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Yan Barcelo, 5 juin 2010 Dans son livre The God Delusion – un bestseller qui a atteint le nombre ?tonnant de 2 millions de copies vendues – Richard Dawkins conclut en disant qu?il n?y a presque certainement pas de Dieu. On peut lui savoir gr? d?avoir laiss? place au doute en ins?rant le mot ? [...]

SIDA de Civilisation ? Science et scientisme (2 de 3)

Yan Barcelo, 5 juin 2010
Dans son livre The God Delusion ? un bestseller qui a atteint le nombre ?tonnant de 2 millions de copies vendues ? Richard Dawkins conclut en disant qu?il n?y a presque certainement pas de Dieu. On peut lui savoir gr? d?avoir laiss? place au doute en ins?rant le mot ? presque ?. Mais s?il avait ?t? intellectuellement honn?te, il aurait aussi bien pu conclure : il y a ? presque ? certainement un Dieu.
La proposition unilat?rale de Dawkins est une geste de fermeture injustifi? et, au plan intellectuel, ill?gitime. S?il est une chose que les avanc?es de la science nous ont montr?e, c?est que l?univers est profond?ment myst?rieux. Ce myst?re laisse totalement ouverte autant la question du Hasard que celle de Dieu. Choisir un c?t? ou l?autre rel?ve totalement de? la foi : croire en Dieu ; ou de la non-foi : croire au Hasard.
Dans les deux cas, le choix rel?ve de la foi, non de la science. Et, sur ce plan, vouloir faire une opposition entre foi et science est parfaitement farfelu et malvenu. Il s?agit d?entreprises humaines qui se situent sur deux plans totalement diff?rents. Autant comparer des oranges et? des m?t?orites !
D?ailleurs, en contradiction directe avec le discours scientiste, les scientifiques de toutes les ?poques ont ?t? anim?s par la foi en Dieu, souvent une foi intense. C?est le cas de presque tous les grands noms jusqu?? Einstein, et c?est encore la cas aujourd?hui. Dans un dossier de la revue Le monde des religions intitul? ? Dieu et la science ?, deux prix Nobel de physique s?expriment ainsi.
? Lorsque j?observe l?ordre, la compr?hensibilit? et la beaut? de l?univers, ?crit William Phillips, j?en viens ? la conclusion que ce que je vois a ?t? cr?? ? dessein par une intelligence sup?rieure. Mon appr?ciation scientifique de la coh?rence et de la merveilleuse simplicit? de la physique renforce ma croyance en Dieu. ?
De son c?t?, Charles Townes dit ceci : ? Le scientifique a besoin de la foi lorsqu?il se met au travail, et d?une foi encore plus grande pour mener ? bien ses travaux les plus difficiles. Pourquoi? Parce qu?il doit personnellement s?engager ? croire qu?il existe un ordre dans l?univers et que l?esprit humain ? de fait son propre esprit ? est capable de comprendre cet ordre. Sans cette croyance, il n?y aurait aucun int?r?t ? essayer de comprendre un monde pr?sum? d?sordonn? et incompr?hensible. ?
Cette derni?re r?flexion de Townes est particuli?rement int?ressante. Certes, il ne nous affirme pas qu?il croit en Dieu comme Phillips, mais la foi en un ordre de l?univers accessible et compr?hensible lui est absolument n?cessaire s?il est pour poser le moindre acte scientifique. Nous sommes bien loin de la contrefa?on scientiste qui, ? terme, peut seulement aboutir ? un d?faitisme face ? un univers dont l?ordre, puisqu?il rel?ve de la s?lection naturelle, n?est qu?un ordre parmi d?autres ordres possibles. Et si c?est le cas, l?inversion de cette proposition est aussi valable : nous n?avons affaire qu?? un type de d?sordre parmi d?autres d?sordres possibles.
Cependant, choisir de basculer du c?t? du Hasard et de l?Al?atoire porte un prix tr?s lourd au plan des civilisations et des personnes. Ce prix est celui du d?sespoir, un d?sespoir dans lequel la science n?est qu?un contributeur parmi tant d?autres. Ce d?sespoir p?se de fa?on de plus en plus brutale sur nos soci?t?s o? nous croyons de moins en moins aux grands transcendants qui ont anim? tout notre h?ritage intellectuel, soit le Bien, la V?rit?, le Beau. Nous versons imperceptiblement du c?t? de la Violence, de l?Opinion, de la Laideur.
Au niveau individuel, ce d?sespoir auquel contribue la science fait en sorte que les personnes voient leur vie uniquement dans les termes d?un bref parcours sur cette Terre, sans queue ni t?te, et non d?un destin qui s?inscrit dans un parcours cosmique. On est de plus en plus obs?d? avec les conforts et les complaintes du corps, de moins en moins avec les besoins et les devoirs de l??me. Ce mat?rialisme impose de plus en plus sa logique, qui est celle de la force, de l?indiff?rence ? autrui et d?une peur obsessionnelle de toute souffrance.

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    « …face à un univers dont l’ordre, puisqu’il relève de la sélection naturelle, n’est qu’un ordre parmi d’autres ordres possibles. »

    Heureusement que plus la science précise ses connaissance, plus on perçoit que cette sélection naturelle suit elle-même un ordre très précis.
    Au départ, existe la loi de Lavoisier qui dit : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Et derrière cette loi on constate qu’en fait, ce qui subsiste (temporairement) est ce qui est « viable ».
    Par conséquent ce qui n’est pas viable est recyclé, transformé et réapparaît dans une forme plus « viable ». C’est vrai à partir du premier quantum d’énergie jusqu’au super amas de galaxie, incluant l’homme.
    La loi de « viabilité/recyclage » exclu donc tout autre forme d’ordre actuel possible puisque seul le « viable » continue d’évoluer. Logiquement, au final, il ne devrait y avoir qu’une seule « viabilité » possible.

    « …Et si c’est le cas, l’inversion de cette proposition est aussi valable : nous n’avons affaire qu’à un type de désordre parmi d’autres désordres possibles. »

    De sorte que tout autant que l’ordre actuel est nécessairement unique, le désordre actuel l’est également.

    « …Cependant, choisir de basculer du côté du Hasard et de l’Aléatoire porte un prix très lourd au plan des civilisations et des personnes. »

    C’est malheureusement le cas. Tout simplement parce que l’on enseigne actuellement qu’il n’y a que deux choix possible : 1) l’existence d’une intelligence supérieure ou 2) le jeux du Hasard.

    Encore une fois, la loi de «viabilité/recyclage » élimine, et l’existence de l’intelligence supérieure et le jeu du hasard.

    Je m’explique: Comme ce qui n’est pas viable est éliminé pour être recyclé, il devient évident que « toutes les possibilités de recyclage sont tentées » l’une après l’autre. Par conséquent, il n’y a pas de hasard. Et comme cette loi procède sans aucun choix ni distinction sauf celle du « viable dans son environnement», il n’y a pas d’intrusion d’une intelligence supérieur. Il n’y a « qu’équilibrage constant» avec l’environnement, quel qu’il soit.

    « …Au niveau individuel, ce désespoir auquel contribue la science fait en sorte que les personnes voient leur vie uniquement dans les termes d’un bref parcours sur cette Terre, sans queue ni tête, et non d’un destin qui s’inscrit dans un parcours cosmique. »

    La science n’y contribue qu’indirectement. Ce sont plutôt les gens qui prennent position sur l’un des deux choix en oubliant que la science ne considère pas, et cela d’aucune façon, les besoins existentiels (les besoins de l’âme).
    Donc les personnes qui choisissent le hasard éliminent inconsciemment ces besoins existentiels de leur vie et cela les rattrapent éventuellement.

    Personnellement, je ne crois pas en une intelligence supérieure. Cependant, j’ai cru remarquer que même la particule la plus élémentaire du début de l’univers se doit de « prendre conscience » de son environnement pour s’équilibrer avec lui (Loi de viabilité /recyclage ». J’ai également remarqué que le niveau de conscience qui, au départ, (la particule) est tout juste « non nul » évolue graduellement au pro rata des « recyclages ». Autrement dit, l’univers apprend et augmente sa possibilité de prise de conscience avec chacune des expériences qu’il tente. C’est exactement la façon dont fonctionne notre cerveau; ce qui encore une fois, démontre la présence d’une seule loi , celle de la « viabilité/recyclage ». Cette façon de voir me permet de revenir à une échelle des valeurs qui m’éloigne du matérialisme exclusif qui prône, comme vous l’avez très bien expliqué, « …la force, de l’indifférence à autrui et d’une peur obsessionnelle de toute souffrance. »

    Toutes mes félicitations pour cet article M. Barcelo

  2. avatar

    @ Lartiste:

    La loi de viabilité /recyclage fait que les bons commentateurs eclectiques doivent devenir rapidement les bons auteurs… 😉

    Pierre JC Allard