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La question ressurgit de temps en temps chez nos folliculaires. Les organismes f?minins gauchisants contemporains sont-ils des repr?sentants l?gitimes de l?int?gralit? de la masse des femmes. Les femmes de droite r?pondent habituellement ouvertement par la n?gative ? cette question ?pineuse. … Lire la suite

Sur le f?minisme de droite

La question ressurgit de temps en temps chez nos folliculaires. Les organismes f?minins gauchisants contemporains sont-ils des repr?sentants l?gitimes de l?int?gralit? de la masse des femmes. Les femmes de droite r?pondent habituellement ouvertement par la n?gative ? cette question ?pineuse. Elles sont bien en rogne qu?on pr?tende les repr?senter en mobilisant des portes-paroles qu?elles qualifient rageusement (et, en fait, pas tr?s honn?tement) de ?granolas lesbianisantes aux id?es extr?mes?. Sans vouloir jouer les esprits paradoxaux, j?ai quand m?me, spontan?ment, envie de poser la question suivante, un peu perfide: les femmes de droite, num?riquement minoritaires, ouvertement ?litaires, n?ont elles pas pourtant tout plein d?organismes (masculins ou mixtes) pour parler pour elles? Conseil du Patronat, Chambres de Commerces, comit?s et regroupements corporatifs de toutes farines, grands syndicats des m?dias, conseils minist?riels, etc? Ma question ici postule, naturellement, que la femme de droite n?est pas trop distincte de l?homme de droite (ce postulat est respectueusement ouvert ? discussion) et surtout, mon interrogation pose cons?quemment la question toute simple et directe de savoir s?il y a un f?minisme de droite?

D?abord, il n?y pas ? se conter de menteries. Il y a des noirs de droite, des gais et des lesbiennes de droite, des aborig?nes canadiens de droite (et m?me antis?mites), des handicap?s de droite et indubitablement des femmes de droite. Les groupes sociaux ? bases biologique ou ethnologique ne sont pas des classes sociales et l?appartenance ? ces derniers n?est en rien le garant d?une position de classe cons?quente. Mazette, il y a m?me des ouvriers, des ch?meurs et des assist?s sociaux de droite, alors je vous demande un peu… Il faut aussi assumer que la r?flexion, spontan?e ou articul?e, sur la condition f?minine n?est certainement plus un monopole ? gauche. On d?gage alors inexorablement deux types de femmes de droite. Il y a d?abord les femmes de droite qui sont ignorantes du f?minisme ou le combattent. Elles vivent dans l?ombre de leur homme, jugent que tout va bien dans l?ordre machique et phallocrate des choses et que les valeurs traditionnelles priment. Dire qu?il y a des femmes de droite qui sont non f?ministes, c?est un truisme. Ces figures d?arri?re-garde existent bien toujours mais, par contre aussi, il est l?gitime de sugg?rer que leur impact social est vou?, dans la dynamique contemporaine, ? demeurer faiblard. Que voulez-vous, c?est in?vitable. Faire compulsivement la promotion de la soumission ne rend ni insoumise, ni puissante, ni m?me particuli?rement active socialement. Sorte de caricature du pass?, la femme soumise r?trograde, dont la cause est indubitablement foutue, servira, en fait, de repoussoir extr?me, fort utile au f?minisme de droite. Il est en effet toujours utile d??tre (ou de para?tre) en avance sur une autre instance et de s?en glorifier.

Il y a ensuite les femmes de droite qui font une promotion active (et parfaitement l?gitime, dans la logique, r?formiste mais non r?volutionnaire, qui est celle de tous les segments de la droite ?novatrice?) de la femme, de l?efficacit? des femmes, du pouvoir des femmes, de l??thique professionnelle des femmes, de la l?gitimit? des particularit?s de la culture intime des femmes, de l?esprit de corps des femmes. Les femmes de droites, actives dans l?entreprise, le commerce, les m?dias et la politique observent vite la persistance rampante, un peu poisseuse, d?une mentalit? masculine vieillotte, surann?e, ou, plus insidieusement, d?une propension semi-consciente des hommes bien install?s ? imposer leur culture intime comme si c??tait un implicite absolu et incontestable. Les chicanes sans fin sur la climatisation des bureaux, l?intendance des chiottes, les activit?s sociales d?entreprise, l??thique entrepreneuriale et la tenue des cuisinettes attenantes aux salles de r?union est un sympt?me tout ? fait parlant du ph?nom?ne beaucoup plus vaste du choc des sexages parachevant le positionnement entrepreneurial des femmes. Inutile d?ajouter que les questions s?rieuses o? les femmes d?affaire sont solidement actives et en position de pouvoir sont, en fait, sans sexe et neutres en sexage. Ces femmes les traitent, y agissent, y jouent leur r?le et tout est dit.

On sugg?rera donc qu?un f?minisme de droite consid?re simplement que la femme est l??gale de l?homme et m?rite le m?me salaire, les m?mes t?ches et la m?me consid?ration MAIS, ce? dans un espace concurrentiel capitaliste que, d?autre part, le f?minisme de droite promeut, postule et ne remet aucunement en cause. Ce f?minisme, ?galitaire mais non r?volutionnaire, d?veloppe aussi un solide corporatisme f?minin, c?est-?-dire une promotion ferme, solide, de toutes les particularit?s de la culture intime des femmes comme facette de la r?alit? sociale (capitaliste) postul?e et axiomatis?e. Il est d?ailleurs parfaitement usuel, pour l?esprit de corps f?minin de droite, de nier purement et simplement ?tre un f?minisme. Le f?minisme de droite en est pourtant bel et bien un. Le nier, c?est occulter son importante facette progressiste, bien s?r circonscrite, souvent bafou?e (y compris en son sein m?me) mais bien r?elle. Et le f?minisme de droite est, de plus, extr?mement important pour la gauche parce qu?il contribue ? d?monter une des grandes illusions de ladite gauche, celle voulant (encore) que cause des femmes et lutte des classes soient intimement confondues et comme inextricablement fusionn?es. Cette fausset? th?orique est mise en relief par l?impact social croissant du f?minisme de droite contemporain. Le f?minisme de droite revendique une meilleure place pour les femmes d?affaire dans un monde des affaires qu?il n?a aucunement l?intention de questionner. Le f?minisme de droite entend que les femmes de droite prennent leur place au c?t? des hommes de droite dans un syst?me social toujours fondamentalement affairiste, ploutocrate, oppresseur et bourgeois. Progressiste en son espace strict, novateur dans le cadre restreint du dispositif qu?il postule, le f?minisme de droite rel?gue inexorablement dans la fosse f?tide de l?extr?me droite ruin?e la cause androhyst?rique de la soumission de la femme ? l?homme et toute les facettes de l?anti-f?minisme f?minin (ou masculin) pass?iste. Cette cause l? est entendue autant pour le f?minisme de droite que pour le f?minisme de gauche. L?ensemble des femmes de droites se subdivise donc finalement en trois sous-ensemble: 1- les femmes effectivement non-f?ministes (ne les cherchez pas dans le milieu du travail. En bonne coh?rence objective, elles sont devant leurs po?les); 2- les f?ministes de droites non assum?es (elles refusent fermement de se dire f?ministes parce que cette notion pue la gauche ? leurs narines. Ce sont souvent les ?anti-f?ministes? les plus virulentes, du moins subjectivement, verbalement. Il faut observer leurs actions effectives, pas les illusions qu?elles entretiennent sur elles m?mes); 3- les f?ministes de droite assum?es (les championnes explicites de l?esprit de corps f?minin, implicitement affairiste et bourgeois).

L?existence du f?minisme de droite (et le fait qu?il a de plus en plus pignon sur rue, notamment dans la politique et les m?dias) pose des probl?mes tr?s d?licats ? l?action militante. Le fait est qu?il faut combattre le f?minisme de droite (surtout lorsqu?il est assum?, car alors il se l?gitimise sciemment comme progressiste) non pas parce qu?il est un f?minisme mais bien parce qu?il est de droite. Il est donc indispensable de le dissoudre, m?thodiquement et sans minimiser sa sp?cificit? innovante, dans le reste de l?id?ologie de droite qui, elle, est d?sormais de plus en plus sans sexe ni genre et sans doctrine sp?cifique du sexage. Et l?exemple cardinal ici, c?est nul autre que celui de notre bon gros Tony Soprano. Suivez-moi bien. Tony Soprano est un malfrat teigneux, un criminel notoire. Quand le FBI le serre de pr?s, il pose un geste rh?torique tout particulier. Il se met ? se lamenter parce qu?en s?en prenant ? lui, on s?en prend(rait) ? la communaut? italo-am?ricaine toute enti?re, qu?on emp?che(rait) de s??panouir. Certains aborig?nes, ou pseudo-aborig?nes (masqu?s), trafiquants de cigarettes, d?armes ou de cannabis, jouent la m?me carte. Quand la brigade des crimes ?conomiques ou des stup?fiants les serre de trop pr?s, ces criminels de droit commun, bien planqu?s dans le maquis de la l?gitimit? de la cause aborig?ne, se mettent ? d?goiser sur l?oppression de leur peuple par l?homme blanc… Il faut alors prudemment se d?gluer de cette dangereuse chausse-trappe sociologique, en expliquant calmement ? Tony Soprano que ce sont ses activit?s criminelles, et non son profil ethnique, qui lui m?ritent ses ennuis actuels. Vive la communaut? italo-am?ricaine. Vive les aborig?nes. Haro sur la criminalit?. M?me message ici: vive l?augmentation du pouvoir des femmes tous azimuts et inconditionnel, haro sur le capitalisme et sur les femmes et les hommes qui en profitent. Car il est, lui aussi, rien de moins qu?un crime.

J?y faisais allusion en ouverture, le f?minisme de droite combat ouvertement et farouchement le f?minisme de gauche, non pas parce qu?il est un f?minisme, mais bien parce qu?il est de gauche. C?est la base de l?accord sur la cause collectivement endoss?e et l?gitime (la cause f?ministe, dont la validit? est incontestable) qui sert de vivier pour la lutte la plus fondamentale, la plus implacable, la plus cruciale: la lutte des classes. Si le f?minisme de gauche a tort de croire qu?il parle pour l?int?gralit? des femmes (le capitalisme ayant su se r?former un petit peu en faveur des femmes de droites), le f?minisme de droite a bien plus profond?ment tort de s?imaginer que l?ar?ne exclusive de la lutte des femmes (comme ?tres humains, en solidarit? avec tous les ?tres humains) est exclusivement cette soci?t? capitaliste inique dont les petites cheffes et les soldates n?ont pas plus de d?cence sociale que ses petits chefs et ses soldats.

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