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18 octobre 2011 |
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vu 233 fois Les Notes de Sutton sont rédigées par Christian Lamontagne.
La semaine dernière, Der Spiegel, le plus grand journal allemand, annonçait que plusieurs États allemands utilisaient un «cheval de Troie» présumément illégal, c’est-à-dire violant les dispositions de la Constitution allemande, pour espionner des personnes soupçonnées d’activités criminelles. Le petit programme introduit subrepticement sur les ordinateurs ciblés permettait à la police de tout savoir de ce que consultaient et disaient les suspects par le truchement d’internet. Le programme permettait également de «planter» des fichiers sur l’ordinateur ciblé, autrement dit d’introduire des «preuves» d’activités criminelles. Sophistication ultime, le cheval de Troie permettait même aux enquêteurs d’utiliser la caméra et le micro de l’application Skype pour vous entendre et vous voir en temps réel.
Les révélations qui ont suivi ont permis d’apprendre que le programme avait conduit à l’incarcération d’un homme utilisant des stéroïdes anabolisants pour augmenter sa masse musculaire. Comme petit poisson insignifiant, difficile de trouver mieux. On imagine plutôt que ce genre de programme vise essentiellement les extrémistes de tout poil et les caïds de la mafia. Mais ça n’a pas l’air d’être aussi efficace auprès de ces gens-là.
Il vaut la peine de lire les trois articles de Der Spiegel, mis en lien à la fin de l’article. En faisant un peu de recherche, si vous êtes capable d’y comprendre quelque chose, vous pourrez même avoir accès au code complet du cheval de Troie.
Mais toute cette histoire, qui secoue le gouvernement allemand, ne fait que révéler ce dont sont techniquement capables les agences de surveillance de la sécurité nationale.
Les Américains, qui n’ont pas hésité à légitimer la torture pour obtenir des renseignements de la part des personnes soupçonnées ou liées au terrorisme, ne doivent pas avoir beaucoup de scrupules à utiliser ce genre de programmes non plus. Imaginez les Israéliens, les Chinois, les Russes… et le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) qui permet au gouvernement de détenir des gens sans procès durant des années, sans même qu’ils sachent précisément ce qu’on leur reproche.
Les commentateurs allemands semblent assez unanimes: l’utilisation de ce type de programmes, équivalent actualisé de l’antique écoute des lignes téléphoniques, doit être strictement encadrée. Car si on ne l’a pas encore compris, Big Brother peut surveiller ses citoyens de toutes les manières possibles. Et plus les moyens sont puissants, plus il est absolument indispensable, pour les utiliser, d’avoir des règles claires, connues et strictement appliquées. Sinon, c’est la démocratie même qui risque d’en souffrir un jour.
Les valeureux députés québécois à la Chambre des communes seraient bien avisés de poser quelques questions au gouvernement et d’insister pour qu’une loi définisse clairement les balises de la surveillance électronique.
Pour en savoir plus:
Der Spiegel, international edition
10 octobre 2011 – Electronic Surveillance Scandal Hits Germany
12 octobre 2011 - Merkel’s Cabinet in Spat over Trojan Horse Program
17 octobre 2011 – The Shady Past of Germany’s Spyware
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