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Siemens : l’Iowa plut?t que le Saguenay Lac Saint-Jean

Le Devoir, sous la plume de Louis-Gilles Francoeur rapportait hier que le gouvernement Lib?ral avait refus? une offre de la compagnie allemande Siemens, d?sireuse d’implanter au Saguenay Lac Saint-Jean une usine o? aurait ?t? d?velopp? un nouveau mod?le d’?oliennes nordiques. La compagnie aurait aussi envisag? la construction d’un centre de recherche ? Montr?al. L’usine sera plut?t construite en Iowa.

Radio-Canada, qui semble ?tre le seul m?dia ? avoir repris la nouvelle (et bizarrement, dans son ?dition « Abitibi-T?miscamingue »), r?sume ainsi certaines caract?ristiques inh?rentes ? l’offre de Siemens :

« La multinationale Siemens offrait de faire du Qu?bec son centre de production ?olienne pour l’ensemble du march? nord-am?ricain, pr?voyant entre autres faire affaire avec des entreprises qu?b?coises de composantes ?oliennes. Elle ?tait aussi pr?te ? verser des royaut?s ? Hydro-Qu?bec pour la vente du mod?le dans le monde.

Siemens offrait de plus de plus la diminution du co?t de revient de l’?lectricit? ?olienne ? 6 cents le kilowattheure, plut?t qu’? 6,5 cents, comme obtenu lors du premier appel d’offres ?olien de 1000 m?gawatts en 2002. »

De plus, Louis-Gilles Francoeur explique que :

« Ce projet, selon Siemens, aurait « confirm? la place du Qu?bec comme leader nord-am?ricain dans la production d’?nergie verte », aurait g?n?r? des investissements de 4,5 milliards de dollars, aurait assur? pendant sept ans un minimum de 600 emplois directs en r?gion ainsi que 2000 emplois permanents dans des secteurs connexes et aurait plac? le Qu?bec en t?te de la production ?olienne en Am?rique du Nord. »

N?anmoins, le gouvernement Qu?b?cois, par l’entremise du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, a refus? l’offre de Siemens, choisissant plut?t d’aller de l’avant avec une proc?dure d’appel d’offres pour 2000 MW (proc?dure ? laquelle Siemens ne participera pas, selon les sources du Devoir).

Le Saguenay Lac Saint-Jean fait parti des cinq r?gions p?riph?riques dites « ressources ». G?n?ralement, les entreprises voulant s’y installer b?n?ficient de primes de localisation aux entreprises. Il semble que ce ne soit pas le cas ici et que Siemens aura principalement voulu b?n?ficier du fort potentiel ?olien de la r?gion.

R?gion qui est relativement d?pendante de la multinationale Alcan qui y exploite quelques barrages priv?s alimentant en ?lectricit? ses usines de transformation de l’aluminium. L’usine d’Alcan ? Alma serait la plus polluante au Qu?bec, et l’entreprise comptait en 2005 pour 6,9% des ?missions polluantes du Canada.

Dans sa plateforme ?lectorale, le Parti Lib?ral du Qu?bec rappelle que :

« Nous avons consacr? l’engagement du Qu?bec dans les ?nergies renouvelables en relan?ant le d?veloppement hydro?lectrique et en propulsant le Qu?bec parmi les principaux producteurs d’?nergie ?olienne en Am?rique du Nord. »

En regard du souci croissant de la population envers les changements climatiques, on peut se demander s’il n’y aurait pas eu l? une erreur de jugement (ou trois erreurs, comme l’explique Fernand Saulnier, expert consult? par Le Devoir) de la part du gouvernement de l’?poque ?

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2 Commentaire

  1. avatar

    Cette décision du gouvernement Charest est incompréhensible et inexcusable. Françoise David, de Québec solidaire, en a fait également mention. Il est dommage que cette information ait été publiée en dehors de la session parlementaire. Qui interpellera le gouvernement Charest sur cette décision la plus bête qui soit ?

    Pierre R.

  2. avatar

    j’ai lu aussi l’article de Francoeur avec stupéfaction. Que cette nouvelle ne soit pas à la une de tous les journaux en cette veille d’élection en dit long sur le contrôle des médias, l’ineptie de l’État, la vision obtuse des fonctionnaires, l’impuissance des structures citoyennes régionales à se faire entendre.

    J’ai passé le plus clair ma vie à négocier en pays dits « en voie de développement », une activité qui a été cyniquement décrite comme ne reposant pas sur ce qu’on vend, mais sur qui on achète. J’ai hâte de savoir qui obtiendra ce contrat des 2 000 MW. En attendant, je garde toute ma confiance en l’honnêteté de nos dirigeants. Je veux croire qu’ils ne sont que bêtes.

    Pierre JC Allard