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10 juillet 2009 |
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Photo : Ludovic Zeller
En marge des gros shows médiatisés, l’une des forces du Festival International de Jazz de Montréal est de semer sur ses scènes extérieures des poignées d’artistes et de groupes peu connus. Parmi ceux-ci se produisait mercredi le Souljazz Orchestra, dans deux prestations sur la « scène du Festival », celle qui tourne le dos au complexe Desjardins.
Très franchement, le Souljazz Orchestra n’est certainement pas le plus impressionnant ni le plus créatif des combos de jazz présentés cette année, mais il tire son énergie d’un pan de l’histoire musicale qui brille par sa rareté dans le panorama actuel. Ce que font revivre ces jeunes trentenaires, c’est une musique plus vieille qu’eux : le funk original des années soixante et soixante-dix, le groove des racines qui a fait la réputation des James Brown, Sly and the Family Stone, Parliament, et autres Larry Graham. Loin des paillettes et de l’électronique, ce soul-funk principalement instrumental est chez lui au JazzFest, puisqu’il est né d’un mélange de soul et de jazz modal. Concrètement, cela donne des pièces assez longues, bâties sur un accord et une unique boucle rythmique et harmonique, à « mid-tempo » (dansant, mais pas frénétique).
Sur la scène s’alignent une chanteuse-percussionniste et trois saxophonistes (baryton, ténor et alto), encadrés par un multi-claviériste équipé d’instruments d’origine (piano Fender, clavinet), un batteur au kit dépouillé et un guitariste intermittent.
À défaut d’être des virtuoses, les huit musiciens investissent dans l’entreprise un appréciable équilibre de respect et d’instinct, redonnant à cette musique sa pertinence et son éclat. On note avec étonnement l’absence de bassiste, remplacé par la main gauche du claviériste qui compense son manque de volubilité par une rigueur irréprochable. Parfois scandées, les parties chantées sont généreusement distribuées aux instrumentistes et souvent reprises collectivement. Visiblement moins politisés que leurs aînés, les membres de l’Orchestra n’oublient pas pour autant de s’ouvrir aux influences afro-cubaines et aux références mystiques, dans leurs compositions comme dans leurs reprises.
Le collectif fut fondé en 2002, quelque part au Canada – le site du groupe reste très vague à ce sujet, mais le fait que plusieurs des membres soient francophones nous donne un indice ! Selon la biographie, le groupe a donné des centaines de concerts à travers [sic] l’Amérique du Nord et l’Europe, partageant la scène avec certains des plus grands artistes du genre, incluant Femi Kuti, Etta James, Sharon Jones & the Dap-Kings, Érik Truffaz et le Hypnotic Brass Ensemble.
Au lendemain de l’enterrement de Michael Jackson, le concert se termine par un hommage inattendu au Roi de la Pop : une version de Billie Jean dont la trop grande sagesse trahit un ajout de dernière minute au répertoire.
Album Manifesto (Do Right! Music) chez les disquaires ou en ligne sur www.souljazzorchestra.com. En concert au FIJM et au Ottawa International Jazz Festival.
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