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Solidarité Québec : Droit au logement – Appel urgent à soutenir le camp du FRAPRU

FRAPRU:  La lutte se poursuit

Le FRAPRU a publié sur son site le billet suivant:

Installation du camp pour le Droit au logement – en plein coeur de Montréal par des centaines de personnes ! Déjà la police se fait présente, merci à tous et à toutes de votre soutien urgent !!

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un regroupement québécois de lutte pour le droit au logement, membre du Réseau international NO VOX, fait appel à la solidarité de votre organisme.

Aujourd’hui, le 21 MAI 2015, le FRAPRU organise un camp à durée indéterminée au centre-ville de Montréal, ville qui a été choisie pour accueillir le Forum social mondial d’août 2016.

Le FRAPRU demande à votre organisation d’appuyer officiellement son camp du mois de mai en transmettant votre soutien aux personnes suivantes :

Denis Coderre, maire de Montréal : maire@ville.montreal.qc.ca

et Jean-Jacques Bohémier, attaché politique : jbohemier@ville.montreal.qc.ca

Puis à l’Ambassadeur du Canada dans votre pays

et en copie au FRAPRU : frapru@frapru.qc.ca

Le Camp pour le droit au logement a un double objectif : 1) faire pression sur les gouvernements canadien et québécois pour qu’ils respectent plus adéquatement le droit au logement, en autres en accordant davantage de financement pour le logement social ; 2) sensibiliser la population québécoise sur l’ampleur et l’urgence des problèmes de logement et d’itinérance.

Ce camp accueille une centaine de personnes mal-logées, itinérantes ou militantes, y compris des familles avec enfants et des personnes handicapées. Elles y organisent des activités de toutes sortes, ouvertes à la population. Le FRAPRU a fait le choix d’édifier ce camp et d’exercer son droit de manifester, sans demander la permission des autorités municipales et policières.

Nous voulons toutefois nous assurer que celles-ci laisseront le camp se dérouler en toute quiétude et en toute sécurité pour les personnes qui y participeront. Nous voulons éviter des interventions policières comme celles qui ont eu lieu, tout au long du printemps, à Montréal, comme à Québec, dans le cadre de la lutte contre les politiques d’austérité du gouvernement québécois. C’est pourquoi nous avons besoin de manière urgente de votre appui.

Un droit mis à mal

• Quelque 227 850 ménages locataires du Québec versent la moitié de leur revenu uniquement pour se loger dont 108 500 qui doivent en consacrer plus de 80 % au détriment de tous leurs autres besoins essentiels. C’est 25 % de plus qu’il y a cinq ans ! • Plus de 104 400 ménages locataires habitent dans un logement nécessitant des réparations majeures et 101 020 dans un appartement de taille insuffisante, ces deux problèmes touchant particulièrement les communautés autochtones. • La fréquentation des refuges pour hommes sans-abri augmente à chaque année. Quant à ceux pour femmes itinérantes, ils débordent, nuit après nuit, depuis un an.

Le logement, un droit : une responsabilité des gouvernements fédéral et québécois

En ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Canada et le Québec se sont engagés à agir au meilleur de leurs ressources disponibles pour respecter, promouvoir et mettre en œuvre le droit au logement. Or, ils le font de moins en moins. Le dernier budget du gouvernement québécois, qui ne finançait jusque là que 3000 nouveaux logements sociaux par année, a fait chuter ce nombre à 1500. Pour sa part, le gouvernement fédéral, qui n’accorde que des miettes au financement de nouvelles habitations, est en train de se retirer ses subventions qu’il accorde depuis des décennies à 566 000 logements sociaux existants au Canada, dont 125 500 au Québec. La fin de ces subventions se soldera par des hausses majeures de loyer pour les locataires qui y demeurent présentement (parfois jusqu’à deux ou trois fois plus que présentement). Les logements sociaux deviendront du même coup moins accessibles pour les personnes et les familles qui en auront besoin à l’avenir.

Vous pourrez suivre et relayer les nouvelles du Camp via site web du FRAPRU :www.frapru.qc.ca/camp ET page facebook :http://www.facebook.com/FRAPRU.logement

Sur twitter : @FRAPRU

Source

___________________________________

Le campement a été démantelé (1) par les policiers de la ville de Montréal, à la demande du maire de Montréal, Denis Coderre.  Le FRAPRU (2) a fait part aux journalistes que d’autres campements seraient improvisés au cours des prochains jours.

Coderre2

Denis Coderre, maire de Montréal

Le gouvernement fédéral avait annoncé qu’il allait abandonner les subventions pour les logements sociaux d’ici 5 ans et le gouvernement du Québec a annoncé, lors de son dernier budget, qu’il diminuait lui aussi les subventions.  De fait, d’ici très peu de temps les personnes à faibles revenus que ces subventions aidaient à pouvoir se loger à un coût abordable, verront le montant de leur logement augmenter de plus en plus.

Pour plusieurs, cela signifie qu’elles devront consacrer la quasi totalité de leurs revenus en frais de logement et parfois plus (par exemple:  des familles devront utiliser les sommes reçues en allocations familiales pour parvenir à payer un logement dont le coût mensuel est plus élevé que ce qu’elles gagnent).  De plus, les personnes qui n’ont pas accès à un logement à prix modique (le nombre de logements disponibles étant insuffisant) alors qu’elles reçoivent l’aide de dernier recours de l’état, se verront imposer une pénalité dès qu’elles cohabiteront dans le but de partager les dépenses de logement.   Cette mesure a été annoncée par le gouvernement du Québec il y a quelques semaines…

Tous les efforts sont déployés pour déloger les pauvres…

 

CentPapiers

Lire aussi:

(1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/05/21/004-frapru-camp-police-logement-centre-ville.shtml

(2) http://www.frapru.qc.ca/ottawa/defendons/

Image:  Ici.radio-Canada.ca

 

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  1. avatar

    «… En tenant compte des adultes et des enfants, près de 299 000 Québécois vivent d’aide sociale à proprement parler – ou survivent tant bien que mal grâce à elle. L’aide moyenne versée à ces ménages est de 670 $ par mois.

    Près de 144 000 adultes et enfants sont pour leur part inscrits au Programme de solidarité sociale, lequel fournit des subsides mensuels moyens de 865 $ par ménage ».

    (670$ par personne vivant seule et 865$ par mois par ménage)
    http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201501/06/01-4833054-aide-sociale-quebec-resserre-ses-criteres.php

    Quelques statistiques (coût moyen des logements en 2013):
    http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/avantages/qualite-vie/cout-vie/loyer-moyen.html

    Non seulement les dirigeants font preuve d’une hypocrisie peu commune, sachant pertinemment qu’il est impossible qu’une personne pauvre puisse se loger, se chauffer et se nourrir avec les revenus dont elle dispose, à moins d’être soutenue par d’autres mesures sociales (dont l’aide au logement, les banques alimentaires), mais ils s’acharnent à imposer toujours plus de mesures contraignantes à qui est déjà démuni.

    Par les mesures que le gouvernement adopte, qu’il faut qualifier de punitives, il envoie le seul message à décoder: les pauvres sont coupables. La police joue assez bien le jeu… On croirait presque qu’elle n’a jamais eu à manifester…

  2. avatar
    Gaëtan Pelletier

    La situation s’est grandement détériorée depuis quelques décennies. Resserrer les critères pour tout simplement se débarrasser de …pour quelques dollars. Alors que le gaspillage continue dans des domaines d’une façon honteuse.
    Pour avoir travaillé dans des milieux où je côtoyais la pauvreté, et sous toutes les formes, on sait bien qu’il y aura toujours une « masse » de citoyens inaptes au travail. Cette « masse » fait partie de l’ensemble de nos sociétés. Nous avons le devoir de la soutenir et non pas de la faire disparaître dans une pauvreté encore plus nocive pour tous.
    C’est ce qu’on ne comprend pas ou simplement que l’on ignore pour des motifs monétaires.
    On VEUT couper.
    Pourtant, il y aurait bien des programmes ou des incongruités administratives de gaspillage que l’on soutient.
    Comme toujours, nous allons vers une voie déshumanisée.
    Ce sont là « nos valeurs ». Du moins celle des administrateurs responsables – et hautement juchés – de richesses déviées.
    On trouvera toujours de l’argent pour autre chose… Mais de moins en moins pour une « personne humaine ».
    Le comptable est notre petit Hitler.
    Aucune empathie!
    Des robots pour les robots.
    Pathétique et souffrant!
    La pauvreté a rarement un effet sur l’élection des candidats. Il n’y a rien de payant à soutenir les pauvres…