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Sévices publics: le pays déraille

Le pays déraille

Prendre le train est une aventure ! Il ne faut manquer ni de courage ni de patience. Si vous savez à peu près à quelle heure vous partez, il convient de n’être pas attendu à destination. Les retards permettent aux grandes lignes de maintenir approximativement leurs échéances dans une fourchette acceptable. Le monstre TGV quant à lui ne supporte pas le plus petit retard au décollage ni à l’atterrissage. Alors, les pécores et les ruraux, les citadins loin des grandes métropoles n’ont plus à espérer arriver à l’heure pas plus que le jour même.

L’état de notre service public ferroviaire est tel que désormais pour aller aux toilettes, il faut y verser son obole qui va de 20 centimes dans les petites gares à 80 centimes dans les plus grandes, une différence qui s’explique je l’espère par la seule taille de l’envie. Plus grave encore, totalement inadmissible pour un citoyen qui place l’égalité comme principe fondateur de la nation, dans un train, plus personne ne paie le même prix. Je sais, que ça ne choque personne à part ceux qui sont contraints de partir au dernier moment et paient une somme folle tandis que d’autres ont obtenu des tarifs ridiculement bas.

Plus grave encore, on brade le voyage en TGV à la condition d’être des privilégiés qui peuvent partir de quelques gares excentrées alors que les plouks n’ont pas droit à des promotions pour aller dans des conditions bien plus difficiles d’un point à l’autre en multipliant les correspondances et les attentes. On se moque des ruraux au delà du possible dans les centres de décision. J’en veux pour preuve cette surpression délirante de l’heure d’hiver pour tout bloquer à l’heure d’été, ce choix étant de confort au détriment de ceux qui travaillent avec les animaux et la nature, minoritaires certes mais totalement désorganisés par les deux heures de décalage avec le soleil.

Tout est ainsi l’émanation d’une caste de citadins égoïstes et méprisants, incapables de penser autrement que de leurs fenêtre en tirant profit de leurs privilèges. L’empathie n’est plus de ce monde, chacun tirant dans le sens de son seul intérêt. Plus rien ne fait société et le train, pour en revenir à lui, semble être le plus parfait paradigme d’une civilisation qui déraille.

Les cheminots sont les dindons de la farce, eux qui sont pointé du doigt comme seuls responsables de ce bazar. Plumés ils le seront bientôt tandis que voyager va devenir impossible quand vous vient la folie de ne pas joindre deux métropoles. Citoyens de seconde classe, vous allez devenir passagers de troisième choix, supportez sans geindre tous les retards possibles pour que les grands métropolitains puissent se mouvoir sans se soucier de la piétaille.

Qui ne va pas à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux n’a plus rien à faire sur les rails. Il convient de le préciser dés à présent. Il ne faudra pas longtemps pour que les campagnards, les ruraux, les exclus des zones de montagnes, les habitants des côtes à l’exception notable de la côte d’Azur se voient privés de leurs droits civiques.

Plus de médecins, plus de train, plus de service publique, plus de réseau grand débit, plus de tout ce qui n’est dû qu’à ce peuple qui vit au rythme de son époque, dans les mégapoles de l’horreur. Je devine aisément que ce billet n’a pas été composté comme il convient. Il est foutraque, part dans tous les sens, se perd en colères tous azimuts. Il est vrai qu’il est le fruit d’un voyage en chemin de fer qui s’achève dans la plus grande désorganisation. Ordre, contre-ordre, retard, accidents, absence de communication furent les compagnons de parcours.

Il faut faire avec et ne rien dire quand on choisit encore bien stupidement le train. L’écologie n’a rien à voir avec le développement du rail. Il est préférable de voyager par Blabla-car, voilà la conclusion que je tire de mon périple dérisoire. Je comprends mieux pourquoi notre bon Freluquet prend l’avion pour faire quelques centaines de kilomètres, lui sait que bientôt, plus rien ne roulera dans le pays dont il a mission de tout saccager.

Colériquement vôtre.

 

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