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Suicide assist? ? Disons, visa de sortie

Le Docteur X ?a ?t? condamn? ? deux ans de prison. Il avait plaid? coupable ? l?accusation d?avoir prescrit de puissants barbituriques ? deux s?ropositifs qui souhaitaient se suicider. Le Conseil des Canadiens handicap?s se dit d??u; la sentence ne serait qu? « une petite tape sur le bras???. Le Procureur en la cause trouve aussi que c?est bien peu, et il ira en appel: il voulait 6 ans de p?nitencier. L?an dernier, on s?est creus? les m?ninges pour trouver une excuse l?gale qui permette de ne pas condamner ? la prison ? vie cet homme qui avait mis fin aux souffrances de sa fille incurable. Il y a quelques ann?es, c??tait Sue Rodriguez qui faisait les manchettes en r?clamant qu?on l?aide ? ne plus vivre, ? ne plus souffrir? Et tant d’autres.

J?aimerais bien que le gouvernement arr?te de faire semblant de ne pas comprendre. Est-ce qu?on s?interroge sur le droit des handicap?s ? vivre? Est-ce qu?on se demande si les m?decins ont le droit de d?cider de tuer leurs patients? Est-ce que quelqu?un veut s?rieusement proposer que les conseils de famille, h?ritiers inclus, choisissent sans leur en parler de mettre fin au moment opportun aux jours de leurs vieux parents? Si c??tait ?a, je pense que le d?bat serait termin?: l?immense majorit? de la population, comme moi, veut qu?on respecte le droit ? la vie des handicap?s, des vieillards et de tous ceux qui veulent vivre.

Mais s?il s?agit de contester ? un adulte consentant et sain d?esprit le droit de mourir quand il lui pla?t, c?est une toute autre histoire. Si c?est ?a et que la maladie et la souffrance ? ou des raisons qui ne regardent que lui ? am?nent quelqu?un ? prendre cette d?cision, je ne voudrais pas, en conscience, ?tre celui qui viendrais l?en emp?cher. Je ne crois pas que l?on devrait l?en emp?cher. Je ne crois pas que le m?decin ait d?autres questions d??thique ? se poser, avant d?aider un patient ? mettre fin ? ces jours, que de s?assurer que son patient sait ce qu?il fait et ne subit l?influence de personne.

Et qu?on ne vienne pas me dire que quiconque veut mettre fin ? ses jours n?est pas sain d?esprit. Pour celui qui voit venir une mort lente et douloureuse apr?s des jours ou des ann?es d?une vie dont toute joie sera exclue, choisir de mourir n?est pas une preuve d?insanit?: c?est une d?cision peut-?tre discutable, mais qu?il faut respecter. Ceux qui s?y opposent pour des raisons religieuses s?arrogent le droit de transformer en lois leurs croyances, ce qui est inadmissible. Le principe sacr? qu?il faudrait ?tablir, c?est que mourir est bien une d?cision personnelle.

Quand ce principe sera ?tabli, on ?vitera bien des malentendus. On ne demandera plus aux m?decins que de s?assurer que c?est bien la d?cision r?fl?chie du patient de ne plus vivre. Peut-?tre qu?une demande ?crite devant notaire, un d?lai de r?flexion de 30 jours et un examen par un psychiatre sp?cialement habilit? ? cette fin feraient l?affaire. ?a ou autre chose. L?important, c?est de d?cider une fois pour toute que la vie n?est pas une prison dont on a perdu la clef ni un goulag: on peut demander un visa de sortie.

En r?glant le cas de l?adulte consentant et sain d?esprit ? et par voie de cons?quence de ceux qui acceptent dans les conditions pr?-?tablies de lui pr?ter assistance ? on r?gle des malentendus, mais on est loin d?avoir tout r?gl?. On n?a pas r?gl? le cas de ceux qui ne peuvent pas prendre la d?cision eux-m?mes. Pour la majorit? de ceux-ci, toutefois, il y a une solution.

Tout citoyen devrait, dans les 30 jours suivant sa majorit?, ?tre tenu de faire devant notaire une d?claration pr?cisant ses instructions de survie ou d?euthanasie si, pour cause de maladie ou accident, il ?tait inconscient ou devenait incapable d?une d?cision ? cet effet. Cette d?claration consisterait en un formulaire d?j? pr?par? permettant de r?pondre ? certaines questions pr?cises ? conditions de r?-animation, ?tats comateux prolong?s, incapacit?s graves permanentes, etc ? compl?t? des notes sp?cifiques que l?individu voudrait y ajouter.

Cette d?claration serait scell?e et gard?e dans les vo?tes d?un registraire de l??tat. L?individu pourrait la modifier en tout temps, mais nul autre n?y aurait acc?s sous aucun pr?texte. Advenant les circonstances o? il semblerait n?cessaire d?obtenir cette d?cision d?un patient alors qu?il est d?sormais incapable de la prendre, la d?claration serait ouverte en pr?sence d?un juge, d’un notaire, du m?decin responsable et des h?ritiers l?gaux. Ce serait ensuite la responsabilit? du m?decin d?accomplir la volont? de son patient, telle qu?exprim?e dans sa d?claration.

Cette approche non plus ne r?gle pas tout. Que doit-on faire pour les enfants qui souffrent ? Pour ceux qui ne sont pas sains d?esprit? ?Dans ce cas, je crois qu’une solution plus complexe est a trouver. Dans ces cas, il me semble que les risques de d?rapage sont trop grands pour qu?on soit permissif: on ne devrait jamais justifier le meurtre par compassion de quiconque n?y a pas formellement consenti. Ce qui ne devrait pas emp?cher les juges d?avoir comme aujourd?hui, envers ceux qui agissent de la sorte, l?indulgence que chaque cas d?esp?ce leur semblera justifier.

Si l??tat prenait ainsi une position claire, on rassurerait les hancicap?s et les autres qui se sentent menac?s, tout en all?geant le poids sur les ?paules de ceux pour qui la vie est devenue un fardeau et en exon?rant ceux qui les aide ? accomplir leur derni?re volont?.

Pierre JC Allard

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4 Commentaire

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    Je me demande si la peur de souffrir est plus forte que la peur de mourir ?
    Le principe simple:
    pas souffrir = pas mourir

    Pour avoir souffert en des circonstances particulière de la fatigue et de la morsure du froid, la mort m’a paru comme étant une douce délivrance.

    Le corps en a décidé autrement mais j’étais jeune et résistant dans un environnement sans palliatif.

    Le corps et l’esprit sait quand il doit lâcher prise! Ou sont les limites à ne pas dépasser ?

    On ne meure qu’une fois. Mais doit-on accepter de souffrir pour ce qui va nous paraitre une éternité ?

    • avatar

      Et en effet je pense aussi qu’il est parfaitement sain d’esprit de vouloir mourir en des circonstances ou la mort est plus douce que l’éternité imposée de force.

  2. avatar

    Personnellement,au départ, je ne vois pas la mort comme un « droit ». À mes yeux, c’est simplement un événement auquel on ne peut échapper.

    Par contre, la vie est définitivement un droit; mais un droit « individuel pour tous » et non un droit « collectif pour chacun ».

    En ce sens, le « droit à la vie » devient un choix à responsabilité individuelle. Par conséquent, abdiquer à ce « droit à la vie » est une décision individuelle où la collectivité n’a rien à y voir.

    Les moyens individuels pour manifester ce « droit à la vie » ou cette « abdication au même droit » tiennent à ceux disponibles par l’individu.

    La seule loi qui pourrait être instituée au niveau « collectif » serait celle de ne pas contraindre un individu à se nourrir ou se faire soigner s’il le refuse.

    À partir de là, l’acceptation de l’événement
    « terminal » par l’individu reste dans sa perspective à lui et non dans la perspective de la « collectivité ».

    Pour ceux qui n’ont plus la possibilité de « se rende compte » de leur situation, leur « souffrance » serait alors celle perçue par la « collectivité » et non celle de l’individu. Ce qui élimine le droit d’immiscion de cette « collectivité » dans l’événement individualiste de la mort.

    Donc leur seul « endroit » où la collectivité aurait à trancher, serait celui où l’individu est, physiquement et intellectuellement, déconnecté de son environnement au point où il n’a plus aucun pouvoir décisionnel sur les événements. La « collectivité » pourrait alors décider de continuer un traitement ou de l’arrêter.

    Mais encore là, il resterait à établir les normes pour reconnaître l’impossibilité pour l’individu d’influencer les événements physiques ET intellectuels qui le concernent. Ce qui ne sera pas facile à déterminer.

    L’homme ne maîtrise pas autant qu’il veut bien le croire, le déroulement des événements. Le « droit à la vie » est l’un des plus fondamental et devient très « délicat » à toucher. La plupart du temps, la perception « collective » prendrait le dessus de celle de l’individu en cause.

    Difficile de sortir de ce dilemme.

    Amicalement

    André Lefebvre

  3. avatar

    Débat miné par ceux qui ont remplacé l’éthique par les grands principes …

    Ca me fait penser au sadisme de ceux qui acceptaient de faire des curetages mais sans anesthésie .

    Plaisir et souffrance…

    Sadisme et perversité devant la souffrance …

    Pouvoir sur les corps…

    Droit au respect et à l’humanité contre la technicité .

    Le corps est il un tout ou une somme d’organes ?

    Un embryon est-il un être humain ? Et un ovule , un spermatozoïde ?

    Mais c’est certain, chaque jour on s’achemine vers la mort et c’est pas facile à accepter…

    Et pourtant la mort est naturelle ! De plus elle n’existe pas .Ou plus exactement elle n’existe que pour les survivants …

    C’est une transition instantanée . Par contre le passage, lui existe . C’est d’ailleurs le titre d’un excellent bouquin .

    L’Eglise a longtemps prôné qu’il faut le mériter , le paradis et que l’on n’est pas sur terre pour s’amuser ! Enfin , pas tous .

    (G) (G) :-S :-S :-$ :-$ :-[