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Centpapiers

  • Société de l’information : l’ONU ne livre pas la marchandise

    6 juin 2007 | 0 commentaire(s) | vu 2 450 fois

    Les auteurs du rapport sont conscients que l’accès aux
    technologies de l’information et de la communication (TIC) ne réduit pas à elle seule la pauvreté, mais soulignent que « le manque d’accès aux TIC risque fort d’aggraver l’exclusion sociale et de créer de nouvelles formes d’exclusion ».

    Les cinq organisations internationales sont pointées du doigt dans la section Institutional Overviews du rapport. Les auteurs prennent soin de mentionner qu’il manque dans leur rapport une sixième organisation jouant un rôle majeur, ne serait-ce que par les nombreuses négociations qui s’y déroulent et qui influencent le développement des TIC : l’Organisation mondiale du
    commerce. Ils promettent que cette omission sera corrigée dès 2008, le Global Information Society Watch se voulant annuel.

    L’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) couvrent dans leurs missions et mandats à la fois les infrastructures technologiques, la production et la propriété des contenus et l’intégration des TIC dans
    les politiques de développement (Rapport, page 27). C’est dire l’importance de leur rôle.

    Déjà en 2005, les médias soulignaient le maigre bilan du Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est tenu en deux temps, en 2003 à Genève et en 2005 à Tunis.

    Le Sommet avait tout de même accouché d’un mécanisme de mise en oeuvre au plan international de la société de l’information en fonction de grandes orientations :

    Soulignons que la mise en oeuvre de huit de ces orientations relève de trois des cinq institutions critiquées par le rapport : l’UIT, le PNUD et
    l’UNESCO.

    Une fois tombée l’effervescence autour du Sommet, les belles promesses ont été suivies de peu d’engagements et de moyens de mises en oeuvre des orientations, ont constaté les auteurs du rapport.

    Selon eux, l’organisation qui semble avoir le plus pris à coeur les orientations qui la concernent est l’UNESCO. Son engagement ferme à faire progresser la société du savoir et surtout l’intégration des orientations du Sommet dans sa stratégie à court terme (2007-2013), pourraient produire des résultats positifs pour les pays en voie de développement. On en attend toujours autant du côté de l’UIT et du PNUD.

    Quand à l’ICANN et à l’OMPI, leur présence au Sommet s’est bornée à veiller au grain afin que les puissants intérêts qu’elles défendent (notamment ceux des grandes corporations qui poussent pour le développement de
    l’Internet commercial et qui tiennent mordicus à renforcer la propriété intellectuelle) ne soient pas menacés.

    En somme, la société civile a été pieusement écoutée à Genève et à Tunis, mais ceux qui dictent les règles n’ont vraiment pas l’intention de se laisser embarrasser par leur présence. Une autre preuve que l’entreprise privée tient le haut du pavé à l’ONU.

    Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est tenu en deux temps, en 2003 à Genève et en 2005 à Tunis, tarde à livrer ses fruits.

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