui réfléchissez tant aux astres, vous pensez sincèrement qu’un gars qui part en excursion dans vos immenses forêts y va comme ça, les mains dans les poches ? Allons allons, faites-donc marcher votre cervelle ! Et reconnaissez au moins que vous regardez des reportages survivalistes. D’aucuns ne reconnaissent pas regarder des films cochons sur le net, vous ce sont les fêlés armés qui vous disent tout sur comment survivre en cas d’attaque nucléaire, en commençant par vous expliquer comment attraper les poissons à main nue. Ce que vous avez fait aussi ici, tiens quel hasard. Allez, y’a pas de honte, on vous pardonne vous mauvaises lectures …. !!!

    à part ça, j’ai du mal à comprendre votre féminin là  » faisant partie d’un univers « spécial », qui possède une centre. » Si c’est mon nombril, il est masculin. Comme moi je le suis aussi, d’ailleurs. Ah oui j’oubliais : j’ai été très surpris pour un fan d’astronomie de ne rien lire sur l’orientation la nuit par les astres, mais bon, comme vous semblez débuter dans la perdition en forêt… et semblez ma foi assez… déboussolé, je vous pardonne une deuxième fois… prenez avec vous la prochaine fois de la mie de pain (sur la neige ça ne marche pas très bien, je suis d’accord !) : il y en a que ça a aidé, il paraît, pour rentrer à la maison. Vivant. Ou survivant, si vous préférez…

    https://www.youtube.com/watch?v=U97KUKM9Nuc

  6. avatar

    ajh je n’avais pas bien noté : « La pluie peut vider votre corps de sa chaleur assez rapidement selon la saison; le seul moyen pour l’éviter est de s’abriter le mieux possible sous un arbre très feuillu ou un abri sous roche. Si vous êtes trempé (e), il faut essorer votre linge en attendant de pouvoir faire un feu. Laissez les éclairs découvrir sous quel arbre vous vous êtes caché dans la forêt »;

    donc si je vous suis, quand il fait de l’orage, vous conseillez de se réfugier sous un arbre ?

    je pense que l’astronomie ou la physique sont des domaines que vous dominez mieux…

    http://papadismoi.fr/449-pourquoi-il-ne-faut-pas-etre-sous-un-arbre-lors-dun-orage

    • avatar

      Ghostofmomo@ C’est le monsieur qui est expert en armement Russe? Celui qui sait tout sur tout!
      Et anti survivaliste, aussi! Quel plaisir de rencontrer un imbécile aussi « expert » et gauchiste à ses dires.
      Sans un personnage de cette classe, on s’ennuierait!

  7. avatar

    🙂

    Merci pour tout. Vous êtes impayable.

  8. avatar

    De même, j’adore vos articles farfelus.

  9. avatar

    Merci André! Très bon article. Pour ceux qui connaissent les dangers en forêt… Je n’ai rien d’autre à « plusser » 🙂