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Sur notre ??civilisation?? qu?b?coise?

chateaufrontenac - CP

Le Ch?teau Frontenac, construit en 1897 par un architecte am?ricain et qu?on prend pour un ch?teau fran?ais?

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YSENGRIMUS?? Une civilisation fond?e sur son patrimoine agricole, ruraliste et cl?ricaliste, ghettois?e dans un dispositif socio-?conomique et colonial o? l?agriculture n?a jamais ?t? un secteur ?conomique porteur, engendre in?vitablement le type de sentiment mi-mis?rabiliste mi-triomphaliste qui semble l?affectation la plus in?vitable de nos compatriotes. Avec nos pommes de terres et violonistes irlandais, nos giques ?cossaises, notre parlementarisme et notre cheddar anglais, nous prouvons que la civilisation fran?aise n?est en rien une humeur transcendante, et peut se contenter de devenir la lie d?une culture de r?sistance plus apte ? d?river vers le populisme que vers le socialisme, au moment de sa phase d?urbanisation. La France sans r?publique, l?Angleterre sans marine, le presbyt?re sans biblioth?que, la plaine ? fourrage recouverte de neige.

Oh, on essaie bien d?avoir nos villes bien ? nous, notre folklore urbain. Voyez la ville de Qu?bec. Voyez son Ch?teau Frontenac, construit en 1897 par un architecte am?ricain, dans un style qui foisonna sur toute l?Am?rique du Nord ? l??poque, mais qu?on prend envers et contre tous pour un ch?teau fran?ais. Et admirez ses remparts, qu?on prend pour des remparts fran?ais aussi mais qui furent ?rig?s par les Britanniques en 1775, par peur de la R?volution Am?ricaine (le vieux mur fran?ais fut d?truit apr?s la Conqu?te ? il n?en reste rien). Et visitez le restaurant LES ANCIENS CANADIENS, qui sert une nourriture chic gorg?e de faux folklore mais qui a la pure beaut? simple d??tre situ? dans une des derni?res vraies maisons datant du R?gime Fran?ais encore debout (le reste des si belles maisons du vieux Qu?bec est britannique ? eh oui). D?ailleurs, pendant tout le 19i?me si?cle, Qu?bec ?tait une ville de garnison ? majorit? anglophone (vous avez bien lu). C?est seulement vers 1870 que les canadiens-fran?ais descendant des campagnes invers?rent le rapport d?mographique de cette ville portuaire, ville ouverte o?, on l?a vu encore lors des c?r?monies de son ci-devant 400i?me anniversaire, l?arm?e d?occupation peut parader quand bon lui semble. Pas ? dire, on revient de loin? Enfin bref, la ville de Qu?bec est bel et bien un de nos traits civilisationnels forts, parce que c?est l?un dans l?autre un espace r?appropri?, reconquis, le t?moignage de la survivance qui s?enrichit de son h?ritage lancinant, parfois peu avouable ? ses fantasmes pr?sents, m?me en les d?formant un peu des fois? ?a aussi, c?est le mythe et la force du mythe dont se sustente une ??civilisation???

On cite bien, comme trait ??civilisationnel??, notre tr?s grande sagesse antireligieuse contemporaine, vraie et effective au demeurant. Il faudrait pourtant se donner les moyens d?observer de quoi elle sort? Le clerg? fut, surtout de 1840 ? 1960, le relai servile de l?occupant anglais. L?ath?isme militant qu?b?cois, pour reprendre certaines formulation en vogue, est aussi une sorte de mat?rialisme philosophique au ras des mottes, en ce sens qu?il plonge ses racine dans un anticl?ricalisme dont la cuisante virulence ?chappe ? maint citoyens de pays souverains. Le cl?ricalisme compradore qu?b?cois a cherch? ? perp?tuer l?id?e mensong?re qu?il ?tait ??gardien?? d?une foi foutue et d?une langue qui, elle, a surv?cu. Ce qui fit ce qui fut, c?est simplement l?explosion d?mographique due ? des conditions socio-?conomiques similaires ? celles du tiers monde et ? la circonscription, par l?occupant, des qu?b?cois sur un territoire restreint (vall?e du Saint Laurent) et dans un secteur socio-?conomique paup?risant (agriculture ? trop pauvre pour payer son propre prol?tariat agricole, il fallait le procr?er). Charpente intime, conservatrice et r?actionnaire de ce cadre colonial en capilotade, l??glise fut lamin?e avec, quand il s?effondra, et sa camelote spirituelle tomba avec elle, quand cette population, dense, concert?e et homog?ne par pur artefact colonial, entra, ? la presse car fort en retard, dans la modernit?. Oh, que oui?

Oh, on essaie bien d?avoir des auteurs bien ? nous. Des tr?fles aussi pesants que prolixes comme -par exemple- le glauque et tendancieux Victor L?vy Beaulieu, qui, de nos jour, d?bloque plus souvent qu?? son tour. Pour parler franchement, j?ai lu seulement un de ses romans: LES GRANDS-P?RES. Une estie de platitude foireuse qui se passait ch?puquand sur une vieille ferme branlante, avec de la zoophilie et de la d?ch?ance dans tous les racoins. Phrases interminables, gros vasage, longues parenth?ses niaisantes dont certaines m?me pas ferm?es. ?a va pas passer ? l?Histoire ce genre de verbiage auto-?dit?. Le m?rite d??diteur de ce gogo d?passe de loin son m?rite d?auteur, justement, en fait. J?ai bien aim? son feuilleton MONTREAL P.Q., par contre? si c?est lui qui l?a vraiment faite? Oh et, en y repensant, il y avait bien aussi un court essai intitul? MOMAN, POPA, L?JOUAL PIS MO? publi? sous forme d?article ch?puo? du temps de la Querelle du Joual. Pas mal du tout, un essai en joual, pensez-vous? Contenu un peu creux mais passablement hurlant ? lire. Civilisationnel en diable? Parlant, pour tout dire? Bien tartin?, dans le genre Joual en r?volte au ton infantile. Bien exempt des inepties racistes qu?il d?gobilla par la suite. Du temps qu?il avait de quoi ? dire, en gros. Enfin toutes ces merveilles ? prendre de fort haut?

Au moins -cependant, il faut le dire- nous avons un peintre: un certain Paul-?mile Borduas, dont j?ai vu un jour une ?uvre intitul?e L??TANG RECOUVERT DE GIVRE. C??tait ailleurs, dans le mus?e continental quelconque qui l?avait pill?e? Saisissant. Il y a de l?art am?ricain l?-dedans ou je m?y trompe. Nous avons aussi, l?un dans l?autre, un roman. Il s?intitule L?AVAL?E DES AVAL?ES et est de R?jean Ducharme. Sublime et, c?est le cas de le dire: unique.

Fak comme, la charte des ??d?valeurs?? de t??a, j?vous d?mande un peu?

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    Pour le Château Frontenac; terminé en 1893 (et non 1897) l’architecte Bruce Price a utilisé les plans originaux de l’architecte Eugène-Étienne Taché inspirés des châteaux français du XIVe siècle par ses tours rondes, style français dit « historiciste (merci Demian West)» exigé par le Canadien Pacifique spécialement pour Québec, ville francophone. La tour centrale rajoutée plus tard est aussi d’inspiration française historiciste imitant la grande tour du château de l’Isle Savary (France) ayant appartenu à Louis de Buade comte de Frontenac. Et les ouvriers étaient pour la très grande majorité des francophones de la ville de Québec, les pierres venant des carrières de Beauport.

    [caption id="" align="aligncenter" width="612" caption="Château Frontenac vers 1895"]Château Frontenac vers 1895[/caption]

    L’Hôtel du Parlement du Québec et le Manège militaire de Québec sont aussi de l’architecte québécois francophone Eugène-Étienne Taché.

    Les remparts furent érigés sous le régime français, elles incorporent la poudrière et la section du mur défensif français de 1745 entourant la haute-ville, ainsi que les bastions et le polygone aménagés sur le cap approuvés par Louis XIV. Les fortifications seront ensuite intégrés à celles contruite en forme d’étoile de la Citadelle visible et terminés en 1831 sous le régime Britannique et sont inspirés de l’ingénieur français Vauban, conforme à la stratégie définie par le duc de Richmond en 1812.

    Laurendeau nous dit:
    « D’ailleurs, pendant tout le 19ième siècle, Québec était une ville de garnison à majorité anglophone (vous avez bien lu). »

    Il laisse sous-entendre que la ville est à majorité anglaise en ajoutant:
    « C’est seulement vers 1870 que les canadiens-français descendant des campagnes inversèrent le rapport démographique de cette ville portuaire »

    Voici les faits historiques:

    « En 1790, la population de Québec s’élève à 6700 âmes, population qui comprend 1200 Britanniques et 5500 Canadiens (français). »

    « 1820-1850, l’on assiste à l’arrivée massive d’Irlandais à Québec »

    « En 1861, 44% de la population de Québec était de langue anglaise ». (Principalement due à l’immigration Irlandaise et Ecossaise)

     » Entre 1861 et 1871 départ des soldats Britaniques des exploiteurs et des fonctionnaires anglais vers Montréal et Ottawa »

    « En 1871, les Canadiens français forment 70% de la population contre 20% pour les Irlandais et 9% pour les Anglo-Écossais ».

    « En 1901, 7% de la population est anglophone ». (8 ans plus tôt on construit de Château Frontenac)

    « En 1971, 95,84% de la population de Québec est de langue maternelle française contre 0,83% de langue maternelle anglaise ».

    reférence: Marie-Odile Magnan-Mac Kay, 2005, Université Laval

     

    Laurendeau devrait s’informer avant de faire du « Québec bashing » avec un tel procédé littéraire.

     

    DG

  2. avatar

    Je crois que les lecteurs trouveraient plaisir a aller découvrir sur les 7 l’échange multipartite musclé d’une trentaine de commentaires auquel cet article a donné lieu :-))

    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/sur-notre-civilisation-quebecoise/

    Pierre JC

  3. avatar

    Laurendeau nous dit :

    « Et admirez ses remparts, qu’on prend pour des remparts français aussi mais qui furent érigés par les Britanniques en 1775, par peur de la Révolution Américaine (le vieux mur français fut détruit après la Conquête – il n’en reste rien) »

    Voici les faits historiques:

    « Le mouvement de conservation démarre vraiment au départ de l’armée britannique en 1871 et avec l’arrivée d’un nouveau gouverneur général en 1872, lord Dufferin. Devant le projet de démolition des murs des fortifications, Dufferin intervient avec succès auprès du conseil de ville de Québec pour leur préservation et la reconstruction des portes permettant de les franchir dans le style des châteaux médiévaux que le Français Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc avait contribué à faire apprécier des Québécois. »

    référence: La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) – Bulletin |32, Memoires-Vives, Le Vieux-Québec : haut-lieu de l’Amérique française, témoin de l’héritage français.

    DG